Ilham Tohti, militant de la minorité ouïghoure, prix Sakharov 2019

(B2 à Strasbourg) Le Parlement européen a décerné, jeudi (24 octobre), le prix Sakharov 2019 à llham Tohti, défenseur des droits de l’Homme ouïghour. Un prix qu’il ne pourra sans doute pas recevoir en personne, étant emprisonné depuis 2017

Ilham Tohti, Prix Sakharov 2019 (crédit : Parlement européen)

Emprisonné depuis 2014

Professeur d’économie et défenseur des droits de la minorité ouïghoure en Chine, Ilham Tohti est emprisonné depuis septembre 2014, condamné à la réclusion à perpétuité « à l’issue d’un procès-spectacle de deux jours » commente le groupe Renew, qui avait soumis sa candidature. Il est accusé de séparatisme et les autorités chinoises n’ont pas délivré d’autorisation à sa famille de le voir en prison depuis 2017. « Ce prix témoigne non seulement du courage de M. Tohti lui-même, mais également du traitement effroyable réservé aux Ouïghours dans des  « camps de rééducation » » ajoute l’eurodéputé britannique Phil Bennion. Plus d’un million d’Ouïghours ont été détenus dans ces camps depuis 2017.

Appel aux autorités chinoises

« En remettant ce prix, nous appelons le gouvernement chinois à libérer Tohti et nous appelons au respect des droits des minorités en Chine » a précisé le président du Parlement européen, David Sassoli. Le prix sera remis officiellement le 18 décembre, lors de la plénière à Strasbourg.

(ES)

Commission Von der Leyen. Donnez-nous des noms rapidement. Nous ferons le job (Sassoli)

(B2 au Justus Lipsius) Pour le nouveau président du Parlement européen, l’Italien David Sassoli, c’était jeudi (17 octobre), son premier rencontre au sommet avec les leaders des États membres. Devant la presse, il a tenu à défendre le travail mené par les eurodéputés qui ont rejeté successivement trois candidats commissaires, notamment Sylvie Goulard

David Sassoli face à la presse au sommet européen (crédit : Conseil de l’UE)

Un Parlement qui fait son job 

« C’est un parlement exigeant qui fait valoir ses prérogatives (…), et il a pris l’exercice au sérieux. La procédure a été respectée. »

Un Parlement très différent du passé 

« Notre Parlement est très différent du passé. C’est le résultat du verdict des urnes. On a observé que les sensibilités europhiles emportaient la mise, mais on n’a pas de groupe plus lourd que les autres autres, pourtant on a besoin de convergences pour une législature très politique. Il devra y avoir beaucoup de dialogue et de polémique entre les groupes pour que cela puisse se refléter. »

Pour travailler : une convergence des idées

« Nous avons besoin d’un dialogue entre les forces en présence européennes et qui ont une aspiration européenne. C’est cela la nouvelle donne. Nous avons des groupes qui ont besoin les uns des autres. Nous devons dialoguer […] pour avoir des convergences entre les idées. »

Un calendrier qui dépend des États membres

« Je ne sais pas quand la nouvelle Commission entrera en fonction. Mais il nous faut d’abord recevoir les trois noms. Et, cela, dans les quatre ou cinq semaines, si on veut respecter l’échéance de décembre, [avec] un vote à la plénière de novembre. Le Parlement n’a pas arrêté de se retrousser les manches. Il l’a fait de façon très minutieuse. Nous avons pris notre rôle au sérieux. »

Un rôle à prendre en exemple 

« Les commissaires européens seront dotés de compétences très larges. Il est donc normal pour le Parlement de les vérifier en amont. Ce serait mieux si c’était comme cela aussi au niveau national. Les parlements nationaux devraient prendre exemple sur le Parlement européen. »

(Aurélie Pugnet)

Une montée en puissance du contrôle de la Commission européenne

(B2) Depuis le début de son élection au suffrage universel, le Parlement européen a voulu s’ingérer dans le processus de nomination de la Commission européenne, qui ne concernait au départ que les gouvernements. Un mouvement qui s’est construit par étapes

Tout d’abord, l’assemblée réussit à transformer le vote de censure en motion de confiance. Mais celui-ci concerne toute la Commission ou rien. En 1995, un système d’auditions est mis en place. En menaçant de renverser la commission Santer, en 1999, l’assemblée montre les crocs et affirme que la possibilité d’un vote de défiance n’est pas de pure forme.

Le système d’auditions se raffine et devient un véritable test où le candidat doit non seulement démontrer son enthousiasme européen, son intégrité mais aussi sa connaissance des dossiers. Cela aboutit à renvoyer à leurs foyers plusieurs candidats — l’Italien Rocco Buttiglione et la Lettone Ingrida Udre en 2004 (lire : Il y a cinq ans ! Trois commissaires recalés), la Bulgare Rumiana Jeleva en 2009 (lire : Jeleva devant le Parlement européen. Bye bye Rumiana ?) — ou à changer le portefeuille d’autres candidats — celui de László Kovacs en 2004.

Un contrôle des conflits d’intérêts préalable

Une nouvelle étape a été franchie en 2019 avec la mise en place d’un mécanisme préalable d’examen des conflits d’intérêts possibles, permettant d’éjecter individuellement des commissaires avant même la procédure d’audition. Ce mécanisme qui mêle confrontation des déclarations officielles d’intérêts, questions écrites, voire auditions des intéressés, devient une véritable audition avant l’heure. Il a abouti à éjecter deux candidats — la Roumaine Rovana Plumb et le Hongrois László Trócsányi. Mais il a aussi montré ses limites puisque, pour des raisons en bonne partie politiques, Sylvie Goulard est passée au travers des mailles du filet.

Une leçon pour l’avenir

Gageons que ce dispositif sera désormais renforcé, pour que tous les éléments connus ou inconnus, puissent être examinés largement à l’avance et en amont. Et non au dernier moment. On aura donc à l’avenir deux dispositifs d’auditions : un sur les conflits d’intérêts, un autre sur le fond. Les présidents futurs de la Commission européenne, comme les chefs de gouvernement qui désignent leurs commissaires, auront intérêt à parfaire leurs dispositifs de contrôle et non pas se contenter de déclarations sur l’honneur ou d’une apparence de bonne foi. Le passé de leurs candidats devra être sans tâche et sans bavure.

(Nicolas Gros-Verheyde)

Les sept raisons de l’échec de Sylvie Goulard

(B2) 82 voix ‘contre’, 29 voix ‘pour’ et 1 abstention, le vote en commissions du Parlement européen jeudi rejetant la candidate française Sylvie Goulard est sans appel. Retours sur les raisons d’un échec

Inutile de se voiler la face. C’est un échec. C’est la première fois que la France voit un de ses candidats rejetés.  Un échec sérieux pour l’intéressée elle-même, pour la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen mais, surtout, pour Emmanuel Macron. Chacun a une part de responsabilité dans cette tragédie politique.

La première raison : la campagne électorale offensive d’Emmanuel Macron

La volonté affirmée du leader de La République en marche de casser le jeu politique européen habituel, et notamment de fracturer le principal parti, les chrétiens-démocrates du PPE (dont font partie Les Républicains), a été perçue par les intéressés comme une véritable déclaration de guerre. Cet épisode est parfois oublié dans l’inventaire des raisons qui justifient une certaine rancœur contre Emmanuel Macron, mais il ne doit pas être négligé. Car c’est de là que tout part.

