Piraterie

Relève italo-allemande dans l’Océan indien

(BRUXELLES2) Le destroyer italien Andrea Doriava va prendre la relève du commandement de l’opération européenne anti-piraterie EUNAVFOR Atalanta au large de l’Océan indien le 6 août.

A son bord, le commandant de la force, le contre-amiral Guido Rando qui va relever son homologue allemand, Jὓrgen Zur Mȕhlen, et l’Etat-major de la force. Celui-ci est composé de 34 officiers et sous-officiers de 11 Etats membres (Belgique, Croatie, France, Allemagne, Grèce, Italie, Lettonie, Pays-Bas, Portugal, Roumanie, et Espagne) ainsi que de la Serbie. L’Andrea Doria, placé sous le commandement du capitaine Gianfranco Annunziata, compte un équipage de 208 hommes et femmes, dont des équipes spécialisées de fusiliers marins San Marco, et un groupe aérien d’hélicoptère, avec un hélicoptère EH 101.

C’est la troisième fois que l’Italie prend le commandement de la force Atalanta depuis le démarrage de l’opération en décembre 2008. « A cette époque, la situation dans l’océan Indien était critique. Aujourd’hui, la situation est sous contrôle, grâce à l’intervention des opérations maritimes de l’UE, de l’OTAN et de la coalition CTF151, avec une prise de conscience des navires de commerce et l’utilisation d’équipes de protection (NDLR : privées ou militaires). Mais il ne faut pas baisser la garde. La menace des pirates ne peut pas être sous-estimée. » a averti le contre-amiral Rando, avant le départ du destroyer de la base de Tarente, le mardi (22 juillet).

Outre le navire italien, la force navale anti-piraterie sera composée ces prochains mois de quatre frégates (1 Néerlandaise, deux Espagnoles et 1 Allemande) ainsi que d’un navire-ravitailleur de la marine allemande.

(NGV)

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Un accord de transfert de pirates annulé

drapeau-pirates(BRUXELLES2 – exclusif) C’est un coup de tonnerre dans la lutte anti-pirates, avons-nous écrit dans notre édition Club. Dans un arrêt rendu, plutôt discrètement la semaine dernière, la Cour de justice européenne a, en effet, décidé d’annuler l’accord signé par la Haute représentante de l’UE, au nom de l’Union européenne, avec l’Ile Maurice. Un accord qui permet aux militaires et policiers européens de transférer, pour jugement, aux autorités mauriciennes les pirates ou suspects arrêtés dans l’Océan indien par les navires de la force EUNAVFOR Atalanta.

Cet arrêt est doublement intéressant car c’est le premier jugement sur les accords signés dans le cadre de la cadre de la politique de sécurité et de défense commune. C’est aussi la première interprétation du nouveau dispositif mis en place par le Traité de Lisbonne qui réserve une place plus importante au Parlement européen. Pour les juges, c’est une question de principe, sur lequel on ne peut transiger. Même s’il s’agit d’un accord signé au nom de la politique étrangère et de sécurité commune (PESC), la représentation parlementaire aurait dû être informée. « Cette règle est l’expression des principes démocratiques sur lesquels l’Union se fonde » indique la Cour.

Alors que l’Ile Maurice s’apprête à rendre un jugement sur 12 pirates transférés pour avoir tenté de capturer le MSC Jasmin, les juges n’ont cependant pas voulu « insulter l’avenir » et ont maintenu les effets de l’accord de façon provisoire jusqu’à signature d’un nouvel accord. Cet arrêt pourrait obliger désormais le Conseil et la Haute représentante à reconsidérer leur position lors de la préparation et signature de certains accords – notamment un accord similaire avec la Tanzanie – voire même lors de l’accord Acsa, en préparation avec les Etats-Unis (lire : Je veux bien acheter US. Mais chut !).

