La dépendance européenne du gaz russe. La grosseur des bulles = quantité de gaz commandé. Sur l'axe horizontal, la part du gaz dans le mix énergétique. Sur l'axe vertical, la part de la Russie dans l'approvisionnement.  (source : Commission européenne)

La meilleure des mesures contre la Russie… Frapper au gaz

(BRUXELLES2) Le débat sur les sanctions envers la Russie va rebondir au sommet européen qui se tient, ces jeudi et vendredi (19/20 mars) à Bruxelles. Un débat qu’ont déjà tenu à Riga, lors de leur réunion informelle (dite Gymnich), les ministres des Affaires étrangères des « 28 ». Sans vraiment aboutir (Lire détails dans notre édition pro/club : Russie. L’Europe hésite à prolonger vite les sanctions. Et si l’incertitude était la meilleure mesure !

Le sujet a été, judicieusement, remisé à plus tard, sauf si les « Chefs » en décident autrement. La signature d’un « paquet de mesures » pour appliquer les accords de Minsk a légèrement changé la donne. Un paquet qui entre « cahin cahan » en vigueur. « L’appréciation de la bonne application des accords de Minsk est  importante que de savoir quand on renouvellera les sanctions » remarque un diplomate expérimenté.

Une dépendance mortifère

Les sanctions ne sont qu’un pis aller qui fait pression sur une partie de l’économie mais pas sur tout le pouvoir. La vérité c’est que la Russie tient par les c… de nombreux pays Européens avec le marché du gaz. La Lituanie, la Lettonie et la Slovaquie notamment sont les pays qui, en 2013, étaient le plus dépendants du gaz russe (100%) et dont le gaz formait une nette part du mix énergétique (presque 40% pour le premier, plus de 30% pour les second et troisième). Mais, en volume, c’est l’Allemagne et l’Italie, surtout, avec le Royaume-Uni, la Pologne et la France dans une moindre mesure qui sont les plus gros clients de la Russie. Tous les Européens sont, donc, plus ou moins concernés.

La dépendance européenne du gaz russe. La grosseur des bulles = quantité de gaz commandé. Sur l'axe horizontal, la part du gaz dans le mix énergétique. Sur l'axe vertical, la part de la Russie dans l'approvisionnement.  (source : Commission européenne)

La dépendance européenne du gaz russe. La grosseur des bulles = quantité de gaz commandé. Sur l’axe horizontal, la part du gaz dans le mix énergétique. Sur l’axe vertical, la part de la Russie dans l’approvisionnement. (source : Commission européenne)

Un plan de désintoxication gazière

La meilleure mesure que peuvent donc prendre les Européens est d’engager, très rapidement, un plan de désintoxication gazière, en provenance de Russie. C’est autour de cet enjeu que doivent se concentrer les Européens. Quitte à ce que çà coute, un peu cher. Quitte à le faire à marches forcées. Quitte à devoir investir quelques milliards d’euros dans des projets d’infrastructure et d’économies d’énergie.

Un bon test pour le plan Juncker

Gagner en efficacité énergétique pourrait d’ailleurs être la plus efficace à court terme. C’est la décision la plus facile à prendre, les investissements y sont relativement modérés. Ils participent aussi d’une économie circulaire (toute dépense peut se traduire de l’autre côté par des opportunités pour des industries ou services installés en Europe). Ils permettent, sans rompre formellement les contrats, de réduire la dépendance, de se désintoxiquer. Ce serait un bon test pour le plan d’investissement Juncker.

Une question d’indépendance

L’autonomie énergétique est une part de l’autonomie stratégique et vaudrait au moins 2 ou 3 régiments de blindés et autant d’escadrons d’aviation de chasse. Elle serait la meilleure des mesures de réassurance que pourraient prendre les « Alliés » et les Européens.  Et la meilleure mesure de la détermination européenne vis-à-vis de la Russie…

La plus rude des sanctions

Pour la Russie, ce serait la plus rude des sanctions. Gazprom comme le Kremlin sentiront passer le vent du boulet Un contrat énergétique n’étant, en général, pas conclu pour un ou deux ans, mais pour vingt ans.

(Nicolas Gros-Verheyde)

 (crédit

Les cinq grands chantiers de la Commission Juncker

 (crédit

photo de famille de la Commission Juncker (crédit : CE)

(BRUXELLES2) Le nouvel exécutif européen, dirigé par Jean-Claude Juncker, est entré en fonction maintenant. Le Luxembourgeois et son équipe de 27 commissaires ne bénéficieront sans doute pas vraiment d’une période de grâce. Les défis ne manquent pas. Cinq grands chantiers sont ouverts…

Premier chantier : la crise économique. Le nouveau président de la Commission a promis un paquet de 300 milliards d’euros d’investissements se donnant jusqu’à fin décembre pour présenter un plan détaillé. Mais comment cette somme va être financée, c’est encore un gros point d’interrogation. Autre défi : réconcilier les militants de la relance, emmenés par Rome et Paris, et les tenants de la rigueur, à l’image de Berlin ou Helsinki. Amateur de compromis, à vos tricots !

2e grand chantier : l’énergie. La Commission veut lutter contre le réchauffement climatique. Objectif louable. Mais au-delà, il s’agit de faire du secteur énergétique, un des vecteurs de la relance. Il faut faire une « Union de l’énergie », prévoir les achats en commun, diversifier les sources d’approvisionnement, augmenter la part des renouvelables et favoriser les économies d’énergie. Vaste programme !