Le président français voulait, lors des élections, réitérer au plan européen son coup génial réussi en France lors de l’élection présidentielle : casser les partis traditionnels et prendre le leadership européen. Il n’a pas vraiment réussi, même si le groupe centriste-libéral a réussi une certaine percée. Sa tentative de débauchage dans les rangs des ‘populaires’, comme de jouer de l’effet Orbán comme d’un repoussoir pour diviser le parti, a échoué, mais elle a laissé des traces. Le parti l’a perçu comme une menace existentielle.

L’éviction de László Trócsányi, le commissaire désigné par Viktor Orbán, membre du parti populaire européen, est venue comme une goutte d’eau. Les PPE avaient prévenu qu’ils en ferraient un test de la bonne volonté de coopération des centristes. « S’ils [les libéraux centristes du groupe Renew] envoient bouler le candidat du Fidesz, nous répliquerons » m’avait confié, avant même le début des auditions, un eurodéputé du PPE. Sentiment confirmé en termes plus ronds mais tout aussi fermes, par un autre.

Deuxième raison : le sentiment d’une exception française

Nombre d’eurodéputés se sont interrogés pourquoi les deux commissaires, roumain et hongrois avaient vu leur candidature rejetée pour conflit d’intérêt, mais pas la commissaire française. Un ‘double poids, double mesures’ qui a heurté, à gauche, chez les Verts, mais aussi à droite, et surtout dans les rangs des pays de l’Est. Résultat, avant même l’audition, dans les couloirs se formait une coalition, improbable, allant de la gauche aux nationalistes de droite, en passant par les Verts, les Socialistes et les démocrates-chrétiens, pour être très dure avec la candidate française.

Troisième raison : la largeur du portfolio confiée à la Française

Placer le marché intérieur, l’industrie et les PME, la défense et l’espace, le numérique et l’audiovisuel… sous la responsabilité d’une seule personne avait une certaine logique politique. Mais cela a été perçu comme trop important et un cadeau fait à la France. Sylvie Goulard avait trois directions générales (les ministères de la Commission) sous sa coupe. « Il faudrait un hercules féminin pour gérer tout cela » persifle l’Allemand de la CDU, Christian Ehler, un rien envieux. « C’est une charge de travail impressionnante que vous avez » ironise la sociale-démocrate croate Biljana Borzan.

Quatrième raison : avoir sous-estimé l’exigence de la morale

Nombre de députés n’ont pas compris pourquoi la Française, sous la menace d’une enquête pour les assistants parlementaires du Modem, avait préféré démissionner de son poste de ministre de la Défense, mais refusait de prendre le même engagement au niveau européen. Invoquer ‘la présomption d’innocence’ à tout bout de champ, et la différence entre la situation au niveau européen et une coutume installée en France, a davantage irrité que convaincu. « Les même normes élevées devraient valoir aux niveaux européen comme national » remarque la Danoise chrétienne-démocrate Pernille Weiss, suivie par nombre de Nordiques, pour qui on ne peut badiner avec certaines choses. « Je ne comprends pas que ce qui vous empêche d’être ministre en France ne vous empêche pas d’être commissaire » tâcle la sociale-démocrate allemande Evelyne Gebhardt.

Quant à son travail effectué pour l’Institut Berggruen, un think-tank d’un homme d’affaires germano-américain, quand elle était députée, la défense de la Française était assez faible. Invoquer le fait que ce cumul était légal, qu’il ne s’agissait pas d’un contrat de salarié mais « de consultance », ou que le tout visait un objectif très européen, n’a pas convaincu. L’ampleur des sommes en jeu, le manque d’information sur le travail réellement effectué, et surtout le manque de regrets de la commissaire ont achevé de semer le doute. Chacun avait vraiment l’impression que l’homme d’affaires avait ‘acheté’ le carnet d’adresses de l’ancienne eurodéputée.

Cinquième raison : le persiflage à la française

Attendue au tournant, Sylvie Goulard n’a pas cherché à être humble. Au contraire. Elle s’est permise de faire des commentaires acerbes sur les uns. « Vous aussi vous avez une activité d’avocat » a-t-elle lancé à un eurodéputé qui l’accrochait un peu trop. Sa seule justification du salaire reçu de l’Institut Berggruen — « c’est une somme élevée mais elles correspond aux conditions pour ce genre de consultations internationales » — manifestait une très haute estime d’elle-même. Son leitmotiv « J’ai déjà répondu à cette question » répété à plusieurs reprises, d’une voix lasse, a été pris (à juste titre) comme la volonté de faire la leçon. Ce petit jeu teinté d’arrogance et de mépris a été mal perçu dans l’hémicycle. « Elle était déjà comme ça quand elle était eurodéputée et elle s’est attirée de sacrées inimitiés » témoigne un ancien du Parlement. 

Sixième raison : des pressions

Exercées sur certains membres de l’assemblée directement par l’équipe de la Chancelière Merkel et de la présidente de la Commission, Ursula Von Der Leyen, comme du côté socialiste, les pressions qui, habituellement, marchent n’ont pas eu l’effet escompté. Dans un mouvement de rébellion collectif, le Parlement a voulu montrer son indépendance, refusant de se laisser dicter la loi, comme cela avait été le cas au dernier Conseil européen de juillet, où les Chefs avaient décidé d’outrepasser le système des Spitzenkandidaten (têtes de listes) pour imposer leur candidat. 

Dernière raison : la volonté de contrôle du Parlement européen

Cet acte s’inscrit dans un mouvement continu, transpartisan, du Parlement européen dans le processus de nomination de la Commission européenne. Un mouvement qui s’est construit par étapes, pour imposer un vote de confiance sur le président de la et sur la Commission toute entière, des auditions véritables épreuves de confirmation pour chacun des commissaires individuellement, et enfin un contrôle préalable des conflits d’intérêts (lire article à suivre). En éjectant une commissaire française, sur ce motif essentiellement, le Parlement engrange une étape de plus.

(Nicolas Gros-Verheyde)

Version revue et complétée de l’article paru dans Sud-Ouest vendredi 11 octobre.

Auditions. Sylvie Goulard, en deuxième sess’, devra faire preuve d’humilité

(B2) La leçon est dure pour la Française Sylvie Goulard, commissaire désignée au Marché intérieur, l’Industrie et la Défense. Elle est la dernière des candidats à la Commission von der Leyen à subir une audition, en forme d’oral de rattrapage (ce jeudi matin) pour une première audition ratée, et des réponses écrites toujours insuffisantes aux yeux de la majorité des groupes politiques

(© NGV / B2)

Son échec tient principalement à deux raisons

L’une est proprement politique et tient à l’ambiance au Parlement européen ces derniers jours. La Française a fait l’objet d’une volonté convergente de la plupart des groupes politiques mécontents de s’être fait ‘bouler’ leurs candidats (la Roumaine pour le S&D, le Hongrois pour le PPE, le Polonais pour les Conservateurs) de ‘prendre des otages’ dans l’autre camp, ou peu satisfaits du ‘deux poids – deux mesures’ dans l’examen des conflits d’intérêt la commission JURI (affaires juridiques). Il y avait aussi, en arrière de ce sentiment, la volonté d’infliger une certaine gifle au grand manitou de l’Europe, Emmanuel Macron.