(Nicolas Gros-Verheyde)

Détails (Club) : Coup de tonnerre dans la lutte anti-pirates

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Un tanker échappe aux pirates dans le Golfe d’Aden

(B2) Le Torm Sofia, un tanker appartenant à l’armateur Danois  Torm a réussi à échapper, samedi (28 juin), à un groupe de pirates dans le Golfe d’Aden. Le tanker faisait route de Sikka en Inde vers New-York, quand il a fait l’objet de ce qu’on appelle une « approche suspecte ». Il était alors à la position 13°15 Nord et 49°11 Est. Le capitaine philippin a aussitôt sonné l’alarme et l’équipe privée de sécurité qui était à bord mis en alerte. Les pirates ont abandonné la poursuite.

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Bonne nouvelle. Les otages du Mv Albedo sont libres ainsi que 3 travailleurs humanitaires

Les 11 marins libérés du MV Albedo (crédit : UNODC)

Les 11 marins libérés du MV Albedo (crédit : UNODC)

(BRUXELLES2) Les 11 marins du Mv Albedo, qui étaient encore otages des pirates somaliens, sont libres. Ou plus exactement, ils se sont libérés selon les informations diffusées par l’ONU.

7 marins bengalais, 1 Indien, 1 Iranien et 2 Sri-Lankais sont ainsi arrivés à Nairobi, au Kenya samedi (7 juin) dans un avion spécial affrété par le programme des Nations-Unies de lutte contre la criminalité (UNODC). Ils ont été admis à l’Aga Khan Hospital pour un bilan de santé et des soins.

Les circonstances de leur libération ne sont pas extrêmement claires. Selon la version officielle, ils ont réussi à s’évader vendredi (6 juin) par une fenêtre ouverte et ont été secourus ensuite par les forces armées du Galmudug (Somalie). ils seraient arrivés ensuite dans un camp de l’ONU au Kenya, situé près de la frontière somalienne, selon le quotidien bengali Daily Sun.

Le gouvernement du Bangladesh a démenti avoir versé la moindre rançon. « C’est une question de principe. Aucun gouvernement ne verse de rançon dans des cas de piraterie » a déclaré le ministre des Affaires étrangères, selon le quotidien bengalais Bangladesh Today.

1288 jours de détention

L’équipage du Mv Albedo (un navire sous pavillon malaisien) avait été capturé à 900 miles de Mogadiscio, en novembre 2010, tandis qu’il faisait route de Dubai vers les Emirats arabes unis et le Kenya. Il comptait à l’origine 23 hommes. 7 ont été libérés le 1er août 2012 (7 Pakistanais). 1 Indien est décédé au cours de sa détention. Et 4 Sri Lankais ont disparu lors du naufrage de leur navire, en juillet 2013, aux mains des pirates. Les marins avaient ensuite été ramenés à terre, dans un repaire des pirates.

La fin d’un long calvaire

C’est la fin d’un long calvaire pour les marins. Les conditions de détention étaient particulièrement éprouvantes pour l’équipage qui avait été largement abandonné à son sort. Le propriétaire du navire (malaisien) avait disparu et la Malaisie refusait d’en assumer la charge. « Après 1288 jours en captivité, nous sommes ravis pour eux et leurs familles après l’épreuve et les difficultés qu’ils ont subi » a exprimé Peter Swift, le responsable de MHRP, le programme de réponse humanitaire sur la piraterie maritime. Un des Pakistanais libérés en 2012 avait mentionné les dures conditions de vie voire l’usage de la torture dont ils étaient victimes de la part de leurs ravisseurs. Les pirates nous « ont frappés à plusieurs reprises avec des tuyaux et avec la crosse de leurs fusils AK-47. Ils ont également utilisé des pinces pour arracher la peau sur les paumes des marins » expliquait Mujtaba. « Ces hommes ne sont pas humains. Quand ils nous ont frappés, ils ne cesseraient pas. Ils nous ont frappés sur la tête. Certains officiers avaient des hémorragies graves sur la tête. L’un ne pouvait pas utiliser sa main gauche, endommagée lors d’un passage à tabac. » (lire dans The National).

Les 3 travailleurs de l'ONG "Ias" peu après leur capture en 2012 (crédit : IAS)

Les 3 travailleurs de l’ONG « Ias » peu après leur capture en 2012 (crédit : IAS)

Des travailleurs humanitaires libérés

A noter que trois travailleurs humanitaires kenyans, otages depuis bientôt 2 ans, ont été libérés jeudi (5 juin). Janet Muthoni Kanga, Martin Mutisya Kioko and Abdinoor Dabaso Bor travaillaient pour l’ONG américaine International Aid Services.