3° grand chantier : l’immigration. Il faut renforcer la lutte contre l’immigration illégale, sur tout le pourtour européen, doter l’agence Frontex, chargée de la protection des frontières, de nouvelles capacités. Tout cela sans un sou de plus. Il faut aussi réussir à attirer les « meilleurs », développer une « carte bleue », valable sur tout le territoire européen, à l’image de la « carte verte » américaine. Sensible !

4e chantier : les relations avec la Russie. C’est le principal défi « extérieur » de la nouvelle Commission. La Russie n’est pas seulement un fauteur de troubles dans le conflit ukrainien. C’est aussi, et surtout, un des principaux partenaires économiques de l’Union européenne. Et, pour certains pays, comme la Finlande ou l’Allemagne, la perte de ce marché est difficilement remplaçable. Comment renouer des relations avec un « partenaire » qui est aussi (re)devenu « un adversaire » ? Difficile !

5e grand chantier : renouer avec les citoyens. C’est assurément l’enjeu le plus important de ces 5 prochaines années. Dans une période où le désenchantement est général, redonner aux Européens l’envie de croire que l’Europe peut être la solution et non le problème, est plus que jamais nécessaire. « Nous ne devrions pas européaniser chaque petit problème dans l’UE mais nous concentrer sur les problématiques importantes » répète volontiers Jean-Claude Juncker. Sacré défi…

(Nicolas Gros-Verheyde)

* Article publié dans Ouest-France ce week-end

Les ambassadeurs de l'Union européenne et de l'OTAN, en réunion de "crise", mercredi, à Bruxelles (Crédit : Conseil de l'UE)

Pour les Européens, des leçons à tirer de la crise ukrano-russe. Merci Poutine ?

Les ambassadeurs de l'Union européenne et de l'OTAN, en réunion de "crise", mercredi, à Bruxelles (Crédit : Conseil de l'UE)

Les ambassadeurs de l’Union européenne et de l’OTAN, en réunion de « crise », mercredi, à Bruxelles (Crédit : Conseil de l’UE)

(BRUXELLES2) Dire merci à Poutine pourrait être provocateur effectivement aujourd’hui au moment où le président russe a lancé des forces armées « non badgées » occuper à pied le terrain en Crimée. Mais l’Europe peut dire merci d’une certaine façon à la Russie. Car l’intervention russe en Crimée, pour être condamnable et condamnée, sonne comme un singulier rappel à la réalité.

Un message à l’Union européenne

Via la Crimée, Moscou envoie aujourd’hui à l’Union européenne le même message qu’elle avait envoyé à l’OTAN via l’Ossétie du Sud et l’Abkhazie (Lire : Attention frontière ! La Géorgie gagne l’Europe, l’Ossétie s’en détache). Les pays qui bordent la Russie ne sont pas destinés à devenir membres de l’OTAN (message 2008) ni de l’UE (message 2014).

Les Européens ont joué avec le feu en croyant pouvoir signer un accord d’association et un accord de libre circulation, en toute quiétude, sans susciter aucune réaction. Un accord perçu à Moscou comme étant un premier pas vers l’adhésion à l’Union européenne (ce qu’avaient d’ailleurs dit clairement les dirigeants lituaniens et polonais) et le signal d’un nouveau rétrécissement de son influence, et de son espace qu’elle estime vital. Les Européens n’ont cependant pas tenu compte de ceux-ci, soit volontairement, soit involontairement, leurrés qu’ils pouvaient être par des signes, apparemment conciliants des responsables de la diplomatie russe.

Un certain dédain

Les Russes ne sont pas fait faute cependant d’envoyer plusieurs avertissements ou propositions aux Européens, directes ou indirectes. Ils avaient notamment proposé un partenariat de sécurité. UNe proposition Medvedev, faite à Berlin en 2008. L’idée a été reprise mais très mollement (lire aussi : L’UE et la Russie créent un groupe de travail sur la sécurité. Détails et Un comité de sécurité UE-Russie plaide le triangle de Weimar). Plus récemment, Moscou a demandé, sur tous les tons, d’organiser un trilogue sur l’Ukraine avec l’Union européenne. Cette main tendue était certes pleine de… sous-entendus. Mais le refus des Européens, assez dédaigneux, qui n’ont même pas envisagé d’en discuter, a été remarquable et provocateur. Ajouté à cela la proclamation de l’indépendance au Kosovo en 2008 — soutenue à bout de bras par les Etats-Unis et le Royaume-Uni — et surtout l’intervention en Libye en 2011 sur la base d’une résolution des Nations-Unies, arrachée plutôt que négociée, la coupe semblait pleine au Kremlin. Le positionnement très dur du gouvernement russe sur la crise syrienne a été révélateur. Comme la publication toute récente des conversations des diplomates européens et américains, qui a sonné aux yeux de certains observateurs (dont B2), comme un autre avertissement. Un retour à des pratiques qui semblaient oubliées, car datant de la guerre froide, mais ont toujours persisté de façon plus ou moins discrète. Et aujourd’hui dans la crise ukrano-russe, on retrouve des fondamentaux de la guerre froide : présence militaire, discours autistes (de part et d’autre), propagande, révélations d’écoutes, etc.

