Sahel

4 ministres du Sahel à Bruxelles. Très discrètement

(BRUXELLES2) Les 4 ministres des Affaires étrangères d’Algérie, du Mali, du Niger et de Mauritanie se retrouvent aujourd’hui à Bruxelles autour de la Haute représentante Cathy Ashton pour une première rencontre intéressante. Car elle pourrait signifier un engagement européen plus important dans cette région, hautement riche en ressources minérales (pétrole, minerai…), à la population extrêmement pauvre et aux risques potentiels grandissants. L’intérêt de cette rencontre sera de tester le degré d’évolution de la position algérienne.

L’enjeu : l’évolution algérienne

Ainsi que le confiait à B2 un diplomate « on sent une certaine ouverture qui n’existait pas auparavant. Il y a certainement une prise de conscience qu’ils ne pourront pas résoudre tout tout seul ». Le changement de gouvernement en Libye, ainsi que la circulation croissante d’armes et l’instabilité des frontières au sud n’est sans doute pas pour rien dans cette évolution, avec également un travail de plusieurs diplomaties notamment française et européenne.

Les pays doivent être plus cohérents

Du coté européen, on attend un signe clair des Etats de la région comme l’a expliqué Andris Piebalgs, le commissaire européen au développement, qui revient d’une tournée dans la région, en réponse à une de nos questions. « L’Union européenne a adopté une stratégie globale. C’est aux pays de dire s’ils veulent un soutien plus affirmé, plus fort de l’Union européenne sur d’autres secteurs, sur la sécurité notamment. Il y a différentes stratégies. Le Niger a une forte présence militaire dans le nord. Le Mali négocie davantage avec les groupes. C’est important que ces pays soient plus unis – en incluant l’Algérie – pour rechercher la sécurité. L’UE est prêt à les appuyer ». Le commissaire a tenu cependant à sonner l’alarme. « Il y a un risque aussi pour la sécurité alimentaire dans la région. Nous devons être prêt pour le pire des scenarios (…) pour aider la population du Sahel ».

A noter que la Haute représentante a fait savoir par ses porte-paroles qu’il n’y aura ni point presse, ni debriefing de ces rencontres, juste une déclaration écrite ! Ce qui semble relativement faible pour un sujet d’importance. La sécurité du Sahel semble aussi stratégique (voire plus) pour le continent européen que celle en Afghanistan.

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Le risque terroriste au nord du Nigéria inquiète

Gilles De Kerchove (crédit : Conseil de l'UE)

(BRUXELLES2) Lors d’une audition au Parlement européen, à la sous-commission défense, le 29 novembre, le coordinateur européen de la lutte anti-terroriste Gilles de Kerkhove a tenu à souligner combien l’Europe devait s’intéresser à la situation dans le Sahel, entre la gestion de l’après-conflit libyen, le développement d’Aqmi et l’apparition d’un groupe terroriste dans le nord du Nigéria, les risques se multiplient. « l’UE devrait être davantage présente dans cette région» a-t-il expliqué. La montée en puissance des Boco Haram et leur potentiel de recrutement et de radicalisation rendent «nécessaire une adaptation de la stratégie du Sahel » a-t-il souligné. Si les 27 le décident, la mission « Sahel » devrait être « civile, très légère, et au nord du Nigéria ».

Le risque Aqmi et Boco Haram

Selon Gilles de Kerkhove, il y a trois défis au Sahel : 1. gérer les conséquences de la crise libyenne, que ce soit en termes de prolifération d’armes de tout calibre que de retour des anciens combattants vers leurs pays d’origine, avec les déséquilibres qui en découlent. 2. le rôle du Aqmi: la branche d’Al-Qaîda, née en Algérie, s’africanise et s’enracine. « Elle assume le rôle qui fut celui du Hezbollah devenant un pourvoyeur de services sociaux là où l’État est absent ». Elle se diversifie et augmente ses effectifs, ainsi que ses liens avec les autres organisations terroristes du continent (les Al-shabab somaliens et Boco Haram au Nigeria). 3. les Boco Haram, que l’on dénomme également les « talibans de l’afrique », dans le nord du Nigeria, voit leur activité favorisée par l’extrême porosité des frontières.

L’envoi d’une mission PSDC demandée par plusieurs députés

La nécessité d’une mission PSDC est partagée par plusieurs eurodéputés, de différents bords. Le Français Arnaud Danjean (UMP / PPE) comme la Portugaise Ana Gomes (Soc / S&D) ont plaidé chacun pour l’envoi d’une mission PSDC, considérée comme «indispensable » avec la crainte que non seulement certains États membres mais aussi les structures du service diplomatique européen (SEAE) marquent « des réticences».

Une réticence qui nous avait déjà été indiquée par certains diplomates et qui a été confirmée lors de cette audition. Ceriani Sebregondi, chef de la division Afrique de l’Ouest au SEAE a ainsi confirmé que la mise en œuvre de la stratégie « Sahel » est bien avancée pour ce qui est du volet « développement ». En revanche, pour le volet « sécurité » (notamment la mission PSDC),  l’UE est « à la traîne ».

