(crédit : Conseil de l'UE)

Sondage : Qui sera le prochain Haut représentant. Votez !

(crédit : Conseil de l'UE)

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(BRUXELLES2) Qui occupera le 1er novembre prochain, les fonctions de Haut représentant de l’UE pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité ? Depuis la nouvelle année, cette question qui était souvent l’objet de conversations dans les couloirs européens est publiquement posée.

Nous sommes, en effet, à quelques mois des décisions majeures pour la prochaine législature européenne, qui culmineront avec les élections européennes fin mai, le sommet européen en juin et la prise de fonction du nouveau Parlement en juillet. Et le poste qu’occupe actuellement Lady Ashton est un des postes qui attirent le regard.

Depuis l’entrée en vigueur du Traité de Lisbonne et la mise en place du Service diplomatique européen, ses pouvoirs ont singulièrement été renforcés. Et si ce n’est pas le premier poste (de président de la Commission ou du Conseil européen), ses triples fonctions (vice-président de la Commission européenne, Haut représentant, président du Conseil des ministres des Affaires étrangères) en font un acteur principal du jeu européen. Les personnalités successives de Javier Solana et Catherine Ashton, chacune à leur façon, ont aussi contribué à donner à cette fonction un rôle d’homme/femme de l’ombre, indispensables dans le jeu politique européen comme dans certaines négociations mondiales, où l’Europe peut jouer un rôle.

Beaucoup de candidats, 1 seul(e) élu(e)

Nombreux sont donc ceux qui veulent le poste et ont commencé à poser des jalons pour cette candidature, comme nous l’avons déjà détaillé, à plusieurs reprises, sur Le Club (lire notamment : Elections 2014. Tous candidats au poste de Haut représentant ?). Mais il n’y aura à l’arrivée qu’un seul élu. Et les paramètres de la nomination du Haut représentant sont très subtils, comprenant des données obligatoires, contenues dans les Traités, et des critères non écrits, voire non dits, mais bien réels (lire : Un nouvel Haut représentant, les paramètres de la nomination). Il y a des chances ainsi que la personne nommée finalement soit dans cette première liste… ou non ! Le mystère européen est encore total.

Quelques explications

Voilà donc une première « short list ». Le nom de Radek Sikorski, qui postule également pour l’OTAN (sans vraiment de chance pour l’instant), est le préféré (actuel) des « experts » européens. Mais il est parti très vite et très tôt. Plusieurs autres « candidats », plus ou moins déclarés, sont également mentionnés. Enfin, nous avons inscrit certains « non candidats » comme Martin Schulz – qui est le candidat des socialistes européens au poste président de la Commission européenne mais pourrait bien arriver au final à ce poste. Ce qui ne serait pas un déshonneur et viendrait illustrer le propos sibyllin de François Hollande sur un couple franco-allemand sur la défense. Nous avons aussi mentionné aussi l’actuelle commissaire à l’Aide Humanitaire, Kristalina Georgieva, qui est une parfaite outsider (plurilingue, femme, non affiliée à un parti politique, expert des relations internationales et qui a fait un bon parcours – de l’avis de tous – à son poste). En revanche, nous n’avons pas inclus volontairement dans cette liste le Danois Anders Fogh Rasmussen, secrétaire général de l’OTAN, cependant souvent cité pour occuper ce poste. Car il y a un véritable problème institutionnel. Le Danemark a, en effet, un « optout » sur les questions militaires de la PSDC comme de l’Agence européenne de défense. On verrait ainsi un Danois présider une agence dont son pays n’est pas membre. Et, pour l’instant, aucun signe ne vient de Copenhague indiquant leur volonté de tenter un référendum sur cette question. (Si vous avez un candidat à nous soumettre, n’hésitez pas à nous faire part dans la case « commentaires »).

NB : vous pouvez indiquer votre préférence pour 1 ou 2 personnes (2 choix sont possibles). Afin d’éviter tout favoritisme, les noms sont classés par ordre alphabétique de nom. Sont indiqués l’affiliation politique, la nationalité et la fonction actuelle.

A vos votes !

