Piraterie

Les 7 marins du Asphalt venture libérés

(crédit : MPHRP)

Chirag Bahri (à gauche) responsable du MPHRP et les 7 marins otages (crédit : MPHRP)

(BRUXELLES2) Les 7 derniers marins du Asphalt Venture, un cargo norvégien battant pavillon panaméen, capturés en septembre 2010, ont été libérés par leurs ravisseurs, les pirates somaliens, a confirmé, jeudi (30 octobre), Chirag Bahri, directeur régional du programme de réponse humanitaire à la piraterie maritime (Maritime Piracy Humanitarian Response Programme – MPHRP). « Ils sont en sécurité au Kenya », a-t-il ajouté. « Les préparatifs sont en cours pour leur retour en Inde dans les prochains jours. Leurs familles ont été informées. »

Une libération contre une somme modeste

La libération a été organisée, indique le MPHRP, « après un paiement modeste fait pour couvrir les frais logistiques et de transport du groupe qui détient les hommes ». Aucun montant n’a été indiqué.  Peter Swift, le président du Programme, a notamment remercié « l’équipe de Holman Fenwick Willan (un cabinet d’avocats spécialisés dans la marine marchande) qui est intervenue sur une base pro bono pour aider à rendre cette (libération) possible ».

4 ans de captivité !

L’Asphalt venture avait été capturé – avec ses 15 hommes d’équipage – au large de la Tanzanie, il y a 4 ans, le 28 septembre 2010 (Lire : Le MV Asphalt Venture capturé par les pirates à proximité de la Tanzanie).

Une rançon, évaluée à 3,5 millions de $, avait bien été versée, mais seule une partie de l’équipage (8 marins) avait été libérée en avril 2011, une manière de protester contre les méthodes offensives de la marine indienne, avions-nous écrit à l’époque (lire : Dernières nouvelles de la piraterie (17 avril 2011).

Depuis, malgré quelques tentatives, aucune solution n’avait pu aboutir. Et les parents des marins s’étaient récemment plaint d’être abandonnés, et peu soutenus par les autorités indiennes, tant régionales que fédérales (lire dans le Times of India : 4 years on, no freedom in sight for Tamil Nadu man in pirates’ custody).

Encore 30 marins aux mains des pirates somaliens

Selon le dernier bilan qu’on peut dresser, il reste encore 30 marins aux mains des pirates somaliens : les 4 marins thaïlandais du Prantalay 12 (un navire thaïlandais) détenus depuis plus de 4 ans ! et 26 otages taïwanais, philippins, indonésiens, chinois et vietnamiens du FV Naham 3 (un autre navire thaïlandais). La dernière libération opérée avait été en juin 2014 pour les 11 marins du FV Albado (lire : Bonne nouvelle. Les otages du Mv Albedo sont libres ainsi que 3 travailleurs humanitaires).

(NGV)

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Deux navires poursuivis par les pirates. Un autre abordé le lendemain

(B2) Les pirates somaliens semblent retrouver un peu de poil de la bête, à proximité de leurs côtes. Deux navires ont, ainsi, été pourchassés par des skiffs pirates ce mercredi (15 octobre) dans le Golfe d’Aden au large de Bosasso, selon des sources maritimes.

Le premier navire approché l’a été, vers 13h50 locales par un skiff de couleur bleu foncée. A bord 4 personnes, des échelles et des armes qui ne faisaient pas penser a priori à des pêcheurs pacifiques…

5 heures plus tard, non loin de là, un autre navire, un yacht a également été victime d’une poursuite en règle par un skiff, composé du même nombre de suspects. Celui-ci s’est approché à moins de 500 mètres du navire qui n’a dû son salut qu’à son équipe de sécurité à bord qui a tiré des tirs d’avertissement. Le skiff n’a pas abandonné totalement la poursuite continuant de suivre à plus de distance le navire. Celui-ci est désormais « en sécurité »précisent les forces navales sur zone. (Maj) Une « enquête est en cours » pour repérer le skiff et l’origine des pirates a précisé un officier impliqué dans les opérations maritimes, jeudi matin, interrogé par B2.

La dernière action connue des pirates avait eu lieu à l’est de l’Océan indien, fin septembre. Lire : Des pirates toujours en action dans l’est de l’Océan indien ?

