Le Cavour, navire amiral d’EUNAVFOR Med

Le Cavour... © NGV / B2
Le Cavour… © NGV / B2

(B2, à bord du Cavour) Long de 244 mètres, large de 40 mètres avec une hauteur de 55 mètres (soit 11 étages), quand on monte à bord du Cavour, on pourrait ne pas se sentir en pleine mer. Si ce n’est le petit mouvement de roulis, perceptible de temps à autre, les 27 000 tonnes du navire assurent une certaine stabilité.

Une journée à bord

La journée à bord démarre normalement vers 7h30, avec le petit déjeuner, briefing général dans le hangar, avec les consignes du jour, nettoyage du navire vers 10-12h. L’après midi, entrainement collectif divers (alerte incendie, alerte sauvetage, entrainement militaire, etc.).

Des équipes d’astreinte

Des équipes restent d’astreinte en permanence, au quart mais aussi côté hélico. Il y a ainsi une équipe d’astreinte en permanence 24h sur 24. C’est à dire la nuit comme le jour, avec un temps de décollage fixé à maximum 60 minutes la nuit, 30 minutes le jour. Idem côté du FHQ où hormis les horaires de jour, un capitaine et son assistant se relaient toutes les six heures pour assurer la veille. Une nécessité. « Les premiers appels arrivent la nuit. Et les avions décollent très tôt. »

In arduis servare mentem

Avec 544 hommes et femmes d’équipage, le navire de commandement italien ressemble à un vrai village. Et encore, il parait un peu vide. « On peut aller jusqu’à 1200 personnes en tout avec les aviateurs, les forces spéciales » souligne son commandant Alberto Sodomaco, pas peu fier de commander ce navire, dont la devise est « In arduis servare mentem » qui pourrait être celle de l’opération également.

Le navire le plus imposant de la marine italienne

Troisième du nom dans la marine italienne, le Cavour est aussi un de ses navires les plus imposants et les plus récents. Fabriqué par les chantiers navals italiens, Fincatieri, en 2004, en deux parties (comme les navires civils), assemblées ensuite à la Spezia, il a été engagé en 2008.

Utilisable dans différents types d’opérations

Modulable et adaptable facilement, il est utilisable dans différents types d’opération (à l’image des BPC français). Il peut ainsi servir de bateau de commandement et de contrôle, de navire hôpital, ou de pôle de transport — ou les trois à la fois comme aujourd’hui — comme de transport logistique voire servir à la diplomatie marine. Le navire revient ainsi d’une tournée en Afrique, de l’Arabie saoudite à l’Amérique (6 mois) : 164 jours en mer, 41 jours dans les ports.

Un porte-hélicoptères

Il dispose de six places (spot) hélicoptères + une place pour l’hélicoptère réservé au SAR. 2 ascenseurs sont prévus pour monter (ou descendre) les avions/hélicoptères du hangar vers le pont, ou vice versa.  Plusieurs configurations sont possibles : 14 avions AV8B + 6 hélicoptères EH101 en mission « projection », ou 10 avions AV8B + 8 hélicoptères EH101 et 2 hélicoptères NH90 en mission « soutien amphibie ».

Un hangar modulable

Le hangar en lui-même a une bonne taille : 134 mètres de long, 21 mètres de large, 7 mètres de haut. En temps ordinaire, il peut abriter du matériel ou du fret humanitaire, comme en janvier – avril 2010 pour l’opération White Crane vers Haïti — les hélicoptères ou les avions. Aujourd’hui, à bord, il n’y a (que) trois hélicoptères. Une partie a donc été transformée en salle de sport. Le navire a aussi une centrale énergétique à bord (de 18 Megawatt) et autoproduit toute l’eau nécessaire, recyclant l’eau ou celle de mer… sauf l’eau gazeuse servie à table.

Un véritable hôpital flottant

Le Cavour dispose d’un hôpital flottant, avec 4 lits de réanimation, 20 lits d’hospitalisation, une unité pour les brûlés, 2 tables d’opération et 8 unités de soins d’urgence. Il sert ainsi de rôle 2 à l’opération. Son emplacement sur zone est souvent à l’arrière de la zone de récupération des canots de migrants, à mi-chemin entre eux et la terre. L’objectif est d’avoir une évacuation possible dans un temps rapide, soit vers le Cavour, soit vers la terre.

(Nicolas Gros-Verheyde)

Nicolas Gros-Verheyde

Rédacteur en chef du site B2. Diplômé en droit européen à l'université Paris I Pantheon Sorbonne. Journaliste professionnel depuis 1989, fonde B2 - Bruxelles2 en 2008. Correspondant UE/OTAN à Bruxelles pour Sud-Ouest (auparavant Ouest-France et France-Soir). Auditeur de la 65e session de l'IHEDN (Institut des hautes études de la défense nationale).