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Lire aussi (sur le Club) : section Elections 2014

NB : nous avions publié un premier sondage Qui pourrait être le prochain président de la Commission européenne ?  D’autres suivront…

A.F. Rasmussen avec la Baroness Ashton à Vilnius lors de la réunion informelle des ministres de la Défense (crédit : OTAN)

Rasmussen bien présent demain. Une bonne habitude ?

A.F. Rasmussen avec la Baroness Ashton à Vilnius lors de la réunion informelle des ministres de la Défense (crédit : OTAN)

A.F. Rasmussen avec la Baroness Ashton à Vilnius lors de la réunion informelle des ministres de la Défense (crédit : OTAN)

(BRUXELLES2) Le secrétaire général de l’OTAN, Anders Fogh Rasmussen, sera bien présent à la réunion des ministres de la Défense de l’Union européenne, ce mardi. Au cas où certains l’auraient oublié, un message est venu le rappeler.

Non seulement le secrétaire général de l’OTAN sera là – ce qui est assez régulier désormais -, mais il fera quelques déclarations à son arrivée, voire sera à disposition des journalistes. La Haute représentante de l’Union européenne pour les Affaires étrangères et la politique de sécurité (rappelons son titre entier 😉 a déjà organisé une conférence de presse à l’issue de la réunion conjointe des ministres des Affaires étrangères et de la Défense, ce lundi soir. Une conférence, courte comme d’habitude : 13 minutes tout compris ! qui marquera certainement tous les esprits pour l’éternité 😉 Cette conférence ne comprenait pas les aspects de politique européenne de sécurité et défense commune (PSDC). Et pour cause : ce sujet sera normalement abordé ce mardi (19 novembre) même si les Ministres des Affaires étrangères et de la Défense ont entamé le débat la veille.

Lady Ashton qui devrait présider la réunion des ministres de la Défense ne fera ainsi pas de conférence de presse (*). Elle doit être à Genève pour préparer les discussions sur le nucléaire iranien, nous a précisé son porte-parole. Motif tout à fait louable mais qui ne compense pas son absence. Celle-ci sera remplacée par le secrétaire général adjoint du SEAE et le président du comité militaire de l’UE. Sans renier la compétence et l’intelligence de ces deux personnes, on n’est pas au niveau de « responsabilité politique » attendue lors d’une réunion ministérielle.

Commentaire : cette présence peut être jugée logique dans la perspective d’un rapprochement entre les deux organisations UE et OTAN. Sa régularité suscite quand même quelques doutes.

1° Ceux qui affirment que cela peut permettre de renforcer le partenariat entre les deux organisations oublient la réalité. Ce qui bloque actuellement est tout simplement une question politique au plus haut niveau : l’occupation d’une partie du territoire d’un membre de l’Union européenne (Chypre) par un membre de l’OTAN (Turquie). Une occupation condamnée par toutes les instances internationales mais qui, apparemment, ne préoccupe pas vraiment l’Union européenne. Tant que cette question ne sera pas réglée, le rapprochement OTAN-UE reste une lubie.

2° Il ne faut pas nier que cela peut semer la confusion entre deux organisations qui ont des fondamentaux et des objectifs différents. De nombreux membres de l’UE étant membres de l’OTAN également, la tendance naturelle va être de considérer que la sécurité externe est du ressort de la seconde organisation tandis que la première se concentre sur des questions plus civiles et plus économiques. C’est d’ailleurs le message subliminal de cette présence. Qu’il y ait des relations au plus haut niveau entre les dirigeants des deux organisations, une harmonisation des travaux de l’un et de l’autre effectivement. Mais que, systématiquement, les réunions de l’une ne se déroulent pas sans la présence de l’autre, est plus qu’embêtant.

(*) même si à titre personnel, je préfère le style de A.F. Rasmussen – précis et compréhensible – à celui de C. Ashton.