Mais l’autre raison est plus personnelle et plus inquiétante en soi. La personnalité de l’habituée des couloirs européens, son caractère persiflant, sa suffisance ont provoqué un manque de confiance, voire une défiance ou une hostilité inégalée. Ses réponses étaient vagues sur le fond, qu’il s’agisse des conflits d’intérêts, ou du fond de ses dossiers en charge. Notamment en matière de défense, elle a fait des faux pas impardonnables (surtout une ancienne ministre de la Défense), ne donnant pas les gages attendus du Parlement européen, notamment sur l’égalité d’accès au Fonds.

En refusant d’endosser la ‘doctrine Bieńkowska’ (l’actuelle commissaire à l’Industrie’) elle s’est prêtée à une seconde question sur le sujet lors des questions écrites. En voulant moucher à tour de bras tel ou tel député, jusqu’à l’Allemande, Evelyne Gebhardt, son ancienne compère du temps de la négociation de la directive ‘services’, elle s’est prêtée à un petit jeu qui est élégant lors des dîners en ville, mais n’a aucune place au Parlement européen.

En ne disant pas rapidement ce qu’elle voulait faire pour ‘purger’ sa participation à l’institut Berggruen, think tank dirigé par un homme d’affaires germano-américain, elle a prêté le flanc à toutes les critiques. À juste titre. En politique, on ne peut à tout bout de champ prétendre que c’est ‘légal’ et que ‘tout le monde le fait’. Ce n’est plus à la hauteur des exigences, attendues aujourd’hui, des commissaires européens.

Lors de sa seconde audition, l’ancienne ministre française de la Défense devra faire preuve d’un peu plus de souplesse et d’humilité pour pouvoir convaincre. La balle est dans son camp.

(NGV)

Plusieurs candidats sur la sellette au ball-trap des commissaires. S. Goulard dans la ligne de mire ?

(B2) Comme à chaque constitution du collège de commissaires, plusieurs candidats sont sous le feu de la rampe, pour des ‘affaires’ passées, réelles ou futures. Chacun aiguise ses couteaux pour avoir des munitions au cas où son camp serait attaqué

Une candidate déjà éjectée

Une candidate semble d’ores-et-déjà avoir fait une ‘sortie de route’ : Rovana Plumb (S&D). L’ancienne ministre roumaine a totalement raté son audition à la commission des affaires juridiques (JURI), jeudi (26 septembre), n’arrivant pas à clarifier les accusations de conflit d’intérêts. Elle est ‘out’. Lire : Rovana Plumb et Laszlo Trocsanyi sont dans le même bateau. Qui tombera à l’eau ?

Un deuxième en balance

Pour le Hongrois László Trócsányi (PPE) également sur la sellette, c’est plus compliqué. D’une part, l’ancien ministre de la Justice de Viktor Orbán a utilisé tous ses talents d’ancien diplomate et avocat pour clarifier sa situation, au point que les eurodéputés ont été un peu dépouillés de toute possibilité de critique, du moins d’un point de vue juridique. En témoigne le vote très juste à la dernière réunion de Commission JURI (11 voix ‘contre’, 9 voix ‘pour’ et 2 abstentions), tout comme l’impossibilité de coucher exactement par écrit ce qui est lui reproché au niveau légal. De fait, c’est surtout son positionnement politique qui est cause. Il appartient au gouvernement Orbán et a, en bonne partie, inspiré ou/et assumé la politique anachronique du gouvernement hongrois en matière d’État de droit et de lutte contre les migrations (1). De vrais questions mais qui ne sont pas toutes juridiques.

Des mesures de rétorsion en préparation ?

Le Premier ministre Viktor Orbán défend d’ailleurs pied à pied son candidat, même s’il n’a pas exclu, après un entretien avec Ursula von der Leyen, de trouver un autre remplaçant. Mais si Trócsányi est éjecté, pour raison politique, des répercussions pourraient avoir lieu sur d’autres candidats libéraux (lire notre dernier Carnet de veille). Le Parti populaire européen (PPE), dont est membre la Fidesz de Viktor Orbán pourrait ne pas laisser un de ses candidats phares éjecté sans réagir. Un de ses cadres, peu suspect d’avoir une sympathie extrême pour le Hongrois, m’avait confié ne pas « vouloir tirer en premier ». Mais si « notre candidat est pris pour cible, nous répliquerons ».

La Française Sylvie Goulard dans la ligne de mire ?

Dans le camp centriste-libéral, c’est la Française Sylvie Goulard (Renew) qui apparait ainsi dans la ligne de mire. Mise en cause dans l’affaire des assistants parlementaires du MODEM, elle a réussi à s’en tirer honorablement en remboursant les sommes litigieuses. Tout est clair désormais. Mais elle traîne toujours une casserole plus embêtante : celle de rémunérations assez extraordinaires perçues d’un think-tank américain (l’Institut Berggruen) quand elle était eurodéputée. Elle aurait ainsi perçu, selon ses propres déclarations des sommes non négligeables : 36.000 euros en 2013 et 13.000 euros en 2014. Soit environ 10.000 euros bruts par mois selon Libération. Cela représente davantage que son salaire d’eurodéputée. Cela interpelle !

Elle pourrait ainsi bien être chahutée lors des auditions, d’autant que dans sa réponse au questionnaire du Parlement européen, elle reste plutôt elliptique sur ce point (lire : Questionnaire du Parlement : des réponses de Sylvie Goulard plutôt banales et parfois floues). Une éventualité prise très au sérieux, y compris dans son propre camp, même si on affecte la sérénité.

Deux autres candidats s’échappent de l’œil du cyclone

À ces candidats, il faut ajouter quelques autres qui viennent de passer sous la loupe de l’actualité. Le candidat polonais Janusz Wojciechowski (Conservateurs/PiS) faisait l’objet de problèmes sur des frais de voyage superflus quand il était député européen. Une enquête de l’Office européen anti-fraude (OLAF) vient de le blanchir, le remboursement des sommes litigieuses ayant été accompli.

Quant au candidat belge Didier Reynders, objet d’une plainte en conflit d’intérêt par un ancien agent de la Sûreté (belge), il s’en sort tout juste. Le procureur du Roi aurait renoncé à ouvrir une enquête, selon l’avocat du responsable politique libéral, qui occupe trois postes aujourd’hui — ministre des Affaires étrangères, ministre de la Défense et ‘informateur royal’ —. Score inégalé dans l’Union européenne.

(Nicolas Gros-Verheyde)

  1. L’ancien Premier ministre macédonien Nikola Gruevski, condamné à deux ans de prison dans son pays, aurait obtenu l’asile politique en Hongrie, par décision spéciale du gouvernement hongrois.

L’élection des présidents de la Commission européenne : le ‘mieux élu’ et le plus mal élu ? (V2)

Romano Prodi a été un des présidents les mieux élus (crédit : Commission européenne 2002, archives B2)

(B2) Depuis que le système de validation par un vote du président de la Commission européenne existe, le candidat élu a connu des scores différents

Les règles de vote ont changé au fil du temps, le Parlement européen gagnant en puissance au fil des modifications du traité. Le traité de Maastricht instaure le principe d’un vote de confiance obligatoire, mais à la majorité simple. Le traité de Lisbonne renforce le vote le faisant passer à la majorité absolue.

