Economie

L’Europe souffre mais tient… (maj)

L’Europe souffre mais tient… (maj)

Il n’y a pas que les fonctionnaires européens qui font grève… La population aussi semble vouloir faire une “grève d’Europe”

(BRUXELLES2) Depuis cinq ans que dure la crise, l’Union européenne a montré une certaine résilience, à la fois politique et financière. Certains pariaient sur le départ de la Grèce de l’Euro et derrière le délitement de la monnaie unique. Ils ont perdu. D’autres prédisaient l’effondrement de l’Union européenne, ce n’est pas le cas. Les Cassandre, qui ont confondu leurs désirs avec la réalité, en sont pour leurs frais. Il n’est pas inutile de s’en rappeler ce 9 mai, fête de l’Europe.

Les structures politiques, relativement faibles, et souvent hésitantes, ont tenu

Après cinq années de crise, les structures politiques sortent d’ailleurs plutôt renforcées qu’affaiblies. Le président du Conseil européen, instance dont on pouvait s’interroger au départ sur son utilité, a prouvé son utilité. La Commission européenne, endormie, a dû se “secouer les puces”. Le processus de dérégulation – un effet de mode et une volonté idéologique plutôt qu’une nécessité économique – a été gelé. Et la machine de régulation, donc d’harmonisation, est repartie. Si le rythme continue, les années 2012-2015 devraient rester dans les annales européennes comme un moment d’intégration comme on n’en avait pas connu depuis 20 ans.

Mais tout n’est pas rose. Le dispositif européen reste encore largement déséquilibré privilégiant le financier sur l’économique, l’économique sur le social. Son système politique reste au milieu du gué. Les structures issues du Traité de Lisbonne n’ont pas toutes prouvé leur efficacité. Chacune des institutions n’occupe pas pleinement le rôle qui lui est est dévolue. La Commission, notamment, doit ainsi retrouver une force proposition, dynamique et “intelligente” et non idéologique (*). Le système de “réaction de crise” dépend encore trop de l’ambiance, des personnes, de la volonté. Et il reste des “trous” d’organisation dans le dispositif où l’exécutif entremêle avec le législatif, et le politique avec le technique.

L’éloignement des Européens et du monde

Enfin, et surtout, la structure européenne apparait parfois très très éloignée de la réalité quotidienne. Ce qui pose un sérieux problème… Car le sentiment européen s’effiloche à l’intérieur comme à l’extérieur. Résultat, la puissance européenne s’affaiblit… On peut prendre deux indicateurs, très distincts pour rendre compte de cette évolution : l’attitude de la population (via les derniers sondages d’Eurobaromètre, automne 2012) et les réserves de change (à travers les statistiques du FMI).

(*) sa dernière proposition de ponctionner les comptes chypriotes qui vient, en grande partie de l’équipe d’Olli Rehn, est plus qu’une erreur. C’est une faute politique qui aurait dû être sanctionnée

* * *

L’image brouillée de l’Europe et un manque de confiance croissant

Dans la population, l’image de l’Union européenne s’est brouillée et dégradée à un niveau très inquiétant. La chute est brutale. Il y a cinq ans, l’image de l’Europe était positive majoritairement (entre 45 et 52 %). Seule une petite minorité (un sixième de la population) en avait une image négative. Et ceux qui en avaient une image floue représentaient un tiers de la population.

En 2012, les lignes négative et positive se rejoignent. Ceux qui ont une image négative et ceux qui ont une image positive sont à égalité. Et ceux qui sont indifférents (ou s’en foutent) progressent de façon nette au point de prédominer. NB : Eurostat utilise le mot “neutre”, c’est un peu usurpé, être neutre c’est au mieux être indifférent. Pour avoir une bonne appréhension du problème, on peut addtionner les taux des négatifs et des “neutres”. On s’aperçoit ainsi qu’il y a 5 ans, les “positifs” dépassaient les “neutre” + “négatifs”. Aujourd’hui, la situation est renversée : les “neutres” + “négatifs” représentent plus du double des “positifs”. Le problème est donc conséquent et rapide.

La question de la confiance dans l’Union européenne confirme cette évolution. Les lignes “confiance/non confiance” se croisent dans l’année 2010. Le nombre de personnes (57%) qui n’ont pas vraiment confiance est quasiment le double du nombre personnes qui ont confiance (33%). C’est dans les pays en crise (Espagne, Portugal, Grèce, Chypre…) souvent pro-européens, que la chute est la plus brutale. Mais l’évolution atteint aussi d’autres pays et non des moindres : les Allemands, les Français, jusqu’aux Belges sont en panne d’Europe.

