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La sécurité US ne badine pas quand Barack se pointe

US-EU_Summit_Banner(BRUXELLES2) La présence d’un président américain à Bruxelles se mérite. La sécurité va être renforcée comme rarement… Et pour voir Barack Obama, les journalistes vont devoir se discipliner. Pour tout dire… les procédés sont assez extraordinaires. Tout d’abord, aucune accréditation de dernière minute n’a été prévue, contrairement à l’usage lors des sommets de Chefs d’Etat et de gouvernement. Ensuite la police (fédérale) belge va établir un périmètre de sécurité, plus strict qu’à l’ordinaire, autour du bâtiment Justus Lipsius. Un badge d’accréditation et une pièce d’identité seront nécessaires. Les cameraman et journalistes n’auront pas accès à l’extérieur du bâtiment pour filmer l’arrivée du président. Ils seront parqués à l’intérieur, dans des espaces si restreints, qu’il sera quasi-impossible de travailler ou poser des questions. Durant la conférence de presse, l’entrée principale sera totalement bouclée – sans entrée ni sortie. Il faut s’attendre aussi à ce que les questions soient triées sur le volet, et prédistribuées comme c’est l’habitude lors des grandes réunions. Quant aux télévisions, elles seront interdites de « stand-up en direct »  dans la grande salle de presse, dit l’Atrium, où elles se mettent d’habitude ! On est ainsi plutôt dans l’exercice d’un show que dans un exercice de réponse à la presse…

Hélicoptère Chinook sur le tarmac (Crédit : ministère néerlandais de la Défense)

Le sommet nucléaire à la Haye sous haute protection

Hélicoptère Chinook sur le tarmac (Crédit : ministère néerlandais de la Défense)

Hélicoptère Chinook sur le tarmac (Crédit : ministère néerlandais de la Défense)

(B2) L’armée néerlandaise a mobilisé pas moins de 8000 militaires – armée, marine – aérien -, pour assurer la protection du sommet sur la sécurité nucléaire, qui se déroule à La Haye à partir lundi et mardi (24 et 25 mars). On ne sait jamais !

Surveillance aérienne…

5 hélicoptères d’attaque Apache, 4 hélicoptères de transport Puma et 2 méga-hélicoptères Chinook de l’armée ont été mis en alerte à partir de vendredi non loin du théâtre  » Soldier of Orange ‘ où se déroulera la conférence, sur l’ancienne base aérienne navale de Valkenburg. Ils viennent compléter les 8 hélicoptères de police déjà mobilisés. En l’air, deux F-16 survolent en permanence La Haye, relayés et assistés de ravitailleurs KDC-10. Sur les bases aériennes de Volkel et Leeuwarden se tiennent prêts des renforts… « au cas où ».

… et maritime

Près des côtes, patrouille la frégates Zr. Ms. De Zeven Provinciën et un peu loin au large les Zr. Ms. Holland et Friesland, dotées chacune de l’hélicoptère maritime NH- 90. Pour compléter le tout, ont été installées des batteries de missiles. « Nous sommes prêts pour parer à toutes les menaces », a détaillé le colonel Théo Kustner. 4.000 militaires ont été affectés en renfort de la police pour surveiller les frontières et les aéroports.

(Nicolas Gros-Verheyde)

(crédit : Elysée)

Un nouveau contrat de « paix et de sécurité » avec l’Afrique

(crédit : Elysée)

François Hollande à la séance d’ouverture du sommet Paix et Sécurité en Afrique (crédit : Elysée/B2)

(BRUXELLES2 – à l’Elysée) C’est à l’ombre du portrait de Nelson Mandela que le président français, devant plus de 40 dignitaires africains réunis à l’Elysée, a délivré un discours qui se veut comme une refondation des liens entre la France et l’Afrique pour maintenir la paix et la sécurité sur le continent, appelant à une « alliance exceptionnelle » entre l’Afrique et l’Europe « au service de la paix, du développement, et de l’avenir de la planète ».

De « gendarme » à « pompier » 

Les interventions françaises au Mali il y a un an et maintenant en République centrafricaine sont « lourdes financièrement » et démontrent la nécessité que les Africains se dotent d’une capacité de défense commune. « L’Afrique doit maîtriser pleinement son destin et pour y parvenir assurer pleinement par elle-même sa sécurité » a affirmé le président français dans son discours d’ouverture. Un avis partagé par le président guinéen Alpha Condé, pour qui il n’est « pas normal » que « la France soit obligée d’intervenir en pompier pour nous sauver ».