Les ambassadeurs du COPS étaient en visite en Géorgie fin septembre (Crédit : EUMM Georgia)

Ligne frontière en Ossétie : l’UE n’est pas contente et le fait savoir

Les ambassadeurs du COPS étaient en visite en Géorgie fin septembre (Crédit : EUMM Georgia)

Les ambassadeurs du COPS étaient en visite en Géorgie fin septembre (Crédit : EUMM Georgia)

(BRUXELLES2) Coup sur coup, la Haute représentante de l’UE pour les Affaires étrangères, Cathy Ashton, comme le secrétaire général de l’OTAN, Anders Fogh Rasmussen, ont tenu à rappeler la Russie à l’ordre de ses obligations internationales en Géorgie. Cathy Ashton a tenu à rappeler sa « profonde inquiétude » sur l’établissement continu et même augmentation « par les forces de sécurité russes de clôtures et autres obstacles le long des limites administratives en Géorgie entre le territoire administré par le gouvernement de Tbilissi et dans les régions d’Abkhazie et d’Ossétie du Sud » Ces activités – -a-t-elle ajouté – sont « contraires à l’intégrité territoriale de la Géorgie », peuvent « créer des difficultés importantes pour les résidents de chaque côté des limites administratives » et « menacer sérieusement la stabilité et la sécurité dans ces régions ». Et d’appeler le gouvernement Poutine à « s’assurer que ces obstacles sont supprimés » et réaffirmer « le soutien de l’Union européenne pour l’intégrité territoriale de la Géorgie dans ses frontières internationalement reconnues ».

Inquiétude à l’OTAN également

A.F. Rasmussen s’est fendu lui aussi d’un communiqué estimant que cette position est en « contradiction avec les engagements internationaux de la Russie et ne contribue pas à une résolution pacifique du conflit ». La position de l’OTAN est très claire » a-t-il tenu à souligner : « Comme elle l’a rappelé au sommet de Chicago, l’OTAN soutient l’intégrité territoriale et la souveraineté de la Géorgie à l’intérieur de ses frontières internationalement reconnues. (Et) nous « appelons la Russie à de reconnaitre les régions d’Abkhazie et d’Ossétie du Sud comme Etats indépendants ».

Sortir de la discrétion

On se souvient que ce type d’établissement n’est pas nouveau. Le long de l’Abkhazie et de l’Ossétie du Sud, il y avait déjà une frontière, bien présente, parfois non visible à l’oeil nu. Celle-ci devient maintenant de plus en plus visible. Mais jusqu’ici l’Union européenne avait réagi très discrètement, par un communiqué de la délégation locale ou du chef de la mission d’observation de l’UE sur place (EUMM Georgia). La récente visite, fin septembre, des 28 ambassadeurs du COPS – le Comité politique et de sécurité de l’UE- dans la région, à l’invitation de la présidence lituanienne, n’est sans doute pas pour rien dans cette prise de position publique plus affirmée.

Un véritable bras de fer

La Russie a ses raisons. Outre des motivations conjoncturelles – Moscou redoute une infiltration de terroristes ou autres opposants aux JO de Sochi (qui se déroule côté russe mais à proximité de l’Abkhazie), on sent bien également une volonté du Kremlin de marquer son voisinage, et de « gagner du terrain », à l’approche du sommet sur le partenariat oriental de Vilnius qui doit voir, fin novembre, un rapprochement plus important entre les pays proches de la Russie (Ukraine, Moldavie, Géorgie…) et l’Union européenne. C’est un véritable bras de fer qui se déroule ainsi entre l’Ouest et l’Est pour essayer de gagner ou garder des pays dans sa sphère de pouvoir. Et il est à parier qu’il ne s’arrête pas ici. De façon classique, la Russie va sans doute agiter l’arme économique, du gaz notamment, avec ses voisins, qu’ils appartiennent à l’Union européenne ou non. Elle pourrait aussi se décider à franchir un nouveau pas en se décidant à examiner la demande de l’Ossétie du Sud d’accéder à la république de Russie. Par exemple…

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L’OTAN prépare une mission de formation en Libye

A.F. Rasmussen lors de sa déclaration « Doorstep » ce matin (crédit : OTAN)

(BRUXELLES2) L’annonce a été faite par le secrétaire général A.F. Rasmussen avant la réunion des ministres de la Défense ce mardi (4 juin) : l’Alliance prépare une mission de formation et d’assistance pour l’armée et les forces de sécurité libyennes. « La semaine dernière, le gouvernement libyen a demandé les conseils de l’OTAN dans le secteur de la sécurité » a expliqué le Secrétaire général « Nous avons agi rapidement pour répondre » à cette demande.