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La mission PSDC pour le Sahel attendra encore bien un peu… (Maj)

(BRUXELLES2) Le dossier « Sahel » ne devrait pas figurer sur la table des ministres des Affaires étrangères et de la Défense. Au grand dam de plusieurs pays, notamment de la France ou de l’Espagne, qui poussent à ce que l’Europe s’investisse en matière sécuritaire dans cette région, notamment via une mission PeSDC, et ne se concentre pas uniquement sur le développement. « Pour réinstaller la population dans le nord (du Mali, du Niger), il faut de la sécurité, et des militaires dans la zone » explique un diplomate vert d’impatience. Mais « on rame ». Une des idées développées passerait par la formation des personnels de ces différents pays, la fourniture de matériels, mais aussi par un soutien renforcé au Cemoc – la coordination des chefs d’Etat-Major des pays du région (Algérie, Niger, Mauritanie, Mali) et un dialogue avec l’Algérie, pays sans qui on ne peut rien faire dans la région (*).

Une lente prise de conscience

Autour de la table des ambassadeurs du COPS, les sentiments restent en effet partagés. Mais les sentiments évoluent. Les Britanniques seraient prêts à laisser faire une opération tandis que les Allemands ne sont pas « contre ». Les pays d’Europe centrale et orientale sont pas très enthousiastes. Cette zone paraît un « peu loin ». On se méfie de cette « nouvelle » idée franco-espagnole tout comme d’une nouvelle mission basée sur la lutte anti-terroriste (le souvenir irakien et afghan est encore très présent), et on préférerait que les missions en cours comme EUMM Georgia ou Althea Bosnie soient mieux pourvues.

Le « problème » : le SEAE

Mais ce qui manque surtout, apparemment, c’est une initiative du service diplomatique européen. « Le problème, c’est le SEAE », précise un expert du dossier, sans doute trop poli pour ne pas désigner la source du problème : Catherine Ashton qui ne s’intéresse pas au dossier. Un document devrait être préparé. Mais il ne sera apparemment prêt que… le 8 décembre. Soit quelques jours après la réunion des ministres ! Commentaire acerbe de notre expert : « Vous savez. C’est comme le gars qui vient pour mettre l’électricité pour le mariage et arrive le lendemain. C’est bien. Mais c’est un peu tard. Le mariage s’est déroulé à la bougie et est déjà terminé. C’est çà le SEAE ! ».

Commentaire : cette lenteur n’est pas sans rappeler - toutes proportions gardées – le prélude à l’opération anti-piraterie Eunavfor Atalanta ou EUTM Somalia. On retrouve un petit groupe de pays très allants (les mêmes, Français et Espagnols) et les autres attentistes ou réticents. En 2008, sous le coup de butoir des prises de bateaux par les pirates, plusieurs pays de ce deuxième groupe (Royaume-Uni, Pays-Bas, Italie…) avaient basculé, pris conscience de la nécessité d’une opération PSDC, donné leur feu vert à l’opération, voire poussé à une réalisation rapide. Le tout aidé – il est vrai – par un Haut représentant qui savait pousser un dossier dans les interstices de l’incertitude. J’avais écrit alors, les pirates sont les meilleurs alliés de l’Union européenne. Cela peut paraître cynique. Mais c’est la réalité. Et le scénario semble se répéter aujourd’hui. Les derniers évènements dans le Sahel – 2 Français, 1 Néerlandais, 1 Suédois, 1 Sud-Africain enlevés et 1 Allemand tué dans deux évènements séparés jeudi et vendredi derniers (24 et 25 novembre), les uns dans le village de Hombori près de la frontière du Niger, les autres à Tombouctou (Mali) – pourraient accélérer cette prise de conscience. Je crains qu’il en faille encore, malheureusement, deux ou trois… avant que l’Europe à l’action.

(Maj) Accélérer le travail

Les 27 ont reconnu le 1er décembre rester « engagés pour faire face aux défis de la sécurité au Sahel ». Ils ont demandé à « la Haute représentante d’aller de l’avant dans le travail préparatoire pour un examen ultérieur d’ici la fin de l’année dans l’objectif d’un engagement de la PSD pour renforcer les capacités de sécurité dans la région, en étroite coopération avec l’Union africaine. »

(*) Le CEMOC - Comité d’état-major opérationnel conjoint – a été créé il y a deux ans. Il est installé depuis avril 2010 à Tamanrasset en Algérie et présidé par un général d’un des quatre pays fondateurs selon une rotation annuelle. C’est un Mauritanien, le général de brigade Mohamed Ould Cheikh, qui a récemment pris la présidence, succédant à son homologue malien. Le Cemoc a plusieurs fonctions : la collecte et l’exploitation des renseignements, la mise en place d’un réseau radio commun (le « réseau Ténéré), la planification d’un état-major multinational et l’organisation d’opérations coordonnées.

