Smolensk, deux ans après: nouvelles preuves contre la version russe.

(B2) Le crash de Smolensk, qui avait tué le président Lech Kaczyński et décimé le gouvernement, l’administration et l’Etat Major polonais le 10 avril 2010, a fait l’objet d’une nouvelle audience publique au Parlement Européen ce mercredi 28 mars, deux ans après ce qui est présenté comme le plus grand « scandale » de l’aviation depuis la Seconde Guerre Mondiale. « Le crash de Smolensk: la vérité rejetée », c’est le titre explicite de l’événement organisé par la délégation du parti Droit et Justice (PiS, membre du groupe politique « European Conservatives and Reformists »)) et par l’association des familles des victimes (Katyn 2010 Families’ Association).

La responsabilité russe

Des experts polonais et américains ont apporté de nouvelles preuves, scientifiques et légales, montrant que les enquêtes officielles, russe ou polonaise, sont incomplètes ou plutôt faussées intentionnellement. Les conclusions présentées par ces experts, ainsi que par le PiS ou l’association des familles des victimes, sont radicalement différentes de la version officielle de « l’erreur des pilotes ». Selon eux, la responsabilité est directement russe, et le gouvernement polonais de Donald Tusk serait coupable d’accepter la version russe pour ne pas « fâcher » le grand voisin. Les russes auraient délibérément tenté d’empêché l’avion du président Kaczynski d’atterrir, sans pour autant préméditer le crash. Cette version est corroborée par les mails révélés par Wikileaks début mars.

Un arbre qui couperait l’aile en deux ? Improbable selon les experts.

Un point en particulier, pilier de l’argumentation du MAK (Commission Inter-étatique d’Aviation russe qui a mené l’enquête officielle pour Moscou), a été passé au crible d’études scientifiques. Selon le rapport du MAK, l’aile gauche du Tupolev 154M aurait percuté un arbre, ce qui aurait coupé l’aile en deux et provoqué le démantèlement du reste de la coque. Or, selon les experts, une telle chose est impossible: c’est au contraire l’aile qui aurait découpé l’arbre. Les dommages à terre et sur le fragment de l’aile correspondent d’ailleurs à une vitesse bien moindre que celle qu’aurait dû avoir l’avion aux environs du-dit arbre. L’aile s’est détachée environ 70 mètres après. Ce sont « deux explosions avant le crash » qui auraient provoqué le renversement et le démantèlement de la coque.

Des enquêtes officielles contrôlées par le pouvoir politique

En ce qui concerne les éléments plus « légaux », ce sont les conflits d’intérêts et le manque d’indépendance des enquêtes officielles qui sont dénoncées.

(MD)

NB : des éléments à prendre de façon très prudente. La nature des experts comme l’orientation politique de Droit et justice (PiS) ne permet pas de donner à cette enquête le label d’objectivité nécessaire que cela nécessite.

(NGV)

Lire aussi :

 

 

Comments are closed.