Relais espagnol à Atalanta

(B2) La frégate espagnole Victoria (F-82) a pris la relève, mardi (5 novembre), de son sister ship Canarias (F-86), engagé depuis juillet dans l’opération de lutte contre la piraterie de l’UE (EUNavfor Atalanta)

(crédit : Armada espagnole)

Pour la frégate espagnole de la classe Santa Maria, la venue dans l’Océan indien n’est pas une nouveauté. Elle a participé, en effet, à l’opération anti-piraterie à trois reprises, participant notamment à nombre d’actions décisives de Atalanta (lire : 18 mois après le début de l’opération, Atalanta en mode offensif). Avec le navire amiral, ITS Marceglia, c’est le seul moyen naval de l’opération pour couvrir une zone quasiment aussi vaste que l’Europe. 

L’ESPS Victoria appartient au 41ème escadron d’escorte de la marine espagnole et au groupe de combat 1 (COMGRUP-1) de la force d’action navale (Fuerza de Acción Naval ou FAN). Basé à Rota, il a une certaine polyvalence lui permettant de mener des missions assez variées, notamment des opérations d’interdiction maritime ou de contrôle maritime.

L’ESPS Victoria a également pris part à l’embargo de la Yougoslavie (opération Sharp Guard), à des déploiements dans la mer Rouge et le golfe Persique lors de l’invasion du Koweït par l’Iraq, aux opérations Active Endeavour et Enduring Freedom, comme à l’opération Sophia en Méditerranée.

(NGV)

L’opération américaine dans le détroit d’Ormuz : un petit goût d’échec diplomatique

(B2) L’appel américain à mettre sur pied une coalition maritime dans le Golfe et le détroit d’Ormuz dirigée clairement contre l’Iran a fait plouf !

Le HMS Duncan de retour au pays après son opération nationale de protection (Crédit : UK Royal Navy)

Un enthousiasme modéré

Lancé en juillet dernier, cet appel n’avait pas vraiment suscité un enthousiasme folichon dès le début. C’est un euphémisme. Les Européens rechignaient à suivre les Américains, dans une tentative de déstabilisation supplémentaire de Téhéran. Washington qui a été frapper à la porte de Paris ou Berlin, Bruxelles et La Haye, Rome ou Madrid a essuyé partout des refus polis, mais fermes. Trois mois après, c’est un fait. Aucun pays ne s’est rué à suivre les Américains dans l’aventure, si ce ne sont les Britanniques après l’arrivée au pouvoir de Boris Johnson. Et, encore, du bout des lèvres (1). Les Polonais ont dit réfléchir à un possible soutien. C’est faible…

Une perte d’influence ?

On peut même parler d’un échec certain. En 2003, l’Amérique de Georges W. Bush avait réussi à entraîner derrière elle une petite dizaine de pays européens, et non des moindres (Italie, Espagne, Pologne, Portugal, Danemark notamment), contre l’Irak de Saddam Hussein. Aujourd’hui, un silence poli répond à leurs demandes répétées. On pourrait y voir une perte d’influence américaine en Europe (2). Cela serait une conclusion sans doute hâtive.

La voie diplomatique plutôt que la provocation maritime

Trois causes à cet échec peuvent être discernées. Tout d’abord, le faible résultat de l’intervention de 2003 en Irak reste dans toutes les mémoires. Et, aujourd’hui, même les plus fidèles des fidèles, ne sont plus prêts de s’engager les yeux fermés dans une nouvelle aventure guerrière au Moyen-Orient sous conduite américaine. Ensuite, les errements de l’administration Trump ne prêtent pas à grande confiance. Sa persistance dans une politique de pression maximale sur Téhéran ne produit pas vraiment d’effet patent pour l’instant. Et les rétorsions contre des navires ou marins par l’Iran est toujours possible. Prudents, les Européens préfèrent utiliser la voie diplomatique, qui a montré dans le passé un certain succès. Ils l’ont dit de façon très nette, tous ensemble lors du gymnich, la réunion informelle des ministres des Affaires étrangères, à Helsinki fin août (3).