L’évolution est brutale. Il y a cinq ans, 65 % des Espagnols avaient confiance en l’UE ; aujourd’hui ils sont 72 % à ne plus croire à l’Europe, contre seulement 20 % qui y adhèrent encore.

Selon les chiffres d’Eurostat, la défiance est aujourd’hui majoritaire dans 20 pays de l’UE (les principaux). On peut ainsi distinguer trois groupes de pays où la défiance l’emporte : ceux qui avaient un certain eurosceptiscime ancré (Royaume-Uni 69%) sont rejoints voire dépassés par ceux où existe la crise (81% en Grèce !, 72% en Espagne, 64% à Chypre).

Même l’Italie traditionnellement “euroenthousiaste” franchit la barre des 50% de défiance (53% défiants contre 31% confiants). Ce sentiment existe aussi dans les pays “riches”, moins touchés par la crise, qui craignent de s’appauvrir et de payer (59% de défiance en Allemagne, 55% en Autriche). Même la Belgique, pourtant doté d’un solide sentiment europhile, commence à douter : 51% de défiance contre 46%.

L’Union européenne ne jouit, en fait, aujourd’hui d’une confiance majoritaire que dans sept Etats (ratio confiance / défiance) : Bulgarie (60% / 24%), Lituanie (49% / 37%), Pologne (48% / 42%), Danemark (48% / 46%), Estonie (46% / 38%),  Malte (46% / 34%) et Roumanie (45% / 40%). NB : Des pays qui, il faut le reconnaitre, ont un poids secondaire tant en population (1/6e à peine du total) qu’au plan économique ou politique.

Ce n’est plus suffisant… S’il n’y a pas un redressement rapide de l’opinion publique le projet européen qui visait à “unir les Etats et les hommes” a du plomb dans l’aile. Il ne marche plus que sur une jambe, donc clopine, et cet état des lieux ne peut jamais durer bien longtemps…

Autre indicateur : les réserves de change

La monnaie unique, l’Euro (€) a cessé d’être une monnaie “refuge”. Si on examine les statistiques de réserve de change du FMI (*) en les mettant en ratios (pourcentage), on perçoit bien les évolutions et renversements de tendance qu’a produit la crise. Le taux de réserves de change en euro en 2012 chute juste au-dessous de 24% soit à peu près le même taux qu’il y a dix ans (2002), voire avant l’instauration de la monnaie unique. En 1995-1996 (si on prend le volume cumulé DeutschMark-Franc-GulderNl-Ecu), il avoisinait déjà les 24% (*) ! Toute la montée progressive de l’Euro (qui a atteint un point culminant de 27,6% en 2009) est ainsi effacée.

Le Dollar ($) qui cédait constamment du terrain depuis l’apparition de la monnaie unique, passant ainsi d’environ 71% des réserves de change dans les années 2000 à 62% dans les années 2010, stabilise cette position autour de ce chiffre (61,9% en 2012). Il ne regagne cependant pas vraiment du terrain. Ce qui est un signe, en soi, pas totalement négatif pour l’Euro qui pourrait, à la faveur de la croissance, regagner du terrain.

La Livre sterling (£) qui avait progressé entre 2002 et 2007 (passant de 2,8% à 4,7%) stabilise aussi sa place autour de 4%. Les réserves de change libellées en autres monnaies qui avaient chuté à l’introduction de la monnaie unique (de 4,7 % en 1995 à 1,6% en 2000) et étaient relativement stables depuis (autour de 1,80%) augmentent rapidement depuis 2008, progressant ainsi d’un point par année (de 2% à 6%).

(*) A l’instauration de la monnaie unique, le taux de réserves de change était de 18% mais ce taux était rapidement monté dans les années suivantes à l’étiage naturel des pays constituant la zone euro.

NB: Calculs effectués à partir des chiffres 2012 de la base “Cofer” sur la base des réserves “affectées”. Il faut savoir que seule un peu plus de la moitié des réserves mondiales sont “affectées” : les réserves affectées ont eu tendance à se réduire de façon importante depuis les années 2000 – passant ainsi de 78% en 2000 à 55% aujourd’hui. Ce chiffre est relativement stable ces trois dernières années. Et 2012 est même la première année où il n’a pas diminué mais réaugmenté très légèrement (55,6% contre 55,3% en 2011)

Lire aussi :

A noter : Les étudiants de l’École Normale Supérieure et de l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne organisent le 25 mai une journée de réflexion sur le thème des crises traversées actuellement par l’Union européenne et comment l’UE pourrait sortir de ces crises par le haut. Intitulé “le projet Européen est-il pour autant au point mort ?”, le colloque se déroule le samedi 25 mai à partir de 10h à l’Assemblée Nationale dans la salle Victor Hugo, Immeuble Jacques Chaban Delmas au 101, Rue de l’université, Paris VIIe. L’évènement est gratuit mais l’inscription est obligatoire : http://www.weezevent.com/leurope-ne-meurt-jamais