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Le Niger à nouveau dans les cordes de Cotonou

(BRUXELLES2) Les ministres des 27 devraient saluer, lundi, le « retour du Niger à l’ordre constitutionnel » et approuver officiellement la « reprise totale et avec effet immédiat de la coopération entre l’UE et le Niger« . Depuis bientôt deux ans (novembre 2009), le Niger était en effet placé sous surveillance, la clause de sauvegarde de l’accord ACP de Cotonou (article 96) ayant été activée.

« Toutes les mesures prévues dans la transition politique et notamment la feuille de route agréée en juillet 2010 avec l’Union européenne ont été (…) mises en oeuvre » est-il mentionné dans une lettre qui va être adressée rapidement au président du Niger, Mahamadou Issoufou, et dont ‘B2′ a obtenu copie. L’UE entend d’ailleurs accentuer ses efforts en matière de dialogue politique notamment pour « le renforcement de la démocratie, la prévention de changements anticonstitutionnels de gouvernement (autrement dit de coup d’Etat), la bonne gouvernance politique et économique ainsi que le renforcement de l’État de droit et des droits humains« .

En matière de menaces sécuritaires, cependant, la lettre est très succincte. Elle se contente simplement d’appeler à un dialogue, selon des « modalités qui pourraient être définies entre le gouvernement du Niger et les chefs des missions diplomatiques de l’UE » en poste dans le pays.

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Le Sahel, nouveau terrain stratégique pour l’UE ?

Mali, Mauritanie, Niger, trois pays du Sahel dans lesquels l’Union européenne veut avancer une stratégie plus hardie. Ils avaient demandé pour le début de l’année une stratégie. Celle-ci a un peu tardé et est encore bien timide. Les 27 ont donc endossé ce premier papier et demandé à la Haute représentante et à la Commission de faire des propositions (plus) concrètes dans quatre séries de domaines pour ces trois pays du Sahel : développement, bonne gouvernance et résolution des conflits internes ; politique et diplomatie, sécurité et Etat de droit ; contrer la violence extrémiste.

Avec l’aggravation du conflit en Libye, la nécessité d’une stratégie devient encore plus urgente qu’hier, mais aussi plus délicate. Deux dirigeants de la région (le Malien et le Mauritanien) sont engagés dans le comité adhoc chargé de négocier avec le régime libyen. Tandis que le Niger a une frontière commune avec la Libye.

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L’Africom s’exerce avec les troupes du Sahel et quelques Européens

L’Allemagne, l’Espagne et les Pays-Bas vont participer à un exercice commun au Sénégal en février-mars avec les Américains d’Africom et les Canadiens ainsi que des unités de pays africains du Sahel et de l’ouest (Burkina Faso, Mali, Mauritanie, Tchad, Nigeria et Sénégal). Dénommé Flintlock 2011, cet exercice annuel a pour objectif, disent ses promoteurs, d’assurer la formation des forces armées de ces pays à renforcer leur sécurité et de limiter la contrebande d’armes, des biens et des personnes. L’exercice avait été mené au Mali en 2008 et au Burkina Faso en 2010.  (crédit photo : Africom / Joint Special Operations Task Force – Trans-Sahara JSOTF-TS)

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Il faut une stratégie globale pour le Sahel, demandent les eurodéputés

Plusieurs eurodéputés ont demandé aujourd’hui à l’Union européenne et à sa Haute représentante pour les Affaires étrangères d’être un peu plus engagée sur la question du Sahel. C’est le cas du Français Arnaud Danjean, président de la sous-commission « sécurité et défense » du Parlement européen, qui a pris la parole aujourd’hui à Strasbourg au nom de la plupart des groupes politiques (sauf la GUE, gauche unie européenne). L’Union européenne doit se doter « rapidement d’une stratégie globale, intégrée, capable de combiner les nécessaires politiques de développement et d’ambitieuses politiques de sécurité » a-t-il demandé. « Une approche plus coordonnée régionalement et utilisant tout l’éventail des instruments que l’UE peut mobiliser est désormais indispensable pour faire face à une situation extrêmement préoccupante ».

L’urgence ici n’est pas théorique. Chaque Français a, bien entendu, à l’esprit la mort des deux jeunes Français enlevés au Niger récemment. Mais il reste aussi plusieurs otages. Et le danger reste présent. Il faut bien prendre pleinement conscience de « la réalité des menaces que font peser réseaux terroristes et réseaux criminels sur la stabilité de la Mauritanie, du Niger et du Mali, mais aussi sur la sécurité même du continent européen » a expliqué Arnaud Danjean. « Il y a peu de zones aussi proches de l’Europe, recelant d’autant de menaces pour notre sécurité, dans lesquelles l’Union européenne peut et doit enfin concrétiser l’approche globale promue par le traité de Lisbonne et qui a motivé la création du Service Européen d’Action Extérieure ».

