Les cinq pirates arrêtés par le Navarra inculpés aux Seychelles. Un récidiviste parmi eux

(B2) La Cour suprême des Seychelles a officiellement inculpé mardi (28 mai) les cinq pirates somaliens présumés transférés aux Seychelles par la force européenne anti-piraterie (EU NAVFOR Atalanta). 

Trois des cinq pirates présumés lors de leur comparution au tribunal le 29 avril (© Rassin Vannier / seychelles news agency )

Ils devraient être reconvoqués devant le tribunal le 7 juin selon l’agence seychelloise d’informations, reflétant des informations de la police. Les cinq suspects avaient été transférés aux Seychelles le 26 avril dernier après leur arrestation par le navire amiral d’Atalanta, la frégate espagnole Navarra (Les cinq pirates arrêtés par les Espagnols transférés aux Seychelles). Quelques jours après leur arrestation, trois des cinq suspects avaient comparu une première fois devant le tribunal lundi 29 avril. Deux des pirates restants étaient soignés à l’hôpital pour leurs blessures.

Un récidiviste parmi les suspects

Précision intéressante : un des pirates semble être un récidiviste. Il avait déjà été arrêté et transféré aux autorités des Seychelles en novembre 2017 et rapatrié en Somalie en décembre 2018, selon la police seychelloise. Il aurait été impliqué dans l’attaque du Galerna III selon nos informations.

(NGV)

Lire aussi :  Les pirates repartent à l’attaque. Un bateau-mère stoppé net dans l’Océan indien (V4)

Deux attaques pirates disséquées par le contre-amiral Pérez de Nanclares de Badajoz

(B2) Si les attaques des pirates dans l’Océan indien sont devenues très rares, elles n’en restent pas moins marquantes. Pour le contre-amiral Pérez de Nanclares de Badajoz qui achève son mandat de chef de la force maritime européenne placée au large de la Somalie (EUNAVFOR Atalanta), « cela a été une expérience extraordinaire ». Que ce soit à Northwood, au QG d’opération ou sur le navire d’assaut amphibie Castilla.

Premier incident en novembre 2017

« Le premier incident s’est produit en novembre 2017. J’étais alors à Northwood » raconte le contre-amiral interrogé par notre confrère espagnol Antonio J. Armero du média en ligne hoy.es . « Nous avons reçu des informations sur une attaque à environ trois cents kilomètres de la côte somalienne. Les pirates ont tenté d’attaquer un navire mais n’y ont pas réussi. Ils sont alors allés en chercher un autre, cette fois un bateau de pêche avec équipage espagnol, qui a également réussi à repousser l’attaque. »

Réaction rapide

« Nous avons réagi rapidement en déployant un avion de patrouille maritime dans la zone, qui était certainement espagnol, qui a repéré le navire attaquant, tandis que la frégate italienne qui était à l’époque le navire amiral de la force se dirigeait à grande vitesse vers la zone. Il a lancé son hélicoptère pour déplacer le bateau, puis a capturé les pirates. » « C’étaient de grands moments de tension ».

Second incident en octobre 2018

Un autre incident a eu lieu en octobre dernier (2018). « Nous avons reçu des informations sur l’attaque d’un navire marchand. Grâce à un avion de patrouille maritime, (…) nous avons détecté un navire baleinier (bateau-mère) qui était impliqué. La Castilla était assez loin de la zone de la tentative d’assaut et, à notre arrivée, nous l’avons cherché durant environ dix jours. Finalement, nous avons trouvé le baleinier ancré près d’une plage perdue au large des côtes somaliennes. »

Décision a été alors prise d’intervenir. « La nuit même, nous l’avons approché et avons pu confirmer qu’il s’agissait bien [du navire repéré lors] de l’attaque manquée. Les pirates n’étaient pas à bord. Nous l’avons alors remorquée pour la faire sortir des eaux proches. Nous avons déchargé tout ce qui pouvait la contaminer et l’avons détruit pour qu’il ne puisse plus être utilisé, pour des actes criminels. » (lire aussi : Un bateau pirate repéré par les forces d’Atalanta détruit près des côtes somaliennes (V2)