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La piraterie coûte cher au Yemen

(B2) 150 millions de $. C’est ce que le Yemen a perdu en 2011 à cause de la piraterie, a affirmé le ministre des Affaires étrangères de ce pays à la conférence de Dubai sur la piraterie qui s’est tenue les 27 et 28 juin. Les navires de pêche ou de petit commerce yéménite sont une proie facile pour les pirates ; plusieurs centaines de pêcheurs yéménites ont ainsi été concernés voire privés de leur liberté. Une quinzaine d’entre eux ont été tués pour les pirates. Le ministre a aussi pointé du doigt les forces internationales. Si « la présence de ces forces au large des côtes somaliennes a réduit le risque de piraterie, elle pose aussi un obstacle au développement de la pêche dans la région », une des principales ressources pour les familles yemenites. « Les pêcheurs yéménites sont toujours sous le feu des forces internationales et des équipes de sécurité embarqués à bord des navires marchands ». Selon les médias yéménites, 57 bateaux ont été capturés dans les eaux territoriales du Yemen tandis qu’il y a eu 225 attaques avortées pour la seule année 2010.

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Chypre et ses voisins turbulents ou envahissants

Chypre et ses voisins turbulents ou envahissants

(BRUXELLES2) C’est dans une Europe et une Méditerranée tourmentées, que Chypre prend la présidence. Elle est en « en première ligne » sur plusieurs fractures. L’ile reste toujours divisée. Et la présence turque comme britannique (deux bases militaires en “souveraineté” britannique) font de l’ile un cas très particulier dans l’Europe. Il est vrai que c’était plus ou moins le statut de l’Allemagne pendant près de 30 années de son histoire européenne.

La Turquie en position de boycott

Seulement la Turquie, pays candidat, a menacé de boycotter toute réunion présidée par les Chypriotes (grecs), ne reconnaissant pas le gouvernement. Les Chypriotes attendent donc de l’Union européenne une solidarité sans faille. Lors de sa visite à Chypre, en juin, le président du Conseil européen Herman Van Rompuy est venu au secours de la présidence chypriote. « La présidence tournante est une partie fondamentale d’un tout, de l’Union européenne et doit être respecté par tous » a-t-il assuré. Du coup c’est la Commission européenne qui assurera le suivi des négociations d’adhésion (qui tournent, il est vrai, au ralenti) à l’aide de ce qu’on nomme un “agenda positif”.

Une Syrie : entre vacuum et explosion

L’ile est située à quelques encablures de la Syrie (située à moins de 150 km des côtes). C’est une réalité géopolitique qu’on a pas tendance à voir de l’autre coté du continent. Mais la Syrie est d’abord « un voisin », comme le confie un diplomate de l’ile à B2.  La crainte de la présidence chypriote est réellement d’avoir une explosion syrienne dans les mois prochains.  « Si cela explose réellement on sera en première ligne. On peut alors oublier tous les autres dossiers. » Cette crainte concerne la répercussion sur les pays voisins (Liban…) mais aussi l’arrivée d’une immigration par voie de mer ou par voie de terre (via Chypre nord).

D’où la prudence à pas de velours de Chypre sur le sujet, confirmée par un de nos interlocuteurs. « Il faut être très prudent. » Si la situation paraissait dramatique il y a quelques temps, elle paraissait sous contrôle, aujourd’hui cela ne semble plus le cas. Et pour l’ile, qui abrite deux bases militaires britanniques, il ne peut y « avoir d’action sans résolution du Conseil de sécurité ». L’ile a toujours été un réceptacle de dirigeants en exil du Proche Orient et de négociations discrètes.

« La grosse question aujourd’hui est de savoir qui va remplacer le dirigeant actuel. On ne peut pas créer un vacuum. On ne peut pas avoir un nouvel Iran. » Ce qui se passe en Egypte n’est pas pour rassurer. «L’opposition (syrienne) reste très divisée. »

La crise grecque par répercussion

Après avoir pu échappé à la crise économique, Chypre est frappée de plein fouet par la réaction en chaîne, ses banques étant étroitement liées au réseau bancaire (*). Et le gouvernement a dû se résoudre à demander l’aide européenne, tout en faisant le tour d’autres potentiels donneurs de crédits, moins exigeants comme les Russes ou Chinois. …Malgré tout l’ile recèle un potentiel de richesse, avec la découverte de gisements gaziers au large, exploités en commun avec Israël. Ce qui n’est pas fait pour calmer certaines rivalités régionales.