NB : La question du Sahel devrait faire l’objet de conclusions politiques au conseil des ministres de l’UE mais la fameuse stratégie « sécurité et développement » qui devrait être présentée en janvier le sera finalement en février. Un premier débat au COPS, le comité politique et de sécurité de l’UE, est prévu début février. Et elle devrait être entérinée par les ministres des affaires étrangères le 21 février.

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Adopter une stratégie « sécurité/développement » pour le Sahel : une urgence…

L’enlèvement et l’assassinat de deux jeunes Français au Niger a été fermement condamné au nom de l’UE par Catherine Ashton, la haute représentante de l’UE pour les Affaires étrangères. Un « acte odieux » a-t-elle expliqué, exprimant « ses condoléances et sa profonde sympathie » non seulement pour les « familles des victimes » mais aussi pour les « proches des agents de sécurité nigériens qui ont aussi trouvé la mort dans cet événement tragique ».

Dans la foulée, Cathy Ashton a « confirmé la ferme volonté de l’UE de poursuivre ses efforts pour aider le Niger et les autres pays de la région à lutter contre l’extrémisme et la violence » et indiqué  travaille à présent sur une stratégie globale pour répondre aux problèmes de sécurité et de développement et éliminer la menace du terrorisme » dans la région.

les troupes du Niger lors du défilé du 14 juillet (Crédit : Dicod/Biasutto)

Les deux Français, dont l’un travaille pour l’ONG Aide médicale internationale avaient été enlevés vendredi soir dans un restaurant en plein Niamey. Après l’opération montée pour « récupérer » les otages, dans une coopération des forces spéciales françaises (assistés par un avion de surveillance Atlantique 2) et la garde nationale du Niger (*), on relève 2 morts français (les otages) et 2 blessés (des militaires), ainsi que 3 morts nigériens (des gardes) et 4 blessés graves (dont le chef de la garde nationale nigérienne). Plusieurs des preneurs d’otages ont été également été tués.

Il serait temps !

Les ministres des 27 de la défense (en septembre), puis des Affaires étrangères (en octobre) avaient successivement insisté sur la nécessité d’adopter une stratégie sécurité / développement. Une date butoir avait été fixée : début janvier.

Il est étonnant que ce sujet ne soit pas déjà sur la table du COPS (le comité politique et de sécurité), par exemple. Car ce n’est pas un phénomène nouveau. Déjà en octobre … 2009, les ministres des 27 avaient convenu de la nécessité de : « agir de toute urgence afin de renforcer les capacités des États du Sahel » et « dans un premier temps » d’examiner « les possibilités d’action au Mali » (pays d’où provenaient une partie des ravisseurs des deux jeunes Français). Une mission exploratoire européenne avait d’ailleurs été en juillet 2009 dans ce pays. Il y a un an et demi !

Il serait peut-être temps aujourd’hui que l’UE cesse sa réflexion et passe à l’action. Elle en a tous les moyens.

(*) La Garde nationale, créée en mai dernier, regroupe la garde républicaine et les unités sahériennes de sécurité, deux corps mis en place en 1997 après les accords de paix de 1995, pour incorporer les combattants de l’ex-rébellion.

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Une stratégie sur le Sahel attendue pour début janvier

Les ministres des Affaires étrangères ont convenu, le 25 octobre, de la nécessité de bâtir une stratégie pour le Sahel. « La situation au Sahel constitue une menace pour la sécurité tant au sein
de la région qu’en Europe »
écrivent les 27. « Le développement des menaces transnationales, dont le terrorisme et la criminalité organisée, couplé à l’extrême pauvreté, à des conflits internes non résolus, et à la faiblesse et fragilité des États, constitue un enjeu croissant pour la stabilité de la région du Sahel, ainsi que pour l’Union européenne. Ces menaces touchent directement les populations et les États de la région, notamment la Mauritanie, le Mali et le Niger. Elles affectent
également la sécurité des ressortissants européens
. » ajoutent-ils.

Les 27 donnent ainsi mandat à la Haute Représentante, en association avec la Commission, «d’élaborer une stratégie pour le Sahel pour le début de l’année prochaine ». Objectif : « mobiliser de façon cohérente les différents instruments dont elle dispose pour promouvoir la sécurité, la stabilité, le développement et la bonne gouvernance dans la région sahélo-saharienne».

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Au Sahel, pas de mission PeSDC pour l’instant, mais une mission quand même…

La question de la sécurité du Sahel préoccupe grandement plusieurs Etats européens. Et elle devrait finalement faire l’objet de conclusions au prochain conseil des ministres des Affaires étrangères, lundi.