Une politique de pression contre-productive

En poussant l’Iran dans ses retranchements, les États-Unis n’arrivent qu’à favoriser la radicalisation et à jeter dans les bras d’autres pays l’Iran. Dans ce qui était jusqu’à présent considéré comme une chasse gardée américaine — le Golfe et le Moyen-Orient —, les Américains ont perdu un allié précieux, les Européens, qui préfèrent désormais la neutralité, et ont ouvert largement les portes à leurs adversaires stratégiques : Russie et Chine. Bravo !

(Nicolas Gros-Verheyde)

  1. Annoncée au plan politique, cet engagement reste limité. La Royal Navy préfère communiquer sur son opération nationale de protection des navires battant pavillon britannique.
  2. Les autres pays du Moyen-Orient (Qatar, Oman, Bahrein…) sont restés également très discrets dans leur soutien.
  3. Lire Les Européens mettent la pédale douce sur une opération à Ormuz : de l’échange d’informations plutôt que de l’escorte

Lire aussi dossier N°72. La crise dans le détroit d’Ormuz et le Golfe

Le HMS Defender déployé dans le Golfe

(B2) La Royal Navy britannique a déployé un navire supplémentaire, le destroyer HMS Defender (D-36) dans le Golfe et le détroit d’Ormuz afin d’assurer la sécurité maritime des tankers et autres navires de commerce battant pavillon britannique. Concrètement il s’agit de répondre à de possibles menaces des gardiens de la révolution iraniens

(crédit : MOD Uk – Royal Navy – archives B2)

Le destroyer de type 45 a quitté Portsmouth le 12 août en compagnie du HMS Kent (F-78), une frégate de type 23, dont le déploiement était prévu. Sur place, ils viennent rejoindre et relayer une autre frégate, le HMS Montrose (F-236), déployée depuis plusieurs mois et qui a déjà effectué plus de 30 transits dans le détroit. Ils s’inscrivent « dans le cadre de la nouvelle structure de sécurité maritime internationale nouvellement créée », c’est-à-dire essentiellement dans le cadre de l’opération menée par les Américains dans la région.

« Ce déploiement garantira que le Royaume-Uni dispose de la flexibilité nécessaire pour engager de manière continue un navire dans la mission internationale » indique samedi (24 août) le ministère britannique de la Défense.

(NGV)

Madrid envoie un navire militaire à la rencontre de l’Open Arms

(B2) Un navire de la marine espagnole, le Audaz (P-45), un patrouilleur de haute mer de la classe Meteoro, va partir dans quelques minutes (départ prévu 17h), de la base de Rota (Cadix). Direction Lampedusa

Le patrouilleur de haute mer (Buque de Acción Marítima) Audaz est un des navires les plus récents de la marine espagnole (crédit : Armada – archives B2)

Objectif : récupérer les quelque 100 migrants recueillis par le navire de l’ONG espagnole Proactiva Open Arms au large de la Libye et à présent bloqués au large de Lampedusa. Le gouvernement espagnol a pris cette décision ce mardi (20 août) afin de résoudre la crise créée par le refus du ministre de l’intérieur Matteo Salvini de laisser débarquer les personnes recueillies à Lampedusa, avant d’être évacuées vers d’autres pays européens.

La meilleure des solutions

Après avoir « analysé différentes options », le gouvernement espagnol estime, « selon les recommandations logistiques de la Marine, que cette solution est la plus appropriée et permettra de résoudre l’urgence humanitaire vécue à bord de l’Open Arms », précise-t-il dans un communiqué

Trois jours pour rallier Lampedusa

Les tâches de préparation et d’approvisionnement du navire ont commencé ce matin, dès la décision prise par le gouvernement. Le Audaz mettra trois jours à rallier Lampedusa, où il prendra en charge les personnes accueillies à bord l’Open Arms et accompagnera le bateau de l’ONG jusqu’au port de Palma, à Majorque.

