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Attentats de Paris. Une nuit en Europe et ailleurs aux couleurs françaises

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Le mur des lamentations à Jérusalem (crédit : Israel)

(B2) Dans toute l’Europe et ailleurs dans le monde, de nombreux monuments officiels ou symboliques se sont illuminés aux couleurs tricolores cette nuit de samedi à dimanche, en hommage aux victimes des attentats de Paris du 13 novembre 2015, au Bataclan, au Stade de France, sur les terrasses et les rues du 10e et 11e arrondissement. Un hommage visuel qui a sans doute autant de poids que les mots.


Sources : Ministères des Affaires étrangères (Allemagne, Albanie, Finlande, Fyrom, Israel, Lituanie, Montenegro, Pologne, Slovaquie, Ukraine)

 

Un des meneurs de la révolte (crédit : RTV Slon Tuzla)

La révolte gronde en Bosnie-Herzégovine, l’Europe reste coite

Un des meneurs de la révolte (crédit : RTV Slon Tuzla)

Un des meneurs de la révolte (crédit : RTV Slon Tuzla)

(BRUXELLES2) Une centaine de blessés lors de manifestations. Et on ne peut pas dire que l’Europe se soit vraiment troublée. Un simple message très court de l’ambassadeur de l’UE sur place, Peter Sorensen, où il appelle une « fin immédiate des violences », déplore le nombre de blessés et remercie les services d’urgence et de maintien de l’ordre pour leur effort dans « des circonstances extrêmement difficiles ». « Les citoyens ont le droit d’exprimer leur insatisfaction et leurs opinions dans des rassemblements pacifiques ». Et c’est tout ! Point de communiqué de la Haute représentante, etc. Un peu court face à ce qui ressemble comme une certaine faillite des accords de Dayton, avec des autorités politiques incapables de gouverner.

Une certaine désespérance

Cependant sur place la situation fait penser à une certaine désespérance, dans plusieurs villes du pays, à Tuzla comme dans la capitale. « À Sarajevo, la rage est palpable, ainsi que l’indignation face une situation économique devenue insoutenable et à la paresse d’une classe politique assimilée à des « parasites » » écrivent nos confrères du Courrier des Balkans.

Le mouvement « Udar i Revolt » a réclamé dans un manifeste « Pour une nouvelle Bosnie-Herzégovine », la libération des manifestants arrêtés et la démission du Premier ministre, Hamdije Lipovače. Il souligne combien « la situation dans le pays est catastrophique. L’existence et l’organisation de l’Etat établi par l’Accord de Dayton est intenable. » Il réclame aussi des réformes de fond comme la mise en place de la police anti-corruption, d’une assurance gratuite maladie pour tous les citoyens ou la révision de la privatisation des entreprises privées (qui a conduit à certains abus). Parmi celles-ci : une proposition originale : la réduction des salaires des responsables politiques au minimum absolu, tant que le chômage n’atteint pas 10% !

Une situation sociale et économique explosive, et prévisible

Ces troubles ne surprendront pas les spécialistes de la Bosnie. Les différents rapports du Haut représentant pour la Bosnie ou de l’opération EUFOR Althea ont, tous, souligné, depuis plusieurs mois, voire plusieurs années, que si au niveau strictement sécuritaire, la situation restait « calme », il n’en était pas de même en matière économique et sociale. Ainsi était-il mentionné dans un rapport de 2011 « La situation économique en Bosnie-Herzégovine reste défavorable conduisant à des tensions sociales. (…) L’impasse politique, les problèmes économiques et financiers, s’ils ne sont pas résolus de manière appropriée pourraient devenir une préoccupation croissante. » En 2013, même constat, encore plus alarmiste sur le plan économique-social. « La situation économique actuelle (augmentation des prix de l’énergie et de l’alimentation), le taux important de chômage et la faiblesse des structures administratives reste préoccupante » (*)

(Nicolas Gros-Verheyde)

(*)  The current economic situation (rising food and energy prices), the high rate of unemployment and the weak administrative structures remained of concern. »

Lire :

Tout regrouper à Bruxelles ? Ici la place du Luxembourg à Bruxelles (© NGV / B2)

Strasbourg est-il toujours le symbole européen ?

Tout regrouper à Bruxelles ? Ici la place du Luxembourg à Bruxelles (© NGV / B2)

Tout regrouper à Bruxelles ? Ici la place du Luxembourg à Bruxelles (© NGV / B2)

(BRUXELLES2)  Le siège du parlement européen à Strasbourg est effectivement un sujet récurrent dans la politique européenne. Et il devient plus accru avec la crise économique. Année après année, les partisans d’un regroupement du Parlement à Bruxelles gagnent du terrain. Et ce mouvement semble inéluctable. Les autorités françaises ont pris avec retard la mesure du relatif isolement de cette position. Ce n’est pas seulement au plan des difficultés d’accès (aujourd’hui à peu près résolues, avec l’arrivée du TGV et de nouvelles lignes aériennes). C’est au plan des symboles…

Quelle ville en Europe est le symbole de la réunification européenne ?