Une lettre de 8 pays

Une discussion a eu lieu récemment au COPS, le Comité politique et de sécurité. Et 8 Etats avaient déjà montrés leur détermination à agir : Allemagne, Danemark, Espagne, France, Italie, Pays-Bas, Portugal, Suède (1). Ils avaient adressé une lettre de trois pages à la Haute représentante en septembre donnant l’alerte et réclamant une action déterminée et concertée au niveau européen. Celle-ci a apparemment bien été entendue. Et les trois paragraphes de conclusions, plutôt laconiques, qui pourraient être adoptés lundi sont chargés de sens quand on a lu la lettre originale. Ils y renvoient, en effet, tant dans la terminologie des menaces reprises que des instruments proposés.

Etudier une stratégie

Les 27 pourraient ainsi demander à la Commission et la Haute représentant d’étudier une « stratégie pour le Sahel ». Une stratégie qui devrait ressortir d’une approche globale car l’échelle du risque est large : de la pauvreté au terrorisme, en passant par la criminalité organisée ou le trafic de drogues et des Etats quasi inexistants, faute de moyens. Trois pays sont principalement concernés : le Niger, le Mali et la Mauritanie. Apparemment, ce n’est pas une simple clause de style, comme c’est parfois le cas pour les dossiers délicats. Mais d’une réelle commande qui devrait déboucher sur des propositions concrètes rapidement. Car ce que craignent les 8 notamment c’est un phénomène tâche d’huile vers des pays comme le Tchad, voire le Soudan à l’est qui en feraient un immense territoire totalement incontrôlé et incontrôlable.

Allier le court au moyen terme

En pratique, il s’agit de voir parmi les instruments européens lesquels seraient les plus utiles afin de mettre en place un renforcement de l’action sur place. Une action qui couplerait : développement, bonne gouvernance (avec renforcement des autorités de l’Etat, aide à la justice), et sécurité (lutte contre les réseaux criminels et lutte anti-terroriste) ; qui allierait le court (expertise et assistance) et le moyen terme (formation de personnel, mise en place d’un système judiciaire). Une nécessité. « L’assassinat d’un Britannique n’a même pas donné lieu à ouverture d’une enquête judiciaire » commente un spécialiste.

Une mission robuste

Une mission d’expertise « robuste » pourrait être déployée. Il ne s’agirait donc pas, dans l’esprit des auteurs de l’initiative, d’une ou deux personnes qui iraient renforcer les ambassades de l’UE dans ces pays. Mais d’une mission plus étoffée comprenant à la fois des spécialistes de la lutte anti-terroriste, des experts de la criminalité, de la lutte contre le trafic de drogues… Elle pourrait comporter au moins une cinquantaine de personnes (policiers, douaniers, juges, experts du développement…), avec divers moyens techniques. En gros, le format d’une mini-mission Eulex mais sans l’abriter sous le parapluie de l’Europe de la Défense. Elle bénéficierait du concours, au niveau européen, du service diplomatique, du SitCen et du coordinateur de la lutte anti-terroriste.

Pas de mission PeSDC

Apparemment, les ambassadeurs semblent d’accord, au moins une majorité d’entre eux, pour ne pas déclencher de mission PeSDC. Du moins dans l’immédiat. Processus trop lourd et pas tout à fait adapté à la situation dans ces pays m’a-t-on expliqué. Un peu trop voyant également, donc contre-productif. Car en l’espèce, il ne s’agit (comme dans une mission PeSDC) d’avoir un maximum de visibilité. Mais au contraire, d’avoir un maximum de discrétion. Et, aussi, d’agir vite. Une mission PeSDC nécessiterait trop de discussions, éventuellement une résolution de l’ONU, et le consensus ne semble pas atteint sur cette nécessité.

Première application du couple JAI Relex et du dispositif Traité de Lisbonne

A cette notion pratique s’ajoute une dimension politique. On va tester pour la première fois le dispositif issu du Traité de Lisbonne ; l’intégration du Haut représentant de l’UE dans la Commission européenne et la mise en place d’un service diplomatique, renforcé. Cela devrait permettre également de tester différents concepts, restés jusqu’alors à l’heure de la théorie. L’intégration des questions de sécurité et de de développement tout comme les relations entre Justice Affaires Intérieures et Relations extérieures (JAI – RELEX pour les intimes). On peut noter que depuis plusieurs années, on étudie dans les instances du Conseil et du COPS, il serait temps de passer à la pratique. Avec le Sahel, il y a là le cas d’école parfait. « Si on ne le fait pas là, on ne le fera jamais » m’a expliqué un spécialiste de la question.

(1) On peut observer le format intéressant de cette initiative : les pays nordiques (souvent favorables à une action sur le développement), le trio franco-allemand-espagnol (déjà à la « manoeuvre » pour la Somalie), ainsi que le Portugal et les Pays-Bas. Dans presque tous ces pays, la dimension anti-terroriste est très présente, voire une réalité quasi-quotidienne. Un seul absent : le Royaume-Uni.

