Dernières nouvelles des missions de maintien de la paix de l’UE – PSDC (février 2018)

(B2) Exercice de tir pour l’armée somalienne, signature d’un memorandum en Libye, fin du cours de leadership pour l’état-major malien et protection des journalistes au cœur d’une formation des policiers ukrainiens… quelques infos des missions européennes en Afrique

Tripoli (Libye). Signature d’un memorandum

Le ministère de la Justice, Mohamed Abdelwahed Abdelhameed, et le chef de la mission européenne EUBAM Libya, Vincenzo Tagliaferri, ont signé le 14 février un memorandum of understanding, « résultat d’une coopération étroite et globale entre le ministère et la mission ». Cet accord met en place le cadre de cette coopération en vue de renforcer l’état de droit et la justice libyenne. Première étape : la création d’un « groupe de travail sur l’amélioration de la justice pénale », chargé d’identifier les domaines où des améliorations sont possibles, d’effectuer les réformes nécessaires et d’aider les acteurs juridiques à se conformer aux obligations internationales de la Libye.

General Dhagabadan Training Centre (Somalie). Exercice de tir pour l’armée somalienne

Un peloton de la première infanterie légère a eu l’occasion d’effectuer un exercice de tir avec des AK-47, le 22 février dernier. Il s’agit du « premier exercice pratique de ce genre » pour les stagiaires de l’Armée nationale somalienne (SNA), selon le communiqué de EUTM Somalia, sous l’œil attentif des formateurs européens. « Les stagiaires ont expérimenté le tir dans différentes positions et leurs scores étaient vraiment encourageants. ») Le même jour, une formation « Train the trainers » s’est achevée après huit semaines de cours. Au programme notamment : divers sujets militaires, leadership, droit de l’homme et droit des conflits armés. Cette formation, menée par EUTM Somalia, permettra aux individus formés de devenir formateurs dans leur propre unité.

Koulikoro (Mali). Fin du cours de leadership pour l’EMIA

Le 13 février, après trois semaines, la task force ‘formation’ de EUTM Mali a clôturé son cours de commandement (leadership). « C’est la première fois que ce cours est entièrement réalisé au Koulikoro Training Center ». Cette formation, qui a regroupé 56 formateurs de la task force et 173 cadets de l’École militaire inter-armées (EMIA), a été organisée avec la contribution de la Croix-Rouge et de la MINUSMA. Parmi les sujets couverts : le droit international humanitaire, la lutte contre les engins explosifs ou encore les premiers secours. Ces cours ont permis d’achever la formation des « futurs officiers des forces armées maliennes ». (Communiqué)

Kiev (Ukraine). La protection des journalistes au cœur d’une formation des policiers

La mission de conseil de l’UE aux forces de sécurité ukrainiennes (EUAM Ukraine) et l’UNESCO ont organisé ensemble, le 14 février, une formation à destination du ministère de l’intérieur, de la police nationale et de journalistes ; la liberté d’expression, la liberté de la presse étant un problème particulièrement persistant en Ukraine. Objectif : renforcer la protection des médias et leurs relations avec les autorités ukrainiennes. Selon Ola Quarnstrom, conseillère en droits de l’homme de EUAM Ukraine, « c’est une formation importante car la réforme en cours ne sera pas possible sans un média libre et indépendant capable de superviser et de rendre des comptes ». (communiqué)

(informations rassemblées par Claire Boutry)

Lire aussi : Un chimiquier letton attaqué par les pirates au large de la Somalie

Manifestants pro-Russes, armés de boucliers, battes, cagoules et matraques à Odessa, Ukraine (Loreline Merelle@B2)

Odessa – Chisinau – Tiraspol (2014)

Manifestants pro-Russes, armés de boucliers, battes, cagoules et matraques à Odessa, Ukraine (Loreline Merelle@B2)

