Romano Prodi, médiateur de l’UE pour la Libye ? L’idée avance

Romano Prodi avec des responsables africains à l'ONU

(BRUXELLES2) L’idée d’un médiateur pour la crise libyenne fait son chemin. Et le nom de Romano Prodi est désormais avancé, à mi-mot,  dans les milieux européens comme le précise le quotidien italien Corriere della Sera. Romano Prodi, ancien président de la Commission européenne, et ancien Premier ministre italien.

Deux arguments semblent essentiellement s’opposer à cette nomination. Tout d’abord, il paraît délicat de demander à un national d’un pays engagé dans la guerre d’être un médiateur. Ensuite, il y a quelques questions tactiques propres aux élections en Italie, ce serait remettre en selle un des opposants (de gauche) les plus inéluctables de Berlusconi alors que son parti et son allié (la ligue du Nord) vient de subir une défaite / déroute aux dernières municipales.

Mais Romano Prodi a aussi quelques, solides, arguments à faire valoir en sa faveur. D’une part, son réseau de contact à la fois dans le monde arabe et en Libye ; c’est un des hommes à avoir conduit la normalisation des relations européennes avec Kadhafi en 2004. D’autre part, son indépendance d’esprit. Récemment, à Bergame, il a critiqué les décisions au cas par cas et le manque de leadership européen, ainsi qu’indirectement l’intervention militaire en Libye, estimant qu’il fallait trouver davantage d’argent et de volonté pour aider les pays du sud de la Mediterranée, notamment l’Egypte. Enfin, il y a son statut actuel d’envoyé de l’ONU pour les relations avec l’Afrique ‘pour le maintien de la paix et de la sécurité internationales » qui le prédispose, assez naturellement, à cette tâche qui pourrait ainsi lui être confiée par l’ONU.

(Maj) Cette information n’est pas confirmée du coté de la Haute représentante, Catherine Ashton.

Cette nomination serait assez logique selon moi. Et je l’avais déjà précisé au début de la crise (Lire : Libye, Somalie, Sahel… Pourquoi ne pas nommer un envoyé spécial ?) Mais si nomination il y a, elle nomination devrait davantage intervenir dans le cadre d’un « groupe de contact », par exemple d’une troïka regroupant arabes, africains et européens.