Bref on risque de ne pas s’ennuyer avec cette présidence atypique.

(*) Chypre n’est pas le pays “pauvre” vivant aux crochets de l’Europe que certains pourraient décrire, l’ile est classée parmi les “contributeurs nets” de l’Union européenne – contribuant plus à l’UE qu’elle ne reçoit.

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Les messages de l’Europe à Hollande : croissance toute ! (maj2)

(BRUXELLES2) La victoire de François Hollande aux élections présidentielles en France a déclenché quelques messages d’espoirs de plusieurs dirigeants européens pas seulement à gauche. Entre les messages de félicitations obligés et les vraies exclamations, toute une palette de réactions…

« Félicitations à la France! La victoire de Hollande est aussi une victoire pour la gauche en Europe. » a expliqué Villy Søvndal, le ministre danois des Affaires étrangères (gauche verte) qui exerce actuellement la présidence de l’Union. « La France est un acteur clé dans la coopération européenne et je me réjouis de coopérer étroitement avec la France dans les derniers mois de la présidence danoise de l’UE en vue de créer de la croissance et l’emploi en Europe. »

 

J.M. Barroso et N. Sarkozy au sommet de janvier 2012 (crédit : Conseil de l'UE)

Des défis à relever ensemble (Barroso, Commission européenne)

A la Commission européenne, José-Manuel Barroso (centre-droit) a “chaleureusement” félicité François Hollande “de cette importante victoire et adresse tous mes vœux de succès pour la haute mission qui est la sienne”. « Les défis à relever sont nombreux, pour la France comme pour l’Union européenne » a-t-il ajouté. « Je suis convaincu qu’ensemble nous avons la capacité d’y faire face. (…) Nous avons clairement un objectif commun: relancer l’économie européenne pour générer une croissance durable, reposant sur des bases saines et source de nouveaux emplois. (…) Nous partageons la conviction qu’il faut investir dans la croissance et les grands réseaux d’infrastructure, en mobilisant plus fortement la Banque Européenne d’Investissement et les  fonds disponibles dans le budget européen, tout en maintenant le cap de la consolidation budgétaire et de réduction de la dette.  J’ai noté aussi d’autres convergences, notamment dans son soutien  à la proposition de la Commission en faveur d’une taxe sur les transactions financières et dans l’appui à des euro-obligations pour la croissance. (…) Il nous faut maintenant transformer ces aspirations en actions concrètes. »

Fidèle à son souci de balancer les compliments, le président de la Commission a tenu aussi à féliciter « chaleureusement » le président sortant, Nicolas Sarkozy, « pour son action durant ces cinq dernières années ». « La présidence française du Conseil de l’Union européenne, qu’il a exercée en 2008 a été un modèle de volonté, d’ambition politique et de coopération exemplaire avec la Commission. Ensemble, face aux crises multiples, nous avons accompli de grandes choses, depuis la gestion des tensions en Géorgie, jusqu’à la création des Sommets du G20 au niveau des Chefs d’Etat et de gouvernement, sans oublier l’adoption du paquet sur le climat et l’énergie. Nicolas Sarkozy a été  un ardent défenseur de l’euro et, avec le soutien de ses partenaires comme celui de la Commission, un architecte d’une nouvelle gouvernance économique européenne. »

Ne pas oublier le budget (Dowgielewicz, Pologne)

L'arrivée de " Hollande est une nouvelle opportunité pour les discussions sur le budget de l'UE pour 2014-20. Ne la gaspillez pas! " s'exclame Mikolaj Dowgielewicz, le ministre polonais des Affaires européennes (Libéral), sur son compte facebook.

Un "évènement historique" (Westerwelle, Allemagne)

C'est ainsi que Guido Westerwelle, le ministre allemand des Affaires étrangères (FDP/Libéral), a qualifié l'arrivée de François Hollande au pouvoir dans une allocution prononcée à l'ambassade de France à Berlin. ""Félicitations pour le nouveau Président. L'Europe, c'est notre destin commun" a-t-il précisé (en français). Et d'ajouter (en allemand) : « Nous travaillerons pour surmonter la crise de la dette, nous avons un pacte budgétaire. Maintenant, nous voulons ajouter un pacte de croissance pour plus de compétitivité. » avant de faire une référence à l'amitié franco-allemande, citant le nom de "François Mitterrand". Fichier audio ici. La chancelière allemande, Angela Merkel (CDU), a félicité le nouveau président par téléphone et l'a invité à lui rendre visite.