Un rapport pour fin juin

Une équipe d’experts devrait ainsi s’envoler vers Tripoli « le plus tôt possible », l’objectif est d’identifier les domaines « dans lesquels les Libyens pensent qu’ils ont besoin de conseils et où l’OTAN peut apporter une valeur ajoutée » et de faire rapport à l’OTAN d’ici la fin de Juin. Cela nous permettra « de décider de la voie à suivre » a ajouté Rasmussen. « Je crois que ce serait une bonne façon de poursuivre notre coopération avec la Libye, après que nous avons pris avec succès des mesures pour protéger le peuple libyen il y a deux ans ».

Une formation « off shore »

Trois principes devraient guider l’aide de l’OTAN, a-t-il précisé : « 1) avoir une forte appropriation (de ces questions) par le pouvoir libyen ; 2) fournir des conseils dans les domaines où l’OTAN a une expertise, comme la création de structures de sécurité ». Et dernier principe : « la mission ne conduira pas au déploiement de troupes en Libye » du moins pas automatiquement. « Si nous engageons dans des activités de formation, de telles activités pourraient avoir lieu en dehors de la Libye ».

La formation de la Garde nationale ?

Comme l’a confié à B2 un diplomate, aucun Etat n’est en effet « vraiment très chaud » pour envoyer des troupes en nombre sur place, comme en Afghanistan, dans les conditions de sécurité. Aussi un petit noyau de personnes pourrait assurer, sur place, l’expertise et le conseil. Et l’essentiel des formations se faire « off shore ». Un procédé sur lequel on peut cependant avoir des doutes. Utilisé en Irak, notamment, il n’avait pas vraiment montré son efficacité.

L’OTAN ne formerait pas toutes les forces de sécurité mais pourrait choisir de porter son action sur certains éléments, notamment pour entraîner la nouvelle « Garde nationale » qui va résulter de l’incorporation des différentes milices et aura une vocation de sécurité du territoire.

Si cette mission de formation se concrétise, OTAN et Union européenne se retrouveront à nouveau sur un même terrain d’action. L’Union européenne a commencé à déployer sa propre mission EUBAM Libya pour structurer et former les gardes-frontières.

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Saceur : Philip remplace James

(BRUXELLES2) Le Général de l’US Air Force, Philip M. Breedlove, a pris ses fonctions, le lundi (13 mai), à Mons comme nouveau Commandant Suprême des Forces Alliées en Europe (SACEUR) en remplacement de l’Amiral James Stavridis. Cette passation a eu lieu au SHAPE, le Grand quartier général des puissances alliées en Europe, en présence du secrétaire général de l’OTAN, Anders Fogh Rasmussen, et de plusieurs gradés des armées européennes.

Le nouveau Commandant s’est dit « intrigué par les défis que nous aurons à affronter ensemble » faisant référence « au niveau de stabilité sans précédent aux frontières de l’Alliance, mais qu’au delà de nos frontières il y a de incertitude et de l’insécurité ». « Ma première mission » sera d’ « assurer que l’OTAN reste vigilante et préparée à affronter tous les défis et les menaces du futur avec des forces militaires disponibles, capables et interopérables » a-t-il précisé. Il a aussi ajouté sur un ton plus léger que sa femme Cindy et lui même se réjouissaient « d’apprécier la vie et la culture en Belgique ».

Breedlove devient le 17ème Commandant Suprême des Forces Alliées en Europe depuis 1951 (et le troisième de l’Air Force). Le poste est toujours occupé par un officier des Etats-Unis ; son adjoint étant un Européen, actuellement le général britannique Sir Richard Shirreff.

Pour le suivre sur twitter c’est : @PMBreedlove

Des raids israéliens, des armes chimiques… Rasmussen n’a rien vu, rien entendu

Rasmussen devant les euro-députés lundi 6 mai (Crédit: OTAN)

(BRUXELLES2) Journée médiatique et européenne pour le Secrétaire général de l’OTAN, Anders Fogh Rasmussen ce lundi (6 mai) : avec sa conférence de presse mensuelle en début d’après-midi (au Résidence Palace) et une intervention devant la commission Affaires étrangères du Parlement européen. Le sujet principal de ces deux interventions était la relation UE/OTAN, dans l’optique du Conseil européen de décembre consacré à la Défense (B2 y reviendra). Mais le sujet qui occupait l’esprit des journalistes et des parlementaires était évidemment ailleurs : la situation en Syrie.