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Une mission européenne « sécurité » au Sahel ? On y réfléchit…

C’est pour l’instant plutôt une hypothèse de travail que la planification d’une nouvelle mission ou un réel engagement. Mais les ambassadeurs du Comité politique et de sécurité (COPS) pourraient aborder la question de la sécurité dans certains pays du Sahel très prochainement.

Des pays comme le Mali, la Mauritanie, le Niger ou le Burkina-Faso souffrent, en effet, de certains maux similaires. Un risque d’insécurité accru pour les travailleurs, membres d’ONG ou touristes, plutôt récent par rapport aux années antérieures, et la volonté de plus en plus affirmée de trouver des mécanismes de coopération régionale contre le terrorisme. Les contacts et initiatives se multiplient dans ce sens. Et plusieurs séries de besoins ont été détectés par les experts internationaux : du renforcement de l’Etat de droit et la gouvernance à l’amélioration de la capacité des États en matière de sécurité et de justice en passant par des actions pour aider à réduire et prévenir la radicalisation et le recrutement terroristes.

Une prise de conscience africaine et européenne

Les chefs d’état-major de plusieurs pays de la région – au sens large (puisque la Libye ou l’Algérie étaient également associées) se sont rencontrées à la mi-avril pour convenir de la cré́ation d’un mé́canisme ré́gional chargé́ de coordonner les activité́s de lutte contre le terrorisme. Cette réunion a été suivie par une réunion ministérielle. L’UE a une mission d’appui à l’Union africaine notamment en matière de mécanisme d’alerte rapide et de contre-terrorisme. Tandis que la Commission européenne a, depuis plusieurs mois, inscrit la région du Sahel comme une des priorités de l’instrument de stabilité 2009-2011 (avec l’Afghanistan et le Pakistan). Par ailleurs, la France comme l’Espagne ont engagé des actions bilatérales avec plusieurs pays de la région.

Coopération transfrontalière et lutte anti-terroriste

L’objectif est donc de voir la plus-value que pourrait ajouter une mission de l’Union européenne, qui pourrait reprendre certains acquis de ces différentes expériences. Plusieurs missions d’experts européens sont parties dans la région. Et un rapport d’évaluation est en cours de « finalisation » dans les différents services concernés. C’est sur la base de ce rapport que pourront être dessinée une feuille de route et différentes options formalisées. L’action de l’UE pourrait, ainsi, se traduire par une mission PeSDC et/ou une mission d’assistance et d’expertise. Plusieurs volets sont, en effet, envisagés : la lutte anti-terroriste (formation, équipements…), l’observation et la coopération transfrontalière, Etat de droit, soutien financier et en personnel…

Un processus qui pourrait s’accélérer

Les derniers évènements – l’enlèvement de plusieurs employés d’Areva et Satom, jeudi, dans le nord du Niger qui sonne comme un écho à la mort annoncée fin juillet de l’otage Michel Germaneau au Mali – pourraient accélérer le processus de décision, estime-t-on du coté diplomatique européen.

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La commissaire Georgieva confirme: la réserve d’aide est épuisée

La commissaire lors de son déplacement au Pakistan (crédit : Commission européenne)

La commissaire européenne à l’Aide humanitaire et la Réponse de crises, Kristalina Georgieva, l’a précisé, mardi, devant les parlementaires de la commission Développement (1) : « Nous ne sommes qu’au mois d’août et la saison des ouragans n’est pas terminée, mais les ressources sont épuisées, parce que cela a été une année où un désastre a suivi l’autre ». L’année a effectivement été terrible : « le tremblement de terre à Haïti, la sécheresse au Sahel, la situation qui continue d’être difficile au Soudan et maintenant le Pakistan, il n’y a presque plus d’argent dans le budget de ECHO », l’Office européen d’aide humanitaire.

Financement supplémentaire

Un financement supplémentaire provenant d’autres lignes budgétaires du budget européen n’est donc pas exclu. Ce qui confirme une information que ce blog avait déjà publiée (2). « Nous travaillons de façon acharnée pour utiliser chaque euro au mieux. Mais nous aurons peut-être aucun autre choix que de retourner vers vous » a-t-elle affirmée devant les parlementaires, qui ont tendu une oreille bienveillante à cette demande. Comme l’a dit Elmar Brok, le député CDU-PPE, « Vous nous aviez donné une bonne impression lors de la première audition. Vous nous le confirmez. Nous apprécions votre travail« . Un sentiment partagé, pour autant que j’ai pu le comprendre, par la plupart des députés autour de la table ronde du 5G2 qui servait, ce jour-là de salle de réunion.

(1) Lire : L’UE a besoin d’un système de réponse de crises plus fort

(2) lire : Aide d’urgence: l’UE bientôt à sec.