Manifestants pro-Russes, armés de boucliers, battes, cagoules et matraques à Odessa, Ukraine (Loreline Merelle@B2)

(BRUXELLES2) Après EUTM Mali, autre ambiance, autre reportage. C’est cette fois notre jeune reporter Loreline Merelle qui est partie à Odessa, Chisinau, et Tiraspol, entre Ukraine et Moldavie et Transnistrie, à une période plus que chahutée. Elle a pu suivre les évolutions de la mission européenne d’assistance aux frontières (EUBAM) en Moldavie comme en Ukraine mais aussi l’évolution contrastée de la situation dans ces deux pays voisins, comme en Transnistrie, cette petite république, sécessionniste de la Moldavie, et reconnue par personne… jusqu’ici.

A Odessa, le premier port commercial d’Ukraine et base de repli, jusqu’à nouvel ordre, d’une partie de la marine ukrainienne (enfin ce qu’il en reste après le coup de force des Russes en Crimée), on peut voir monter les tensions monter. Dans cette ville jusqu’ici tranquille, au moins au point de vue politique, où parler russe était tout aussi naturel que de parler ukrainien, la situation, là aussi se crispe, avec deux camps qui s’autoorganisent : les Pro-Russes d’un côté, les Euromaidan de l’autre. De notre point de vue, il est assez évident que la stratégie de tension menée par la Russie et les prorusses devrait, un moment donné, gagner cette ville de la Mer Noire.  Quelques échauffourées ont d’ailleurs eu lieu ce vendredi (2 mai) qui nous confirment dans cette « intuition ». Et dernièrement Vladimir Poutine ne cachait pas la nostalgie qui l’animait de ces terres – du Donbass à Odessa – qui avaient appartenu à la Russie éternelle de Catherine II.

Lire :

A Chisinau (Moldavie), on entend se tenir le plus à l’écart possible du conflit qui prend de l’ampleur en Ukraine. Igor Corman, le président de la Chambre, met ainsi clairement en avant la neutralité de la Moldavie et son refus d’adhérer à l’OTAN, comme une mesure de sauvegarde vis-à-vis de la Russie.

Lire : (club) La neutralité de la Moldavie et une perspective européenne (Igor Corman)

A Tiraspol (Transnistrie), on voit les difficultés persister voire s’enkyster en Transnistrie, dans sa relation avec ses deux voisins. elle a pu discuter assez librement avec l’ancien ministre des Affaires étrangères.

Lire :

Quant à la mission EUBAM Moldova Ukraine, qui va bientôt fêter ses dix années d’existence, on peut avoir quelques interrogations sur son impact. Lire :

NB : Il faut noter que ce dernier reportage (en solo) a été entièrement financé sur nos fonds propres du blog (sans bénéficier comme il est d’habitude d’un « voyage de presse »), ce qui devient rare dans le panorama de la presse européenne. Ceci n’est possible que grâce au soutien sans faille des cotisants à B2 et abonnés au Club qui nous permettent ainsi d’avoir une (petite) autonomie de fonctionnement. Que les responsables de cette mission EUBAM soit aussi remercié pour leur accueil, ainsi que les différents contacts à Odessa … qui se reconnaîtront.

(Nicolas Gros-Verheyde)

Lire aussi sur le sujet :

Dernière actualité : TransnistrieUkraineMoldavie

Expert EUBAM avec les douaniers moldaves sur la route entre Chisinau et Tiraspol (Loreline Merelle@B2)

Sur la ligne « frontière » entre Moldavie et Transnistrie

Expert EUBAM avec les douaniers moldaves sur la route entre Chisinau et Tiraspol (Loreline Merelle@B2)

Expert EUBAM avec les unités mobiles moldaves sur la route entre Chisinau et Tiraspol (Loreline Merelle@B2)

(BRUXELLES2 – le long de la ligne administrative entre Transnistrie et Moldavie) Comment contrôler une frontière qui n’en est pas une ? C’est le défi auquel les autorités moldaves sont confrontées à la ligne administrative qui sépare la Moldavie de l’Etat pro-Russe, non reconnu de Transnistrie. La mission européenne d’assistance aux frontières, EUBAM doit les soutenir et dix experts sont présents sur les 400 kilomètres de la ligne administrative. « Mais seulement du côté moldave » comme l’explique, avec insistance, Heinrick Heinke, chef du bureau de la mission à Chisinau.