Première phase : majorité simple

En 1994, le Luxembourgeois Jacques Santer passe au ras des pâquerettes, avec 260 voix pour, 238 voix contre et 23 abstentions (567 députés). Il paie la mauvaise humeur des eurodéputés qui manifestent contre le veto britannique contre le Premier ministre belge Jean-Luc Dehaene.

En mai 1999, l’Italien Romano Prodi est élu avec une large majorité 392 voix pour, 72 voix contre et 41 abstentions (626 sièges).

Deuxième phase : la majorité absolue

En juillet 2004, le Portugais José-Manuel Barroso est élu avec 413 voix sur 711 suffrages exprimés : 251 contre, 44 abstentions et 3 nuls (732 sièges, 367 voix nécessaires).

En septembre 2009, José-Manuel Barroso est élu avec 382 voix pour sur 718 suffrages exprimés : 219 voix contre et 117 abstentions (736 sièges).

En juillet 2014, Jean-Claude Juncker est élu avec 422 voix pour sur 729 suffrages exprimés : 250 contre, 47 abstentions, 10 votes non valides (751 députés, 376 voix nécessaires).

En juillet 2019, Ursula von der Leyen est élue avec 383 votes sur 733 votes exprimés (51,3%) : 327 Contre, 22 Abstentions et 1 bulletin nul (751 inscrits sur un effectif de 751 membres, 374 voix nécessaires)

Le meilleur élu et le moins bien…

Depuis le traité de Maastricht, le mieux élu a été Romano Prodi (62,6% en ratio de majorité absolue) et le moins bien élu est Jacques Santer (qui n’a que 45,8% en ratio de majorité absolue et n’aurait donc pas été élu dans le système actuel).

De façon plus récente, c’est José-Manuel Barroso I qui est le meilleur élu en 2004, devançant de peu Jean-Claude Juncker en 2014 (respectivement 56,4% et 56,2% des membres). Le plus mal élu est le même José-Manuel Barroso, à son second mandat en 2009, qui passe la rampe de justesse (51,9% des membres). Un score identique ou inférieur ne serait pas pour Ursula von der Leyen un très bon signe indiquait-on au moment de la rédaction de l’article. Le score a été en effet inférieur : 51,3%.

En résumé : du mieux élu au moins bon

(Nicolas Gros-Verheyde)


La règle de la majorité absolue

Pour rappel, le Parlement doit approuver le nouveau Président de la Commission à la majorité absolue (la moitié des députés en fonction, plus un) des « membres ». C’est-à-dire des députés enregistrés à ce moment-là. L’effectif ‘théorique’ n’est pas toujours atteint, soit parce qu’un député n’a pas reçu la validation de son élection dans son État membre (c’est le cas pour les députés indépendantistes catalans aujourd’hui), soit en cas de remplacement (le nouvel arrivé n’est pas encore là tandis que le partant est déjà parti). Aujourd’hui le nombre de députés présents est de 747 membres (sur un effectif théorique de 751), soit un seuil fixé à 374 députés.


Mis à jour le 16.7 à 19h45 avec les résultats des votes au Parlement européen

Pourquoi faut-il désigner le président de la Commission rapidement ?

(B2) Si les Chefs d’État et de gouvernement échouent aujourd’hui, ou demain, à trouver le ou la futur/e chef/fe de la Commission européenne, il ne restera pas beaucoup de temps ensuite pour trouver le candidat idoine

Si le premier choix revient au Conseil européen, le dernier mot revient à la plénière du Parlement. Gare aux erreurs (crédit : Commission européenne)

Une machinerie de haute précision

La mise en place d’une nouvelle direction européenne est une machinerie de haute précision. Et les trois ou quatre mois qui nous séparent de la fin du mandat de la Commission actuelle (31 octobre) ne seront pas de trop (1). Jugez-en.

Première étape : avoir l’aval du Parlement européen (mi-juillet)

Une fois choisi (ou élu par les Chefs), le président de la Commission n’est pas encore intronisé. Une majorité absolue d’eurodéputés doit approuver ce choix. En l’état actuel des forces, cela nécessite l’approbation d’au moins trois des principaux groupes politiques : la droite (parti populaire européen ou PPE, dont fait partie Les Républicains), les socialistes (sociaux et démocrates, S&D, dont fait partie le PS) et le centre libéral et démocrate (dont fait partie ‘Renaissance’ ou ‘En Marche). Le vote est prévu à la seconde plénière de juillet (le 16 ou le 17), après une présentation par le nouveau (ou la nouvelle) chef de la Commission. NB : Si la marche est loupée, retour à la case départ. Un nouveau Conseil européen doit être convoqué.

Seconde étape : constituer l’équipe de commissaires (fin juillet)

Chaque pays propose un nom, homme ou femme, selon des critères peu homogènes. Avec un patchwork de personnalités de différents bords politiques, aux expériences très variables. le nouveau chef de la Commission doit arriver à avoir une équipe solide, compétente et paritaire hommes-femmes. Un travail de virtuose.

Troisième étape : la préparation estivale (août)

Les 26 commissaires désignés (2) doivent se préparer à l’audition de rentrée devant le Parlement européen et remplir un questionnaire écrit, détaillé, évaluant autant leur probité que leurs compétences ou leur attachement européen. Pas question de chômer.

Quatrième étape : les auditions au Parlement (septembre)

Chaque commissaire est auditionné par « sa » commission parlementaire. Un grand oral des plus difficiles. Gare aux mauvaises réponses ou à un comportement nonchalant. L’éjection est au bout du filet. NB : si un commissaire est refusé, retour aux étapes 2 à 4, en version accélérée.

Cinquième étape : le vote final (octobre)

Toute la Commission dans son entier doit recevoir l’onction démocratique, dans un nouveau vote du Parlement européen. Le président de la Commission y déroule son programme pour les cinq années à venir.

Dernière étape : le serment (fin octobre)

Une étape protocolaire, le collège des commissaires se rend à Luxembourg pour prêter serment devant la Cour de justice européenne. La délivrance.

(Nicolas Gros-Verheyde)

  1. On n’est pas à deux ou trois jours près. Chacun a déjà coché sur son calendrier le 1er juillet comme la date d’un autre sommet si celui-ci échouait. Mais il ne faut pas traîner davantage.
  2. Un chiffre qui se monte à 27 si on inclue un (éventuel) commissaire britannique.

Pour aller plus loin, le rétroplanning des institutions décrypté : 2019, le renouvellement des institutions, un sacré rubik’s cube ! (B2 Pro)

Au Welcome village, l’accueil des nouveaux députés

(B2) Comment se passe l’arrivée des nouveaux députés ? Ce sujet a fait polémique récemment avec l’arrivée-exclusion des députés élus catalans.* Nous avons refait le parcours

Après le parcours dans les sept stands, liberté de se promener pour les nouveaux eurodéputés (© NGV / B2)

Les députés se présentent d’abord à un premier stand situé dans le bâtiment Altiero-Spinelli, où deux huissiers les accueillent au-dessous d’une bannière “Welcome Village 2019-2024” qui montre le chemin. Ils les aiguillent vers le bâtiment József Antall. Commence alors un parcours en sept stands, assez classique en soi. Un peu comme quand vous arrivez dans une nouvelle entreprise.

