Le Premier ministre M. Rajoy se rend à bord de la frégate espagnole (crédit : marine espagnole)

Dernières nouvelles de la piraterie (29 déc. 2013)

(BRUXELLES2) Toujours près de 50 marins otages des pirates somaliens ! • Visite du Premier ministre espagnol à Djibouti • Procès reporté à l’ile Maurice • Formation pour la marine tanzanienne • Drone britannique à l’assaut des pirates • Un plan d’action pour le Somaliland

Toujours près de 50 marins otages des pirates somaliens !

Avec la diminution de la menace de la piraterie et la libération de presque tous les marins otages des pirates somaliens, on pourrait les oublier. Mais, au dernier bilan, il reste toujours 49 marins otages aux mains des pirates fin 2013 ! La plupart sont retenus prisonniers depuis de longs mois déjà, voire de longues années, et viennent du continent asiatique. Leurs pays et leurs armateurs semblent les avoir un peu abandonnés à leur sort. Citons-les : 4 marins thaïlandais du FV Prantalay (un navire de pêche thaïlandais), qui sont retenus depuis avril 2010 (3 ans 1/2 !) ; 11 marins du MV Albedo (7 Bangali, 2 Sri Lankais, 1 Indien et 1 Iranien, retenus prisonniers depuis novembre 2010), leur navire a coulé cet été  ; 7 marins indiens du navire norvégien MT Asphalt Venture ; et les 27 marins taïwanais, philippins, indonésiens, chinois et vietnamiens du FV Naham 3 (un navire thaïlandais).

Le Premier ministre M. Rajoy se rend à bord de la frégate espagnole (crédit : marine espagnole)

Le Premier ministre M. Rajoy se rend à bord de la frégate espagnole (crédit : marine espagnole)

Visite du Premier ministre espagnol à Djibouti

Mariano Rajoy, le Premier ministre espagnol a rendu visite à Djibouti, le 22 décembre, aux militaires espagnols engagés dans la lutte anti-piraterie tant au sein de l’OTAN que de l’Union européenne. Cette présence « est essentielle pour la protection des navires marchands qui transitent dans la zone, les pêcheurs comme les navires du Programme alimentaire mondial de l’ONU » a-t-il déclaré selon le communiqué diffusé par la Moncloa. Le Premier ministre est ainsi monté à bord de la frégate Alvaro de Bazan qui commande la mission Ocean Shield (OTAN) et a rendu visite au détachement de l’avion de patrouille maritime P3 Orion (EUNAVFOR Atalanta) qui est situé sur la base aérienne de Djibouti. Il a également rencontré le président djiboutien, Ismail Omar Guelleh.

Procès reporté à l’île Maurice

Le procès des 12 présumés pirates arrêtés par la frégate française Surcouf après l’attaque du MSC Jasmine se poursuit à l’Île Maurice mais à vitesse lente. Des officiers américains devraient être entendus en janvier et des officiers français à la mi-février. Transférés sur l’île en janvier, leur procès a d’abord pris comme du retard. Un prisonnier, malade, est toujours hospitalisé. Et certains d’entre eux se plaignent d’avoir été battus par leurs gardiens (les gardes-chiourmes), comme le souligne le quotidien de l’île, le Mauricien. Les arguties de procédure se multiplient. Les avocats de la défense contestent notamment chacune des preuves présentées, notamment le fait que les suspects ont été photographiés. Ils estiment aussi que les preuves, ramenées par un policier mauricien de Djibouti et fournies par la marine française n’ont pas été suffisamment sécurisées pour être valables. Lire aussi : Un groupe pirates déjoué près des côtes somaliennes. 12 suspects arrêtés

(crédit : marine espagnole)

(crédit : marine espagnole)

Formation pour la marine tanzanienne

Lors de leur escale au port de Dar Es Salaam, les marins espagnols du patrouilleur ESPS Tornado ont organisé, à la mi-décembre, une formation pour la marine tanzanienne. 19 membres de la marine tanzanienne ont ainsi reçu un briefing sur les opérations d’embarquement, suivi par un exercice d’embarquement.