(NGV, avec l’aide de Capucine Allais, st. pour l’espagnol)

Au large de la Somalie : les groupes d’action pirates sont seulement en sommeil

(B2) « Si l’on a réussi à lutter contre la piraterie, on ne l’a pas pour autant éliminée » insiste un rapport qui vient d’être soumis au Conseil de sécurité des Nations unies

Le cargo Petra du PAM escorté par la frégate italienne Federico Martinengo (crédit : Eunavfor Atalanta / Archives B2)

Cinq actes de piraterie importants

Durant les douze derniers mois – octobre 2017 à septembre 2018 – on compte pas moins de cinq actes importants de piraterie commis au large des côtes somaliennes (cf. encadré). « Le fait que ces tentatives se poursuivent montre que les causes profondes de la piraterie subsistent et que les réseaux de piraterie restent très actifs » souligne le rapport des experts onusiens. « À plusieurs reprises, des pirates ont été très près de parvenir à leurs fins. »

Des groupes d’action pirates prêts à l’action

Quatre groupes d’action de pirates se tiennent prêts à reprendre les attaques dès qu’ils en auront la possibilité. « Ces groupes continuent d’exploiter la moindre occasion, au vu de la facilité relative avec laquelle leurs agents peuvent se procurer des armes et des embarcations légères. »

2017, une reprise des actes de piraterie

L’année 2017 demeure une année de reprise, limitée, de la piraterie maritime. 54 actes de piraterie se sont produits dans l’océan Indien occidental en 2017, soit 100 % de plus qu’en 2016. Le nombre de gens en mer touchés par de tels actes ou par des vols à main armée commis en mer est passé de 545 en 2016 à 1 102 en 2017, selon le dernier rapport d’Oceans Beyond Piracy (1).

Une zone à risque qui s’élargit

Ainsi, en 2017, plusieurs tentatives d’attaques ont été menées à la saison des moussons, généralement calme. En 2018, la zone à haut risque s’est élargie. « Ce qui montre que les pirates sont capables de planifier des attaques dans tout l’océan Indien, aussi loin que nécessaire des côtes, et qu’ils sont déterminés à le faire pour assurer la réussite de leurs projets.  »

Des pirates déterminés

Les récentes tentatives étaient « particulières en ce que les attaquants n’ont pas été dissuadés par un premier échec, mais ont récidivé peu de temps après, en restant dans les environs, signe de leur motivation et de leur détermination à atteindre leurs objectifs ».

D’autres ressources

Les réseaux de piraterie semblaient trouver les fonds dont ils avaient besoin en se livrant à des activités moins risquées, telles que le trafic d’êtres humains, de drogues, d’armes ou de charbon, souligne un rapport conjoint d’évaluation de la menace réalisé début septembre par l’opération EUNAVFOR Atalanta et les Forces maritimes combinées (CMF) de la coalition maritime emmenée par les Américains.

Le conflit au Yémen et les attaques en mer Rouge…

On peut noter aussi dans le couloir de transit maritime de la mer Rouge quatre tentatives d’attaques qui ne sont pas dues aux pirates somaliens, mais dont la responsabilité est attribuée à des rebelles houthistes, qui auraient lancé des roquettes longue portée sur des vaisseaux battant pavillon saoudien naviguant au large du Yémen (lire : Un navire attaqué au large du Yémen. Piraterie ou acte lié au conflit yéménite ?).

… autre menace pour le trafic maritime

« Ce qui pose une menace plus importante encore pour la stabilité de la région. Les navires de pêche et les yachts trop proches des côtes somaliennes ou yéménites risquent de se trouver pris dans les attaques conduites par les pirates somaliens ou les rebelles houthistes contre des navires marchands » souligne le rapport comme l’évaluation faite par les Européens. D’autres attaques, notamment celle d’un navire de l’Amisom, ont été attribuées aux Shebab (lire : Un navire de l’Amisom attaqué près du port de Baraawe).