Ils circulaient en voiture à Galcayo dans le Puntland le 11 juillet 2012 quand ils avaient été capturés par des hommes en armes. Plusieurs policiers du Puntland qui assuraient leur protection avaient été blessés lors de cette action, ainsi qu’un autre travailleur humanitaire qui n’avait pas été kidnappé. Les ravisseurs se sont proclamés pirates somaliens. Les circonstances exacte de leur libération n’ont pas été révélées. Dès leur libération, « les otages ont été emmenés dans un endroit sûr jusqu’à ce qu’ils soient transportés vers Nairobi, avec l’aide des Nations Unies et du Gouvernement de Galmudug » précise l’ONG. Ils ont subi des examens médicaux de routine, et dans les circonstances, en « plutôt bonne santé » ajoute-t-elle.

Pendant la durée de leur captivité, l’équipe de gestion de crise d’IAS « a pu parler aux otages sur un certain nombre de reprises, et a été en mesure d’organiser la livraison de nourriture et matériel de temps en temps ». Elle a aussi « discuté avec plusieurs personnes se disant être les preneurs d’otages. Mais, dans la plupart des cas, — fait-elle remarquer — les appelants ont été rapidement identifiés comme des fraudeurs ». « De longues discussions ont été entreprises avec les ravisseurs réels qui ont permis d’aboutir à leur libération ».

Encore 39 otages des pirates

Selon le dernier bilan diffusé par les forces européennes anti-piraterie, et la base de données « Pirates » de B2, il reste encore 39 marins aux mains des pirates : les 4 marins thaïlandais du Prantalay 12 (un autre navire thaïlandais) détenus depuis plus de 4 ans !, 7 marins indiens du Asphalt Venture (capturés en septembre 2010!) et 28 otages taïwanais, philippins, indonésiens, chinois et vietnamiens du FV Naham 3 (un navire thaïlandais). Il ne s’agit pas de les oublier…

(Nicolas Gros-Verheyde)

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Un séminaire sur la sûreté maritime

(BRUXELLES2) La Revue Défense Nationale & l’Institut Prospective et Sécurité en Europe (IPSE)
organise un atelier sur « La sûreté maritime dans tous ses États » avec des regards croisés d’experts étatiques et privés sur la piraterie. Un séminaire proposé par l’Amiral Jean Dufourcq, Emmanuel Dupuy, Édouard Pflimlin, Marie- Christine Méchet et Louis-Arthur Borer, ce jeudi 15 mai 2014 de 17h30 à 20h30. Amphi de Bourcet, École militaire, entrée par le 5 place Joffre, 75007 Paris (se munir d’une carte d’identité). Renseignements et inscriptions, en précisant vos, nom, prénom et organisme : seminaire.suretemaritime (-a-) gmail.com

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Un dhow libéré dans le Golfe. Le capitaine soulagé

La frégate Brandeburg et le dhow (crédit : Eunavfor)

La frégate Brandeburg et le dhow (crédit : Eunavfor)

(BRUXELLES2)  Un dhow, capturé par les pirates, vient d’être libéré sans tirer un coup de feu, ce samedi (26 avril), a-t-on appris hier. Si on en croit le QG de Atalanta, l’opération européenne anti-piraterie, à Northwood, le capitaine d’un dhow et son équipage qui étaient dans l’océan indien ont eu chaud. Six pirates armés, qui avaient pris le navire et l’équipage en otage durant 14 jours, ont fui la scène du crime après l’arrivée d’un avion de patrouille maritime espagnol qui appartient à la Force aéronavale de l’UE (EUNAVFOR) et avant celle d’un navire de la flotte, le FGS Brandenburg.