Aucun contact avec la Transnistrie

« Nous n’avons pas de contact avec le côté transnistrien ». Le règlement du conflit transnistrien, autre tâche de la mission EUBAM, est laissé aux responsables du quartier général situé à Odessa, en Ukraine. Pour les 10 experts du bureau de Chisinau qui assistent les autorités moldaves, la tâche s’avère donc délicate. Car aucune coopération n’est possible avec les autorités d’en face. Et le cadre de leur mission est strict : « Nous soutenons tous les questions en lien avec les douanes, vers et venant de Transnistrie » indique Heinrick Heinke.

Des postes de douanes internes

Poste frontière moderne (BCP) du côté transnistrien avec un service des douanes et des gardes frontières (Loreline Merelle@B2)

Poste frontière moderne (BCP) du côté transnistrien avec un service des douanes et des gardes frontières (Loreline Merelle@B2)

Pour aller en Transnistrie, on doit d’abord entrer dans la zone de sécurité et traverser les postes militaires de la force tripartite de maintien de la paix russe, ukrainienne et moldave. Les voitures slaloment entre les obstacles noirs et blancs, et les chars, gardés par des hommes en treillis et en armes. Quelques kilomètres plus tard, un stop est placé au milieu de la route. Un policier moldave, habillé de noir, arrête les véhicules en provenance de Transnistrie, un douanier en uniforme bleu les inspecte et délivre les documents nécessaire au transit. Nous sommes dans un des seize ICCP (Internal Customs control Post, Poste interne de contrôle des douanes) de la ligne administrative. « Il n’y a pas de gardes frontières, car il s’agit d’un poste interne et non d’un poste frontière » m’indique Heinrick Heinke. Pas de barrière donc : « vous n’êtes pas bloqués à la ligne administrative ». Du côté transnistrien, l’ambiance est tout autre. C’est un véritable poste frontière avec barrière, douanes et gardes qui contrôlent l’ensemble des véhicules.

Empêcher le blocage du flux des marchandises

Sur les quatre cent kilomètres de la ligne administrative, la tâche des experts d’EUBAM est plutôt « d’assister les douaniers moldaves pour la surveillance des camions de marchandises afin d’assurer qu’il n’y ait pas de blocage illégitime ». Les camions de marchandises sont ainsi systématiquement arrêtés par les autorités moldaves afin de « contrôler si les biens transportés sont exemptés, ou non, de taxes ». En effet, si les biens viennent pour être utiliser en Moldavie, « les taxes doivent être payées ». Mais en cas de transit de marchandises, les camions transnistriens sont exempts de taxes sur la TVA et les produits de luxe. Et cela concerne la majeure partie des véhicules en provenance de Transnistrie circulant sur le territoire moldave (NDLR : 75% du commerce transnistrien se fait avec l’ouest, Lire sur le Club : La neutralité de la Moldavie et une perspective européenne (Igor Corman). Huit experts majoritairement bulgares, allemands, roumains et polonais vont ainsi régulièrement dans les 16 postes pour améliorer « le risk profiling (profil risque) » et donner « des conseils » au douanes moldaves. Un travail qui est également fait au côté des unités mobiles.