(NGV)

L’adieu aux navires en Méditerranée pour l’opération Sophia

(B2) Les deux navires viennent de terminer leur engagement dans la force européenne maritime présente en Méditerranée (EUNAVFOR Med) opérationnelle de l’opération

Le navire amiral de l’opération Sophia, le Luigi Rizzo, rentre au port (crédit : EUNAVFOR Med)

Après 92 jours d’opération, la frégate italienne Luigi Rizzo (F-595), qui faisait office de vaisseau amiral, « est revenue à son port d’attache » vient d’annoncer le QG de l’opération Sophia à Rome. Tandis que le navire de patrouille de haute mer (BAM) espagnol Rayo (P-42) mettait fin, dans le même temps, (de façon anticipée), à son implication dans la mission après 15 jours d’opération. Durant cette période, les deux navires « ont permis de ‘héler’ 67 navires de commerce [vérifier l’identité] et de mener une approche amicale [friendly approach] », dans le cadre du contrôle de l’embargo sur les armes et de la lutte contre les trafics de pétrole.

Commentaire : même si, au niveau européen, on veut se rassurer en se disant que ce retrait maritime n’est que temporaire (six mois), on est bien dans la fin d’une phase, d’assez mauvais augure pour la suite.

(NGV)

Lire :

 

Points de suture pour l’opération Sophia qui repart pour six mois … sans bateaux (V4)

(B2) Les ambassadeurs du comité politique et de sécurité (COPS) se sont séparés mardi (26 mars) de bonne humeur, après plusieurs longues heures de discussions. Une solution est en vue pour permettre à l’opération maritime de l’UE, Sophia, de survivre et de passer l’été.

Une discussion entamée lundi

La discussion avait été entamée lundi (25 mars) sur la base d’un papier d’options préparé par les structures de gestion de crises du service diplomatique européen (SEAE). Les capitales ont jusqu’à aujourd’hui mercredi pour confirmer cet accord négocié. La procédure est faite par silence. On sera tout juste dans les temps, avant la date fatidique de la fin d’opération, le 31 mars.

(Mis à jour 11h30) Comme attendu (ou espéré), aucune capitale n’a remis en cause l’accord, qui est donc désormais applicable

La suspension des activités navales

L’opération pourrait être prolongée pour six mois. Mais le volet naval serait suspendu. Ce qui revient à formaliser de fait la situation actuelle, où il y a à la fois très peu de navires, et où ceux-ci évitent soigneusement la zone où se situent les trafiquants d’êtres humains — objectif primaire de l’opération. L’option présentée par le SEAE, d’une prolongation technique de l’opération à mandat inchangé, le temps de peaufiner une nouvelle mission de formation des garde-côtes libyens (lire : Une nouvelle mission pour succéder à l’opération Sophia ?) a été refusée par Rome.

Un volet aérien et la formation

Au niveau opérationnel, seul serait gardé un volet de surveillance aérienne, au-dessus des eaux internationales. La formation des garde-côtes et des marins libyens pourrait aussi continuer, telle qu’elle existe aujourd’hui, dans plusieurs sites en Europe (2), voire avec des exercices en mer (lire notre dossier N°69. La formation des garde-côtes et marins libyens par les Européens).

Objectif : passer l’été

Ce délai de six mois (jusqu’au 30 septembre) a deux avantages. Il permet à l’opération de passer le cap de l’été : moment difficile au plan politique (élections européennes obligent) comme au niveau pratique (il représente le pic d’arrivées en Méditerranée). Il permet aux Européens de préparer en douceur la transition vers une opération non exécutive destinée à la formation des garde-côtes et marins libyens.

