L’Agence de défense veut décloisonner le travail des différents acteurs

(B2) L’Agence européenne de défense (AED) a publié cet été son rapport annuel. Document qui, en soi, a un intérêt limité. Car assez institutionnel. Mais pas inutile. Car il met en avant certains projets industriels de l’Europe de la défense et pointe quelques lacunes auxquelles il importe de remédier.

Crédit : Eads Astrium

Des objectifs travaillés en commun, y compris sur le terrain

On sait que trois thèmes ont été placées au centre des stratégies de la politique de Défense européenne : recherche et technologie, coopération en armements, base industrielle et technologique de défense (BITD). Pour que ces trois stratégies puissent être le plus efficaces, l’Agence de défense préconise que les différents acteurs, les différents domaines (la planification des capacités militaires, les experts en recherche et en technologie, la coopération des programmes de direction, les industries) travaillent ensemble au lieu de se consacrer uniquement à leur domaine d’application. Cette vision d’ensemble de toutes les étapes des politiques menées de défense permettra, à terme, selon l’AED d’améliorer de façon significative la coordination et l’adaptation des forces militaires européennes déployées. L’agence propose ainsi la création de « Common Staff Target » (CST), qui seraient présentes à chaque déploiement des forces militaires européennes. La flexibilité et l’adaptabilité des forces militaires de l’UE sera ainsi renforcée.

Deux projets clés

Parmi les projets développés en 2009, deux méritent, à mon sens, quelques lignes de plus : le projet d’imagerie (MUSIS) et le projet d’hélicoptère lourd du futur (FTH).

Le programme Musis d’imagerie satellitaire

(maj) Le projet MUSIS (Multinational Space-based Imaging System for Surveillance) est un système multi-national d’imagerie spatiale pour la surveillance, la reconnaissance et l’observation, qui devrait être opérationnel en 2015 (au mieux). Six états membres y participent (Belgique, France, Allemagne, Grèce, Italie et Espagne). L’objectif est de développer un système commun permettant de pouvoir échanger, demander ou recevoir les images provenant des dispositifs nationaux : le successeur du système français Helios (développé avec les Belges, Grecs, Espagnols et Italiens), le programme allemand Sarah (successeur du SAR Lupe) et la 2e génération du CosmoSkyMed italien, ainsi que Ingenio, le programme espagnol à double usage. Coté français, le CNES (Centre national d’études spatiales français) a signé, en mai 2009, un premier contrat de 66 millions d’euros avec EADS Astrium pour concevoir et développer les satellites de reconnaissance.

Le programme d’hélicoptère lourd

Quant au FTH (Futur Transport Helicopter), c’est un projet pour un futur hélicoptère de transport. En effet, les nouvelles contraintes de terrain (montagneux, désertique, urbain) ont fait émerger de nouvelles nécessités techniques pour les hélicoptères. La firme Eurocopter, filiale d’EADS, est fortement intéressée par ce projet, mais elle n’est pas seule. L’entreprise américaine Boeing l’est tout autant. Ce qui laisserait présager une éventuelle alliance pour la création de ces nouveaux hélicoptères.

(Nicolas Gros-Verheyde)

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