Avant tout, c’est l’étape fondamentale, il faut décliner son nom à un huissier — ce jour-là, c’est une huissière — pour qu’il vérifie qu’ils ont bien été élus, et sont bien sur la liste du Parlement européen. Une étiquette phosphorescente (qui se colorie une fois le jour passé) est alors accolée sur leur veste. Elle va leur permettre de circuler dans le parlement pour la journée, en attendant le badge provisoire.

En route alors pour une succession de stands où le b.a.-ba du futur député européen va leur être expliqué. Durée prévue : 2 heures… Voire moins pour les habitués ou les pressés. Précisons que ce processus est à compléter pour les députés nouvellement élus comme les anciens qui sont réélus et connaissent les lieux.

Premier stand : le parcours. Un employé du parlement explique rapidement tout le processus qu’ils vont suivre et répond aux premières questions le cas échéant.

Deuxième stand : la photo. Indispensable pour confectionner le badge provisoire (en dur, sécurisé), mais aussi pour la documentation du parlement (who’s who, site internet, etc).

Troisième stand : un formulaire pour toutes les informations personnelles, l’état civil, l’adresse, les coordonnées tél., leurs coordonnées bancaires, etc.

Quatrième stand : l’IT (autrement dit l’internet, l’informatique). Ils reçoivent une adresse mail provisoire du parlement, se voient expliquer le système intranet… et gagnent au passage un iPad.

Cinquième stand : les finances. Point primordial. Quelle sera leur indemnité, comment embaucher des assistants… Et surtout la fameuse déclaration d’intérêts financiers à remplir de façon aussi détaillée que possible.

Sixième stand : la sécurité. C’est l’obtention du précieux sésame, le badge provisoire de député. Plastifié, sécurisé, il permettra aux futurs députés de circuler en attendant le badge définitif qui leur sera remis une fois tous les pouvoirs vérifiés (1), à priori à partir du début juillet.

Septième stand : la mobilité et les transports, avec les conseils pour se loger à Bruxelles ou se rendre à Strasbourg, déplacements des plénières obligent.

Et c’est parti pour cinq années de législature…

(Coline Traverson, st, et NGV)

(1) Avant d’occuper leur siège, les nouveaux députés au Parlement européen devront déclarer par écrit qu’ils n’occupent pas de fonction incompatible avec celle de député européen. Une déclaration devant être faite, selon la note du Parlement européen, « au plus tard six jours avant la première séance constitutive » du 2 juillet prochain. Plusieurs fonctions sont réputées incompatibles avec celle de député européen : ministre ou chef d’un gouvernement national, élu d’un parlement d’un État membre de l’Union, commissaire européen, juge à la Cour de justice, membre du directoire de la Banque centrale européenne, de la Cour des comptes ou de la Banque européenne d’investissement, etc. Les fonctionnaires européens ou membres des organes instaurés par les traités de l’Union pour gérer les fonds communautaires ne peuvent pas non plus être députés.

* Lire : Les indépendantistes catalans pas tout à fait bienvenus au Parlement européen (V2)

Les indépendantistes catalans pas tout à fait bienvenus au Parlement européen (V2)

(B2) Les eurodéputés indépendantistes catalans n’ont pas pu procéder à leur enregistrement comme nouveaux députés aujourd’hui

Ils ont été refoulés à leur arrivée au ‘Welcome village’ — où se présentent tous les nouveaux députés débarquant au Parlement européen à Bruxelles —. Motif : leurs noms ne figurent pas sur la liste transmise par le gouvernement espagnol, car ils n’ont pas prêté serment à la constitution espagnole comme l’exige la loi espagnole.

Seul hic, selon Europapress, la liste officielle des 54 députés élus en Espagne n’a pas encore été communiquée au Parlement européen, en attendant qu’ils se rendent au conseil électoral central de Madrid pour se conformer à la Constitution. Et plusieurs députés espagnols —  tels José Ramón Bauzá (Ciudadanos, ex Parti populaire), Diana Riba (ERC) et Pernando Barrena (EH Bildu) — ont pu franchir le cap du ‘Welcome village’ et obtenir leur badge provisoire, alors qu’ils n’ont pas rempli cette formalité.

L’explication se trouve ailleurs selon les Catalans. « Le secrétaire général du Parlement européen (1) a donné des instructions pour que ni ni moi, ni Oriol Junqueras ne puissent faire les formalités nécessaires en tant que députés européens. Il n’y a aucune raison légale. C’est de la pure discrimination. Tous les autres élus ont pu remplir les papiers qui nous ont été refusés » s’est indigné Carlos Puigdemont, le leader indépendantiste catalan. Comin et Puigdemont ont fui la justice espagnole depuis la tenue du référendum interdit par la Cour constitutionnelle sur l’indépendance du Parlement catalan.

Les nouveaux députés espagnols n’auraient pas dû recevoir un badge provisoire

Du coté de la direction du Parlement, on admet une erreur… mais pas celle à laquelle on pense.« Je comprends que cette pratique administrative puisse entraîner des troubles politiques en Espagne, où les résultats des élections ne sont pas définitifs et où le décompte est toujours en cours » écrit le président du Parlement Antonio Tajani dans un mail adressé à plusieurs eurodéputés dont Esteban Gonzales Pons (Parti populaire / PPE), Iratxe García-Pérez (PSOE / S&D), Javier Nart (Ciudadanos), et parvenu à B2. « Par conséquent, afin d’éviter toute ingérence dans une procédure nationale, j’ai chargé le Secrétaire général de suspendre l’accréditation de tous les nouveaux membres espagnols jusqu’à ce que le Parlement reçoive une notification officielle des autorités espagnoles. » Et le président sortant du Parlement européen d’assumer sa nouvelle politique : « Afin de garantir un traitement égal et équitable, j’ai également chargé le Secrétaire général de suspendre l’accréditation provisoire qui a peut-être déjà été accordée à d’autres nouveaux membres espagnols. »

(Nicolas Gros-Verheyde)


NB : L’article 224 du code électoral prévoit que « dans les cinq jours suivant sa proclamation, les candidats élus jurent ou s’engagent à respecter la Constitution devant le Conseil électoral central. Après ce délai, le Conseil électoral central libérera les sièges correspondant aux membres du Parlement européen qui ne se sont pas conformés à la Constitution et suspendra toutes les prérogatives qui pourraient leur correspondre en raison de leur position, jusqu’à ce que cette formalité soit remplie.»