Drone britannique à l’assaut des pirates

Le premier drone Scan Eagle de la Royal Navy a effectué son premier vol opérationnel à la mi-décembre. Lancé par une catapulte du pont du RFA Cardigan Bay, il a ensuite été récupéré  par un filin sur le côté du navire. Il sera utilisé dans « peu de temps », a précisé le ministre britannique de la Défense, Philip Hammond, à la presse lors d’une visite sur la base aérienne de  Waddington, « pour repérer les pirates » dans l’océan Indien. C’est la première fois que cette base secrète de la RAF, située dans le Lincolnshire, utilisée pour piloter les drones Reaper en Afghanistan, est ouverte à la presse (lire reportage dans le Daily Express et dans le Telegraph avec une video de ITN). Ce ScanEagle est un des deux drones acquis en juin dernier par la Royal Navy auprès de Boeing, pour un coût de 30 millions £ les deux. A noter que la marine néerlandaise utilise déjà ce type de drones, dont l’un s’est écrasé en mer. Lire : Un drone néerlandais s’écrase en merDe l’utilité des drones dans la lutte anti-pirates

(crédit : Eunavfor Atalanta / Eucap Nestor)

(crédit : Eunavfor Atalanta / Eucap Nestor)

Un plan d’action pour le Somaliland

Un plan conjoint, listant les programmes et activités futurs, de la mission européenne EUCAP Nestor au Somaliland a été adopté, dimanche (15 décembre). Une « étape capitale » pour la coopération technique entre les deux missions européennes (EUCAP Nestor et Atalanta) et le gouvernement de la province autonome, comme l’ont rappelé les responsables de missions européennes Etienne de Poncins (EUCAP Nestor) et le contre-amiral Hervé Bléjean (Eunavfor) qui recevaient au large de Berbera, à bord du FS Siroco, le navire-amiral de la force européenne anti-piraterie (Eunavfor), plusieurs responsables politiques du Somaliland, dont le vice-président du Somaliland, Abdirahman Abdallahi Ismail Saylici.

Suspects somaliens rapatriés

7 pirates somaliens, condamnés au Kenya, ont été rapatriés fin novembre vers Galkayo en Somalie pour achever leur peine. C’est l’UNODC qui a pris en charge leur rapatriement dans le cadre d’un accord Kenya-Somalie. De la même façon, 14 Somaliens qui avaient été arrêtés aux Maldives ont été rapatriés. Mais eux sont libres, les Maldives ont refusé de les juger, estimant leur législation pas adéquate aux questions de piraterie. Ils ont, en fait, été expulsés comme immigrants clandestins.

Nicolas Gros-Verheyde

Le procès des Pussy Riot sème l’inquiétude en Europe sur l’état de la démocratie en Russie

(BRUXELLES2) Le verdict de deux ans de camp prononcé, aujourd’hui, à l’encontre des trois activistes des Pussy Riot, Nadezhda, Maria et Ekaterina par la cour du district de Khamovnichesky a suscité une condamnation européenne. La Haute représentante de l’UE pour les Affaires étrangères, Cathy Ashton, a exprimé publiquement sa « profonde déception ». Elle considère la sanction comme « disproportionnée ». « Condamner trois jeunes femmes, dont deux sont mères d’enfants en bas âge à deux ans de prison pour une expression pacifique, même si elle est controversée, de leurs opinions, est profondément troublant. » Et d’appeler à ce que cette décision soit « revue et inversée en ligne avec les obligations internationales de la Russie ».

Inquiétude sur l’état de la démocratie en Russie

La Haute représentante a aussi insisté sur « les mauvais traitements qu’ont subies les jeunes femmes durant leur détention préventive et les irrégularités survenues durant le procès qui appellent de sérieuses interrogations sur le respect par la Russie de ses obligations internationales de procès indépendant, transparent et équitable. » Ce cas « s’ajoute à une recrudescence des actes d’intimidation à motivation politique et à la poursuite des militants d’opposition, une tendance qui préoccupe de plus en plus à l’Union européenne » a-t-elle ajouté.