Une réflexion sur la politique russe

Paradoxalement, même s’il ne faut pas se réjouir de la situation très tendue en Crimée et à l’est de l’Ukraine, ce raidissement du pouvoir russe a des vertus que les Européens ne devraient pas renier. D’une part, il oblige l’Europe à un aggiornamento sur sa politique à l’égard de la Russie. Un sujet qui a toujours suscité des divisions au sein des pays européens et devrait encore en susciter quelque temps, tant les histoires et les parcours sont différents. Entre ceux qui tiennent la Russie pour un ennemi juré, un allié stratégique, un voisin encombrant ou un partenaire utile, il y a des divergences. Les Européens vont aussi devoir revoir, rapidement, leur politique sur le voisinage oriental, et définir également, de façon indirecte, leurs frontières.

Autonomie énergétique

Enfin certaines notions — évoquées au dernier sommet européen de décembre (consacré à la défense), — comme l’autonomie stratégique qui paraissaient alors plutôt théoriques devraient recouper très vite des enjeux pratiques. Cela commence par l’autonomie énergétique – qu’il va falloir accélérer. Le développement des énergies renouvelables n’étant pas seulement un « luxe » environnemental mais aussi une nécessité stratégique.

Et autonomie stratégique

Cela pourrait être suivi d’une réflexion à tous les niveaux de cette autonomie : sur les matières premières notamment mais aussi les relations financières, sur la présence en mer également (la stratégie maritime). Il faut réfléchir au degré d’interdépendance que l’on peut accepter d’un Etat – comme la Russie – qui ne rechigne plus à utiliser la force quand cela le sert. Mais il faut aussi avoir à l’esprit une notion. Les économies sont, en effet, davantage imbriquées que durant la guerre froide. C’est une des grosses différences entre aujourd’hui et les années 1980. Et il parait difficile aux uns comme aux autres de revenir en arrière, totalement.

La double face des sanctions

Représentant environ 7% des exportations et 12% des importations de biens de l’UE28, la Russie est le troisième partenaire commercial de l’UE28, derrière les États-Unis et la Chine. Et elle représente un débouché pour les produits manufacturés de plusieurs pays (Allemagne, mais aussi Pologne, Pays-Bas, Italie, Royaume-Uni…). Y compris en matière militaire (lire : Le Russe achète, les Baltes râlent, la France philosophe). Hasard du moment : le Vladivostok, navire construit par les chantiers de St Nazaire, sur le modèle du BPC Mistral, vient de faire sa première sortie en mer… hier. La notion de sanctions économiques devient ainsi une arme à double tranchant. Il ne faudrait pas en abuser au risque de provoquer, en retour, une nouvelle crise financière ou économique, face aux banques engagées en Russie ou en Ukraine, par exemple. La Russie n’est plus une superpuissance. Mais croire pouvoir prendre des sanctions sans en susciter des mesures de rétorsion, c’est s’illusionner aussi sur sa propre force.

La défense européenne

Enfin, il va falloir accélérer la réflexion sur la défense européenne. Dépenser davantage parait difficile en ces temps de restriction budgétaire. Il va donc falloir abandonner certains leurres internes, comme l’autonomie stratégique et militaire de chaque pays européen. Les armées d’opérette sont terminées. Il va falloir coopérer davantage en rendant les forces militaires un peu plus efficaces, et opérationnelles, notamment dans certains domaines moins matériels : le 2.0, le cyber, le PsyOps, le renseignement, etc. Ce qui suppose aussi d’avoir quelques moyens notables (drones, satellites, communications, …). Cela risque d’être douloureux dans plusieurs pays : il va falloir réduire le personnel pour investir dans un peu plus de technologie. Il va falloir aussi revoir nos politiques. La « petite course à la culotte » entre l’OTAN et l’UE va devoir trouver une porte de sortie. Cette crise le montre, les deux organisations sont d’une certaine façon, nécessaires. Et réserver le hard à l’une et le soft à l’autre n’est pas automatiquement une saine répartition.

Bref, encore un petit effort, M. Poutine… Et vous allez forcer les Européens à accomplir sur l’Europe politique les quelques pas qu’ils rechignaient encore à accomplir auparavant.

(Nicolas Gros-Verheyde)

Lire aussi : Quelques leçons de la crise ukrainienne

A relire : Conception russe du droit à l’autodétermination, selon Gorbatchev (lecture)

(Crédit: Centre d'information sur la politique de voisinage de l'Union européenne)

La Russie présente à l’Ukraine la facture

(Crédit: Centre d'information sur la politique de voisinage de l'Union européenne)

(Crédit: Centre d’information sur la politique de voisinage de l’Union européenne)

(BRUXELLES2) Le président de Gazprom, Alexei Miller est extrêmement désolé… Mais, mardi (29 octobre), il a dû se résoudre aux actes envers son client ukrainien. Tel un huissier qui atteindrait le dernier moment pour recouvrer sa dette, il a publiquement exprimé son extrême « préoccupation » sur « la situation actuelle des paiements du gaz russe en Ukraine ».

On coupe les crédits… avant le gaz

Selon la compagnie gazière russe, l’Ukraine, profondément touchée par la récession, lui devrait 882 millions $ ! Tout crédit est désormais coupé. Gazprom va introduire « le mode de paiement à l’avance dans les livraisons de gaz » à l’Ukraine. Le premier ministre russe (et ancien dirigeant de Gazprom), Dmitry Medvedev a enfoncé le clou en déclarant la « situation critique » et en intimant l’Ukraine à payer ses dettes. Une sanction économique qui pourrait aboutir à la fermeture des robinets ukrainiens à l’approche de l’hiver.