Une nécessité : préparer les forces africaines

François Hollande appelle chacun à « regarder (la vérité) en face ». « Chacun sait qu’il y a des insuffisances, des manquements, des fragilités et qu’il y a une nécessité de préparer les forces africaines à répondre à toutes les menaces et à pouvoir se doter, dans leurs organisations régionales ou au niveau de l’Union africaine, des moyens indispensables pour assurer la sécurité des Africains. »

Faire face au terrorisme

Face au terrorisme qui se fait jour de la Somalie au Sahel, le président français  appelle à « un nouveau partenariat sur le plan de la coopération militaire », avec plusieurs priorités : « le conseil, la formation, l’équipement, le renseignement ». « Ces groupes disposent désormais de moyens considérables, venus de tous les trafics, ont accès à des armes de grande sophistication, que même des Etats souverains ne parviennent pas à acquérir. » L’objectif est que « les armées africaines puissent être dotées de tous les moyens leur permettant de faire face » au terrorisme.

Un engagement : 20.000 militaires formés par an

Un point clé de la proposition française est la création d’une « force de réaction rapide sous l’égide de l’Union africaine ». Ce qui « exige des moyens de commandement et de renseignement ». « C’est la responsabilité des Africains » a précisé Fr. Hollande. Mais la France est prête « à apporter tout son concours à cette force ». 1°) « par la mise à disposition de cadres militaires, auprès de ses états-majors » ; 2°) « par les actions de formation. La France peut entraîner chaque année, si vous en décidez, 20 000 soldats africains. »

Face à la piraterie : une structure commune

Dernier aspect sécuritaire du discours : la piraterie. La France est « prête » à soutenir la stratégie maritime intégrée définie par l’Union africaine. Elle est prête à constituer « une structure commune pour coordonner vos actions en mer ».

Commentaire (NGV) : une Europe en pointillé ?

On voit ainsi renaître le projet Recamp – comme Renforcement des Capacités Africaines de Maintien de la Paix – qui avait été transféré au niveau européen sous le nom de EuroRecamp et dont la dynamique a été un peu perdue, il faut le reconnaître, à la création du SEAE, le service diplomatique européen, malgré le louable effort de quelques-uns. Une Europe qui reste assez absente du discours présidentiel français, malgré la présence lors de ce sommet de Herman Van Rompuy (pour le Conseil européen) et José-Manuel Barroso (pour la Commission européenne). Pas un mot prononcé sur les missions EUTM Somalia et EUTM Mali qui répondent justement à cet objectif de formation et de structuration des armées africaines. Ce n’est que par le détour d’une phrase, plutôt sybilline que l’UE retrouve sa marque à propos d’une « Europe, (qui) je le sais, sera au rendez-vous » « pour montrer, non seulement sa solidarité à l’égard du continent ami, mais également une responsabilité dans la mise en commun de moyens et de forces ».

(Leonor Hubaut à l’Elysée & Nicolas Gros-Verheyde à Bruxelles)

Télécharger l’allocution d’ouverture

Lire aussi :

La conférence de presse finale à St Malo, cohabition oblige la France est représentée par deux personnes (crédit: Elysée)

Saint-Malo… il y a 15 ans

La conférence de presse finale à St Malo, cohabition oblige la France est représentée par deux personnes (crédit: Elysée)

La conférence de presse finale à St Malo. Cohabitation oblige, la France est représentée par deux têtes. Le discours est le même côté exécutif français. Mais on peut remarquer combien cette photo (officielle) donne l’image d’un Chirac explicatif mains ouvertes et d’un Jospin attentif mains croisées (crédit: Elysée)

(BRUXELLES2) « Je crois qu’il est vital pour l’Europe d’avoir une force et une voix plus forte dans les affaires internationales ». C’est ainsi que Tony Blair, Premier ministre britannique définit l’objectif du sommet franco-britannique qu’il vient de tenir avec ses homologues français, Jacques Chirac et Lionel Jospin (nous sommes en période de cohabitation) ces 3 et 4 décembre à Saint-Malo. Pour l’occasion, le HMS Birmingham, a quitté son port d’attache de Porthmouth pour jeter l’ancre dans la cité des corsaires. Un accord de coopération est signé entre les deux ministres de Défense.

