Quelques évènements de la présidence française

(B2) On commence à en savoir un peu plus sur le calendier de la présidence française. A titre provisoire (cela peut encore changer), voici quelques évènements ou réunions à noter déjà sur votre agenda
:

• lundi 7 et mardi 8 juillet 2008 (Cannes) : conseil informel des ministres de la Justice, des Affaires Intérieures et de  l’Immigration (ce dernier terme ayant été rajouté par rapport à l’intitulé ordinaire…)

• Jeudi 10 et Vendredi 11 juillet (Chantilly) : conseil informel des ministres des Affaires sociales (Emploi, Politique Sociale, Santé et Consommateurs (EPSSCO).

• lundi 8 – mardi 9 septembre (Angers) : conseil informel des ministres de la Santé, dans la bonne ville de la ministre de la Santé, Roselyne Bachelot qui présidera la réunion.

• mercredi 15 – jeudi 16 octobre (Marseille) : rencontre ministérielle sur la pauvreté et sur la lutte contre l’exclusion, présidée la première journée par Martin Hirsch, Haut Commissaire aux solidarités actives, et la deuxième journée par Christine Boutin, ministre du Logement.

• 3 – 4 novembre (Paris) : conférence sur l’intégration (des immigrés).

• 13 – 14 novembre (Lille) :  conférence ministérielle sur l’égalité professionnelle entre les hommes et les femmes.

Autres évènements :

• 30 septembre (Paris) : première rencontre de représentants de citoyens européens vivant hors de leur pays d’origine.

• 13 – 14 octobre (Paris) : conférence sur « le régime européen d’asile ».

• 17 octobre (Paris) : le mouvement ATD Quart Monde organise une Journée mondiale de lutte contre la misère (Place du Trocadéro).

• 29 – 30 octobre (Clermont Ferrand) : conférence sur « la scolarisation des élèves handicapés ».

• 21 – 22 novembre 2008 (Grenoble) : conférence sur les « expérimentations sociales en Europe ».

… A suivre

 (NGV)

Les bons et mauvais points d’une présidence

A Nice, Jospin et Chirac tiennent entre leurs mains la réputation de la présidence française. Sur les autres dossiers, le bilan étant pour le moins contrasté

(Archives B2) C’était au mois de juillet dernier. La présidence française de l’Union européenne semblait promise à un avenir radieux. « Modeste » mais « ambitieux » tel était le leitmotiv français du moment. Un peu « trop » ambitieux sans doute, commentent aujourd’hui, pernicieusement, les diplomates étrangers en poste à Bruxelles. Trop préoccupée par ses enjeux de politique intérieure, la grenouille “frenchie” a eu les yeux trop gros …

Exemple symptomatique de cette myopie : la vache folle et le prix de l’essence. Les responsables hexagonaux ont superbement ignoré l’Europe, ont pris des mesures en solo, et ne sont venus à Bruxelles que pour faire avaliser leur politique nationale, « pour bénéficier de subsides européens » commentent les méchantes langues (qui ne manquent pas). La déroute annoncée sur la vache folle s’est cependant transformée en « succès » grâce surtout à la découverte, in extremis, de cas en Allemagne et en Espagne. Jean-Claude Gayssot n’a pas eu cette chance sur les mesures pétrolières et les routiers. Le conseil des Ministres, convoqué à la hâte, fin septembre, n’a débouché sur aucune décision concrète sinon à provoquer l’ire de ses collègues.

Coté diplomatique, la même constellation de chance a régné. Le sommet de Zagreb a été autant un « succès » que la rencontre de Marseille sur les pays méditerranéens un « échec ». Mais davantage pour des raisons externes : l’élection de Kostunica à la tête de la Yougoslavie, dans un cas, le conflit israélo-palestinien dans l’autre.

C’est surtout « l’ambition sociale » de la France et sa volonté « de rapprocher le citoyen de l’Europe » qui suscitent un mauvais point. De « fil rouge » de la présidence, selon l’expression de Jacques Chirac, ce thème s’est transformé en chiffon rouge. Certes un « agenda social » a pu être bouclé mais au rabais. Davantage catalogue sans queue ni tête, il fait la part belle aux concepts libéraux de blocage salarial et de remise au travail des plus âgés. De bon point, c’est, en fait, à Laurent Fabius qu’il revient. Loué pour ses qualités de négociateur, il a réussi à débloquer le dossier de l’harmonisation fiscale. Il ne reste en fait qu’une inconnue !

Nice ? En effet, comme le conte un diplomate d’expérience, « la réputation d’une présidence se fait sur le dernier sommet ». Or si la préparation de ce sommet a été menée de main de maître par l’équipe de Pierre Vimont, le représentant permanent de la France à Bruxelles, ce sont maintenant les chefs d’État européens, particulièrement le couple Jospin-Chirac, qui détiennent les clefs de la présidence française. « Grande » ou « ratée ». Réponse samedi ou dimanche…

Nicolas Gros-Verheyde (paru dans France-Soir, décembre 2000)