L’arme énergétique reprend du service

Après trois années inactives, l’arme énergétique russe reprend ainsi du service à quelques jours de la signature de l’accord d’association de l’Ukraine avec l’Union européenne, attendue au sommet de Vilnius le 28 et 29 novembre. Un parfait hasard. Face aux pressions russes, le soutien européen se fait pourtant attendre…

La Russie joue son atout

Au Kremlin, on se défend de tout lien avec le Sommet de Vilnius et la signature de l’accord. Mais depuis quelques mois, la Russie multiplie en effet les démonstrations de force contre l’Union européenne et les ex-républiques soviétiques, membres du Partenariat oriental : embargos russes sur les confiseries ukrainiennes et le vin moldave cet été, application stricte des règles sanitaires envers la Lituanie, incidents diplomatiques avec les Pays-Bas, incarcération de militants de Greenpeace qui ont pris une plate-forme pétrolière…

L’Europe cherche sa réplique

Du côté européen, affaire ultra sensible oblige, c’est la prudence qui prédomine. La Commission européenne se refusait, hier, à commenter une situation qu’elle veut l’affaire exclusive de « deux états »… Si aucune forme de pression venant de la Russie ne paraît acceptable dans les couloirs européens, l’Europe se garde bien de prendre la main…« pour l’instant » murmure t-on. Il y a en effet un précédent. Lors de l’embargo russe sur les vins moldaves, l’Union européenne avait ainsi ouvert ses marchés à la Moldavie. Selon certains, des mesures de solidarité similaires pourraient être envisagées pour l’Ukraine en cas de coupure de gaz. Difficile encore de voir comment. Suite au prochain épisode

A lire sur le sujet:

L’exploitation du gaz de schiste en Europe : des avis très partagés

(BRUXELLES) L’exploitation du gaz de schiste suscite des points de vues très divergents en Europe. Certains pays ont interdit. D’autres ont commencé à exploiter. Entre les deux, certains se tâtent et effectuent des études préliminaires…

Le principe affiché est en effet la liberté de choix. « Chaque Etat membre est libre de déterminer ses sources d’énergie » a confirmé à Ouest-France, un porte-parole de la Commission européenne. « Ils peuvent déterminer également selon quels critères, ils peuvent délivrer une licence ou non d’exploitation. »

Ceux qui ont interdit

Aujourd’hui, seuls quelques États ont interdit la fracture hydraulique, comme le montre une étude de l’Institut Thomas More. Outre la France, on trouve la Bulgarie, certaines régions allemandes (Land de Rhénanie du Nord-Westphalien), espagnoles (Cantabrie) et suisses (cantons de Vaud et Fribourg). Quant aux Pays-Bas, ils ont imposé un moratoire.

Ceux qui ont commencé à exploiter

Au Royaume-Uni, le moratoire sur la fracturation hydraulique a été levé en décembre 2012. Et des forages exploratoires, par fracturation hydraulique, sont en cours. Quelques autres pays – essentiellement à l’Est de l’Europe – ont non seulement autorisé des exploitations hydrauliques mais commencé à donner des permis. C’est par exemple le cas en Pologne. Une exploitation « à titre expérimental » est en cours, avec commercialisation prévue pour 2015. En Hongrie, des forages exploratoires par fracturation hydraulique en cours. En Lituanie, un permis d’exploration est délivré.

Ceux qui hésitent

En Allemagne, un projet de loi interdisant la fracturation hydraulique au niveau fédéral a été rejeté par le Parlement en décembre 2012. Des études préliminaires sont en cours. La situation varie ensuite selon les Länder. 13 permis d’exploitation ont ainsi été délivrés. Mai

Au Danemark, des forages d’exploration sont prévus en 2013 par Total, à Nordjylland et Nordsjælland, sous réserve d’autorisation. Des tests de fracturation hydraulique sont envisagés en 2014. Les 70 permis déjà accordés et les 25 autres demandés.

En Espagne, des études préliminaires et des forages exploratoires (sans fracturation hydraulique) sont en cours dans les régions d’Aragon et du Pays basque. Mais ils concernent uniquement des études sismiques et des forages exploratoires.

Pour en savoir plus : l’étude de l’Institut Thomas More.

Trois études de la Commission, contradictoires

L’exploitation du gaz de schiste recueille un avis mitigé des experts européens. La Commission européenne avait publié, il y a un an, trois études sur trois aspects : environnemental, énergétique, climatique.

Côté environnemental, le bilan est plutôt négatif. L’extraction du gaz de schiste entraîne « généralement une plus grande empreinte écologique, plus importante que l’exploitation de gaz conventionnel ». Il y a des « risques de contamination des sols et eaux souterraines, d’appauvrissement des ressources en eau, de pollution de l’air et sonores, d’occupation des terres, de perturbation de la biodiversité et d’impacts liés à la circulation ».

Côté énergie. L’étude est positive. S’appuyant sur l’exemple des Etats-Unis, l’exploitation permet de disposer de « plus grandes réserves au niveau mondial », et aboutit à une baisse de prix du gaz.