Assister et former les unités mobiles

Les experts d'EUBAM avec l'unité mobile moldave (Loreline Merelle@B2)

Les experts d’EUBAM avec l’unité mobile moldave (Loreline Merelle@B2)

On retrouve les experts de la mission EUBAM sur la route qui va de Chisinau à Tiraspol aux côtés des unités mobiles moldaves. Deux experts, un Bulgare et un Allemand, ainsi qu’un Moldave (l’interprète) assistent deux douaniers moldaves, qui arrêtent sur la route les véhicules qui leur semblent suspects, majoritairement des petits camions en provenance de Transnistrie, soupçonnés de trafic de marchandises en tout genre. « La formation des unités mobiles fait partie des recommandations de la mission EUBAM » se félicite Heinrik Heinke.

`Venus chacun avec leur propres véhicules et (un peu) coincés par la barrière de la langue (les douaniers rencontrés refusant de parler une autre langue que le moldave), experts d’EUBAM et douaniers se trouvent tous deux sur le bord de la route avec des rôles bien définis. « Nous ne sommes pas pro-actifs » détaille le Chef du bureau de Chisinau. « Nous n’intervenons dans le travail des douaniers moldaves que s’il y a violation des droits de l’homme ». Les experts surveillent ainsi chaque contrôle de véhicules  et conseillent les douaniers, pour assurer le bon « fonctionnement de ces unités ».

Et pour les hommes ?

Si la mission EUBAM insiste sur son rôle d’assistance pour « les marchandises », c’est la question des hommes entrant depuis la Transnistrie vers la Moldavie qui hante les autorités moldaves.  « Soutenue par la mission EUBAM », une déclaration commune, signée en 2012, permet ainsi un enregistrement des marchandises et des personnes prenant le train entre Chisinau et Tiraspol au poste de Ribniza. Et la mission EUBAM joue son rôle technique. « Quand le train arrive à la ligne administrative, il doit s’arrêter. Ce processus nous le facilitons » indique Heinrik Heinke.

Un service de migration flambant neuf 

Bureau territorial installé en novembre 2013 par les autorités moldaves à la ligne administrative entre la Moldavie et la Transnistrie (Loreline Merelle@B2)

Bureau territorial installé en novembre 2013 par les autorités moldaves à la ligne administrative entre la Moldavie et la Transnistrie (Loreline Merelle@B2)

Mais ce n’est pas le seul moyen utilisé par les autorités moldaves. Elles ont aussi ouvert, depuis novembre 2013, un service de migrations sur six ICCP. Il s’agit en réalité d’un petit bureau en préfabriqué flambant neuf à côté du service de douanes. C’est un « service volontaire et non un enregistrement officiel en tant que tel » indique l’officier du bureau des migrations. Le service s’adresse principalement « aux étrangers » qui souhaitent être enregistrés en entrant en Moldavie via la Transnistrie.  Quand on demande à l’officier des migrations le nombre d’étrangers qu’il enregistre par semaine, il a un petit sourire. « Il n’y a pas grand monde… Peut-être deux ou trois personnes ». Et le Chef de bureau de la mission EUBAM insiste. « Il n’y a personne qui est arrêté car ce n’est pas obligatoire ». D’ailleurs, à cette ligne administrative, il affirme n’avoir remarqué « aucun changement » avec les récents évènements en Ukraine « sur le flux des marchandises ».

(Loreline Merelle)

Sur le Club :

Sur le Blog :

Un garde-frontière ukrainien à Odessa lors d’une célébration (Crédit : EUBAM Moldova-Ukraine)

Le rôle des experts européens à la frontière Moldavie – Transnistrie – Ukraine

Un garde-frontière ukrainien à Odessa lors d’une célébration (Crédit : EUBAM Moldova-Ukraine)

Un garde-frontière ukrainien à Odessa lors d’une célébration (Crédit : EUBAM Moldova-Ukraine)

(BRUXELLES2) Des citoyens russes bloqués à la frontière entre la Moldavie et l’Ukraine, des mesures de sécurité renforcées…la mission européenne d’assistance aux frontières, EUBAM Moldova-Ukraine dont le quartier-général est à Odessa, a fait état à B2 de multiples troubles le long des frontières et lignes administratives moldaves et ukrainiennes. Les régions autonomes à majorité russe, la Transnistrie et la Gagaouzie sont devenues le centre de toutes les attentions suite à l’annexion de la Crimée par la Russie.