La justice ! V. Reding (Commission européenne, Luxembourg)

La commissaire européenne à la Justice, Viviane Reding (Centre-Droit) a eu ce mot du coeur, lâché sur twitter « Une France de la Justice, enfin! ». Elle avait été sévèrement critiquée par N. Sarkozy pour ses propos sur les Roms, et sommée de se taire...

Commentaire : Il semble qu'à Berlin, comme dans plusieurs capitales européennes, on ne pleure pas sur le sort de Nicolas Sarkozy et qu'on s'apprête rapidement à tourner la page. Il se pourrait ainsi que, contrairement à toute attente, Hollande et Merkel se retrouvent certaines affinités, au moins de caractère, permettant ainsi au couple franco-allemand de retrouver une fluidité des contacts, se coulant de façon plus souple dans une structure européenne multipolaire, sans être ainsi en position d'imposer leurs 4 volontés. Ce que Terzi, le ministre italien des Affaires étrangères avait nommé le "directoire" franco-allemand (lire aussi : Le ministre italien des Affaires étrangères se prononce contre un directoire européen).

(Maj) en soirée avec les propos de G. Westerwelle et V. Reding

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De nouvelles sanctions sur la Syrie, moins importantes que prévues ?

(BRUXELLES2) Les 27 ambassadeurs du Comité politique et de sécurité n’ont, finalement, pas réussi à se mettre d’accord sur toute la palette de sanctions prévues contre la Syrie. Les ambassadeurs du Coreper doivent encore se prononcer sur la question ce jeudi (23 février). Entre les deux, les évènements à Homs, notamment avec la mort de deux journalistes — un Français et une Américaine travaillant un quotidien britannique — pourraient changer la donne et conduire à durcir le ton, en particulier à Paris comme à Londres.

Les 27 ministres des Affaires étrangères devraient déjà lundi (27 février) bien prendre la décision de geler les avoirs de la Banque centrale syrienne et d’interdire les transactions sur l’or, les métaux précieux et les diamants que l’institution officielle mène sur les marchés mondiaux. Cette interdiction engloberait – si j’ai bien compris :-) – les transactions menées directement ou par un intermédiaire (ce qui est souvent le cas) mais pas les transactions privées. Parallèlement, la “liste noire” de l’Union européenne devrait s’enrichir de 7 nouveaux noms, qui se verraient interdire de visas et de gels des avoirs.

Embargo sur le fret aérien

Ils devraient aussi interdire le fret aérien, en provenance de Syrie, s’il est assuré par des compagnies syriennes et à destination de l’Union européenne. Le transit de passagers restera possible, en revanche (par fret, on entend les marchandises. Il suffirait alors que l’avion comporte des passagers pour ne pas être interdit, mais pourra-t-il alors débarquer sa marchandise…). Cette mesure n’est cependant pas accompagnée de mesures de force – interdiction de survol, faute de résolution des Nations-Unies en ce sens.

Pas d’interdiction des phosphates

En revanche, l’interdiction de l’importation de minerais de phosphates syriens s’est heurtée à la réalité économique. La Syrie figure dans le top 10 des producteurs de phosphates. Et plusieurs pays européens dépendent de ces importations sans alternative immédiate possible. La Grèce notamment a demandé que soit retirée cette mesure.

Lire également :

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Syrie : une 10e vague de sanctions plus économique

(BRUXELLES2 – Conseil des ministres des Affaires étrangères) Les 27 ministres des Affaires étrangères, réunis à Bruxelles aujourd’hui (1er décembre), devraient approuver une dixième décision de sanctions contre le régime syrien. Une douzaine de noms, proches du pouvoir et militaires, devraient être ajoutée à la liste des personnes interdites d’entrée dans l’Union européenne et dont les avoirs sont gelés (la liste comporte déjà 74 noms). Et une dizaine d’entités verraient également leurs avoirs gelés (la liste comporte déjà 9 entités). Le plus importante n’est cependant pas dans cet allongement mais dans les mesures annexes qui vont être prises.

Limitation des relations commerciales

L’UE veut limiter ses relations commerciales avec la Syrie, selon un projet de décision que B2 a pu consulter. Elle va notamment interdire certaines opérations de soutien aux industries stratégiques (construction d’usines de production électrique ou pétrolière, équipements de ces ces centrales…). Elle veut aussi limiter les prêts et crédits à long terme consentis à l’autorité publique syrienne tout comme l’établissement de filiales par les banques syriennes en Europe. L’exportation de certains matériels dits sensibles soit pour la liberté d’expression (matériel ou logiciel de contrôle d’internet, des téléphones mobiles..), soit en matière économique (participation directe à la construction de centrales électriques ou d’équipements pétroliers et de gaz…) va aussi être interdit. Certaines de ces mesures sont la suite de la proposition mise sur la table du Conseil à l’été par le service diplomatique. mais elles vont plus loin. Le Coreper devrait ajuster la liste et les mesures ce jeudi, et la mesure entrer en vigueur dès vendredi avec la parution au JO.