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L’Europe doit être plus ambitieuse, dit Sarkozy. La France à l’avant-garde de la lutte anti-terroriste

(Analyse) Le discours aux ambassadeurs de Nicolas Sarkozy, cru 2010, était un discours d’offensive à l’international. Sarkozy s’est voulu largement ambitieux pour l’Europe, estimant qu’elle devait cesser d’être « naïve » et devenir une « puissance économique globale », appelant même à ce qu’elle utilise au besoin ses armes économiques. Il s’est voulu explicatif sur l’Afghanistan (nous y resterons « aussi longtemps qu’il faudra »), offensif sur l’Iran, décrit comme un ennemi. Mais, surtout, il a voulu placer dans la France à l’avant-garde de la lutte anti-terroriste mondiale, dans une posture très Georges Bush 2001.

Une ambition pour une Europe, puissance globale

L’Europe doit cesser d’être naïve …

Pour Nicolas Sarkozy, l’Europe est encore trop gentille et fluette dans ses relations internationales. «Avec 500 millions de citoyens et une puissance économique qui représente 30 % du PIB mondial, plus de 35 % du total mondial des investissements directs à l’étranger et même près de 60 % du total de l’aide publique au développement, l’Union européenne a en mains les cartes nécessaires pour s’imposer comme une puissance économique globale. (…) Nous n’avons aucun complexe à avoir. Mais n’hésitons pas à jouer de cela, avec exigence et avec fermeté pour nous ouvrir des marchés jusqu’à présent trop fermés ! » Et le président de ne pas hésiter à « dénonce(r) une certaine naïveté européenne dans les relations commerciales ».

… et utiliser les armes économiques

«N’hésitons pas à nous battre pour imposer le respect des règles d’une concurrence loyale ! Ce n’est pas du protectionnisme. » plaide-t-il. « N’hésitons pas à combattre le dumping fiscal, le dumping social et le dumping environnemental ! On ne peut pas continuer à imposer à nos industriels et à nos agriculteurs des règles, qui s’imposent à ceux qui produisent en Europe, et dont l’on exonèrerait à ceux qui produisent hors d’Europe, puisque l’on continuerait à importer des produits fabriqués sans respecter aucune règle sociale et aucune règle environnementale. Dire cela ce n’est pas porter atteinte à la liberté du commerce, c’est simplement demander à l’Europe d’engager ses négociations commerciales avec moins de naïveté. »

Une Europe de la défense calibrée sur les défis nouveaux

« L’Europe ne peut pas en rester aux seules questions économiques, quelle que soit leur importance» tempête-t-il. « Il y a toutes les questions de sécurité et de défense. On ne défendra pas l’Europe avec des murailles de procédures et des bataillons en papier ». Et de presser les Européens à prendre la mesure des défis nouveaux : la sécurité des mers, de l’espace et du cyber-espace. « Face aux menaces contre nos intérêts vitaux, nous avons la dissuasion nucléaire. Mais face aux défis nouveaux, les Européens prennent du retard, alors qu’il leur faut aussi participer à la sécurité des mers, essentielle pour notre commerce, à la sécurité de l’espace et, désormais, du cyber-espace. »

Des projets-franco-britanniques à venir

On peut remarquer qu’aucun projet concret n’est esquissé. « La France est prête à s’engager sur des projets concrets » note le président simplement. Et si propositions il y a c’est tout autant en bilatéral qu’au niveau de l’UE. « J’ai entendu les déclarations de nos alliés britanniques sur la coopération bilatérale avec la France. Nous en discuterons avec eux sans tabou et nous prendrons des décisions importantes en novembre lors du prochain Sommet franco-britannique. »

Un accord avec la Russie

Avec la Russie, précise Sarkozy, il y a des « intérêts communs (à) développer ». Là encore, la France entend être motrice. Elle « fera dès le mois prochain (NB: septembre) des propositions précises concernant les rapports de la Russie avec l’Union européenne et avec l’OTAN, ou dans le cadre de l’OSCE qui tiendra son sommet début décembre à Astana. »

Dégraisser l’OTAN

Sur l’OTAN, le dégraissage du mammouth (comme aurait dit Allègre quand il parlait de l’Education nationale) s’avère une tâche prioritaire : « Il faudra réformer nos structures, les dégraisser, les adapter à la nouvelle donne internationale ». Mais le président ne précise pas outre-mesure les relations avec l’UE : « Les nouvelles menaces appellent une relation renouvelée et plus étroite de l’OTAN avec l’Union européenne. »

La France reprend le flambeau de la lutte anti-terroriste

Un arc de crise du Pakistan au Sahel

Le président français décrit ainsi un « arc de crise qui s’étend des frontières du Pakistan aux confins du Sahel, en passant naturellement par l’Iran et le Proche-Orient ». Un arc qui ressemble furieusement à la théorie américaine de l’arc de crises évoqué par Zbigniew Brzezinski en 1978 (lire le Times de 1979), repris par Georges Bush dans son « axe du mal » puis un axe du terrorisme et dans le plan développé par le Pentagone en 2004 visant à disposer de bases autour d’un « arc de crises ».  Les mêmes mots, les mêmes pays sont ainsi décrits.