La mission européenne aux objectifs « techniques » se veut plutôt optimiste comme l’a expliqué, Anne Leinonen, sa porte-parole, dans un entretien exclusif à B2. « Les autorités à la frontière ukrainienne ont intensifié leurs mesures de sécurité. Il y a un nombre croissant d’étrangers qui se voient refuser l’entrée à l’Ukraine, notamment des citoyens russes. Car ils ne rencontrent pas les conditions nécessaires. (…) Les experts de la mission font des observations régulières et ils n’ont pas été témoins de perturbations dans le mouvement des gens et des marchandises en Transnistrie. »

La suite de l’entretien sur le Club : Le rôle des douaniers européens à la frontière Moldavie – Transnistrie – Ukraine

Tension à la frontière moldave avec la Transnistrie. Et à l’arrière-plan un bras de fer Moscou-Bruxelles ?

(BRUXELLES2) La Transnistrie – république sécessionniste de la Moldavie et autoproclamée indépendante depuis le début des années 1990 – fait rarement la une de nos médias. Or le conflit est loin d’être réglé. Et alors que se rapproche le sommet sur le partenariat oriental qui doit voir l’UE se rapprocher de la Moldavie et de l’Ukraine, les tensions renaissent.

Plus de 20 ans sans solution

« Deux décennies de conflits non résolus ont conduit à la détérioration continue des conditions de vie dans les zones touchées, et seule une solution négociée, de façon pacifique, ouverte vers le futur, respectant les droits fondamentaux de tous les citoyens résidant à l’intérieur des frontières internationalement reconnues de la République de Moldavie, sera en mesure d’apporter une solution viable propice à une paix durable et la prospérité sur le Dniestr » vient ainsi de rappeler la Haute représentante de l’UE pour les Affaires étrangères, C. Ashton, vendredi (21 juin). Et d’ajouter « J’exhorte les deux parties du conflit de travailler dans un esprit constructif, dans le cadre du processus de négociation « 5+2 », à un règlement pacifique ». L’Union européenne est d’ailleurs résolument « engagée à soutenir le processus de règlement, dans l’intérêt et pour le bénéfice des populations sur le terrain, par le dialogue avec toutes les parties concernées. » et « soutient »  la déclaration faite récemment par le président en exercice de l’OSCE, le ministre ukrainien des Affaires étrangères Leonid Kozhara, sur la décision des autorités de Transnistrie concernant « les frontières de fait ».

Une tension qui n’est pas étrangère aux accords UE-Moldavie

L’espoir d’un règlement de la question fait du yoyo. Après des signes encourageants en début d’année, la tension est remontée d’un cran depuis plusieurs semaines. Les autorités de Transnistrie ont, en effet, entrepris, le 10 juin dernier, de redessiner les frontières incluant dans le territoire de la république autoproclamée des villages qui dépendaient de la Moldavie auparavant. L’Ukraine avait fixé en prenant la présidence de l’OSCE la Transnistrie comme une de ses priorités. Mais Moscou — qui entretient sur le territoire de la Transnistrie une force militaire « d’interposition » — et Tiraspol semblent en avoir décidé autrement. Déjà en avril, l’installation de nouvelles guérites dans un village « frontière » à Varnita avaient semé l’émoi à Chisinau, la capitale de la Moldavie. Une tension qui ne semble pas étrangère à la signature des accords de libre circulation des visas et à la volonté européenne de renforcer son partenariat oriental. La Moldavie a, en effet, modernisé ses points frontière dans le cadre de l’accord avec l’Union européenne. Ce qui a été ressenti par les populations russophones de la région comme une nouvelle discrimination.