La question des corridors humanitaires

La proposition de la France de mettre en place des corridors humanitaires devrait aussi être discutée mais assez rapidement. Cette idée est surtout travaillée aux Nations-Unies mais également au sein du service diplomatique européen (SEAE). Mais « c’est assez complexe à mettre en oeuvre » comme le précise un diplomate européen. « La France le reconnait elle-même. Il faut bien analyser la situation, le nombre de réfugiés. La Turquie avait ouvert des camps au début des événements. Nous avons vu arriver beaucoup de réfugiés tout d’abord puis cela s’est arrêté et le nombre a même baissé ensuite ».

Un invité arabe

Les sanctions prises par la Ligue arabe contre la Syrie seront également au menu du lunch que les 27 tiendront avec le secrétaire général de la Ligue arabe, Nabil El Araby, invité d’honneur de cette réunion. Un lunch consacré de façon plus générale au processus de paix au Moyen-Orient et au printemps arabe.

Des contacts avec l’opposition

Ces derniers jours, l’Union européenne a eu des contacts avec les opposants syriens. La Haute représentante les a reçu ainsi que les ambassadeurs du COPS. Des opposants syriens, « pas très organisés » de l’aveu même d’un diplomate européen. « Nous les avons encouragé à faire des efforts pour se doter d’une feuille de route ». A ceux qui doutent de l’efficacité des sanctions, ou des possibles conséquences sur la population civile, les opposants « nous ont incité à aller plus loin. La population est surtout touchée actuellement par la violence. »

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L’Europe en proie à un Waterloo économique ?

(BRUXELLES2, opinion) Ce site fait rarement la part belle à ces questions. Mais une fois n’est pas coutume ; la crise de l’euro et ses différents rebondissements méritent une lecture attentive. Il ne s’agit en effet plus seulement d’une question purement économique mais bien politique et stratégique. L’Europe fait en effet face à un risque majeur : un affaiblissement notable non pas d’un pays mais de l’ensemble du continent.

L’Europe est en danger

Cet affaiblissement a une origine, un carburant : des attaques répétées des “marchés”. Mais aussi un accélérateur formidable : l’imprévoyance, l’absence de réaction à la crise et les erreurs stratégiques des Européens qui se succèdent et s’empilent depuis plusieurs mois. A coté de la défaite stratégique qui se prépare, la bataille de Waterloo pourrait (presque) apparaître comme une victoire pour les Français et celle d’Austerlitz une victoire des Autrichiens. -:) S’il s’était agi d’un conflit armé, les armées européennes auraient été défoncées ; on compterait les morts par dizaines et centaines de milliers ; et la moitié de l’Europe serait “occupée”.

Dans cette véritable “guerre économique”, l’Europe a déjà perdu plusieurs batailles et plusieurs divisions. On peut même dire que depuis quatre années que dure la crise, toutes ses lignes de défense ont sinon été brisées, du moins sérieusement enfoncées, contournées, à peine mises en place, obligeant à remettre en place une autre ligne de défense. On a l’impression que les Européens s’acharnent encore à réparer le plâtre de leur ligne Maginot alors que les ennemis franchissent allègrement la frontière par les autres côtés.

Imprévoyance

Que n’a-t-on pas entendu en effet pour se dédouaner de toute action… Tout d’abord, l’Europe n’était pas concernée par ce qui se passait aux Etats-Unis (la crise des subprimes), elle n’avait pas la même structure économique et de prise de risques. Puis ensuite, ses banques étaient peu exposées aux mêmes risques. Quand la crise a commencé à gagner le continent européen, et ses banques, on a considéré qu’elle était limitée à quelques établissements, puis à quelques pays, dits mal gérés, la Grèce, l’Irlande… La crise n’était d’ailleurs que passagère et d’ici 2010 et 2011, la croissance économique allait reprendre le dessus (si si… je l’ai entendu, et me suis même fait rabattre d’un ton suffisant par un diplomate français qui, lorsque j’ai exprimé quelques doutes, m’a fait comprendre que mes notions d’économie n’étaient pas “up to date” comme on dit). Quand la crise a commencé à s’étendre à l’Espagne, on a aussi doctement expliqué que, pour l’Italie, cela ne risquait rien car la dette n’était pas exposée sur le marché mondial et détenue en grande partie par les Italiens eux-mêmes, etc…