 

Dernières nouvelles de la piraterie (4 mars 2012)

(BRUXELLES2)

Un dhow capturé par les pirates

Un dhow de pêcheurs a été capturé par les pirates, le 28 février, à environ 150 miles au nord de l’ile de Socotra (15° Nord et 54° Est). Il pourrait être utilisé comme bateau-mère par les pirates, selon les forces maritimes anti-piraterie.

… et un navire marchand capturé

Le Mv Royal Grace a été capturé par les pirates le 2 mars à l’est d’Oman (21° Nord et 62° Est). Après une attaque vers midi UTC, dans le Golfe d’Oman à 21° Nord 62° Est, le chimiquier battant pavillon panaméen a pris la route de la Somalie avec à son bord 22 marins (Indiens, Pakistanais et Nigérians). Un mail reçu par les propriétaires du navire a confirmé l’acte de piraterie. Les pirates appartiendraient au clan Majeerteen selon Somalia Report

Attaque déjouée sur un navire marchand…

Le Mv Spiliani, battant pavillon des Iles Marshall, a été attaqué le 28 février en début de matinée par les pirates dans le détroit de Bab-el Mandeb (à 12° Nord, 43° Est) par deux skiffs pirates. Des tirs ont été échangés. L’attaque repoussée.

(crédit : marine allemande / Eunavfor)

… et libération d’un dhow indien

L’hélicoptère du FGS Berlin envoyé sur place a repéré le skiff pirates, et un dhow dénommé Ashma, battant pavillon indien utilisé apparemment comme bateau-mère par les pirates. 25 marins indiens semblaient à bord. Ceux-ci ayant menacé de s’en prendre aux otages, le FGS Berlin est resté à distance. La nuit venant, les deux skiffs pirates ont cependant été détruits par l’hélicoptère allemand, sur ordre du commandant, pour couper court à toute possibilité d’attaque supplémentaire. Les pirates ont négocié de pouvoir poursuivre jusqu’à la côte somalienne puis de relâcher l’équipage et le dhow indien. L’équipe d’abordage du navire allemand a pu ensuite visiter le dhow, 4 membres d’équipage ont alors reçu des soins médicaux. Et après remis de nourriture et d’eau à l’équipage indien, le dhow a pu continuer sa route jusqu’à son prochain port d’escale.

Procès du Taipan : Un des suspects avoue « tout était organisé »

Dans le procès qui se tient à Hambourg (Allemagne), un des accusés a fait, fin février, des aveux complets et fourni des détails nouveaux sur l’attaque du cargo de Hambourg, le « Taipan ». Loin de la version initiale qui disait qu’ils avaient été forcés de faire un raid sur le cargo, en avril 2010, l’homme âgé de 29 ans a raconté : « Nous avons tous voulu prendre part à l’attaque. Tout le reste c’est un conte de fées. » La division des rôles était claire. « Nous avons été engagés, tout le monde connaissait son métier. » Lui-même avait « été embauché comme interprète pour parler avec l’équipage. » Et ses complices avaient reçu des fusils d’assaut Kalachnikov et des lance-roquettes, des commanditaires. Des modalités précises avait été précisées, que ce soit pour le traitement des otages que pour la répartition de la rançon, consignées par écrit. « Tout le monde l’a signé. »

La police maritime du Puntland à Eyl

Les forces de la police maritime du Puntland sont entrés dans Eyl, signale Somali Report le 3 mars. Et ils ont commencé la construction d’une petite piste d’avions, d’un puits, pour établir une base destinée aux opérations anti-pirates. Le Puntland a récemment recruté 400 personnels supplémentaires, ce qui devrait porter la police maritime à environ la moitié des effectifs prévus de 1000 hommes. Eyl qui était auparavant le repère du roi des pirates, Boyah, aujourd’hui emprisonné à Bossasso, avait été libéré des pirates depuis la mi-2010 qui avaient préféré s’en aller vers des repères plus tranquilles vers le Gamadug.