Côté bilan climatique, la troisième étude montre que l’exploitation du gaz de schiste entraîne des émissions de gaz à effet de serre plus importantes que le gaz naturel classique produit à l’intérieur d’un pays européen. Mais si cette production est « bien gérée », il y a moins de gaz à effet de serre que pour le gaz importé, que ce soit par gazoduc ou par méthanier, du fait de l’impact sur les émissions provenant du transport de gaz à longue distance.

Le Parlement européen prudent

Le démarrage de l’exploration de schiste bitumineux et de gaz de schiste dans certains pays de l’UE devrait être soutenu par des « régimes de réglementation solides », avait indiqué le Parlement européen, qui a adopté deux résolutions en novembre dernier. Les États membres devraient également être « prudents » sur l’autorisation d’exploiter en attendant l’analyse qui déterminera si un règlement européen est approprié.

(Nicolas Gros-Verheyde pour Ouest-France

Hollande dit « oui mais » à Merkel. Son « Initiative européenne ». Nos commentaires (maj)

(BRUXELLES2) Le président français a présenté hier (16 mai) lors d’une conférence de presse formelle, à Paris, la volonté de passer à « l’offensive » notamment au niveau européen. Son « initiative européenne » a un objectif « sortir l’Europe de la langueur qui la saisit et de réduire la désaffection des peuples qui ne peut que compromettre l’avenir même de l’Union européenne ». Je ne suis pas sûr que ses propositions répondent à tous ces objectifs. Elles ne sont pas totalement originales et « décoiffantes ». Mais elles ont le mérite de remettre le couple franco-allemand au coeur du jeu de la négociation.

Le constat du cycliste

F. Hollande reprend ainsi le constat du cycliste cher à Jacques Delors – qui fut un de ses mentors en politique – et veut imprimer un nouveau mouvement. « L’idée européenne exige le mouvement. Si l’Europe n’avance pas, elle tombe ou plutôt elle s’efface ; elle s’efface de la carte du monde, elle s’efface même de l’imaginaire des peuples. Il est donc plus que temps de porter cette nouvelle ambition.»

Les éléments d’une nouvelle discussion intergouvernementale

Cette initiative repose sur 4 propositions : gouvernement économique et capacité budgétaire pour la Zone Euro, plan pour les jeunes et plan d’investissements, Communauté européenne pour l’énergie. 4 points qui ne sont pas automatiquement totalement novateurs dans la position française mais figurent un peu comme les conditions d’une nouvelle négociation européenne. Car, dans le même temps, le président français dit clairement « oui » à la proposition de la chancelière allemande « d’une Union politique ». Un ton nouveau qui peut donner, selon la stratégie classique européenne donnant-donnant (‘j’accepte ce que tu demandes, tu acceptes ce que je veux’), les éléments d’une nouvelle discussion intergouvernementale.

Une Union politique : une vieille demande allemande

L’Union politique, cette « nouvelle étape d’intégration« , Berlin l’a prôné de ses voeux. Depuis plusieurs mois (plusieurs années), les principaux dirigeants allemands le serinent sur tous les tons. La France réservait jusqu’ici sa réponse, se contentant de réponses dilatoires. François Hollande répond aujourd’hui : chiche ! Allons-y … « La France est disposée à donner un contenu à cette Union politique » se donnant « deux ans pour y parvenir« . Deux ans, « quels que soient les gouvernements qui seront en place » prend-il bien soin de préciser.

  • NB : Un petit point destiné à souligner que si ce n’est pas avec Merkel version CDU-FDP, que le président négociera, ce pourrait être avec Merkel dans une autre configuration (CDU-SPD ou CDU-SPD-VERTS) ou un autre chancelier (SPD-VERTS). A quelques jours de la venue du président français aux 150 ans du SPD à Lepizig, ce n’est pas tout à fait innocent… « Ce n’est plus une affaire de sensibilité politique, c’est une affaire d’urgence européenne. »  ajoute-t-il.

Un gouvernement économique pour la Zone Euro : une vieille demande française

Ce « gouvernement économique » se réunirait, « tous les mois« , autour d’un « véritable Président nommé pour une durée longue et qui serait affecté à cette seule tâche« .

  • NB : En octobre 2011, les « 27 » avaient décidé de créer cette fonction mais en l’alignant sur celle du président du Conseil européen, même date de nomination, même durée de mandat… Sans aller jusqu’à indiquer que les personnes étaient les mêmes, c’était une incitation implicite à la fusion des deux postes. Le Traité « budgétaire » (sur la stabilité, la coordination et la gouvernance au sein de l’Union économique et monétaire) avait entériné cette création en indiquant un minimum de deux réunions par an. La proposition « Hollande » suppose donc que ce président soit différent du président du Conseil européen, ait un mandat de 5 ans (et non 2 ans et demi renouvelable une fois) et un rythme de réunions plus soutenu. Cette disjonction des deux postes aurait des avantages : éviter toute prééminence de la Zone euro sur le choix futur du président du Conseil européen ou, à l’inverse, que la Zone euro « subisse » un président « hors zone euro. Elle aurait un inconvénient : multiplier le nombre de postes. Ou alors il faudrait ce « président de la Zone euro » préside également les conseils des ministres de l’Eurogroupe.

Ce gouvernement économique aurait quatre fonctions :

– débattre « des principales décisions de politique économique à prendre par les États membres » ;
– « harmonise(r) la fiscalité » ;
– commencer à « faire acte de convergence sur le plan social par le haut » ;
– engager un plan de lutte contre la fraude fiscale ».