Un bras de fer Moscou-Bruxelles

La Transnistrie semble être un épisode du bras de fer qui oppose Bruxelles et Moscou. En instaurant un « partenariat oriental » et une coopération développée avec plusieurs pays de la bordure russe, l’Union européenne contrecarre des projets similaires conçus à Moscou pour éviter que son ancienne zone d’influence soit grignotée par l’occident.

Les Moldaves signent l’accord-cadre de participation aux missions européennes

(B2) Catherine Ashton et Vladimir Filat, Premier ministre moldave ont signé jeudi (13 décembre) l’accord-cadre formalisant la participation de personnel moldave lors d’opérations européennes de gestion de crise. En juillet 2012, quelques mois après qu’aient été ouvertes les négociations, l’Union avait proposé à la Moldavie de participer à la mission civile de renforcement des capacités maritimes EUCAP Nestor dans la Corne de l’Afrique. A Bruxelles, on espère maintenant que cette contribution de la Moldavie, à EUCAP Nestor comme aux autres opérations et missions de l’UE, va pouvoir se mettre en place «au plus vite», a indiqué le service diplomatique européen.

Lire également : L’EU va négocier avec la Moldavie un accord de participation aux missions de la PSDC

L’UE va négocier avec la Moldavie un accord de participation aux missions de la PSDC

(BRUXELLES2 à Luxembourg) Les 27 ministres des Affaires étrangères ont, en effet, autorisé aujourd’hui (lundi 25 juin) l’ouverture de négociations avec la Moldavie. Il s’agit de conclure un accord-cadre pour la participation de militaires, policiers ou experts moldaves à des opérations de gestion de crises menées par l’Union européenne. Cette ouverture de négociation s’inscrit dans un cadre plus général de passation d’accords avec une dizaine de pays. La Haute représentante avait été mandatée en avril 2010 pour signer une vingtaine d’accords. La Moldavie ne figurait pas la liste des pays concernés, il est donc nécessaire que le Conseil mandate la Haute représentante pour se faire. L’UE a ainsi signé récemment un accord avec l’Albanie comme la Nouvelle-Zélande.

Lire aussi :

Ukraine et Moldavie ouvrent un poste-frontière commun

Le poste commun sera géré selon les normes européennes (Crédit : EUBAM Moldova Ukraine)

(BRUXELLES2) Le poste-frontière de Briceni-Rossoshany – entre Moldavie et Ukraine – sera, à partir d’aujourd’hui (22 février), géré en commun par les gardes frontières et douanes des deux pays, selon les normes européennes (type Schengen) ! Ce projet-pilote est le premier du genre, initié et soutenu par les douaniers de la mission européenne EUBAM (assistance à la gestion des frontières) déployée en Moldavie et en Ukraine.

La phase-test va durer six mois. Au cours de ces six mois, l’entrée et le contrôle de sortie sera menée sur le territoire de l’Ukraine, à Rossoshany. Et les procédures de la garde-frontière et les services douaniers de la Moldavie et l’Ukraine seront unifiés, simplifiée et optimisée. Les auteurs de ce projet espèrent que le temps nécessaire pour traverser la frontière pour les voyageurs et les marchandises sera « considérablement réduit », avec une utilisation « plus efficace » des ressources humaines et techniques, éviter les duplications.

Pour en arriver là, il fallu plusieurs années de travail aux experts deux pays réunis dans un groupe de travail mené par EUBAM. Un protocole JoBCP avait été signé par les services des gardes-frontières et des douanes des deux pays, en décembre 2011 ; et le document final opérationnel le 7 Février. Si l’expérience s’avère positive, l’expérience pourrait étendue à d’autres postes entre les deux pays.