L’OTAN ne sait quasiment rien…

Tout d’abord interrogé sur les raids israéliens sur la Syrie, Rasmussen, se contente de répéter « Je suis au courant de ce que rapporte la presse mais je n’ai pas d’indications que de telles opérations aient eu lieu dans la zone où les missiles Patriot sont déployés (frontière turco-syrienne) » avant d’ajouter qu’il n’a « pas plus d’informations » et que « nous sommes concentrés sur la protection de la Turquie ».

En ce qui concerne l’utilisation d’armes chimiques, le secrétaire général reconnait que : « Oui, nous avons des indications que des armes chimiques ont pu être utilisées ». Mais – ajoute-t-il -, « nous n’avons cependant pas de détails sur les circonstances et sur qui a utilisé ces armes ». Sur l’affirmation de Carla del Ponte, membre de la commission d’enquête de l’ONU sur les violations des droits de l’homme qui dénonçait « selon les témoignages recueillis » l’utilisation par « les rebelles (d’) armes chimiques, faisant usage du gaz sarin », l’OTAN se veut circonspecte. Rasmussen a botté en touche, expliquant que « peu importe qui a utilisé ces armes, cela représente une atteinte au droit international », préférant demander à ce que les « Nations Unis puissent enquêter » sur ce sujet.

Pas d’intervention militaire

« L’OTAN n’a pas l’intention d’intervenir militairement » a déclaré Ramussen devant les parlementaires avant d’expliquer « on me rappelle souvent le succès en Libye et on me demande pourquoi on ne fait pas pareil en Syrie. Il y a une différence très claire puisqu’en Libye il y avait un mandat des Nations-Unis. La Syrie est une société beaucoup plus complexe et les interventions extérieures pourraient avoir des impacts sur la régions qu’on ne peut prévoir ». Des arguments (déstabilisation, complexité) qui cachent, en fait, une réalité : le blocage russe au Conseil de sécurité.

Une solution politique internationale

« Seule une solution politique est possible en Syrie » rappelle enfin Anders Fogh Rasmussen, plaidant pour que « la communauté internationale redouble d’efforts pour trouver une solution ». Il est « important que la communauté internationale envoie un message unique et fort à Damas. Pour l’instant ce n’est pas le cas » avant de demander que l’on s’appuie sur « le groupe d’action sur la Syrie qui avait déclaré en juin 2012, que le régime de Damas devrait entamer un processus de transition qui répondrait aux aspirations politiques du peuple syrien » et « qu’une solution politique pourrait s’appuyer là dessus ». Les questions seront nombreuses. Mais les réponses ne varieront pas d’un iota…

Commentaire (NGV) : Au delà de la discrétion et de la langue de plomb diplomatique, la position du secrétaire général de l’OTAN montre bien que la situation semble plus que jamais bloquée. Même si de plus en plus de voix surgissent pour indiquer que des armes chimiques ont « probablement » été utilisées, au fur et à mesure que semble s’étayer cette possibilité, les principaux responsables politiques cherchent à en dénier l’usage, redoutant par dessus tout d’avouer que la fameuse « ligne rouge », fixée par Obama pour une réplique internationale – reprise aussi par plusieurs dirigeants européens (comme Laurent Fabius), a été franchie. Intervention qui aurait, de toute façon, un fondement international juridique très fragile…

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Barroso chez Rasmussen

José-Manuel Barroso (gauche) et Anders Fogh Rasmussen dans le couloir d’entrée de l’OTAN (crédit : OTAN)

(BRUXELLES2) Rien d’extraordinaire, jure-t-on à l’OTAN, ce genre de dialogue fait partie de ceux régulièrement entretenu entre l’OTAN et l’Union européenne pour discuter de sujets d’intérêts communs.

Entre le Danois et le Portugais, tous deux de centre droit, et partisans d’un lien renforcé transatlantique, le courant est apparemment passé. Et ce n’est pas la première fois.