Lire aussi cette semaine :

Affaire Patria / Slovénie: les dirigeants à la case prison

(B2)L’ancien dirigeant de Patria, la firme finlandaise d’armements, Jorma Witakorpi devrait resté en prison accusé d’esprionnage industriel et fait de corruption aggravé, ainsi en a décidé jeudi le
tribunal d’Helsinki. Il avait été arrêté lundi dernier par le bureau national d’enquête (BNE). Même punition pour Veijo Varis, membre de l’équipe de direction de Patria (il était responsable du département Land & Armement). Une équipe de police conjointe des polices finlandaises et slovènes ont travaillé ensemble. En effet, c’est pour la vente de véhicules blindés fabriqués par Patria aux forces armées slovènes que l’affaire est née. Le dirigeant inculpé a toujours nié les faits. Et aucune trace d’une action illégale n’a pour l’instant été trouvée, indique le quotidien Helsingin Sanomat. L’ancien Premier ministre slovène, Janez Jansa, avait également été mis en cause, comme un des destinataires possibles de l’argent, par une enquête de la télévision finlandaise. Mais il avait toujours nié ce fait. Le BNE mène toujours une enquête sur un autre cas de corruption pour la vente d’artillerie en Egypte.

La livraison continue. Patria a cependant indiqué continuer à livre les blindés. Le premier des 130 véhicules a été livré en Slovénie vendredi. Et plusieurs autres devraient suivre d’ici la fin de l’année. Pour l’instant, tant qu’il n’y a pas condamnation, le contrat (de 278 millions d’euros) reste valable. Cependant une clause « anti-corruption » a été insérée dans le contrat et permet à la Slovénie de l’annuler en cas de jugement avéré. Une possibilité éventuelle car une partie des équipements est fabriquée en Slovénie…

(NGV)

affaire Patria: le torchon brûle entre Ljubljana et Helsinki


Au départ, en décembre 2006, c’était un simple contrat de livraison de véhicules blindés 8×8 AMV et de mortiers Nemo 120 mm par une firme finlandaise, Patria, à l’armée slovène. Un doute était bien survenu sur la limpidité de l’affaire. Et une commission d’enquête s’était mise en place en Slovénie, en mars 2007, présidée par un membre de l’opposition.

L’affaire s’est compliquée quand la police finlandaise, saisie d’une plainte, commence d’enquêter sur des faits de corruption (aidées des polices autrichienne et slovène, pour les intermédiaires). Et elle prend une tournure encore plus précise au printemps 2008 quand plusieurs employés de Patria sont d’abord entendus, puis l’un d’entre eux arrêté. En juillet, c’est carrément un dirigeant de l’entreprise qui est incarcéré. Plutôt gênant pour une firme détenue en grande partie (à 3/4) par l’Etat finlandais. Une somme d’environ 21 millions d’euros selon les médias finlandais aurait été utilisée pour diverses « commissions » dans les rangs slovènes.

Mais, aujourd’hui, cela dégénère en affaire d’Etat. Car le soupçon de corruption atteint désormais le sommet de l’Etat slovène. Une émission (Mot) sur la télévision finlandaise publique a directement mis en cause le Premier ministre slovène, Janez Jansa qui il y a quelques mois encore assurait la présidence de l’Union européenne.

Démenti sec de l’entreprise (voir ici). Démenti plus courroucé de Ljubljana qui fait donner l’artillerie lourde : le ministre de la Défense, Erjavec, monte au créneau et menace de geler le contrat avec l’entreprise finlandaise. Une session extraordinaire au Parlement slovène est consacrée au sujet. Et une note diplomatique a été remise à Helsinki lui demandant de bien vouloir intervenir auprès de la Télévision (du plus pur style slovène, qui n’avait pas manqué d’utiliser de telles méthodes durant sa présidence). Il faut dire qu’on est en pleine campagne électorale (les élections ont lieu le 21 septembre). Et tous les coups semblent permis. Le Premier ministre, Jansa (libéral de droite), à la tête d’une coalition de plusieurs partis, n’est pas sûr d’être reconduit.

(NGV)

Reportage de la télévision finlandaise

(Crédit photo : Patria)