(Nicolas Gros-Verheyde)

(1) « The state of maritime piracy 2017: assessing the economic and human cost », Oceans Beyond Piracy.


Parmi les dernières attaques

Le 16 octobre 2018, contre le MV KSL Sydney : Attaque pirate au large de Mogadiscio (V2)

Samedi 31 mars 2018, aux premières heures du matin, contre le Kriti Spirit, un navire appartenant à une compagnie grecque : Une attaque d’un autre pétrolier dans le Golfe d’Aden fin mars

Dans la nuit du 23 février 2018, contre le tanker MT Leopard Sun : Un chimiquier letton attaqué par les pirates au large de la Somalie

Les 17 et 18 novembre 2017 contre le MV Ever Dynamic, un porte-conteneurs opéré par Evergreen, puis contre le navire de pêche Galerna III, un thonier de la compagnie Albacora de Bermeo battant pavillon seychellois : Six pirates arrêtés dans le bassin somalien, entre Seychelles et Somalie (V6)

Le 15 novembre, contre deux porte-conteneurs dans le Golfe d’Aden :  Une tentative d’attaque par des pirates échoue dans le Golfe d’Aden


 

Un bateau pirate repéré par les forces d’Atalanta détruit près des côtes somaliennes (V2)

(B2) Les marins de l’opération anti-piraterie de l’UE dans l’océan indien ont saisi ce dimanche un baleinier d’un groupe d’action des pirates (PAG), dans une baie de la côte somalienne, puis l’ont détruit.

(crédit : EUNAVFOR Atalanta)

Après une attaque de pirates contre le vraquier KSL Sydney battant pavillon de Hong Kong le 16 octobre dernier (lire : Attaque pirate au large de Mogadiscio), le contre-amiral espagnol Alfonso Perez de Nanclares, chef de la force en mer anti-piraterie de l’UE (EU NAVFOR), a ordonné à ses forces de se rendre dans la région pour retrouver les auteurs du méfait.

Un baleinier et un skiff repéré

Le lendemain matin, un avion de patrouille et de reconnaissance maritime espagnol (P3 Orion) a survolé la zone pour recueillir le plus d’informations possible. Il a alors repéré un baleinier suspect et un skiff à environ 130 miles nautiques du lieu de l’attaque (et à environ 167 miles nautiques des côtes somaliennes). Le comportement de ces deux navires était plus que suspect puisque — raconte le QG d’Atalanta — « ils ont utilisé des miroirs pour déjouer les systèmes [radars] de l’avion ». Les deux navires se sont ensuite séparés, prenant de la vitesse dans différentes directions pour éviter d’être poursuivis. Durant les jours qui ont suivi, avions et navires ont maintenu « une surveillance continue dans la zone ».

Le baleinier et le skiff, se sachant repérer par le P3 se séparent dans deux directions (crédit : EUNAVFOR Atalanta)

Le navire repéré sur la côte somalienne

La recherche a finalement abouti samedi (27 octobre), permettant d’identifier le baleinier suspect « dans une zone connue pour avoir été associée à une activité de pirate ». Le navire, ancré tout près des côtes, dans une petite baie de la côte somalienne, a été saisi par l’équipe d’intervention du navire de débarquement espagnol ESPS Castilla (L-52). « Après une fouille minutieuse, il a été confirmé comme étant le navire repéré par l’avion le 17 octobre ». Il a alors été remorqué en mer pour y être détruit « en toute sécurité ».

Repérage du baleinier (en rouge), près d’un campement pirates de la côte somalienne (crédit : EUNAVFOR Atalanta)

(Nicolas Gros-Verheyde)

mis à jour le 31 octobre avec des détails sur la poursuite et le repérage

Attaque pirate au large de Mogadiscio (V2)

(B2) Un vraquier battant pavillon de Hong Kong a été attaqué mardi 16 octobre dans l’Océan indien par un groupe de pirates.

L’incident s’est produit à 340 milles nautiques au large de Mogadiscio, à 12h38 UTC, alors que le MV KSL Sydney arrivait du nord.