«La lutte contre le terrorisme demeure une priorité absolument majeure – explique le président. Toutes les analyses confirment que, depuis 2001, la capacité d’Al Qaïda de lancer des attaques dévastatrices contre les pays occidentaux a été fortement réduite. En revanche, Al Qaïda et ceux qui s’en réclament ont accru leur emprise dans certains Etats, dans un arc qui va du Pakistan au Mali. Chaque pays fait face à une situation spécifique. Il n’y a pas aujourd’hui de coordination opérationnelle entre les groupes qui agissent d’un bout à l’autre de cet arc de crise. Mais si la situation devait se dégrader, le risque serait immense de voir apparaître une chaîne continue liant les bases terroristes de Quetta et du Sud-afghan à celles du Yémen, à celles de la Somalie et à celles du Sahel. Il y a là une véritable préoccupation d’un arc de crise du terrorisme. »

La France prend le relais de la lutte anti-terroriste

Voilà pour l’analyse. Coté action, Nicolas Sarkozy promet toute son  aide « sans réserve » aux «gouvernements qui lui en font la demande à former, équiper, renseigner les forces mobiles dont ils ont besoin pour éliminer des groupes qui menacent de déstabilisation tout le Sahel». Evoquant l’Algérie, le Maroc,  la Tunisie et la Libye, il ajoute : « leur combat contre le terrorisme est le nôtre, car leur sécurité ne peut être séparée de la nôtre ».

Nicolas Sarkozy a aussi promis « accentuer son effort en Somalie, en réponse aux demandes de l’Union africaine ». Car « La victoire (des milices islamistes des Shebab) à Mogadiscio transformait la Somalie en base de départ d’Al Qaïda, ce serait une catastrophe. Cela achèverait de déstabiliser toute une région déjà fragilisée par les déchirements du Soudan. »

Un ennemi : l’Iran

Mais l’ennemi, « au cœur de cet arc de crise », est connu, c’est « l’Iran ». Un Iran (qui) « alimente la violence et l’extrémisme dans la région et représente aujourd’hui la principale menace à la sécurité internationale dans un domaine majeur qui est celui de la prolifération ». Et Sarkozy de prévenir. « Si un accord crédible ne pouvait être conclu (sur le nucléaire), alors l’isolement de l’Iran s’accroîtrait inexorablement et face à une menace qui se préciserait, il faudrait aussi nous organiser pour protéger et défendre les Etats qui se sentiraient menacés. »

Au passage, Sarkozy endosse le cas Sakineh comme celui de la France, « la France considère qu’elle en a la responsabilité« .

En Afghanistan, chacun doit assumer ses responsabilités

Foin de « catastrophisme » en Afghanistan, le président veut remettre les choses à leur place : les Talibans « forts dans le Sud et dans l’Est », le « reste du pays (sans) violences majeures ». Cela semble un tantinet optimiste… En tout cas, le chef des Armées réaffirme : « La France restera engagée en Afghanistan, avec ses alliés, aussi longtemps que nécessaire et aussi longtemps que le souhaitera le peuple afghan. » Mais il dresse aussi un avertissement : chacun doit « assumer pleinement ses responsabilités ».

Il dresse ainsi la feuille de route des « alliés » : 1) « défendre les Afghans dans les régions où les Talibans menacent, 2) « former des forces de sécurité afghanes aptes à combattre par elles-mêmes, 3) « apporter à la population une aide civile adaptée à ses véritables besoins ». « Ce que la France fait dans sa zone de responsabilité, Kapisa et Surobi » ajoute-t-il. Autrement dit, à chacun de faire pareil.

Le gouvernement afghan, de son coté, « doit améliorer la gouvernance du pays, combattre la corruption, combattre la drogue et sans doute proposer la réconciliation à ceux qui renoncent à la violence et coupent tout lien avec Al Qaïda en respectant les institutions afghanes, (enfin) se préparer sérieusement à prendre en charge la sécurité des provinces et districts (…) jugés assez stables ».

Quant au Pakistan, il doit « vaincre le terrorisme chez lui » et avoir « moins (…) d’ambigüité sur l’engagement des forces pakistanaises contre le terrorisme ».

Une 2e conférence sur l’aide à la Palestine

Souhaitant se réinsérer dans le jeu du Moyen-Orient, dont pour l’instant la France est exclue, et où l’Europe joue un rôle mineur, Sarkozy estime que « Un accord de paix, dont tout le monde connaît les paramètres, peut être signé dans le délai d’un an » et propose d’accueillir la 2e conférence d’aide au peuple palestinien à Paris « pour financer l’achèvement de la construction de l’économie et des structures du futur Etat » et d’organiser le deuxième sommet de l’Union pour la Méditerranée à Barcelone fin novembre.

Voir le discours

(crédit photo : Elysée)

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