Impéritie

Les dirigeants européens ont non seulement empilé les erreurs les unes sur les autres. N’ayant pas bien saisi ou voulu faire comprendre la gravité de la crise, ils ont mal préparé leurs populations à accepter des mesures plus drastiques qui révolutionnent leurs comportements. Ce, dans tous les pays. La mise en place d’une administration fiscale robuste et efficace dans un pays qui en est dépourvu (Grèce) ne peut se faire en quelques semaines. La mise en place de mécanismes de solidarité plus puissants, et le revirement sur une constante constitutionnelle et culturelle – la non intervention des autorités européennes et le fonctionnement de la planche à billets (Allemagne) – ne peut se faire en un seul discours. L’acceptation d’un mode de gouvernance plus fédéral, et non pas fondé sur des a coups politiques. Etc. Tout cela nécessite un peu de temps, des explications qui ne sont pas venues. Dans toutes les mesures prises, on n’a pas ou très peu tenu d’un facteur, pourtant essentiel, la population, et son avatar, la démocratie.

Erreurs à la pelle

Les dirigeants européens ont multiplié les sommets à courte vue, avançant mesure(tte) par mesure(tte), qui n’avaient même pas le temps d’être mises en place qu’elles étaient déjà dépassées. Il a fallu plusieurs mois pour mettre en place un fonds européen de stabilité financière qui n’était pas doté suffisamment alors que la crise avait déjà gagné plusieurs pays ; plusieurs années pour aboutir à un timide encadrement des agences de notation (et encore n’est-il pas en vigueur) à une semi-interdiction des systèmes spéculatifs tels que les achats à découvert ou CDS. Encore aujourd’hui, les dirigeants rechignent à passer à des mesures assez drastiques. La Banque centrale européenne reste interdite de prêter aux Etats. Les agences de notation, laissées à l’air libre, ne sont pas sanctionnées quand elles commettent des erreurs graves. La mise en place d’eurobonds n’a pas encore été lancée. Et on repousse la mise en place de dispositifs un peu plus contraignants comme la taxe sur les transactions financières ou l’interdiction de notation des dettes souveraines des Etats sous aide. Les pays – et les populations – les plus riches se croient protégés des dangers qui menacent les pays les plus faibles et rechignent toujours à un effort. Etc.

Le changement de braquet

La convocation des sommets à répétition et les petits changements à courte vue semblent avoir vécu. Après la Belgique, dégradée, ce devrait être le tour du noyau dur : les Pays-Bas, puis la France et l’Allemagne. La prévision politique devrait prendre en compte cette hypothèse et développer les instruments en conséquence. Il faut adapter le mécanisme institutionnel à la crise. Cela ne nécessite aucun changement institutionnel. On peut penser qu’une réunion continue des dirigeants européens, jusqu’à trouver un accord complet qui ne prévoit pas une solution pour la crise qui précède mais pour les suivantes. En prévoyant le pire.

Une dimension démocratique sous-estimée

La dimension démocratique, et explicative, ne devrait pas être laissée pour compte comme aujourd’hui. Cette réunion devrait être suivie, ou interrompue, par la réunion en urgence des différents parlements dans les pays concernés ainsi que du Parlement européen pour permettre d’entamer la discussion sur les modifications nationales nécessaires à la transposition de ces mesures. Le modèle, développé par Angela Merkel avec une réunion du Bundestag entre deux réunions du Conseil européen (en octobre), ne devrait pas être critiqué mais développé et amélioré. On perdra quelques jours ou quelques semaines qui seront regagnées ensuite. Certaines mesures devront sans doute être retravailler. Mais c’est le prix de la démocratie. Et de l’efficacité. A quoi sert de décider rapidement si les mesures mettent ensuite 1 à 3 ans à être appliquées.

Sérier les sujets

Les sujets devraient être aussi sériés selon leur priorité. Selon moi, les Européens devraient aussi se concentrer sur une régulation plus stricte du système financier, un encadrement des agences de notation qui reste encore lâche aujourd’hui. Il est assez étonnant que “l’erreur” de notation de Standard and Poor’s vis-à-vis de la France ait donné à autant de mansuétude. De nouvelles ressources basées sur de nouvelles accises – qui ne soient pas celle du travail – devraient être trouvées. Enfin, le système des plans d’austérité à répétition me semble aussi condamnable, sinon condamné. A force de serrer la vis, on serrer la croissance, et on augmente la dette. On est en passe de mettre autour de plusieurs pays européens le noeud qu’on a coulé autour de la Grèce. Résultat: au lieu d’une dette de quelques dizaines de milliards, c’est en centaines de milliards que l’on évalue maintenant son montant.