« Quatre pirates armés d’AK-47 dans une vedette rapide se sont approchés d’un vraquier » raconte une source maritime. « Le capitaine a alors sonné l’alarme, contacté les autorités locales, activé le SSAS [le système d’alerte de sécurité du navire]. Tous les membres de l’équipage se sont rassemblés dans la citadelle. » Les gardes armés à bord du navire ont riposté. « Les pirates ont alors interrompu leur attaque et se sont éloignés ».

« Le navire et son équipage sont en sécurité et nous enquêtons sur l’incident » a assuré le QG de l’opération anti-piraterie EUNAVFOR Atalanta. « Nos unités restent déployées dans la zone ». Une alerte a été diffusée aux navires naviguant dans la zone par les soins du MSCHOA, le centre d’information de la marine marchande, situé à Northwood (dans les mêmes locaux que le QG d’EUNAVFOR).

C’est le premier incident de piraterie depuis plusieurs mois. Le dernier recensé avait eu lieu le 31 mars au large du Golfe d’Aden (lire : Un navire attaqué au large du Yémen. Piraterie ou acte lié au conflit yéménite ?). Un autre incident avait eu lieu le 22 février quand un chimiquier letton avait été attaqué par les pirates dans la même zone.

(Nicolas Gros-Verheyde)

Une attaque d’un autre pétrolier dans le Golfe d’Aden fin mars

(B2) Un incident s’est produit fin mars, dans le Golfe d’Aden, relié à un acte classique de piraterie

Un tanker avait été attaqué fin février au large de la Somalie (lire : Un chimiquier letton attaqué par les pirates au large de la Somalie)

Une attaque caractéristique des pirates

Selon des sources maritimes, un pétrolier a été attaqué, samedi (31 mars), aux premières heures du matin, dans le couloir maritime entre la ville de Al Mukalla (Yémen) et l’ile de Socotra (position 13:58.1 N – 051-25.3 E). Deux skiffs avec deux pirates armés dans chaque bateau ont pourchassé et se sont rapprochés tout près du Kriti Spirit, un navire battant pavillon du Libéria et appartenant à une compagnie grecque Avin.

La réplique des gardes de sécurité

L’alarme a été donnée. Le doute sur leurs intentions n’était pas vraiment permis. Des échelles ont été aperçues dans les skiffs. Et, à environ 100 mètres du pétrolier, les pirates ont commencé à tirer dans sa direction. Les gardes armés à bord du pétrolier ont riposté. « Les pirates ont alors abandonné l’attaque et se sont éloignés ». « Tout l’équipage est sain et sauf », précise-t-on. Le navire a cependant subi « des dommages mineurs du fait des tirs ».

(NGV)

Les pirates ont capturé deux bateaux de pêche : pas sûr !

Navire de pêche dans l’Océan indien assisté par un équipage européen (Archives B2 / Crédit : EUNAVFOR Atalanta novembre 2016)

(B2) La nouvelle qu’un navire de pêche sud coréen, battant pavillon de la Mongolie, a été capturé par les pirates somaliens, ce samedi (27 mai), n’est pas exacte, a confirmé à B2 une source militaire européenne. « Ce navire est sain et sauf. Nous avons reçu confirmation que les nouvelles relatant le piratage d’un bateau de pêche sud coréenne est fausse ».

Fausse alerte

La Corée du Sud avait sonné l’alerte samedi après avoir perdu le contact avec ce gros navire, de 234 tonnes, alors que celui-ci se disait poursuivi par un bateau suspect, près des côtes somaliennes. Elle a ordonné à son navire Cheonghae de faire route vers la zone suspecte. Et trois avions (un P3 Orion allemand, japonais et indien) ont été mis en alerte. Ce dispositif a permis assez rapidement de rétablir le contact avec le capitaine sud coréen. L’équipage comportait 3 Sud Coréens et 18 Indonésiens.

