Les vertus du battlegroup (général de Rousiers)

(BRUXELLES2) Le général de Rousiers, qui préside le comité militaire de l’UE a tenu à défendre récemment les vertus du Battlegroup – le groupement tactique de l’Union européenne – : « un outil de transformation qui permet l’interopérabilité » entre les armées. Les Chefs d’Etat-Major des armées (CEMA) n’entendent d’ailleurs « pas (en) changer le concept », a-t-il déclaré lors d’une rencontre avec quelques journalistes européens (dont B2).

L’utilisation d’un battlegroup au Mali a été « envisagée », a-t-il expliqué. « Il y a eu des discussions au sein du service diplomatique européen (SEAE), avec les chefs d’Etat major (CEMA) des trois pays concernés (NB : France, Allemagne, Pologne). Nous avons procédé également à une évaluation militaire quand ce pourrait être engagé. » Mais, en fait, il y a eu des hésitations… Les 27 CEMA n’ont d’ailleurs jamais été saisi de la question. Ce n’est pas une question de savoir-faire. « Les soldats polonais sont très professionnels, revenant d’Afghanistan, connaissant ce qu’est la guerre, sachant donc non seulement combattre mais surtout réagir dans un environnement. »

Dans le contexte malien, le battlegroup aurait-il été utile ? Pas sûr, à écouter le général. « Une réaction immédiate était nécessaire. Or, pour engager un battlegroup, il faut un consensus entre les 27. Ici, il fallait un engagement rapide, donc une nation cadre qui puisse aller très vite. D’un strict point de vue militaire, ce n’était pas l’outil adéquat ». Les trois pays auraient ainsi dû montré leur accord et indiquer quelles tâches à remplir. Il y a aussi d’autres risques qui peuvent survenir (évacuation d’étrangers, sécuriser un aéroport, apporter une aide humanitaire…). « Le problème est qu’on n’a qu’un battlegroup de permanence actuellement » jusqu’au 2e semestre 2014. « Si on l’utilise, on n’en a plus de disponible. » C’est un fusil à un coup…

Commentaire : le principe de fonctionnement du battlegroup ne lui permet pas ainsi de faire de « l’entrée en premier » dans les 24 ou 48 heures, par exemple, comme peut le faire un Etat membre agissant en national (voir en bilatéral ou plurilatéral). Il peut, en revanche, avoir une utilité dans « l’entrée en second ». En renfort, ou relais, des précurseurs.