Reprise des discussions sur la Transnistrie

(BRUXELLES2) La rencontre entre le Premier ministre moldave, Vlad Filat, et le leader de la Transnistrie, Igor Smirnov, lundi 21 novembre, à Bendery et la déclaration qui a suivi est un signe tangible de la remise en chantier du processus de négociation qui était bloqué depuis cinq ans (2006). Du moins, c’est ainsi que c’est perçu à Bruxelles. Le porte-parole de la Haute représentante vient ainsi de saluer cette rencontre, estimant qu’elle permettra de « contribuer positivement au succès de la première réunion officielle en format 5+2 » (Moldavie, Transnistrie, Russie, Ukraine et OSCE + UE et Etats-Unis) prévue à Vilnius les 30 Novembre et 1er Décembre. « La Haute représentante apprécie les efforts de chacune des deux parties », a-t-il ajouté. Même sentiment à Moscou qui avait appelé en juin à la reprise du dialogue pour tenter de trouver une solution à un conflit « gelé » depuis 1991. La Transnistrie n’est reconnue par aucun pays mais reste « protégée » par des troupes russes. 

 

Radek Sikorski : le partenariat oriental, un créateur de stabilité

crédit : NGV / B2

(BRUXELLES2 à Varsovie) Le sommet sur le Partenariat oriental, qui réunit jeudi et vendredi 28 et 29 septembre à Varsovie les pays de l’Union européenne et six pays de l’ex-URSS (Arménie, Azerbaïdjan, Biélorussie, Géorgie, Moldavie, Ukraine), approche. Et j’ai pu rencontrer – avec quelques collègues de la presse allemande et de RFI – le ministre polonais des Affaires étrangères, Radoslaw (Radek) Sikorski qui sera aux cotés de son Premier ministre, Donald Tusk, l’orfèvre de cette réunion, ainsi que plusieurs diplomates polonais.

Objectif de la rencontre : convaincre de la nécessité pour les Européens de prêter davantage d’attention à la frontière orientale, alors que les yeux et les attentions sont tournés, aujourd’hui et depuis plusieurs mois, vers le rivage sud. L’exercice n’est pas facile. Et le ministre, réputé brillant, le sait. Il défend ainsi ardemment l’initiative suédo-polonaise – devenu un projet européen -, d’un partenariat oriental. Un chemin pour créer de la stabilité sur notre frontière de l’Est, selon lui. Le ministre ne cache pas non plus qu’il s’agit d’un premier pas, vers un possible élargissement à l’Est ; et de son intérêt plus particulier pour la Biélorussie et l’Ukraine (qui ont été, au moins, en partie des terres polonaises). Pourtant, j’ai été un peu déçu. Le Ministre ne brille pas par la longueur de ses réponses, éludant certaines questions stratégiques comme le conflit en Transnistrie ou l’attitude à avoir avec la Russie, même s’il donne une description intéressante de la situation de la Pologne en Europe et de l’espoir que peut générer ce partenariat.

Où en est la Pologne aujourd’hui ?

Alors que nous sommes toujours au même emplacement géographique, nous avons bougé en Europe. Avant 1989, la Pologne c’était l’Europe de l’est. Quand nous sommes devenus candidats, elle était en Europe centrale. Aujourd’hui, avec le résultat de notre bonne résistance à la crise économique, et le fait que Donald Tusk (le premier ministre) soit considéré comme un leader de type nordique, nous sommes plus au nord. Il faut se souvenir que la Pologne il y a 200 ans avait déjà un système parlementaire, une place économique en Europe et un gouvernement civilisé. C’est un juste retour à la réalité en fait.

Qu’est-ce que l’UE, la présidence polonaise, met sur la table de ce sommet pour les pays du partenariat oriental ?