Sans nouvelles d’un navire iranien

Quant au bateau de pêche iranien, capturé par les pirates, la situation est moins évidente. Ce navire, qui a à son bord 20 membres d’équipage, aurait été saisi par les pirates somaliens au large de Qandala mardi dernier (23 mai), puis emmené vers ce port du Puntland (la région autonome du nord de la Somalie, selon John Steed, responsable de l’Afrique de l’Est pour Oceans Behond Piracy (OBP), ainsi que le relatent l’AFP et Reuters. Or, jusqu’à présent cette capture n’a pas été confirmée par l’opération EUNAVFOR Atalanta. « Nous sommes en train de travailler avec les autorités somaliennes et nos partenaires de la lutte anti-piraterie pour obtenir le maximum d’informations concernant ce ‘possible’ incident. Aussi longtemps que ce n’est pas confirmé, cet incident n’est pas classé en acte de piraterie. »

La question délicate des navires iraniens …

Commentaire : les autorités européennes anti-piraterie ont toujours pris avec précaution les annonces de captures de navires de pêche iraniens. D’une part, l’Iran est le seul pays à ne pas faire partie de la coordination internationale anti-piraterie (qui rassemble aussi bien les Européens et Américains, les Russes et les Chinois ou les Coréens). Ce qui ne facilite pas les relations. D’autre part, les navires iraniens ont continué à faire la navette avec la Somalie, même dans les moments les sensibles de la piraterie. Enfin, chacun s’est interrogé sur certaines « captures » plus que douteuses. Certains navires (yémenites notamment mais aussi iraniens) ont ainsi été soupçonnés non pas d’avoir été otages des pirates mais consentants et affrétés par eux pour servir de bateaux-mères (et intéressés même aux captures).

et de la pêche en eaux somaliennes

Ces incidents, mettant en cause de gros navires de pêche étrangers, sont aussi à mettre en relation avec la protection de la zone de pêche somalienne. Les eaux somaliennes semblent très prisées des navires de pêche de tout horizon, qui ne se privent pas d’aller dans ces zones très poissonneuses (1), sans vraiment s’inquiéter des droits à verser à la Somalie (2) ni du sort des populations locales qui voient ainsi avec crainte ces navires « piller » ce qu’ils considèrent comme leurs ressources.

Une piraterie assez artisanale

Quoi qu’il en soit, on assiste à une légère recrudescence actuellement des actes de piraterie au large de la Somalie. « C’est sans commune mesure avec ce que nous observions dans les années 2010. Nous sommes davantage face à un phénomène artisanal, d’opportunisme d’action » a indiqué à B2 un haut gradé européen. « Mais nous devons rester vigilants face à ces mouvements. La piraterie somalienne n’est pas totalement éradiquée. La reprise d’actions à l’échelle industrielle, menée par des réseaux criminels, très bien organisés, reste toujours possible. »

(Nicolas Gros-Verheyde)

(1) Des eaux naturellement riches en faune de toute sorte et, encore plus, après des années de « jachère » dues à la piraterie.

(2) La Zone économique exclusive somalienne prête encore à discussion

Trois pirates arrêtés par la marine chinoise transférés au Puntland (V2)

(B2) Un navire de la marine chinoise a remis vendredi (5 mai) trois suspects de piraterie aux autorités somaliennes du Puntland, dont le dénommé Aw Kombe, un pirate local bien connu, selon Ahmed Saiid chef adjoint de la police du Puntland, cité par l’agence Reuters. Il aurait été notamment impliqué dans l’attaque dans le Golfe d’Aden, déjouée début avril, du OS35, un cargo battant pavillon du Tuvalu (Lire : Le piratage de l’OS35 déjoué par la marine indienne et chinoise) comme dans la prise du tanker Aris 13 (Le navire Aris 13 libéré), et dans une vingtaine d’attaques estiment les autorités somaliennes.

Jugés au Puntland

Les trois pirates, qui étaient menottés et portant des gilets de sauvetages, ont été amenés au port dans des petits bateaux pneumatiques. Ils devraient être jugés au Puntland a assuré le colonel Yasin Ali Nur, au journaliste somalien de Voice of Africa Fadumo Yasin Jama. « Ces trois prisonniers, leurs armes, seront gardés ici dans la prison du port jusqu’à ce qu’ils soient transférés dans la prison centrale, et ce qu’ils apparaissent devant un tribunal », a déclaré Nur.