(MAJ 16.10) Tandis qu’il était à l’ancre, un autre navire marchand a été, cette fois, abordé par des pirates qui l’ont attaqué, tentant de le prendre d’assaut. C’était plus au sud, près des côtes somaliennes, à proximité de Eyl – un repère pirates – jeudi 16 octobre vers 12h (heure locale). Deux skiffs, avec environ 15 personnes à bord se sont approchés, tentant de monter par la chaîne de l’ancre. Sans succès. Le bateau a pu s’en tirer. Mais c’était moins une, semble-t-il.

(NGV)

Des pirates toujours en action dans l’est de l’Océan indien ?

(B2) Un navire marchand a fait l’objet d’une « approche » par des présumés pirates, jeudi (25 septembre), à l’est de l’Océan indien, apprend-on de source maritime. Le navire se trouvait alors tout proche du détroit d’Ormuz, entre les Emirats arabes unis et la côte du Pakistan. Un skiff avec 3 personnes à bord, des armes et du matériel d’harponnage bien visibles, s’est approché alors très près du navire, à juste 10 mètres. Le navire a pu esquiver ses poursuivants.

Une autre approche suspecte en mer rouge

Une autre approche « suspecte » a été signalée le lendemain à l’autre bout de la zone, dans la mer rouge, 9 skiffs suspects se sont approchés à une vitesse rapide (20 noeuds) d’un vraquier venant de différentes directions. Le capitaine a sonné l‘alarme, fait donner de la vitesse, déclenchant les alarmes de bord, activant les tuyaux d’incendie. 12 fusées éclairantes ont même été tirées. Sans succès apparent. Les skiffs ont poursuivi leur approche et se sont approchés à 20 – 30 mètres du navire. L‘équipe de sécurité de bord a alors fait des tirs de sommation ; les skiffs ont alors arrêtés leur approche. Mais aucune arme ou échelle n’ont été aperçus à bord « à cause de l’obscurité » indique le centre de surveillance de la piraterie (IMB) de la chambre de commerce internationale, qui a d’ailleurs décidé de ne pas comptabiliser cet incident dans ses statistiques.

Les pirates somaliens se disputent la rançon d’un journaliste libéré. 3 morts

MIchaelMoore

C’est après la libération de Michael Scott Moore (ici sur la photo lors de sa détention) que les pirates se seraient entretués

(B2) Le partage d’une rançon entre pirates somaliens aurait mal tourné jeudi (25 septembre) à Galkayo (région de Mudug). Au moins cinq personnes ont été tuées lors d’échanges de coups de feux entre deux groupes de pirates dans le quartier de Barahley, au sud de Galkayo, selon le site Garowe Online. 3 pirates ont trouvé la mort et 2 civils également. Un des « piliers » de la piraterie, Ali Dhuule, figurerait parmi les morts, selon le site somalien. Les deux groupes se disputaient apparemment le partage de la rançon versée pour la libération du journaliste germano-américain (plus de 1,6 millions $).

Michael Scott Moore a été libéré mardi (23 septembre) après 2 ans et 1/2 de captivité. Possédant la double nationalité (allemande et américaine), il avait été capturé le 21 janvier 2012, à Galkayo, alors qu’il menait des recherches pour écrire un livre sur la piraterie. Vivant à Berlin, il travaille pour Der Spiegel et est le correspondant européen de Miller-McCune Magazine. Il est aussi l’auteur d’un ouvrage renommé dans le milieu du surf « Sweetness and Blood: How Surfing Spread from Hawaii and California to the Rest of the World, with Some Unexpected« .

Juste après sa libération, il a été conduit dans un petit avion vers Mogadiscio où il a été pris en charge médicalement avant d’être évacué sur le Kenya. Il est en « bonne condition étant les circonstances » a précisé un personnel des renseignements allemands, selon Der Spiegel.

Une attaque déjouée en Mer rouge. La piraterie en mode « veille active » ?

Une attaque déjouée en Mer rouge. La piraterie en mode « veille active » ?

la frégate Navarra en escorte d'un navire du PAM - le programme alimentaire mondial (crédit : Eunavfor Atalanta)

la frégate Navarra en escorte d’un navire du PAM – le programme alimentaire mondial (crédit : Eunavfor Atalanta)

(BRUXELLES2) Même si la situation dans l’Océan indien n’a rien à voir avec ce qui se passait il y a 2 ou 3 ans, la menace de la piraterie reste visible, comme le prouvent une attaque et une autre approche suspecte aux deux bords de la zone du Golfe d’Aden et du Golfe d’Oman, survenues ces derniers jours.