Pour Anders Fogh Rasmussen, le message est clair : il veut être présent et associé à toutes les étapes du travail entamé par les « 27 » de l’Union européenne sur la défense européenne qui doit déboucher sur une rencontre au sommet fin décembre. Et il est d’ailleurs présent à Dublin ce mardi et mercredi (12/13 février) pour la réunion informelle des ministres de la Défense. Une volonté d’affirmer son organisation, l’Alliance Atlantique, comme le coeur de toutes ses réflexions. L’apport des Européens à l’Afghanistan a aussi été discuté. Aux 4,1 milliards $ déjà engagés ou qui devraient l’être jusqu’à fin 2015, le général Allen qui vient de terminer ses fonctions à la tête de la FIAS/IFAS parle aujourd’hui d’un engagement supplémentaire de 2 milliards $, pour les trois années supplémentaires, comme il l’a confié dans un entretien au Monde (le 6 février).

Bien entendu, on ne peut s’empêcher de penser que les ambitions personnelles des deux hommes pour l’après 2014 ne sont peut-être pas absentes de cette entrevue. Anders Fogh se verrait sans doute bien rebondir du côté européen, pourquoi pas à la place de Herman Van Rompuy par exemple. Quant à José-Manuel Barroso, il se cherche un avenir et à polir un homme pour qui les questions de défense ne sont pas tout à fait étrangères. Suivez mon regard…

Turcs et Syriens se chamaillent. Dérapage contrôlé… Danger ?

(BRUXELLES2) Les récentes répliques turcs au bombardement syrien continuent. Et l’ambiance s’alourdit. « Le scénario du pire » est en train de se produire a expliqué le président turc Abdullah Gul, appelant les Turcs au patriotisme et à défendre leur territoire. Et l’interception hier soir (10 octobre) en plein ciel d’un A320 de la compagnie Syrian Air, en provenance de Moscou, intercepté par deux F-4 de l’armée de l’air turque et forcé d’atterrir à Ankara pour vérification de sa cargaison n’est pas fait pour rassurer. D’autant que les escarmouches continuent autour de la frontière, à coup de mortiers. Certes on peut évidemment interpréter ces circonlocutions turques comme à visées uniquement internes. Mais il faut toujours se méfier de ces situations où l’incertitude sur le terrain l’emprunte à des emportements verbaux.

Le principe de solidarité peut jouer

Au QG de l’Alliance atlantique, le secrétaire général Anders Fogh Rasmussen, est resté prudent à la sortie de la réunion des Ministres de la Défense mardi soir. Il a démenti toute planification spécifique. Mais il existe bien des plans en cas d’attaque de la Turquie. Et ceux-ci sont remis à jour. C’est le « principe de la solidarité. La Turquie peut compter sur la solidarité de l’Alliance. Nous avons tous les plans nécessaires pour protéger et défendre la Turquie. (Mais) nous espérons qu’il ne sera pas nécessaire d’activer ces plans. Et je ne voudrais pas entrer dans les détails » a expliqué Rasmussen, ajoutant : « Nous espérons une solution politique en Syrie. »

Il faut cependant se méfier des enchaînements de circonstances. La rhétorique guerrière en usage à Ankara pourrait prendre au piège les alliés si, par « mégarde », les bombes syriennes faisaient des dégâts de l’autre côté de la frontière. Le pire est ainsi à venir. Et dans cette épreuve de force, les Européens ne sont pas vraiment préparés… C’est comme cela que les conflits les plus graves ont démarré, par une succession d’escarmouches de plus en plus importantes.

Rasmussen jusqu’à l’été 2014

(BRUXELLES2) Ce n’est une surprise pour personne. Et pour ceux qui lisent ce blog (et le Club de B2) encore moins, le secrétaire général de l’OTAN, Anders Fogh Rasmussen, occupera son poste jusqu’au 31 juillet 2014. Les « Alliés » ont convenu de prolonger d’un an son mandat . Les statuts permettent cette prolongation. Ce qui donnera du temps pour trouver un successeur de la même trempe que l’ancien Premier ministre danois.