  • NB : le gouvernement économique pour la Zone euro est une antienne française. On se souvient de la volonté affichée par le président Sarkozy sous la présidence française de l’UE en 2008 et ensuite. Mais cette idée est présente dans le corpus politique français bien avant. Le président François Mitterand l’avait déjà exprimée très clairement lors de l’ouverture à Rome, en 1990, de la conférence intergouvernementale, qui devrait présider à la mise en place du Traité de Maastricht. « Si la CIG chargée de cette union économique et monétaire parvient à cette conclusion qu’il faut une monnaie (…) elle sera fatalement contrainte d’en conclure qu’il faut un gouvernement économique de l’Europe » disait-il.

Un budget pour la zone Euro

Une capacité budgétaire « serait attribuée à la zone euro » et la possibilité, « progressivement, de lever l’emprunt » demande F. Hollande. NB : Une proposition qu’il classe dans son discours en 4e position. Nous l’avons ramené dans la logique du gouvernement économique en 2e position. Le point est, en effet, très discuté et disputé. Berlin mais d’autres capitales n’étaient pas très chauds du tout sur cette proposition, voire hostiles.

Un plan pour l’insertion des jeunes

Le cadre financier européen, le budget européen a déjà prévu six milliards d’euros pour l’emploi des jeunes. » Pour le président il faut « mobiliser tout de suite, avant même que le cadre financier ne soit en place pour 2014, une partie de ces fonds pour que nous puissions venir en soutien de tous les jeunes d’Europe qui, aujourd’hui, peinent à trouver une formation ou un emploi« . En complément, l’Europe devrait définir « une stratégie d’investissements, notamment pour les nouvelles industries et pour les nouveaux systèmes de communication« .

  • NB : on est, ici, dans un schéma assez classique européen, le Fonds social européen comme la stratégie de Lisbonne avaient déjà indiqué comme priorité l’emploi des jeunes ou les nouveaux systèmes de communications. On attend simplement de voir ce que veut dire cette « nouvelle stratégie d’investissements ».

4° Une « Communauté européenne de l’énergie »

Cette « CEA » serait destinée à « coordonner tous les efforts pour les énergies renouvelables et réussir ensemble – alors que l’Europe a des pays qui n’ont pas les mêmes politiques énergétiques – à assurer la transition énergétique ».

  • NB : C’est une promesse de campagne du président Hollande. Mais il y a une division fondamentale, tue souvent à Bruxelles, sur le nucléaire. Un point qui oppose, là encore, Berlin et Paris. On ne peut aussi qu’être sévère. Que de temps perdu ! Il y a dix ans, on laissait s’enterrer la CECA, la Communauté européenne du Charbon et de l’Acier, au prétexte que le « charbon c’est le passé ». Et que les instruments communautaires existants suffisaient bien assez. La CECA avait cependant des instruments assez innovants (prélèvements sur les producteurs, réinjection dans les capacités et la formation) que n’avaient pas et n’ont toujours pas les instruments actuels européens.

(Maj) Ajout de complément d’informations sur la gouvernance économique. Et rappel du traité budgétaire.

Télécharger l’intervention du président Hollande

La Jordanie prend le lead de l’UPM

(B2) La Jordanie prend la co-présidence « Sud » de l’Union pour la Méditerranée (UPM) en remplacement de l’Egypte. C’est l’Union européenne qui assure la coprésidence « nord » de l’UPM. Une réunion de travail devrait avoir lieu au niveau des hauts fonctionnaires, fin septembre à Bruxelles avec les 43 pays d’Europe et de Méditerranée qui composent l’UPM.

Une usine à projets

Les réunions au niveau ministériel ne devraient pas démarrer avant l’année prochaine. Il y a un « important travail technique » à assumer pour mettre au point les différents projets. L’UPM est, en effet, à la fois une instance de dialogue politique mais aussi une machine à approuver les projets (usine de dessalinisation d’eau à Gaza, université euro-méditerranéenne à Fès,…). Les différents projets en matière d’énergie ne devraient pas ainsi être prêts avant septembre 2013, selon nos informations.

Où les questions politiques se téléscopent

Ce délai tombe bien également … au plan politique. La Turquie – qui fait partie de l’UPM – refusera toute réunion présidée par un ministre chypriote. Le principe de présidence de l’Union européenne est, en effet, à géométrie variable selon les dossiers. Si la question ressort d’une compétence « exclusive » de l’UE, c’est son représentant qui préside : le commissaire De Gucht pour le Commerce par exemple, ou un membre de la DG Trade ; la Haute représentante de l’UE ou un membre du service diplomatique européen (SEAE), s’il s’agit d’une question de politique étrangère européenne, Etc. Mais s’il s’agit d’une compétence partagée, entre l’UE et les Etats membres, c’est un membre de la présidence tournante et un membre de la Commission qui préside. Par exemple en matière de transports.

Palestine présente en titre, Syrie aux abonnés absents

Il est intéressant de mentionner que l’UPM est une des seules organisations (avec l’Unesco), où la Palestine est représentée en tant que telle, avec voix au chapitre, sur tous les projets comme tous les autres Etats présents autour de la table (Israël notamment). On peut noter également que la Syrie fait partie intégrante de l’UPM. Mais le gouvernement de Bachar a choisi récemment de ne plus siéger et de jouer la politique de la « chaise vide ». Ce qui, accessoirement, a évité un débat sur l’exclusion de sa présence dans cette enceinte.