Cachés lors de la libération

Les trois hommes avaient accosté le navire pour tenter de le détourner, a confirmé l’intéressé lui même, qui s’est confié à nos confrères de Voice of Africa Mais ils ont commencé à rencontrer « des difficultés après que l’équipage se soit enfermé dans la salle sécurisé ». Pour éviter alors d’être arrêtés par les militaires chinois déployés sur le bateau par hélicoptère, Aw Koombe et ses deux acolytes se sont alors cachés sur le navire. « J’ai dormi 12 heures tout au long de la nuit. Mais le lendemain, ils [les Chinois] ont entendu un peu de bruit. Ils ont découvert où nous cachions, puis ils nous ont appréhendés ». Aw Koombe a cependant nié avoir participé à d’autres attaques, expliquant son geste par « … la pauvreté. Y a-t-il une autre raison vraiment ? »

(Nicolas Gros-Verheyde)

Mis à jour avec les informations de Voice of Africa

La perpétuité pour Mohamed Farah, le pirate somalien qui avait attaqué l’USS Ashland

(B2) Le dernier des pirates qui avait été arrêtés après l’attaque du navire de la marine américaine le 4 avril 2010 USS Ashland dans le golfe d’Aden, au large de Djibouti vient d’être condamné.

La prison à vie a été infligée à Mohamed Farah, âgé de 31 ans, a été condamné mercredi (26 avril) par le juge américain de l’U.S. District, Raymond A. Jackson, a annoncé l’assistant faisant fonction de l’attorney général pour la sécurité nationale Mary B. McCord.

Un jury fédéral avait estimé Farah coupable le 27 février 2013. Selon la cour, les documents et les preuves présentés au procès confirment que Farah et cinq de ses complices ont bien attaqué l’USS Ashland.

Les complices de Farah dans cette attaque ont déjà été condamnés : Jama Idle Ibrahim (15 ans de prison), Mohamed Ali Said (33 ans de prison), Mohamed Abdi Jama (perpétuité + 30 ans de prison), Abdicasiis Cabaase (perpétuité + 30 ans de prison) et Abdi Abshir Osman (perpétuité + 10 ans de prison) (Lire aussi : Dernières nouvelles de la piraterie (10 avril 2011).

Ils avaient pris la mer en février 2010 avec « l’intention de capturer un autre navire pour en obtenir une rançon » explique le communiqué du ministère US de la Justice. Mais leur traque avait été interrompue par un navire de la marine britannique, le HMS Chatham. Ils avaient réitéré ensuite en tentant d’attaquer l’Ashland, à bord d’un skiff en tirant à l’arme légère. Les Américains avaient répliqué, en coulant leur bateau et forçant les pirates à nager.

L’enquête a été conduite par le FBI et le NCIS (le service d’enquêtes criminelles de la Marine), sous la direction d’abord de l’assistant de l’attorney Benjamin L. Hatch puis Joseph E. DePadilla au district Est de Virginie et l’avocat général Jerome Teresinski de la section contre-terrorisme de la division de sécurité nationale (NSDCS).

(NGV)

Nouvelle attaque pirate déjouée au large de la Somalie

(crédit: Marine espagnole / EUNAVFOR Atalanta)

(B2) La frégate espagnole Galicia a déjoué, samedi (22 avril), une nouvelle attaque par des pirates, au large de la Somalie, cette fois contre un tanker, le MT Costina, battant pavillon du Sierra Leone.

Il était tard, samedi soir, lorsque le navire amiral de l’opération européenne anti-piraterie EUNAVFOR Atalanta, le Galicia, en patrouille près de la côte est de la Somalie, a reçu un appel de détresse du capitaine du navire marchand disant que son navire était attaqué par un groupe de pirates. Le navire se trouvait alors très près de la côte somalienne, à environ 5,7 miles (sur la position 05:42 Nord et 048:53 Est).

