L’Italie ne veut pas déployer de troupes hors de sa zone en Afghanistan

Crédit : ISAF photo by Romain BEAULINETTE (Armée française)

Dans la foulée de l’aggiornamento stratégique décidé à Lisbonne (1), le secrétaire général de l’OTAN, Anders Fogh Rasmussen, fait actuellement la tournée des principaux partenaires de l’ISAF pour leur demander de déployer des troupes dans d’autres zones. Il souhaite ainsi que lorsque des districts seront remis aux Afghans, les troupes puissent être redéployées sur d’autres fronts plus chaud. Mais les pays ne sont pas vraiment enthousiastes à cette idée et préféreraient voir les troupes ainsi dégagés rentrer au pays ou rester dans des zones moins exposées. Le ministre de la Défense italien l’a rappelé récemment.

Alors qu’Herat figure sur la liste des districts pouvant être remis aux Afghans en 2011, le ministre de la Défense, Ignazio La Russa, qui était en déplacement dans la région, cette semaine, a gentiment dit « No » à la demande du leader de l’Alliance atlantique. « Les militaires italiens ne seront pas déplacés vers une autre zone que l’Ouest de l’Afghanistan » explique-t-il, selon notre confrère Sole 24 Ore, qui l’a suivi lors de cette visite. Ils se « maintiendront dans l’ouest sous commandement italien. (Ici), le niveau de risque s’améliore, mais est encore élevé » ajoute-t-il.

On se souvient qu’en octobre, après la mort de 4 chasseurs alpins transalpins, le ministre avait évoqué que les premiers soldats rentreraient au pays en 2011. Difficile aujourd’hui de se dédire publiquement alors que la coalition au gouvernement est en crise et que se rapproche une échéance électorale (NB : Le ministre de la Défense, La Russa, appartient au parti de Berlusconi).

(1) Ce qu’il faut retenir du sommet de l’OTAN

Nicolas Gros-Verheyde

Rédacteur en chef du site B2. Diplômé en droit européen de l'université Paris I Pantheon Sorbonne et auditeur 65e session IHEDN (Institut des hautes études de la défense nationale. Journaliste depuis 1989, fonde B2 - Bruxelles2 en 2008. Correspondant UE/OTAN à Bruxelles pour Sud-Ouest (auparavant Ouest-France et France-Soir).