Un cadeau de Noël iranien pour l’Arménie. Au programme la coopération énergétique

(BRUXELLES2) Alors que les Européens envisagent de renforcer les sanctions contre l’Iran, notamment sur le plan énergétique, à l’autre bout du continent, l’Arménie envisage plutôt le contraire.

Une série d’accords avec le soutien de l’Iran

Ainsi que le rapporte l’agence de presse nationale ARKA, les deux présidents, Sargsyan et Ahmadinejad ont décidé aujourd’hui (24 décembre) de renforcer leur coopération entre les deux pays dans le domaine de l’énergie et de développer les flux commerciaux. D’ores et déjà ils ont décidé mettre en place un programme de construction d’un oléoduc, d’une voie de chemin de mer et d’une usine hydroélectrique située sur l’Arax en 2012. Des projets réalisés avec le soutien financier de l’Iran. Plusieurs autres accord intergouvernementaux ont été signés à cette occasion notamment en matière sociale, de protection de la nature.

Aux deux rateliers

On peut souligner que, parallèlement, l’Union européenne a décidé engagé pour la période 2011-2013 un effort supplémentaire en faveur des pays du voisinage notamment de l’Arménie, à hauteur de 157 millions d’euros selon des sources au Service diplomatique européen. Ce qui constitue  un doublement de la somme mise à disposition si on le compare avec les 98 millions d’euros disponibles pour la période précédente 2007-2010 (soit environ 50 millions d’euros par an sur 3 ans, d’un coté ; contre 25 millions d’euros par an, sur 4 ans, de l’autre). Le 20 décembre dernier, les 27 ont accepté d’ouvrir officiellement des négociations avec l’Arménie pour un accord de simplification des visas ; et le début des négociations d’un accord de libre-échange est toujours espéré rapidement à Erevan, qui joue aisément sur les deux tableaux : UE et Iran.

Le petit dictateur ouzbek reçu par une porte dérobée à l’Otan et la Commission européenne

La Commission européenne commence à être gênée de la visite du président ouzbek, Islam Karimov à Bruxelles. Le « petit dictateur » d’Asie centrale doit être reçu, lundi, à la Commission européenne par José-Manuel Barroso, le président, et Günther Oettinger, le commissaire à l’énergie, ainsi qu’à l’OTAN, par A.F. Rasmussen.

Une visite qui a des relents stratégiques et économiques

A l’OTAN, l’objectif est de s’assurer d’un allié qui participe au Partenariat pour la paix (PPP) et au processus de planification et d’examen du partenariat (PARP) dans la guerre en Afghanistan. A la Commission européenne, la question portera surtout sur « la sécurité régionale, les questions économiques, l’énergie » mais aussi les « droits de l’homme » se hâte-t-on de préciser quand j’ai posé la question au « briefing » de la Commission.

Un Memorandum of Understanding sera d’ailleurs signé par le commissaire à l’Energie, Gunther Oettinger et son homologue ouzbek. Cet accord porte plusieurs aspects énergetiques, dont les infrastructures et la coopération. « L’Ouzbekistan est le dernier pays de cette region avec lequel nous n’avions pas encore un tel accord » précise-t-on à la Commission.

Un dirigeant de la vieille école soviétique

Seulement voilà… Karimov n’est pas n’importe quel chef d’Etat. Ayant gravi tous les échelons du PC sous l’Union soviétique et au pouvoir sans discontinuer depuis 21 ans à Tachkent, il est notamment l’auteur d’une répression sauvage en 2005 d’une manifestation à Andijan faisant près de 1000 morts selon les ONG. Les défenseurs des droits de l’homme et les opposants sont régulièrement emprisonnés, quand ils ne sont pas torturés ou violés, les journalistes menacés et les ONG internationales souvent gênées dans leur travail, voire expulsées. Bref, ce ne n’est pas un paragon de vertu. Et on est plus proche de la « petite dictature » que de la « grande démocratie ». Mais les sanctions prises ont peu à peu été levées.

Une politique d’engagement critique et conditionnel

Mais le pays recèle de l’énergie. Et l’Allemagne, très présente dans le pays, pousse à une normalisation des relations européennes.  Alors les Européens ont desserré la vis. Selon une stratégie décidée en 2007 par les Etats membres, confirmée en octobre 2010, une « politique d’engagement critique et conditionnel » a été décidé. « L’UE a opté pour cette stratégie plutot que celle de l’isolement pour obtenir des progrès via le dialogue et les pressions constantes. » explique-t-on. Une politique qui a eu un certain succès selon la Commission. « Des progrès ont été observés et obtenus ces dernières années, notamment l’abolition de la peine de mort ». Il n’est ainsi pas anodin que le commissaire allemand soit présent à cette rencontre. Berlin pousse…

Le président Van Rompuy boude la rencontre

Mais le président du Conseil européen, Herman Van Rompuy, d’ordinaire associé aux visites de chefs d’Etat, n’a pas souhaité, cette fois, être présent. « Problème d’agenda » m’a précisé, fort diplomatiquement, son porte-parole, ne voulant sans doute pas embarrasser ses voisins de palier européen par des considérations plus politiques. On ne sera pas dupe. Van Rompuy ne tient pas à figurer sur une photo un peu compromettante.