Un vraquier a, en effet, été attaqué lundi (18 août) dans le détroit de Bab El Mandeb en Mer rouge, alors qu’il naviguait entre l’Erythrée (non loin de Djibouti) et le Yemen, dans une zone située à 12.52 nord et 43.14 Est. Quatre skiffs se sont rapprochés assez près du navire, à environ 1,5 mille nautique (environ 2800 m.), relatent les sources maritimes, tandis qu’un bateau mère semblait stationner non loin de là, à environ 4 milles. Le capitaine a donné l’alarme et entamé des manoeuvres de diversion — accélération de la vitesse, évitement — et mis à l’abri le personnel non nécessaire dans une « citadelle ». Les skiffs se sont rapprochés jusqu’à 0,5 mille. Et le doute sur les intentions des occupants de ces bateaux n’était pas permis. Une échelle était visible dans un des skiffs avec 6 personnes à bord. Les gardes de sécurité privée, présents à bord du navire marchand, ont dû montré leur armes — sans qu’on puisse savoir s’il y a eu tirs directs — pour obtenir que les assaillants rebroussent chemin.

Une autre approche « suspecte » a été signalée, samedi (16 août), dans le Golfe d’Oman, entre Oman et Pakistan, par le centre de sécurité maritime de l’OTAN. Un navire marchand a été approché par 2 skiffs. Les gardes de sécurité à bord ont utilisé des tirs de fusée d’avertissement ; les skiffs ont stoppé leur approche après que les gardes aient montré leurs armes.

La force anti-piraterie de l’Union européenne (EUNAFOR Atalanta) est actuellement commandée par un Italien, le Rear Admiral Guido Rando, à bord du ITS Andrea Doria et compte 3 autres navires : le navire auxiliaire FGS Berlin, la frégate espagnole ESPS Navarra, la frégate de commandement et défense aérienne HNLMS De Zeven Provinciën, avec à bord un hélicoptère NH90 et une équipe d’abordage de marins maltais.

De son côté la force anti-piraterie de l’OTAN (Ocean Shield) est composée du SNMG1 – le Groupe maritime permanent de l’OTAN – sous le commandement du contre-amiral danois Aage Buur Jensen à bord du HDMS Absalon. Il comprend 2 autres frégates : le FGS Magdeburg (Allemagne) et l’USS Taylor (USA) et devrait également bénéficier du renfort du navire italien ITS Mimbelli.

(NGV)

Relève italo-allemande dans l’Océan indien

(BRUXELLES2) Le destroyer italien Andrea Doriava va prendre la relève du commandement de l’opération européenne anti-piraterie EUNAVFOR Atalanta au large de l’Océan indien le 6 août.

A son bord, le commandant de la force, le contre-amiral Guido Rando qui va relever son homologue allemand, Jὓrgen Zur Mȕhlen, et l’Etat-major de la force. Celui-ci est composé de 34 officiers et sous-officiers de 11 Etats membres (Belgique, Croatie, France, Allemagne, Grèce, Italie, Lettonie, Pays-Bas, Portugal, Roumanie, et Espagne) ainsi que de la Serbie. L’Andrea Doria, placé sous le commandement du capitaine Gianfranco Annunziata, compte un équipage de 208 hommes et femmes, dont des équipes spécialisées de fusiliers marins San Marco, et un groupe aérien d’hélicoptère, avec un hélicoptère EH 101.

C’est la troisième fois que l’Italie prend le commandement de la force Atalanta depuis le démarrage de l’opération en décembre 2008. « A cette époque, la situation dans l’océan Indien était critique. Aujourd’hui, la situation est sous contrôle, grâce à l’intervention des opérations maritimes de l’UE, de l’OTAN et de la coalition CTF151, avec une prise de conscience des navires de commerce et l’utilisation d’équipes de protection (NDLR : privées ou militaires). Mais il ne faut pas baisser la garde. La menace des pirates ne peut pas être sous-estimée. » a averti le contre-amiral Rando, avant le départ du destroyer de la base de Tarente, le mardi (22 juillet).

Outre le navire italien, la force navale anti-piraterie sera composée ces prochains mois de quatre frégates (1 Néerlandaise, deux Espagnoles et 1 Allemande) ainsi que d’un navire-ravitailleur de la marine allemande.

(NGV)

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