Les bases de la PESD (future PSDC)

C’est entre Français et Britanniques à Saint-Malo, les 3 et 4 décembre 1998, que sont posées les bases d’une politique européenne de sécurité et de défense (PESD). Car, comme le rappelle le président Chirac « Il n’y aura pas de politique étrangère et de sécurité commune européenne, si les deux principales puissances diplomatiques et militaires de l’Europe, enfin deux parmi les plus importantes puissances diplomatiques et militaires de l’Europe, ne se mettent pas d’accord ».

Une Grande-Bretagne, plus engagée ?

Le pari de Blair était que « L’attitude différente de la Grande-Bretagne, plus engagée, plus constructive, aura un meilleur impact pour l’Europe dans son ensemble ». 15 ans plus tard, ce propos parait insensé et impossible dans la bouche d’un de ses successeurs. Et c’est plutôt le discours inverse qu’on entend à Londres.

Lire aussi : Ministres français et anglais célèbrent les 10 ans de St Malo (2008)

A suivre sur le Club, une fiche-mémento sur l’accord de Saint-Malo

Face à la Russie, et la livraison d’armes en Syrie, l’UE mezzo vocce

(BRUXELLES2) A la veille du Sommet UE-Russie, l’Union européenne joue mezzo vocce sur la question de la livraison des armes à la Syrie. C’est du moins le sentiment qu’on peut avoir à écouter les réponses de la Commission européenne que j’ai interrogée lors de la « messe de midi », la traditionnelle séance de questions-réponses face à la presse.

La Commission ne veut pas faire de la question un sujet

La porte-parole de J.M. Barroso, le président la Commission, Pia Ahrenkilde a d’abord cherché à éluder la question, prétextant que tout avait déjà été dit… vendredi. En fait, elle faisait référence à un briefing « off » (qui n’est pas une réponse officielle puisqu’on ne peut pas le citer). La Commission n’entend pas vraiment insister sur ce sujet alors qu’il y tant d’autres points à discuter : les relations commerciales, et aussi la protection des données. Les Russes (comme les Américains auparavant) exigent la communication des données personnelles des passagers des compagnies aériennes européennes. Un moyen de préserver la sécurité, prétendent-ils. Un fer dans la position européenne, peut-on préciser. Les Russes excellant dans l’art de toujours trouver à la veille d’un sommet Ue-Russie, un point embarrassant qui bouscule les conditions de la négociation.

Ne pas aggraver la situation

Du coté de la Haute représentante de l’UE, le ton est plus net. « Cette question sera effectivement abordée ce soir et demain. Je ne peux pas préjuger de ce qui sera dit » a précisé son porte-parole, Michael Mann. « Notre priorité est le processus politique ; nous soutenons l’initiative Russo-Américaine pour Genève 2 » a-t-il ajouté. « Nous demandons à toutes les parties prenantes de ne rien faire pour rendre cette situation qui est déjà très grave encore plus grave, et d’éviter l’augmentation de la violence.» Mais on reste dans la parole politique. La possibilité de mesures de rétorsion si la Russie continue de livrer des armes à la Syrie n’est donc pas évoquée, à ce stade.

EUFOR Tchad RCA au Sommet

(B2) La mise en place opérationnelle de la mission mllitaire de l’Union européenne au Tchad et République centrafricaine (Eufor) devrait faire l’objet d’entretiens, en aparté, au plus niveau, en marge des rencontres européennes de cette semaine (Sommet Europe-Afrique, Conseil des Ministres des Affaires étrangères, signature du Traité de Lisbonne, Conseil européen). Le manque d’hélicoptères et d’unités médicales d’évacuation, pourrait ainsi être abordée directement, lors de bilatérales entre chefs d’Etat et de gouvernement le 14 décembre à Bruxelles. C’est surtout autour de la question du financement des moyens supplémentaires plutôt que de la disponibilité même des moyens que la discussion devrait porter. Ce, afin de débloquer la situation et pouvoir commencer le déploiement des troupes européennes.

(Paru dans Europolitique, 8 décembre 2007)