Immigration, Asile : Les Etats restent jaloux de leurs prérogatives

(article paru dans Ouest-France, juillet 2008) L’immigration et l’asile est une des plus « jeunes » politiques de l’UE. Harmoniser ces politiques suscite donc des résistances. Mais si les Etats membres restent très jaloux de leurs prérogatives, ils sentent bien également que davantage d’unité est nécessaire. C’est sur ce sentiment contradictoire que la présidence française de l’UE va devoir « surfer » pour négocier un accord.
• Travail clandestin. La directive harmonisant les sanctions contre les employeurs de clandestins doit normalement être réglée avant fin 2008 ; les 27 s’y sont engagés. Mais de nombreux pays – comme l’Allemagne – refusent un tel encadrement.
• Immigrants légaux. L’Allemagne est plutôt réticente au projet de « carte bleue », comme certains pays de l’Est européen, pour d’autres raisons. Il faut « d’abord lever toutes les restrictions à la libre circulation de nos travailleurs » disent-ils.
• Régularisations. L’appel de Sarkozy à renoncer aux régularisations se heurte à une nette opposition de l’Espagne.
• Intégration. Plusieurs pays, dont l’Espagne, sont hostiles au coté « obligatoire » d’un tel contrat. La Roumanie exige un traitement non discriminatoire de ces roms (en Italie particulièrement).
• Réfugiés. Le projet visant à traiter de façon plus homogène les demandes d’asile suscite des « réticences » de Berlin et de Londres, notamment.
• Code européen. L’idée, allemande, de créer un « codex » européen sur chaque sujet (asile, immigration…) répertoriant toute la législation en vigueur, est jugée de « révolutionnaire » par les diplomates.

NB : Les décisions au Conseil des ministres de l’UE se prennent à la majorité qualifiée pour l’asile et l’immigration illégale mais à l’unanimité (donc avec droit de veto) pour l’immigration légale. Cette dernière règle peut être modifiée, à tout moment, si les 27 sont d’accord.

(NGV)

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