Nous sommes en train de finaliser la zone de libre échange et le traité d’association avec l’Ukraine. Cela n’a pas été chose facile. Cela représente des centaines et centaines de pages. Un tas comme çà (il montre de sa main à hauteur de son coeur). Quant il sera totalement appliqué, l’Ukraine aura mis en vigueur 80% de l’acquis communautaire. La libéralisation des visas : ce n’est pas une question de court ou moyen terme, il faut le faire aussi vite que possible. On veut aussi annoncer l’ouverture de la majeure partie des programmes européens  aux partenaires de l’Est. Il ne agit pas de créer de nouveaux programmes mais d’ouvrir ceux qui existent – comme Erasmus pour les étudiants –
à ces pays.

Cette réunion sur le partenariat oriental parait un premier pas. Quand les voyez-vous adhérer à l’UE. De votre vivant ?

Tout dépend comment on surmonte la crise aujourd’hui. J’en discutais avec mon collègue allemand, il  y a déjà 4 ans, Frank-Walter Steinmeier. On était alors dans un tout autre contexte. Et on pouvait envisager une date, aux environs de 2020 pour l’Ukraine. Pour la Moldavie, aussi, c’est abordable (dans cet horizon). Car ils ont des frontières communes tant avec l’Union européenne qu’avec l’Ukraine. La Géorgie a également fait de gros progrès. Pour la Biélorussie, l’opposition est mieux organisée que jamais ; elle est pro-européenne alors que le gouvernement est dans le doute. S’il y a un changement politique, on peut trouver rapidement une solution.

Un nouvel élargissement en quelque sorte ?

Nous ne sommes pas avocats de l’élargissement mais du partenariat oriental. Nous voulons qu’ils soient plus proches de nous, qu’ils nous ressemblent, qu’il n’y ait pas une zone d’instabilité à proximité de nous. Maintenant, tous ces pays qui participent au partenariat oriental sont des Etats européens, ils ont le droit en principe, selon le traité de Rome, de poser la candidature. Mais de la théorie à la pratique, il y a un pas. Tous ne sont pas dans cette position. L’Ukraine (qui a négocié un accord de libre échange et d’association), qui intègre 80% de l’acquis communautaire, sera sans conteste la plus proche de nous.

Comment comptez-vous régler le problème des conflits gelés comme celui de la Transnistrie ?

J’espère que les pays n’apporteront pas ce problème à ce forum, car il y a d’autres fora pour cela. D’autres conflits comme Gibraltar et Chypre n’ont toujours pas été résolus alors qu’ils sont entrés dans l’Union européenne. Le partenariat oriental a une autre fonction : organiser notre coopération. Le retour des négociations à un format 5+2 est une bonne chose. Et nous le soutenons. J’espère que ce problème pourra être résolu. Les Moldaves font ce qu’ils peuvent.

La Russie n’est pas invitée à cette réunion, comment voyez-vous l’arrivée, le retour de Poutine comme président ?

Ce n’est pas une surprise.

Etes-vous inquiet ?

Reprise des discussions sur la Transnistrie

(BRUXELLES2) Autre conflit gelé sur lequel l’UE tente d’agir : la Transnistrie. Avec une première bonne nouvelle. Le premier ministre moldave, Vlad Filat, et le leader transnistrien, Igor Smirnov, se sont rencontrés le 9 Septembre dans la station balnéaire de Bad Reichenhall en Allemagne. Des contacts bilatéraux qui pourraient augurer une reprise des négociations dans le format “5+2”, au point mort depuis 2006. Des règles de procédure pour les groupes de travail mis en place à Chisinau et Tiraspol ont également été adoptées. L’objectif est de permettre de résoudre les problèmes des populations qui se trouvent de part et d’autre du Dniestr. « L’UE espère – a indiqué le porte-parole de la Haute représentante de l’UE pour les Affaires étrangères – que les parties pourront être d’accord de reprendre les négociations dès leur prochaine rencontre à Moscou le mois prochain. La mise en oeuvre concrète des mesures de construction de la confiance et la continuation des contacts bilatéraux au niveau politique seront essentiels pour le succès des négociations sur le règlement du conflit transnistrien. »