Attention à la crise de confiance

Aujourd’hui, l’heure n’est plus à la tergiversation. L’Europe est en danger ! Mais d’abord d’elle-même. Si les leaders européens ne réagissent pas avec plus de verve, d’intelligence, et de savoir-faire, d’explications et de compréhension, la crise continuera de nous occuper de longues années. L’affaiblissement ne sera pas alors passager mais pourrait se prolonger. Le continent sera à la merci du premier venu, du premier régime autoritaire ou extrémiste né de la crise. Car il se doublera d’une crise de confiance, d’un schisme entre une partie de la population, notable, majoritaire, qui ne comprendra plus le projet européen et ses leaders. A la crise économique s’ajouterait alors une crise politique.

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Eupol en Afghanistan jusqu’en 2014 voire ad vitam aeternam. Un accord de coopération à négocier

entraînement de la police afghane (crédit : ministère polonais de la Défense)

(BRUXELLES2) Les “27″ se sont entendus aujourd’hui (lundi 14 novembre) pour prolonger le mandat de la mission européenne de police en Afghanistan « jusqu’à la fin de 2014 ». Il s’agit d’un « accord de principe » ; il faudra ensuite le formaliser et définir éventuellement la modification du format de la mission. Les 27 ont également indiqué que l’UE avait la volonté de coopérer avec l’Afghanistan « au-delà de 2014 afin de soutenir les efforts déployés par ce pays pour renforcer le maintien de l’ordre et l’État de droit». Mais les 27 ont aussi mis une condition, demandant au gouvernement afghan « d’assurer à la présence de l’UE (y compris EUPOL) en Afghanistan des conditions adéquates de sécurité ».

Une feuille de route pour la conférence de Bonn

Outre la mission EUPOL, l’UE mettra sur la table de la conférence de Bonn, le 5 décembre, une série de propositions et est prête à s’engager sur différents projets, « le cas échéant en coordination et en coopération avec les Nations unies et l’OTAN et d’autres enceintes internationales concernées », pour assurer « le renforcement des institutions de gouvernance afghanes » :

  • favoriser une meilleure surveillance de la part des organismes élus au niveau tant national qu’infranational, notamment en ce qui concerne les flux et l’utilisation des fonds publics;
  • aider l’Afghanistan à faire en sorte que les institutions au niveau provincial et national travaillent de concert, de manière efficace et transparente;
  • renforcer le rôle du parlement, du système judiciaire et des autorités chargées du contrôle des comptes;
  • œuvrer en faveur du respect des droits de l’Homme et des libertés fondamentales, une attention particulière étant accordée aux femmes;
  • accroître l’aide qu’elle apporte au renforcement des capacités, entres autres dans les domaines de la gouvernance au niveau infranational, de la formation de fonctionnaires et de forces civiles de maintien de l’ordre, de la réforme du secteur de la justice et de la réforme électorale;
  • poursuivre la coopération au développement menée avec l’Afghanistan, en vue de favoriser le développement économique et social et de lutter contre la pauvreté.

Il s’agit aussi « d’améliorer le cadre légal régissant les activités du secteur privé et notamment les investissements directs, en vue d’améliorer le climat général des investissements et, partant, de réduire autant que faire se peut les risques politiques ».

Un accord de partenariat

Les 27 ont marqué leur accord pour préparer un accord de coopération « en matière de partenariat et de développement » avec l’Afghanistan. La Haute représentante, Catherine Ashton, a été mandatée pour ce faire. Le mandat qui lui est confié mentionne spécifiquement plusieurs secteurs : la coopération dans les domaines déjà évoqués (pour la conférence de Bonn) et une série d’autres domaines : le développement, la lutte contre le terrorisme, le trafic de drogue et la criminalité internationale, la migration, les échanges, l’environnement y compris le changement climatique et la coopération sur le plan économique et culturel.

« L’accord mettra en place, pour la première fois, un cadre global cohérent et juridiquement contraignant pour les relations entre l’UE et l’Afghanistan — indiquent les 27 —, dans lequel seront énoncées les valeurs communes ainsi que les droits et obligations réciproques des parties, concrétisant ainsi un engagement à long terme en faveur de la coopération avec l’Afghanistan à l’horizon 2014 et au-delà. »

Enveloppe financière intangible

L’UE s’engage « à ce que le financement de ses programmes de coopération et d’assistance en faveur de l’Afghanistan et de la région – tant sur le plan bilatéral qu’au titre du budget de l’UE – soit maintenu, dans les années à venir, à un niveau au moins équivalent au niveau actuel ».

Télécharger les conclusions (en français) : docs de B2

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