(1) Klaus Welle, membre de la CDU

Mis à jour avec la réponse du parlement

Elections 2019 : pays par pays

(B2) Voici les résultats pays par pays des élections européennes  (selon les premiers résultats définitifs et certains encore provisoires – mise à jour mardi 28 mai 15h)

Allemagne : 96 députés (résultats définitifs)

La CDU/CSU est en recul par rapport à 2014 avec 29 sièges. Elle perd donc 5 sièges, en faisant un peu moins que les prévisions (28,9% au lieu de 30%). Les Verts font eux une vraie percée et accèdent à la deuxième place en doublant quasiment leur score de 2014 (20,50%). Ils passeront de 11 à 21 sièges. C’est la surprise de la soirée. Pour les socialistes du SPD, la chute est au rendez-vous. Avec seulement 15,8% des voix, ils passent de 27 à 16 sièges, conformément aux sondages. L’extrême droite de l’AfD (membre du EFDD) n’obtient pas la montée pronostiquée mais atteint un important 11%, soit 3 points de mieux qu’en 2014. Ils passent de 7 à 11 élus. Les Libéraux du FDP (ALDE) ne décollent pas, et stagnent à 5,4%, au même niveau que Die Linke (GUE) à 5,5%.

France : 74 députés (résultats définitifs)

Le scrutin français est marqué par une forte mobilisation des électeurs. Le Rassemblement national (ex Front national) se place en tête, avec 23,41% des voix (22 élus ENL). Notons que ce score est plus bas que celui de 2014. La République en marche, qui a officiellement rejoint l’ALDE, obtient 22,41% des voix et 21 élus. Les Verts de Yannick Jadot, comme leurs collègues allemands, font la surprise en atteignant un score de 13,47%, soit près de quatre points de plus que prévu (12 sièges). Pour les Républicains (PPE), la chute est encore plus violente que prévu. Ils passent en dessous de la barre des 10%, se limitant à un faible 8,48%… Alors que l’UMP faisait 20,81% en 2014. Du côté socialiste, la liste Place Publique/Socialistes parvient difficilement à franchir la barre des 5%, avec un 6,19%. S’ils parviennent à envoyer des représentants au Parlement, la chute est importante par rapport aux 13,83% de 2014. Du côté de la France insoumise (GUE), c’est également un échec, avec un faible 6,3%.

Italie : 73 députés (résultats provisoires)

La Lega de M. Salvini sort grand vainqueur avec 34,33% des voix et 28 sièges dans le nouveau Parlement. Elle n’avait réalisé que 6% en 2014 et ne comptait que 5 députés. Le parti démocrate ravit la deuxième place au Mouvement 5 Etoiles avec 22,69%, mais il perd 13 sièges sur les 31 sortants. Le M5S avec 17,07% enverra 14 élus, soit trois de moins qu’en 2014, dans le groupe EFDD. La chute est sévère pour Forza Italia (PPE) qui passe sous la barre des 9% et perd 5 députés sur les 13 du précédent mandat. Les frères d’Italie réussit à avoir 5 élus avec 6,46% mais ce n’est pas le cas de la liste Piu Europe (ALDE) dirigée par Emma Bonino qui dépasse à peine 3%.

Royaume-Uni : 73 députés (résultats définitifs)

Le ‘Brexit Party’ de Nigel Farage remporte haut la main le scrutin, avec 31,69% des voix. Le groupe EFDD peut donc compter sur ces 29 élus britanniques, soit près de la moitié de ses effectifs (59). Les libéraux démocrates (ALDE) font une percée à 18,53% (16 sièges), quand les sondages ne les créditaient que d’à peine 10%. La différence de points se reporte au détriment du Labour (S&D), qui rétrograde en troisième place à 14,08%, soit 10 sièges, devant les Verts du Green party qui font 11,10% (7 élus) et le parti Conservateur et unioniste à 8,68% (4 sièges). L’UKIP (ex parti de Nigel Farage) ne réalise que 3,56% (aucun élu).

Espagne : 54 députés (résultats provisoires)

Le chef du gouvernement socialiste espagnol Pedro Sanchez est sorti grand vainqueur de ces élections. Avec 32,84% des voix et 20 sièges sur 54, le Parti socialiste (PSOE) devance largement le Parti Populaire, son adversaire conservateur, qui a obtenu 20,13% des voix (12 sièges). Les libéraux de Ciudadanos obtiennent 12% des voix et 8 sièges. L’extrême droite de Vox (6,2%) rentrera au Parlement européen avec 3 sièges, mais est bien loin des 10% prévus dans les sondages. A l’autre extrême de l’échiquier, Podemos et sa coalition est en chute par rapport à 2014 et n’obtient que 10,5% des votes, apportant 5 députés à la GUE et 1 aux Verts. Quant aux nationalistes et indépendantistes, ils obtiennent 5 sièges : 2 pour la liste « Libres pour l’Europe » de Carles Puigdemont et 3 pour la liste d’Oriol Junqueras comprenant aussi des indépendantistes basques et des nationalistes de Galice.

Pologne : 51 députés (résultats définitifs)

La Droite unie – PIS et ses partenaires – devance à 45,38%, la coalition européenne (KE) à 38,47%. Pour les autres partis, on retrouve le Wiosna (S&D) de R. Biedroń, loin derrière à 6,06%, et la Konfederacja nationaliste de KorwinMikke et consorts à 4,55%. Cela donne 26 députés pour le groupe ECR, 16 pour le PPE, 5 S&D et 4 Autres.

Roumanie : 32 députés (résultats provisoires)

Le parti national libéral (membre du PPE) obtient 26,99% des voix. La minorité hongroise de l’UDMR et l’Union démocrate magyare (PMP) enverront, respectivement, 2 et 1 élus au groupe PPE, soit 14 sièges en tout. Le Parti social démocrate au pouvoir, PSD, 22,56%. Mais le S&D recevra aussi l’élu du parti Pro Romania, dont le parti obtient 5,7% des voix. Soit un total de 9 sièges. L’Alliance 2020 (membre de l’ALDE) s’impose à la troisième place, avec 22,28% des voix, ce qui leur donneraient 8 élus.

Pays-Bas : 26 députés (résultats provisoires)

Le Parti travailliste PvdA (membre du S&D) de Frans Timmermans arrive en tête avec 18,90% des voix (deux fois plus qu’en 2014) et remporte 6 sièges, confirmant ainsi sa remontée surprise dans la dernière ligne droite de la campagne. Le Parti populaire pour la liberté et la démocratie VVD (membre de ALDE) prend la deuxième position du scrutin avec 14,6% des voix (4 sièges), suivi par l’Appel chrétien démocrate CDA (membre du PPE) qui obtient 12,1% (4 sièges). Le nouveau Forum pour la démocratie FvD (membre du ECR) n’est qu’à 10,9% et obtient 3 sièges. Idem pour la gauche verte GroenLinks (membre des Verts) fait mieux qu’en 2014, et obtient 3 sièges. Democrate 66 (membre de ALDE), qui avait terminé en tête en 2014, n’obtient que 7% des voix (deux fois moins qu’en 2014), soit 2 sièges. Le Parti des animaux PVdD (GUE) gagne un siège comme le mouvement de défense des retraités 50+ (Autres).

Portugal : 21 députés (résultats provisoires)

Comme prévu, le Parti socialiste l’emporte avec 33,38% des voix, ce qui lui permettra d’envoyer 9 représentants à Bruxelles. Le Parti social démocrate PSD (PPE) est relégué à la seconde place, avec 21,94% des voix, soit 6 députés. Le septième député qui devrait rejoindre le groupe du PPE viendra du centre démocrate et social / parti populaire CDS/PP, qui obtient 6,19%. Le bloc de gauche BE, membre de la Gauche européenne (GUE) obtient 9,82% des voix soit 2 députés, contre 4,25% en 2014. La coalition démocrate unitaire (CDU-PCP), également membre de la GUE n’obtient qu’un petit 6,88% mais enverra également 2 députés à Bruxelles. Finalement, les verts du parti PAN obtiennent un siège, grâce à leur 5,08% des voix.

