Les « autres » programmes européens de sécurité au Sahel

(BRUXELLES2) L’Union Européenne n’a pas attendu le coup d’Etat au Mali pour s’occuper de la situation sécuritaire au Sahel. Et le lancement, fin juillet, de la mission Eusec au Niger n’est qu’un des éléments de réponse à cette crise. Les européens financement effectivement plusieurs projets qui ont une dimension « sécurité » importante. Quelques détails.

Gestion des frontières et mesure des flux migratoires

Le projet West Sahel, financé à 80% par la Commission européenne (1,95 millions d’euros) et mis en œuvre par la Guardia Civil espagnole. Lancé le 22 janvier 2012, celui-ci se concentre sur la Mauritanie et ses quelques 5000 km de frontières. Il comprend plusieurs volets. Tout d’abord, le renforcement des capacités de la Mauritanie : formation de la police (dans un premier temps, 15 gendarmes doivent être formés par les espagnols, et des patrouilles conjointes doivent être organisées) et équipement logistique (informatique, véhicules, lunettes infrarouges, etc). Mais aussi un volet plus régional : il s’agit de favoriser les échanges et la coopération avec le Niger, le Mali et le Sénégal, mais aussi avec l’Union Européenne, par le biais de rencontres annuelles.

Un autre projet vise à améliorer la mesure des flux migratoires et la lutte contre la traite des migrants au Niger. Il s’agit là aussi d’équiper les postes de frontière mais aussi de former et sensibiliser les forces de sécurité à l’établissement de statistiques, au contrôle documentaire et au droit des migrants.

Appui à l’Etat de droit

Le programme PAJED 2 (Programme d’Appui à la Justice et à l’Etat de Droit), d’un montant de 15 millions d’euros sur 5 ans. Il vise à consolider l’Etat de droit et renforcer la bonne gouvernance au Niger : amélioration du fonctionnement et de l’accès à la justice, renforcement de la sécurité et des capacités de lutte contre la criminalité organisée et les trafics. Cela comprend des actions de formation, de construction de locaux et d’équipement (notamment les services des archives de la police). Il s’agit également de favoriser la coopération entre les différents services.

Lutte contre le terrorisme et la criminalité organisée

Le projet de lutte contre le terrorisme et la criminalité organisée (ou CT Sahel), démarré il y a quelques mois et financé à hauteur de 6,7 millions d’euros par l’Instrument de stabilité à long terme, se concentre sur trois pays : le Mali, la Mauritanie et le Niger. Une fois n’est pas coutume, le projet comprend des actions de formation des forces de sécurité intérieure (techniques d’intervention, recueil et exploitation du renseignement, notamment dans les services de la police scientifique) et du personnel juridique (prise en compte des éléments spécifiques du terrorisme dans un procès). Il prévoit d’ailleurs la création d’un Collège Sahélien de Sécurité (CSS), dont il faut également former les formateurs. Aussi, un soutien logistique est mis en place avec la mise à disposition de matériel (par exemple équipement non létal pour les interventions et la protection, mais aussi moyens de communication ou de transport). Enfin, il s’agit de favoriser la coopération régionale, en partageant l’information (fichiers de police mutualisés).

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