Une poursuite qui a duré deux bonnes heures

Selon les sources maritimes, ils étaient six hommes armés à bord d’un skiff. Les pirates se sont rapprochés très près du navire, n’hésitant pas tirer sur le tanker, à la kalachnikov. La poursuite a duré deux bonnes heures. Six personnes armées dans un skiff ont poursuivi et ont tiré sur un pétrolier en cours. Durant l’échange, un membre d’équipage a été déclaré blessé.

Hélicoptère et navire espagnol à la rescousse

À la réception de l’appel de détresse, l’ESPS Galicia – qui n’était pas loin, à environ 14 milles marins – a fait décoller son hélicoptère de bord, un Sea King SH-3D et a mis le cap à pleine vitesse vers le MT Costina. Dès que « les pirates ont pris conscience que le navire approchait rapidement, ils ont interrompu leur attaque et déguerpi » raconte le porte-parole d’Atalanta.

Pas de pirate en vue

À l’arrivée sur les lieux, l’hélicoptère de ESPS Galicia a effectué une recherche aérienne complète. Après avoir confirmé que le skiff n’était plus dans la zone, l’équipe d’opérations spéciales du Galicia est montée à bord du MT Costina pour rassurer le capitaine et son équipage. Une inspection du pont supérieur a confirmé que la structure du navire avait certes un certain nombre d’impacts de balles, mais l’évaluation menée a conclu que le MT Costina pouvait continuer jusqu’à son prochain port d’escale.

(NGV)

Le dhow indien Al Kausar libéré

(B2) Tout l’équipage du Al Kausar, un dhow indien capturé au large de l’île de Socotra le 1er avril dernier, est désormais libre. Le ministère indien de la Défense l’a confirmé, dans un communiqué publié le 14 avril. Les conditions de la libération semblent cependant floues, les versions somalienne et indienne semblant se contredire, notamment sur les enjeux de la négociation et l’intervention des forces de sécurité somaliennes.

Négociation (et rançon)…

Selon le ministère indien de la défense, « des négociations ont commencé entre le propriétaire et les pirates pour la libération sécuritaire du navire, de son fret et de son équipage. Sur la base des résultats des négociations, le dhow avec sa cargaison et deux membres d’équipage ont été relâchés le 11 avril et le solde, huit membres de l’équipage ont été libérés le 12 avril. » Un processus semblant confirmer, implicitement, un accord avec les pirates et le versement d’une certaine somme d’argent.

… ou libération par la force

Du coté somalien, on met plutôt en avant l’action des forces locales. Les autorités locales sont parvenues à reprendre le contrôle du navire et à libérer deux membres d’équipage lors d’une opération menée par les forces de sécurité somaliennes dans le port de Hobyo lundi. Mais les pirates avaient réussi à s’enfuir et rejoindre la côte, emmenant huit autres marins vers un village dénommé Qararrow. « Les huit otages ont été libérés sans qu’il y ait eu de combats. Les forces de sécurité ont assiégé les pirates, qui ont essayé de fuir, mais trois d’entre eux ont été capturés », a déclaré Abdirashid Mohamed Ahmed, commandant adjoint des gardes-côtes de la région du Galmudug. « L’opération de secours a été un succès total, les otages sont en sécurité et en bonne santé ».

Une assistance plus qu’une reprise de force

Version que tempèrent légèrement les Indiens qui reconnaissent le rôle des forces locales mais plutôt dans un cadre de sécurisation générale et de localisation des pirates plutôt qu’une reprise de force. « Les forces de sécurité somaliennes ont apporté leur soutien et leur assistance pendant cette opération, les gardes armés étant positionnés sur le port de Hobyo tandis que d’autres entreprenaient des opérations de recherche pour localiser l’équipage à terre. »

Escorté dans les eaux internationales par un navire indien

Le dhow a été remis aux autorités indiennes par le maire de Hobyo vers 16h, le 13 avril, et escorté par un navire de la marine indienne dans les eaux internationales vers sa prochaine destination. Les miliaires ont procédé, auparavant, à un contrôle médical pour tous les membres de l’équipage et apporté les éléments et fournitures nécessaires pour le voyage retour.

(NGV)