Medias pas bienvenus

A propos de photo, les services de porte parole de la Commission sont largement embêtés. Interrogés par des confrères journalistiques, ce vendredi midi, il était précisé que la presse serait tenue informée. A 20h30, toujours rien. Je me suis enquis. Mais on se refusait toujours à indiquer quel dispositif (photo de famille, VIP corner, conférence de presse) était envisagé. La visite commence à sentir le souffre. Et on se passerait de cet exercice habituel en cas de visite de personnalité de premier plan. A l’OTAN, on n’a pas de ces pudeurs, et il vient d’être précisé qu’il y aura « no media opportunity« . Autrement dit : circulez il n’y rien à voir…

Ressources énergétiques et PSDC

(BRUXELLES2)« L’accès de l’Union européenne aux ressources énergétiques et matières premières : les enjeux pour la PESC/PSDC », c’est le thème du second séminaire que tient l’Institut français des Hautes études de la Défense nationale (IHEDN) à Bruxelles (après celui sur la sécurité maritime en juillet 2009). Un séminaire organisé en collaboration avec la Commission européenne.

Introduit par le vice-amiral d’escadre Richard Laborde, directeur de l’IHEDN, et Dominique Ristori, DG Adjoint de la DG Energie de la Commission européenne, on peut noter d’ores-et-déjà deux ateliers plus spécifiquement consacrés à la défense :

– le matin, sur « La diplomatie sur les ressources énergétiques et les défis identifiés de la PESC/PSDC » avec Sami Andoura (Notre Europe), Karel Kovanda (DG Relex) et Christophe-Alexandre Paillard (ancien conseiller technique sur ces questions de Pierre Lellouche au secrétariat d’Etat aux Affaires européennes).

– l’après-midi, sur les « Défis PESC/PSDC sur l’initiative « matières premières » de l’UE avec Bruno Martel-Jantin (du BRGM), Gwenole Cozigou (directeur à la DG Entreprise) et Julie Mercier (ministère français de la Défense).

Rv : le mercredi 22 septembre 2010 au Centre Albert Borschette.

(Nicolas Gros-Verheyde)

La défense européenne, priorité n°1 de la présidence polonaise de l’UE… en 2011

(BRUXELLES2) Il reste encore 645 jours avant la prise de fonction de la présidence de l’Union européenne par les Polonais. La Pologne présidera aux destinées européennes au 2e semestre … 2011. Et ceux-ci ont déjà avancé quelques unes de leurs futures priorités. Le comité européen du Conseil des Ministres polonais vient de se réunir, et le Conseil des Ministres devrait adopter, d’ici quelques jours, les grandes lignes de ces priorités, selon notre confrère Jedrzej Bielecki du quotidien Dziennik Gazeta Prawna, qui en détaille le contenu.

Pourquoi cet empressement

Il faut dire que le poste de ministre des Affaires européennes est actuellement occupé par un des meilleurs connaisseurs du milieu européen qui soit. Mikolaj Dowgielewicz (qui a été attaché de presse du groupe libéral et démocrate au Parlement européen puis porte-parole à la Commission européenne pour Margot Wallström, l’actuelle vice-présidente sociale démocrate de la Commission, chargée des relations avec les citoyens). Et celui-ci comme le Premier ministre, Donald Tusk, le ministre des Affaires étrangères, R. Sikorski, le ministre de la Défense, B. Klich, sont de sérieux partisans de l’intégration européenne tout comme du désir de voir la Pologne retrouver une place de choix dans le concert européen.

Pami les priorités polonaises, au premier rang … le renforcement de la politique de défense
européenne

« Nous voulons obtenir pas moins que ce que la France a obtenu lors de sa présidence » explique Mikolaj Dowgielewicz. Selon Dziennik, « La Pologne veut (ainsi) convaincre ses partenaires de l’Union de renforcer l’Agence Européenne de Défense pour pouvoir acheter en commun les armements les couteux. Ce qui devrait inclure une flotte d’avions de transport stratégique« . Elle souhaite aussi créer un poste d’adjoint au Haut représentant, le chef de la diplomatie européenne, avec comme fonction spécifique de gérer « les capacités de défense européenne« . Un poste à haute visée industrielle.

Le Haut représentant siégerait à l’OTAN…

Les Polonais ne s’arrêtent pas là. Ils proposent même que le nouveau Haut représentant pour la politique étrangère de l’UE obtienne « le droit de siéger au Conseil de l’Atlantique Nord ». « De cette façon – expliquent-ils – l’Union européenne aurait davantage d’impact sur la politique de l’Otan ». Et ce devra être un poids lourd ! Concernant la personne du futur Haut représentant, les Polonais ont d’ailleurs des idées bien arrêtées. Dans une autre interview, à Gazeta Wyborcza, Mikolaj Dowgielewicz a souligné que, « Ce sera une position clé (de la future Commission). (…) Nous avons besoin d’un poids lourd. (…) Cette personne devrait donc être une personne proche de notre vision d’une politique étrangère européenne qui nous mette en partenariat avec les États-Unis, et qui prenne (également) en compte la vulnérabilité de notre région, tels que la question de la sécurité énergétique. »

La politique énergétique, priorité n°2

Autre priorité de la Présidence polonaise de l’UE qui a aussi un impact en matière de sécurité : la politique énergétique. La Pologne souhaite que l’Europe soit bien préparée à une éventuelle coupure de gaz russe. L’Union devrait construire un système d’interconnexions gazières, reliant les
réseaux de tous les pays de l’UE.