EATT 2013. Sous les avions, des mécanos…

photo(1)(BRUXELLES2 à Saragosse) Si un avion vole, c’est qu’un mécano a préparé l’appareil, s’est penché, avec passion, souvent sur sa machine. B2 a voulu lors de l’exercice EATT éclairer ces hommes et femmes qui, souvent discrètement, effectuent un boulot formidable. C’est d’ailleurs au sol que l’aspect multinational avance le plus. « Chaque nation a développé ses concepts, ses équipements. Nous avons beaucoup à mettre en commun et partager. On économisera de l’argent et nous gagnerons en efficacité ». résume la Major Magali Allard, chef de la maintenance  et membre de l’EATC, que nous rencontrons sur le tarmac de l’aéroport de Saragosse, à l’ombre des avions….

Une pierre, deux coups

A l’origine, l’exercice EATT avait été conçu principalement pour entrainer les personnels navigants à travailler ensemble. L’idée est venu de faire une pierre deux coups. « Nous avons proposé d’utiliser une opportunité pour greffer les mécaniciens avions afin d’éviter d’avoir deux exercices différents. C’est un double avantage. On a une formation pour les équipages et pour les mécaniciens au sol » explique-t-elle. « Il y a peu d’opportunités où ils sont amenés à travailler ensemble. Objectif : c’est ce que j’ai répété plusieurs fois à mes mécaniciens, même si ce ne sont pas les miens. Il n’y a pas de bonne ou mauvaise façon de travailler. Il faut trouver la meilleure. (…) Les équipes sont mixtes, composées de Belges, Tchèques, Néerlandais, Suédois, Français, Allemands, Italiens. Ce n’est jamais les Français ou les Suédois entre eux. »

Plus simple pour les mécaniciens

« Les différences sont plus à l’intérieur » des appareils qu’à l’extérieur, précise le Lieutenant Nicolas Josson, officier mécanicien français que nous avons interrogé sous l’aile du C130 allemand. « Il y a des différences culturelles certes. Mais si je prends le C-130 par exemple, c’est le même type d’avion, la même documentation, donc la façon de travailler sur l’avion est la même. Après il y a des différences sur les équipements qui sont montés à bord. L’objectif est de pouvoir accueillir tous les types d’avion ». Par exemple, son collègue français Denis Princivalle, « est un mécanicien spécialisé Hercules. Mais cela ne l’empêche pas de travailler sur un Hercules belge, hollandais, voire même le Casa tchèque. L’intérêt c’est de pouvoir mutualiser les compétences, d’apprendre ».

Etre prêt à travailler en commun en opération

Le but est bien de « faire en sorte par exemple qu’un mécanicien sur C-130 belge soit capable de réparer un C-130 français » atteste le Général Valentin, Commandant de l’EATC. Cela répond à des cas concrets de ces derniers mois, en opération. « Quand vous allez déployer des détachements, par exemple au Mali. Vous avez une quarantaine de moyens de transports déployés. Il y a des endroits où vous avez deux nations colocalisées. Chacun prévoit comme si il était seul (la logistique), le stock de pièces détachés… ». EATT est donc un premier moyen pour répondre à ces problématiques. « Tout ce que vous faites ici pour faire en sorte qu’on apprenne à travailler ensemble est important. La prochaine fois qu’on déploie les Belges avec les Français sur un théâtre avec des C-130, on fera en sorte que là où on déployait 20 + 20 personnes par exemple, on puisse en déployer seulement 30 parce que sur certains domaines on pourra partager ». « Réduire l’empreinte logistique » se fait toujours dans un but de réduction des dépenses. Lorsque des avions sont envoyés « dans un coin du monde, cela coute moins cher si l’on mutualise les personnels, les pièces-détachés ».

Avec l’A400M, une nouvelle logique de mutualisation

On verra peut être bientôt émerger un nouvel exercice commun. « Avec EATC on a des projets avec les pays, d’entrainement des troupes au sol, comment réparer les avions etc… Des projets existent. EATT sert de terrain pour commencer tout ça. » L’arrivée du nouvel avion de transport militaire Airbus A400M pourrait être un moyen d’avancer vers plus de coopération. Une nouvelle logique mutualisée se met en place. « Avec l’arrivée de l’A400M, les pilotes se forment ensemble. Les mécaniciens se forment ensemble. L’école sera en Allemagne. Il y aura à travers la formation une acculturation » explique le Lieutenant Josson. La formation des équipes au sol et des équipages devrait donc être plus harmonisée. Il faudra cependant attendre plusieurs années, le temps que toutes les armées « touchent » leur avion vedette…