Le projet de nouvelle armée afghane : erroné, risqué, surdimensionné

(BRUXELLES2) La priorité donnée par l’ISAF de doubler la taille des Forces de sécurité nationale afghanes (FSNA) est « erronée » et peut « même compromettre l’avenir les progrès démocratiques en Afghanistan » souligne une étude de l’institut de sécurité de l’Union européenne qui vient d’être publiée. A contre-courant des idées dominantes développées actuellement par l’OTAN, les Européens et les Etats-Unis en Afghanistan, ce rapport est sévère mais se fonde sur plusieurs arguments, fondamentaux : financier, stratégique et philosophique.

Tout d’abord, le format des forces de sécurité «représente un fardeau supplémentaire sur le pays dans un contexte probable d’une réduction des ressources internationales ». Ensuite, le résultat ne risque pas d’être au rendez-vous. « Non seulement la qualité de la formation et l’équipement jusqu’à présent été négligée, mais également le concept fondamental de la police civile ». A terme, le développement à outrance d’une force armée de cette taille pose un problème majeur. « L’émergence d’une capacité militaire émergents dans le vide peut même menacer la démocratie. L’Etat afghan doit être capable de contrôler ses forces de sécurité ». Ce qui ne semble pas être le cas actuellement.

Télécharger l’étude : Afghanistan 2011-2014 and beyond : from support operations to sustainable peace

Nicolas Gros-Verheyde

Rédacteur en chef du site B2. Diplômé en droit européen à l'université Paris I Pantheon Sorbonne. Journaliste professionnel depuis 1989, fonde B2 - Bruxelles2 en 2008. Correspondant UE/OTAN à Bruxelles pour Sud-Ouest (auparavant Ouest-France et France-Soir). Auditeur de la 65e session de l'IHEDN (Institut des hautes études de la défense nationale).