Dernières nouvelles de la piraterie (29 avril 2011)

(BRUXELLES2) Selon l’ONG Ecoterra, il y a aujourd’hui 749 marins otages des pirates qui retiennent 48 navires étrangers.

Dimanche 1er mai. Retour au pays pour le Pohjanmaa

Le mouilleur de mines finlandais, Pohjanmaa, qui participe à l’opération anti-pirates de l’UE, Eunavfor Atalanta, entame son voyage de retour, via Djibouti. Il doit être normalement atteindre son port d’attache, Obbnäs, le 23 mai, annonce la marine finlandaise. Au passage, il devrait passer non loin des côtes libyennes. Si l’éventualité d’une possible jonction à une possible opération de surveillance maritime a été évoquée par les autorités finlandaises, notamment par la présidente de la République, il n’y pas pour l’instant de décision ni à Helsinki ni à Bruxelles.

Le nouveau leurre des pirates : le poisson pourri …

Pour le commandant du Pohjanmaa, le capitaine de frégate Mika Raunu, il y avait peu de doutes sur les motivations des pirates, comme il le raconte sur son blog récemment : « Sur le bateau des pirates, il y avait plusieurs armes, notamment une lance-roquette, six fusils d’assaut, un pistolet, des couteaux, des haches, et des masses indispensables à l’ouverture des chambres fortes des navires et … environ 1 000 kg de poissons pourris ». Sans doute à titre de leurre. Et les hommes arrêtés ont raconté qu’à l’approche du navire de guerre, ils avaient jeté à la mer « des échelles, des armes et des munitions ainsi que tous leurs papiers d’identité et les documents des bateaux qu’ils avaient utilisés », écrit-il. Le Pohjanmaa a dû relâcher les suspects au bout de 14 jours de détention, « sur ordre du commandant de l’opération, car malgré des recherches acharnées, aucun Etat n’a accepté d’accueillir les pirates présumés en vue d’un examen judiciaire ».

Jeudi (28 avril). Destruction d’un groupe pirates.

Aidé d’un P3 Orion portugais, la frégate danoise Esbern Snare localise un groupe pirates à 80 milles marins des côtes somaliennes. Tout est suspect – selon le QG anti-piraterie de l’OTAN – à commencer par le fait que les skiffs aient fui à l’approche de l’hélicoptère et le chargement en fuel du baleinier. Lors de l’interrogatoire des marins, leurs versions sont très variables et contradictoires « Il était clair qu’ils avaient été impliqués ou qu’ils avaient l’intention de conduire des activités de piraterie ». Le baleinier est détruit. Les hommes sont laissés libres à bord des skiffs et déposés près de la terre.

Lundi (25 avril). L’Inde à la rescousse de l’Ile Maurice

A l’occasion de sa visite officielle dans l’Ile Maurice, la présidente de l’Inde, Pratibha Patil annonce vouloir renforcer la coopération dans la lutte anti-pirates. La force navale indienne pourra intervenir dans les eaux territoriales mauriciennes ou escorter les navires marchands, sensibles. L’ile de l’Océan indien est, en effet, largement tributaire de la voie maritime pour son ravitaillement, notamment en pétrole ou gaz. L’Inde devrait aussi aider Maurice à mettre sur pied une cellule anti-terroriste.

Dimanche (24 avril) Action offensive de la marine US

L’USS Stephen W. Groves, qui fait partie de la force de l’OTAN Ocean Shield repère deux navires précédemment piratés, le Mv Zirku et le Mv Rosalia D’Amato, à environ 100 milles marins des côtes somaliennes. Attaché à ce dernier, le Jih Chun Tsai 68, un navire taïwanais transformé en bateau-mère par les pirates, et deux autres skiffs en remorque. Les militaires Us ordonnent aux pirates de couper l’amarre. S’ensuivent des tirs d’avertissement et d’autres échanges de tirs. Les deux skiffs sont détruits. « Pour éviter de mettre en danger la vie des otages, le navire s’éloigne. »

Dimanche (24 avril) Intervention de la marine turque

La frégate turque TCG Giresun libère un navire de pêche yemenite, a annoncé la marine turque comme le rapporte le blog turc turkishnavy. Un navire suspect avait été repéré à 300 milles marins au large des côtes d’Oman. La frégate turque, qui était le plus proche, est chargée de l’intercepter. Les suspects n’opposent de résistance à l’équipe de visite. Les 7 pêcheurs yémenites et leur navire qui avait été capturés le 11 avril dernier sont libérés. Les armes sont confisquées et jetées à l’eau. Le sort de la quinzaine de pirates présumés – au moins 16 selon turkishnavy  – n’a pas été précisé. Mais selon l’habitude de la marine turque, ils ont été relâchés.

Dimanche (24 avril) Le Courbet change de route

La frégate Courbet qui devait se rendre dans l’Océan indien ne passera pas le canl de Suez tout de suite. Elle a reçu l’ordre de relayer l’Aconit au large des côtes libyennes, pour assurer l’escorte du Charles de Gaulle, des missions de surveillance de l’embargo maritime, et d’autres missions plus discrètes à la demande de l’État-Major des armées.

Samedi (23 avril). Le MV Renuar est libre

Ce navire grec battant pavillon panaméen avec un équipage philippin est libéré par les pirates après 133 jours de captivité. La nouvelle est confirmée le 26 avril par les autorités philippines et le 28 avril par le QG européen anti-piraterie.

Nicolas Gros-Verheyde

Rédacteur en chef du site B2. Diplômé en droit européen à l'université Paris I Pantheon Sorbonne. Journaliste professionnel depuis 1989, fonde B2 - Bruxelles2 en 2008. Correspondant UE/OTAN à Bruxelles pour Sud-Ouest (auparavant Ouest-France et France-Soir). Auditeur de la 65e session de l'IHEDN (Institut des hautes études de la défense nationale).