L’élargissement à l’est de l’Europe a fait perdre à la capitale alsacienne tout son symbole de réunification qu’elle avait au plan de l’Europe, qui reposait sur le couple franco-allemand. S’il y avait aujourd’hui un lieu où implanter un Parlement symbole de la réunification européenne, ce serait sans doute davantage Berlin qui l’emporterait. Et, dans 10 ans, Sarajevo. Mais sûrement pas Strasbourg ! Je n’ai rien contre cette ville effectivement agréable et qui s’est largement embellie ces dernières années avec l’arrivée du tramway notamment (*).

Blocage français mais pas seulement

On sait cependant que ce sujet est bloqué. Car il est inscrit dans le Traité. Et modifier le Traité aujourd’hui, avec le processus de ratification qui s’ensuit est assez hasardeux. On sait déjà qu’il y aura un veto d’au moins un ou deux pays (France et Luxembourg, car une partie du siège est à Luxembourg). Voire plus… Car aucun Etat membre n’est épargné par la répartition — on pourrait même dire le saupoudrage ! — d’établissements divers et variés dans toute l’Europe. Quand chacun va commencer

Strasbourg ou les agences ? Il va falloir choisir une logique

Remettre en cause Strasbourg est assez facile. Mais n’est pas suffisant… Il faut remettre à plat tout le dispositif européen qui a parsemé toute l’Europe de petites agences un peu partout. Certaines effectuent un travail totalement indépendant de celui effectué par l’Union européenne (le centre satellitaire à Torrejon, l’agence des médicaments à Londres ou l’Office des marques à Alicante) et leur éloignement pose peu de problèmes à l’heure de l’internet. Pour d’autres, c’est plus délicat, car le travail est très complémentaire de celui effectué par la Commission européenne. Là aussi, il y aurait sans doute (sûrement) des économies à produire. Je pense à l’agence Frontex situé à Varsovie, l’agence de l’environnement à Copenhague, la Fondation sur l’amélioration des conditions de travail à Dublin, l’agence de sécurité maritime à Lisbonne, l’agence de formation à Turin, etc. Et j’en oublie ! (pour voir la longue liste officielle c’est ici).

Supprimer, regrouper, colocaliser, rationaliser

Dans tous les cas, on doit regarder agence par agence leur utilité.

  • Dans l’option « basse », certains regroupements (colocalisation) auraient l’avantage de supprimer certains frais généraux : pourquoi pas l’Office des Marques à Luxembourg, auprès de la Cour de Justice, cela a une logique puisqu’il agit ? Pourquoi ne pas mettre Frontex à La Haye aux côtés des agences Europol et Eurojust ? Pourquoi garder l’Agence des Droits fondamentaux à Vienne ?
  • Dans l’option moyenne, certaines de ces agences pourraient être sinon être intégrées du moins mieux couplées avec leur Direction générale de rattachement.
  • Dans l’option haute, il ne faut pas hésiter à supprimer certaines agences ou les regrouper. Dans tous les cas, à l’heure de la diminution des personnels dans les institutions européennes et des restrictions budgétaires, un peu de rationalisation ne serait pas superflu.

Au passage, on pourrait aussi revoir cette désagréable habitude qui voit certains conseils des ministres se dérouler à Luxembourg (en avril, juin et octobre).

C’est compliqué…

On le voit supprimer Strasbourg ne se fait pas d’un coup de crayon. Il faut aller plus loin… Et, là, ca se complique singulièrement. Les discussions sur le siège des institutions comme des agences ont toujours été et sont toujours la partie la plus compliquée et la plus longue de toutes les discussions communautaires. Tous les diplomates vous le diront. La première discussion sur le sujet (pour le Parlement européen) a duré plusieurs heures et même plusieurs jours.

Détails dans les archives du Club de B2 : Le siège du Parlement européen au fil des temps. Une longue série d’escarmouches.

(*) A lire aussi l’excellent billet de ma confrère Anne Blanpain de la RTBF avec qui je partage la remarque sur les tarifs des hôteliers, à l’exception d’un ou deux, dont je tairai le nom (confidentiel défense ;-))

SarajevoNuitMosquée2378a

Sarajevo…

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(BRUXELLES2) Pour un voyage éclair de 24 heures, je suis à Sarajevo pour le sommet UE-Balkans « embedded » avec l’équipe du secrétaire d’Etat français, Pierre Lellouche.  Ce sommet qui réunit les principaux protagonistes de la région et les ministres européens (plusieurs ont fait le déplacement : Bildt pour la Suède, Lajcak pour la Slovaquie), est destiné, 10 ans après le sommet de Zagreb, à réitérer que ces pays ont, tous, vocation à intégrer l’Union européenne mais, en même temps, à avertir que le chemin sera long jusqu’à l’adhésion.

Pour permettre sa tenue avec tous les pays de la région (Serbes et Kosovars inclus), il a été décidé d’adopter le format « gymnich ». Les participants à la réunion sont désignés uniquement par leur nom et non par leur pays. Le mot « sommet » a aussi été gommé officiellement; la réunion s’appelant officiellement « réunion de haut niveau ministériel ». Une solution qui permet aux Serbes d’être à la même table que les Kosovars sans renier leur prétention territoriale sur cette ancienne province d’ex-Yougoslavie.

(NVG)