Le capitaine a confirmé son calvaire aux militaires de l’équipe d’intervention du FGS Brandenburg venu le libérer. « J’ai été forcé de naviguer dans le golfe d’Aden, où ils (les pirates) avaient prévu d’utiliser le boutre comme un « bateau-mère » pour attaquer les navires marchands en mer » a-t-il déclaré aux militaires. Les pirates ont cependant, avant de quitter le navire, emporter quelques « souvenirs » : « du matériel électronique et d’autres objets personnels de l’équipage ». Pour le contre-amiral Jürgen zur Mühlen qui commande la flotte européenne, « cet événement confirme que la menace de la piraterie est encore très réelle ».

On attend l’arrestation des auteurs qui ne saurait tarder normalement…

Commentaire : nous pourrions ajouter que cet évènement montre aussi combien les statistiques anti-piraterie ne sont pas tout à fait exactes. Nous apprenons ainsi, incidemment, qu’un dhow a été capturé il y a 14 jours et 14 marins retenus en otages. Cet évènement ne figure pas dans les statistiques européennes qui affichent toujours un 0 pointé en matière de capture alors qu’il faudrait le remplacer par un « 1″. Il faudrait commencer à sérieusement revoir ces statistiques qui commencent à ressembler aux chiffres grecs de déficit avant 2008. Un leurre !

(NGV)

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Nouvelle attaque pirate au large d’Oman

drapeau-pirates(BRUXELLES2) Un navire marchand a fait l’objet d’une nouvelle tentative d’attaque, le 5 avril dernier, par des pirates au large d’Oman, non loin de l’ile de Masirah selon les données géographiques (20° Nord, 59° Est).

Les attaquants, à bord de deux skiffs et d’un dhow, se sont rapprochés assez prêts, à 300 mètres du navire selon les sources maritimes, avant d’être dissuadés par des tirs des gardes privés embarqués à bord du navire. (NGV)

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Une attaque de pirates échoue dans le détroit d’Ormuz

DétroitOrmouz@Wikip(BRUXELLES2) Un tanker s’est fait attaqué, ce dimanche (30 mars), par des pirates dans le détroit d’Ormuz, à 24° Nord et 61° Est, apprend-on de sources maritimes, à environ 8 miles de l’ile de Musandam (Oman). Le navire a été approché par deux skiffs, à moins de deux mètres. La présence d’armes aux mains des poursuivants et d’une échelle à bord d’un skiff ne laissait aucun doute sur les intentions des poursuivants. Les pirates – ils étaient six à bord – n’ont d’ailleurs pas hésité à tirer, à deux reprises, pour tenter de stopper leur proie. Les marins ont été obligés de manoeuvrer durant 25 bonnes minutes, d’actionner les pompes à incendie, et de pousser les moteurs à fond, avant que les pirates ne rebroussent chemin.

Commentaire : ce n’est pas la première qu’une attaque a lieu dans cette zone, proche du Pakistan. Mais rarement une attaque n’avait été perpétrée aussi profondément dans le détroit. Il semble bien que la menace de la piraterie se soit déplacée ces dernières semaines des côtes somaliennes vers les côtes d’Oman et du Pakistan.

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Direction Golfe de Guinée pour le Godetia

EntrainZodiac@BE14

(crédit : ministère belge de la Défense)

(BRUXELLES2) Le navire de commandement et de soutien logistique Godetia a mis le cap sur le Golfe de Guinée, ce dimanche (23 mars). Objectif : donner des formations pour la lutte contre la piraterie, le trafic de drogue et la pêche illégale aux marins et garde-côtes de six pays d’Afrique de l’Ouest (Maroc, Gabon, Bénin, Togo, RD Congo et Congo Brazaville). « Nous donnerons des cours théoriques ayant toujours un aspect pratique » explique le capitaine de corvette Luc Desanghere. L’équipage comprend 90 marins et une quinzaine d’instructeurs. Une campagne de formation nommée « Maritime Capacity Building 2014″ menée dans le cadre de l’Africa Partnership Station, une initiative américaine pour renforcer la sécurité maritime autour de l’Afrique. Retour prévu à Zeebruges le 20 juin prochain. A noter : le Godetia achemine également 250 mètres cubes de biens de première nécessité dont du matériel médical pour des hôpitaux situés en Gambie, au Gabon, au Bénin et sur les deux territoires congolais.

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