Le Conseil de sécurité de l’ONU vote sur la Libye. Réflexions en direct (Maj4)

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Le Conseil de sécurité a adopté — par 10 voix pour, aucune voix contre et 5 abstentions — la résolution 1973 permettant l’usage de la force pour protéger les civils en Libye, notamment par l’établissement d’une no fly zone et de safe area au-dessus des villes, particulièrement à Benghazi.

Pour suivre en direct le débat du Conseil de sécurité de l’ONU sur la Libye (en anglais).

(maj1 0h10) L’Allemagne s’abstient !
Ont voté pour : France, Royaume-Uni, Liban, Etats-Unis (auteurs de la résolution) ainsi que l’Afrique du Sud, la Bosnie-Herzégovine, la Colombie, le Gabon, le Nigéria, le Portugal.
La Chine et la Russie se sont abstenues (refusant ainsi d’utiliser leur veto et de bloquer la résolution), ainsi que l’Inde et le Brésil. Plus détonante dans ce paysage est l’abstention de l’Allemagne qui n’a pas vraiment fait honneur à son passé refusant de protéger les civils autrement que par les paroles. Son représentant s’est exprimé devant le Conseil de sécurité pour défendre « le processus politique, la continuation de sanctions (mais) pas l’usage de la force » Son représentant au Conseil de sécurité a souligné le danger d’une opération militaire et répété qu’il ne participerait pas à une telle opération.

(maj2 0h30) Un texte qui reste ambitieux

Selon les premières informations, le texte de la résolution finalement voté reprend l’essentiel des dispositions du projet – tels que nous le relations. Un paragraphe a même été ajouté, citant explicitement Benghazi. Il autorise ainsi les Etats membres à « prendre toutes les mesures nécessaires … pour protéger les civils et les zones peuplées de civils sous la menace d’attaques dans la Libye, y compris Benghazi » — ce qui permet des frappes préventives — Mais il exclut la présence d’une force d’occupation.

(maj4 1h30/2h/8h) Service minimum européen

« L’Union européenne est prête à mettre en œuvre la résolution (1973) dans le cadre de son mandat et des compétences. Le Conseil européen des 24-25 mars et le Conseil des affaires étrangères du 21 mars discuteront de la situation en Libye et adopteront les décisions nécessaires à cet égard. » ont déclaré Herman Van Rompuy, le président du Conseil européen, et Cathy Ashton, Haute représentante chargée des Affaires étrangères. C’est le minimum ! Le COPS, comité politique et de sécurité de l’UE se réunira, vendredi 18 mars, en format « ambassadeurs » sur le sujet, pour préparer la réunion des ministres (notamment l’extension des sanctions économiques). Tandis qu’une réunion des ambassadeurs de l’OTAN se réunira pour accorder les violons entre alliés, faire le point sur les pays prêts à participer à la « no fly zone« , examiner notamment si l’Alliance mettra à disposition ses Awacs (et à quelles conditions, notamment financières).

(maj3 1h) Commentaire : La peur change-t-elle de camp ?

Le premier effet de cette résolution est immédiat. Elle montre aux rebelles libyens notamment à Benghazi qu’ils ne sont plus seuls mais concrètement soutenus. On pouvait voir la différence : plusieurs centaines (milliers) de personnes rassemblées à Benghazi dans la rue avec de multiples drapeaux (dont des drapeaux tricolores) ; quelques dizaines de supporters de Kadhafi embrassant la photo de leur leader stéréotypé à Tripoli. Le signal donné par la résolution est beaucoup plus important qu’on peut le supposer. Il entrouve le couvercle de la terreur qu’a posé Kadhafi sur son peuple. Maintenant, il va falloir surveiller les réactions de Kadhafi, notamment les possibles mesures de rétorsion vers l’Europe, y compris les plus féroces (terrorisme), à moins qu’il ne choisisse la fuite ou la soudaine conciliation pour mieux frapper ensuite.  

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