Hongrie : 21 députés (résultats provisoires)

La coalition FIDESZ – parti du Premier ministre Viktor Orban + KDNP caracole en tête avec 52,33% des suffrages. Elle décroche 13 sièges pour le PPE soit 2 de plus qu’en 2014. La Coalition démocratique DK (S&D) fait bien mieux que ne prédisaient les sondages. Elle se place en deuxième avec 16,19% et obtient 4 élus. Avec 9,89% (2 élus), les centristes du Mouvement Momentum MM (ALDE) font également mieux que prévu et devancent la  coalition du Parti socialiste magyar MSZP (S&D) à 6,66% (1 élu). Les ultranationalistes du Jobbik (Non inscrits) font les frais et terminent à 6,41%, soit autre points de moins que les sondages, ne sauvant qu’un siège sur les trois du précédant mandat.

Grèce : 21 députés (résultats provisoires)

La Nouvelle Démocratie (ND/PPE) décroche 33,27% des voix, devant le parti au gouvernement, SYRIZA (GUE), qui reste à 23,74%, un peu moins que son score de 2014. La coalition KINAL (S&D) est reléguée à 7,50%. Devant l’extrême droite Aube dorée XA qui retombe à 4,86% (contre 9,39 en 2014), en deçà du seuil de 5% nécessaire pour avoir des élus. Le PPE peut compter sur 7 sièges, la GUE 6, S&D 2, s’ajoutent 4 non inscrits et 2 ‘autres’.

Belgique : 21 députés (résultats provisoires)

Les nationalistes flamands de la N-VA (ECR) terminent en tête (13,47%) devant l’extrême droite Vlaams Belang, à 11,45% (ENL) et remporte trois sièges chacun. Le parti socialiste (S&D) se range immédiatement à 10,50%, à un point des libéraux d’Open VLD (ALDE), à 9,58%. Suivent les chrétiens démocrates du CD&V (PPE) à 8,73%, les ECOLO à 7,83%, le Mouvement réformateur MR (ALDE) à 7,59%, Groen (Verts) à 7,43. CdH et CSP (PPE) malgré de très faibles scores assurent un député chacun au groupe PPE, qui totalise 4 élus, à égalité avec les libéraux démocrates d’ALDE. La répartition des autres sièges se fait entre S&D et les Verts, chacun avec trois sièges. Et un dernier siège pour la gauche radicale (GUE) avec le PTB-PVDA.

Rép. Tchèque : 21 députés (résultats définitifs)

La liste du parti ANO de Andrej Babiš (ALDE) termine bien en tête (21,18%) et obtient 6 sièges, ce qui reste en-dessous des prévisions. Le parti chrétien-démocrate ODS (ECR) décroche la deuxième place avec 14,54% (4 élus). La liste des Pirates (Autres) n’obtient que 13,95% et 3 élus. TOP09 (PPE), pourtant crédité d’à peine 4% dans les sondages, se hisse à 11,65% et obtient 3 élus. Tandis que le parti chrétien-démocrate KDU/ČSL (PPE) obtient 7,24 % (2 élus). Le SPD à 9,14% (ENF) gagne 2 élus. Ne reste plus qu’un élu (sur les 3 de 2014) pour le parti des communistes du KSČM (GUE). Les socio-démocrates du ČSSD (S&D) à 3,95%, ne peuvent plus prétendre à un élu.

Suède : 20 députés (résultats provisoires)

Les socio-démocrates finissent en tête (S&D) à 23,6% (5 élus), suivis des modérés M (PPE) à 16,8% (4 élus). Les nationalistes du SD ‘Démocrates de Suède’ (ECR) se rangent à la troisième place à 15,4% (3 élus). Les chrétiens-démocrates du KD (PPE), le parti du centre C (ALDE) et le parti Miljöpartiet de Gröna (Verts) gagnent chacun 2 sièges, les Verts ayant fortement remonté en comparaison des sondages. Le parti de gauche V (GUE) sauve un siège avec 6,7%, comme les libéraux L, à 4,1%.

Autriche : 18 députés (résultats définitifs)

Pas de surprise du côté autrichien, le Parti populaire ÖVP (PPE) sort gagnant du scrutin avec 34,6% (7 sièges). Il se place donc largement devant le SPÖ (S&D) qui enregistre 23,9% des votes (5 élus), un score décevant par rapport aux prévisions des sondages. Mais c’est le parti nationaliste de la liberté d’Autriche FPÖ, partenaire gouvernemental de l’ÖVP avant « l’Ibizagate », qui obtient le résultat le plus décevant avec 17,2% (3 élus). Il était crédité de 23% dans les derniers sondages. Les Verts obtiennent 14,1% (2 élus), un bon score, bien qu’un peu inférieur à leurs résultats de 2014. Les libéraux de NEOS (ALDE) obtiennent 8,7% et un élu.

Bulgarie : 17 députés (résultats provisoires)

Le parti chrétien GERB (PPE) à 30,94 % s’impose en vainqueur en Bulgarie, et obtient 6 sièges. Derrière, les socialistes du BSP (S&D) progressent légèrement par rapport à 2014, avec 24,24% des voix et 5 élus. Le mouvement des droits et libertés du DPS, membre de l’ALDE, est crédité de 16,36 %. Malgré cette baisse par rapport à 2014, ils maintiennent leur 3 sièges. Les conservateurs VMRO sont rétrogradés à 7,2% (2 élus) et Demokratichna Bulgaria (PPE) à 6,42% (1 élu). Les nationalistes de Volya tombent à 3,6% et l’extrême droite ATAKA à 1,08%, n’obtenant donc pas de représentation à Bruxelles.

Danemark : 13 députés (résultats définitifs)

Les libéraux de Venstre (ALDE) remportent finalement l’élection avec 23,5 % (3 élus) devant les sociaux-démocrates (S&D) à 21,5%, qui obtiennent également 3 élus. Les nationalistes du Parti populaire danois – Dansk Folkeparti O DF (ECR) sont relégués à la cinquième place avec 10,7% (1 élu), alors qu’ils avaient fait la course en tête en 2014. Le parti socialiste SF (Verts) arrive à 13,2% (2 élus). Le Parti social libéral Radikale Venstre (ALDE), auquel appartient la commissaire européenne et tête de liste ALDE Margrethe Vestager, atteint 10,1% (2 élus). Suivi du Parti populaire conservateur (PPE) à 6,2% (1 élu) et de la liste de l’Unité regroupant la gauche radicale Ø (GUE), à 5,5% (1 élu).

