(Crédit : The Institute for European Studies)

Conférence sur l’état de la défense européenne… Il y a urgence !

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Préparer le Conseil de Défense

L’objectif : participer au débat en s’interrogeant sur les perspectives européennes de la défense à travers une série d’essais, rassemblant les enjeux d’un Conseil considéré comme « une nouvelle étape vers la communautarisation de la Défense de l’Union européenne », selon les propres mots de Margriet Drent, un de ses auteurs.

Cinq experts 
Cinq professeurs sont invités, tous des experts des dossiers de défense, membres de centres de recherche stratégiques, situés à Paris, Washington, Berlin, Vilnius ou encore Bruxelles. Sven Biscop, directeur du programme « Europe in the world » de l’Institut Egmont ouvrira la séance. On notera également la présence du Général Patrick de Rousiers, président du Comité militaire de l’Union européenne, qui donnera dans un discours introductif les éléments clefs du sujet.
Pour s’inscrire, un mail est exigé à l’adresse: conferences@egmontinstitute.be. Attention, la deadline des inscriptions est fixée au 9 décembre!
Pour en savoir plus sur la conférence :
  • Télécharger ici les écrits des différents contributeurs
  • Rendez-vous sur le site de l’Institut des Etudes européennes.

Mission EUPM en Bosnie : trois leçons pour la PSDC (Eva Gross)

(BRUXELLES2) Après les leçons de Stefan Feller, chef de la mission de police de l’UE (MPUE/EUPM) en Bosnie-Herzégovine, c’est au tour d’Eva Gross, chercheuse à l’Institut d’Etudes Européennes de la VUB, l’une des spécialistes de la politique étrangère et de sécurité européenne de la Vrije Universitet Brussel (université libre flamande de Bruxelles), de tirer partie de l’expérience de dix ans la mission EUPM en Bosnie-Herzégovine. Pour la chercheuse, qui s’exprimait dans le cadre d’une réunion de l’EPC, l’European Policy Center, à Bruxelles, on peut retenir trois « leçons » principales.

1ère leçon : coordination avec les services de la Commission, le représentant spécial dans la chaîne du commandement

Tout d’abord, Eva Gross estime qu’il faut renforcer le lien entre Bruxelles et les acteurs sur le terrain. Dès la planification, le concept de la mission doit prendre davantage en compte les besoins sur place. Il faut s’appuyer sur une coordination plus forte avec les autres services de l’UE, notamment ceux de la Commission. La mission EUPM a eu des difficultés, au moins au début, mais la création du service diplomatique européen constitue une bonne piste d’amélioration. Par ailleurs, il faut perfectionner le lien entre Bruxelles, les capitales nationales et le terrain. Le rôle du Représentant Spécial doit être clarifié, et renforcé en ce qui concerne les missions de l’Europe de la défense : il doit faire partie de la chaîne de commandement.

2e leçon : coordination sur le terrain, entre les différentes missions de l’UE mais aussi avec les autres acteurs internationaux

Le contexte de Bosnie-Herzégovine est assez spécifique puisqu’il combine une mission civile (EUPM) et une mission militaire (EUFOR Althea). Ces deux missions ont été planifiées séparément, ce qui engendre des duplications de mandat qui se retranscrivent sur le terrain. Les deux missions ont ainsi  combattu le crime organisé. Si ce type de chevauchements peut être évité sur le terrain par une bonne coordination personnelle, il serait plus facile d’y penser dès la planification, grâce à une approche plus cohérente. En outre, une meilleure coordination avec les acteurs internationaux est nécessaire, en particulier avec l’ONU, l’OTAN ou l’OSCE, là encore dès la préparation.

3e leçon : L’impact des missions PSDC dans le pays d’accueil

Mesurer l’impact d’une mission est difficile : l’introduction de points de référence ne permet souvent que d’appréhender les résultats quantitatifs, tandis que les résultats qualitatifs sont à analyser sur le plus long terme, dans un cadre qui dépasse en fait celui des missions de l’Europe de la défense. Cela reflète la nature réellement politique (construction d’un Etat de Droit), en plus des objectifs opérationnels. Il faut en outre faire attention à bien cibler qui l’on soutient dans de telles missions. On vise la plupart du temps les élites officielles (gouvernement, police, justice, armée), mais dans des contextes marqués par la corruption et les violations des Droits de l’Homme, il y a un risque d’être associé à ces problèmes et d’être accusé de complicité, voire même de légitimer certains acteurs « peu recommandables ». Il faut donc porter une attention particulière à ces questions, et aller plus loin que la simple intégration d’un expert Genres/Droits de l’Homme dans les missions. Une des pistes à étudier est d’associer davantage les citoyens locaux grâce aux contacts établis par les délégations de l’UE. La question de la visibilité des missions PSDC est d’ailleurs directement liée à ces problématiques.