Observation : On peut aimer ou ne pas aimer le style « Rasmussen ». Mais de façon indéniable, il permet à l’institution de surmonter certaines tempêtes dans lesquelles elle aurait pu sombrer. En tout cas, la comparaison avec l’Union européenne qui s’enlise dans certaines guerres picrocholines est frappante. Sa stature d’ancien Premier ministre, d’un pays fidèlement allié des Américains, lui permet également certaines actions que ne pourrait se permettre ou s’autoriser un autre responsable politique.

 

Lire aussi :

Un nouveau haut représentant civil de l’OTAN en Afghanistan à l’automne

(BRUXELLES2) C’est un Néerlandais qui va prendre les rênes de la représentation civile de l’alliance atlantique en Afghanistan. L’ambassadeur actuel du Royaume des Pays Bas en Estonie, Maurits R. Jochems, prendra ses fonctions en octobre. Il remplacera l’ambassadeur Simon Gass, qui occupait ce poste depuis un peu plus d’un an, avril 2011.

C’est pour son parcours et ses qualités de spécialiste de la question afghane que M. Jochems a été choisi. Il avait déjà été en 2008 haut représentant civil par intérim en Afghanistan. Il a également été présent au Pakistan après le tremblement de terre de 2005, en qualité de secrétaire général adjoint délégué pour la planification au sein de la Division Opérations du Secrétariat International de l’OTAN. Ce diplômé de l’Académie Militaire Royale a également par le passé servi les Pays Bas au sein des ambassades de Kingston, Bonn, Beyrouth, Rome et Bruxelles. Il a ensuite été, jusqu’à son départ pour le Pakistan, directeur de l’agence de développement du ministère des Affaires étrangères néerlandais.

« Sa désignation intervient à un moment déterminant pour la FIAS (Force Internationale d’Assistance et de Sécurité) – a souligné le secrétaire général, Anders Fogh Rasmussen – alors que les zones dans lesquelles nous continuons à transférer le contrôle de la sécurité aux forces de sécurité nationales afghanes sont toujours plus nombreuses ». Son objectif est clair, il sera de « forger un partenariat de travail étroit avec le gouvernement afghan et les autres acteurs concernés (…) si l’on veut que l’Afghanistan devienne un pays stable et prospère» a annoncé Maurits Jochems dans son communiqué.

Avion turc abattu : l’OTAN condamne et observe

A. F. Rasmussen lors de son point devant la presse (Crédit : OTAN / B2)

(BRUXELLES2) La réunion du conseil de l’Alliance atlantique aura tenu ses horaires. Entamée à 10h, elle était terminée à 11h30. Et Anders Fogh Rasmussen était devant la presse quelques minutes après. Pour une déclaration, courte, de quelques minutes et la réponse à 2-3 questions de nos collègues turcs et arabes. Les mots clés sont « acte inacceptable« , « solidarité avec la Turquie« , et « continuer de suivre la situation« … Parmi les options possibles, c’est donc l’option basse, raisonnée, qui semble avoir été prise par l’Alliance atlantique (lire :Avion turc abattu par la Syrie : que peut faire l’OTAN dans le cadre de l’article 4 ?)

Les Alliés considèrent la destruction en vol d’un avion turc comme « un acte inacceptable, que nous condamnons dans des termes les plus forts. Les autorités syriennes n’ont pas respecté les normes internationales de paix, de sécurité et de respect de la vie humaine. » C’est clair, net et précis. Tout comme la phrase suivante. « La sécurité des alliés est indivisible. Nous nous tenons aux cotés de la Turquie » Et l’OTAN tient à affirmer sa « solidarité » un mot qui est revenu à plusieurs reprises dans sa bouche. Sur la suite à envisager, c’est beaucoup plus flou. Le mot clé est : « Nous continuons de suivre de près la situation ». Aux questions de savoir s’il y avait une planification en cours, même prudente, si l’article 5 pouvait être déclenché, le secrétaire général a répondu à peu près invariablement la même chose. « La Turquie a demandé une consultation au titre de l’article 4 », autrement dit pas question d’article 5 ni de planification. Et si l’évènement se répète « nous suivons de près la situation, nous consulterons, et discuterons ce que nous pourrons faire. »