L’Europe un géant spatial qui s’ignore

L’Europe un géant spatial qui s’ignore

Share

Lancement du Sentinel 3 pour Copernicus (crédit : ESA)

(B2) Il y a des révolutions parfois silencieuses… L’espace est de celle-là. Dans ce domaine, l’Europe n’est pas un nain, comme l’a rappelé la Haute représentante de l’Union lors des journées européennes de l’Espace qui viennent de se dérouler cette semaine à Bruxelles.

Le deuxième plus gros budget pour l’espace dans le monde

L’Europe n’est pas « une puissance spatiale en devenir », elle l’est déjà en quelque sorte avec le « deuxième plus gros budget pour l’espace dans le monde », comme a voulu le rappeler, à juste titre,  Federica Mogherini lors des journées spatiales à Bruxelles. « Notre technologie et notre expertise font de nous un poids lourd sur les marchés spatiaux mondiaux. » Et « nous devrons continuer à investir et à investir mieux – si nous voulons être la puissance spatiale autonome et coopérative que nous devons être pour nos citoyens, mais aussi que le monde a besoin de nous ».

Des satellites pour suivre les mouvements migratoires et des terroristes de Daech

Les images européennes de l’espace sont souvent appelés à la rescousse suite à des catastrophes naturelles, pour détecter les déversements d’hydrocarbures dans l’océan, observer les mouvements des passeurs d’êtres humains et bien d’autres choses … « Ce n’est pas un jouet de luxe. C’est essentiel à notre propre sécurité et à notre politique, pour nous Européens et pour nos partenaires » souligne la chef de la diplomatie européenne. « Lorsque les terroristes de Daech ont attaqué des sites historiques en Syrie et en Irak, les satellites ont contribué non seulement à l’évaluation des dommages, mais aussi à la planification de la reconstruction. » Et d’ajouter : « Et nous partageons ce travail en tant que superpuissance mondiale, comme l’Union européenne, avec nos partenaires dans la région et dans le monde. »

NB : la Haute représentante ne l’a pas précisé, mais elle aurait pu ajouter que les satellites européens ont aussi des images très précises (à la demande de quelques États membres) des forces en présence dans l’Est de l’Ukraine, ainsi que des passages des convois de véhicules. Ils ont aussi été utilisés pour localiser et repérer des emplacements d’armes chimiques, à la demande de l’OIAC, l’organisation internationale des armes chimiques.

Un outil de cartographie en cas de catastrophe naturelle

L’un des outils les plus intéressants est Copernicus, « probablement le meilleur système de cartographie rapide au monde. » « Lorsque l’ouragan Irma a frappé les Caraïbes, nous avons immédiatement mobilisé Copernicus pour soutenir toutes les personnes dans le besoin ». Copernicus a ainsi permis « en quelques heures » de produire des cartes précises pour évaluer les dégâts et, surtout, planifier les opérations de sauvetage, aux Antilles françaises et aux îles Vierges britanniques mais aussi  pour Haïti, la République Dominicaine, et même la Floride. « Nous l’avons fait gratuitement, parce que nous considérons qu’il est de notre devoir et de notre responsabilité en tant que puissance mondiale responsable d’aider nos amis dans le besoin. Et parce que l’espace n’appartient à aucun pays, mais à l’ensemble de nous, en tant qu’humanité. »

(Nicolas Gros-Verheyde)


Les moyens spatiaux des Européens

Les Européens disposent tout d’abord d’une Agence spatiale européenne (mis en place au niveau intergouvernemental et qui regroupe une vingtaine de pays), qui gère notamment le lancement des satellites, du système Galileo en cours de mise en place (1), qui permettra d’avoir l’équivalent du GPS, mais européen et plus performant, ainsi que de systèmes de cartographies ou d’analyses comme Copernicus (ex GMES) et le Centre satellitaire de l’Union européenne (SatCen), établi près de Madrid.

(1) Vingt-deux satellites Galileo ont déjà été lancés – quatre l’année dernière, et quatre autres sont à venir cette année.

(discours)