Slovaquie : 13 députés (résultats définitifs)

L’alliance pro-européenne PS Progresívne Slovensko + Spolu občianska demokracia (démocratie civique) obtient 20,11% des suffrages, soit deux sièges pour l’ALDE et deux pour l’EPP. Le parti social-démocrate (Smer-S&D) au pouvoir se place en deuxième position à 15,72% et trois sièges. Derrière lui, le parti d’extrême droite ĽSNS ‘Notre slovaquie’ de Marian Kotleba (NI) à 12%. Le parti chrétien démocrate KDH (PPE) à 9,69% fait quasi jeu égal avec le parti conservateur euro sceptique Sloboda a Solidarita SaS (liberté et solidarité) de Richard Sulik (ECR) à 9,62%. Le parti anti-corruption OĽaNO – Obyčajní Ľudia (peuple ordinaire) (affilié à ECR) passe tout juste la barre des 5% nécessaires pour avoir un élu. En revanche, le Parti de la communauté hongroise SMK (PPE) reste en dessous du seuil, comme le Parti national slovaque SNS (ENF). Soit 3 sièges PPE, 3 S&D, 3 ECR, 2 ALDE et 2 Autres.

Finlande : 13 députés (résultats définitifs)

La coalition nationale Kansallinen Kokoomus (PPE), avec 20,8% (3 élus), prend finalement la tête devant la ligue Verte VIHR qui décroche la deuxième place avec 16% (contre 9,3% en 2014) et 2 élus. Le SDP est relégué à la troisième place à 14,6% (2 élus), devançant de peu les Vrais Finlandais PS (ECR) à la quatrième place, à 13,8% (2 élus). Le parti du centre finlandais (ALDE) suit de près à 13,5 % (2 élus) mais chute de 5 points par rapport à 2014. L’Alliance des gauches VAS (GUE) redescend à 6,9% (1 élu). Le Parti populaire suédois RKP (ALDE) perce à 6,3 % (1 élu), les Chrétiens-démocrates KD (PPE) tombent à 4,9 % et n’obtiennent pas d’élu.

Irlande : 11 députés (estimations)

Le parti Fine Gael (membre du PPE) obtient 29% des voix, soit 7 points de plus qu’en 2014, ce qui lui permet d’envoyer 4 députés au Parlement européen. La surprise vient du score du Fianna Fail (membre de ALDE) avec 15% (2 élus), score deux fois moins élevé que ce que les sondages prévoyaient, et inférieur de 7 points à 2014. Autre surprise, le bond des Verts à 15%, tout comme les Indépendants. Ils auront chacun 2 sièges au Parlement. Sinn Fein (membre de la GUE/NGL) obtient 13% (2 sièges) et le parti travailliste du Labour (membre du S&D) s’effondre à 3,5%, n’obtenant ainsi aucun siège.

Croatie : 11 députés (résultats définitifs)

Le parti gouvernemental HDZ (PPE) fait moins bien que prévu, avec seulement 22,72% des voix. Il enverra donc seulement quatre députés à Bruxelles, un de moins que pour la législature qui prend fin. Le SDP grignote quelques voix pour atteindre 18,71% et 3 sièges (+1 par rapport à 2014). Le reste des votes est très fragmenté, avec une pléthore de voix (plus de 26%) éparpillées entre des petits partis. Le parti eurosceptique Živi zid (EFDD) à 5,66% n’obtient pas les résultats espérés, réalisant un score deux fois moins élevé que les sondages prédisaient. La coalition des conservateurs Hrv. Suverenisti (ECR) obtient 8,52%, soit 1 siège. La coalition des libéraux démocrates Coal AMS (ALDE) tombe à 5,19%, et n’obtient qu’un seul siège (contre 2 en 2014).

Lituanie : 11 députés (résultats provisoires)

Les démocrates chrétiens de l’Union de la Patrie TS/LKD (PPE) terminent la course en tête (19,67%), mais avec une avance réduite sur les socialistes du LSDP (S&D) à 15,93% et les Verts et paysans du LVŽS  qui finissent à 12,6%. Chacun obtient 2 sièges. Les cinq autres sièges se répartissent un par un, entre le parti du travail DP (9%), le centre droit du Mouvement libéral LRLS (6,55%), tous deux ALDE, et le VKM-AMT (6,45%) (Autre) et la minorité polonaise de Lituanie du LLRA-KŠS (ECR) (5,54%).

Lettonie : 8 députés (résultats provisoires)

Les socio-démocrates de Saskana terminent finalement deuxième à 17,45% (2 élus), derrière le centre droit Jaunā Vienotība (PPE) à 26,24% (2 élus). La droite conservatrice de Nacionālā Apvienība (ECR) est troisième à 16,40% (2 élus). La coalition d’Attistibai Par (Autres), 12,42% (1 élu) et LKS 6,24% (1 élu).

Slovénie : 8 députés (résultats provisoires)

La coalition SDS-SLS (PPE) des chrétiens démocrates termine au final en tête et récupère 3 députés. Les socio-démocrates du Socialni Demokrati (SD/S&D) font une très forte remontée à la deuxième place, à 18,65% (2 élus). Passant devant les libéraux de Lista Marjana Šarca (ALDE), à 15;58% (2 élus). Le centre droit NSi (PPE) à 11,06% obtient le dernier siège. Laissant la Gauche Levica (L/GUE) pourtant remontée à 6,34%  sans élu.

Chypre : 6 députés (résultats définitifs)

Le parti du rassemblement démocratique DISY (PPE) est en tête à 29,2% (2 sièges), devant la gauche avec le aprti progressif des travailleurs AKEL (GUE) à 27,49% (2 sièges). Les socio-démocrates DIKO (11,90%) et EDEK (10,58%), membres du S&D, obtiennent chacun un siège. Les nationalistes d’ELAM poussent à 8,25% mais cela ne leur suffit pas pour décrocher un siège.

Malte : 6 députés (résultats provisoires)

Les socialistes du Parti travailliste (PL) obtiennent 54,29% des voix et font mieux qu’en 2014. Ils reprendraient un siège (pour un total de quatre) aux chrétiens démocrates du Parti nationaliste (PPE), qui fait lui moins bien qu’en 2014, avec 37,90% des voix et obtient les 2 autres élus.

Estonie : 6 députés (résultats définitifs)

Les deux partis du centre (ALDE) font recette : le parti de la réforme RE termine premier à 26,2 % (2 élus), et le parti du centre KE du Premier ministre sortant Juri Ratas finit troisième, à 14,4% (1 élu). Entre les deux, le parti social-démocrate (S&D) termine à 23,3% (2 élus). Le dernier élu provient des eurosceptiques du parti populaire conservateur EKRE (Autres) à 12,7%, qui ne confirment donc pas leur position de second parti conquis lors des dernières élections générales.

Luxembourg : 6 députés (résultats provisoires)

Le Parti démocratique (ALDE) termine premier d’une courte tête, à 21,44%, devant le Parti populaire chrétien-social CSV/PCS (PPE) à 21,1%. Chacun récupère 2 députés. Un de moins pour le PPE, un de plus pour ALDE par rapport à 2014. Les deux autres sièges se répartissent entre les Verts (18,91%) et le Parti ouvrier socialiste luxembourgeois (S&D) qui obtient 12,19%. Comme lors du précédent mandat.

(Emmanuelle Stroesser)

NB : la répartition des élus selon les groupes est susceptible d’évoluer car les partis ont été reclassés dans les groupes auxquels ils appartenaient dans l’ancien Parlement.