Une décision des États membres

EUNAVFOR « est une opération maritime ». Sans moyens navals, « elle ne sera pas en état d’assurer son mandat », qui est de « démanteler les trafics d’êtres humains », a indiqué la porte-parole de la Haute représentante, Maja Kocijancic, lors du point de midi, ce mercredi (27 mars). « Mais c’est la décision des États membres » a-t-elle ajouté, pointant ainsi le fait que ce n’était pas la volonté initiale de la proposition de la Haute représentante. « La position de la Haute représentante est bien connue. »

… qui reste à formaliser

La formalisation de la décision pourrait intervenir vite, selon nos informations, avec une adoption sans débat, par voie de procédure écrite, dans la foulée. La décision sera publiée au journal officiel, vendredi au plus tard (1). Restera à transcrire l’ordre de ne plus utiliser les navires. Ce qui devrait être fait en modifiant le plan d’opérations et devra demander quelque temps.

Un commandement inchangé pour l’instant

Le commandement restera assuré, pour l’instant, par le vice-amiral Enrico Credendino. « Le changement » ne concerne pas ce point nous a assuré un diplomate européen. Mais le vice-amiral (de la marine) qui assure depuis bientôt quatre ans — depuis le début de l’opération en juin 2015 — la conduite de l’opération pourrait être tenté de prendre le large.

Quatre – cinq avions sur zone

Sur zone il y a actuellement quatre avions : un M28 Bryza polonais (La Pologne s’engage dans l’opération Sophia en Méditerranée), deux avions luxembourgeois SW3 Merlin III (qui se relaient), un avion espagnol Casa CN-235 Vigma D4 et un avion français Falcon.

Du grand bricolage pour une opération ‘Plouf’

Cette solution ressemble à du grand bricolage. Un sparadrap qui masque à peine que l’opération est sinon terminée, du moins largement amoindrie. Et ce sentiment semble partagé.

Une opération sans moyens d’assurer son objectif

L’objectif primaire de l’opération — la lutte contre les trafics — est de fait abandonné, car il ne pourra plus être assuré. On peut ainsi enlever les syllabes ‘NAV’ et ‘FOR’ de EUNAVFOR Med, et ne garder que EUMed Sophia. Avoir une opération maritime sans navires est le comble du ridicule. Une opération ‘Plouf’ en quelque sorte.

Retour à la phase 1

On retourne de fait à la phase 1 de l’opération, celle de ces début, en juin-juillet 2015, qui consistait à détecter ou analyser ces trafics. C’est donc la ‘porte de sortie’ de l’opération : la transmission à un corps de garde-côtes et de marins libyens, dûment formé et organisé, qui prendra plus que quelques mois. Depuis 2015, ainsi l’objectif de former 500 personnels (fixé à fin 2017) n’a pu être atteint, malgré tous les efforts déployés côté européen.

Une politique néfaste

Cette pratique de conserver à tout prix des opérations et missions qui n’ont plus vraiment d’activité est dangereuse à terme. Il apparait comme un emballage plastique qui cache mal la réalité. Il donne l’impression d’une inefficacité, d’un gaspillage d’énergie et d’argent qui peut être plus néfaste aux yeux des Européens que l’objectif recherché : affirmer la place de l’Europe dans le monde, contribuer à la stabilisation ou la paix. C’est un mauvais service qui est ainsi rendu à l’Europe de la Défense. L’Union européenne doit (vraiment) apprendre à fermer des missions devenues inutiles.

(Nicolas Gros-Verheyde)

  1. Dernier jour ouvrable de parution du journal officiel (sauf parution spéciale qui reste très exceptionnel).
  2. L’Italie, l’Espagne, la Croatie ou la Grèce dernièrement (lire : Fin de formation à Souda pour les garde-côtes libyens) ont successivement accueilli des stagiaires libyens.

Lire aussi notre dossier N°27. Traquer les trafiquants d’êtres humains en Méditerranée, une longue prise de conscience (Opération Sophia)

Mis à jour (11h-14h) avec la confirmation de la décision, la réaction du porte-parole de la Haute représentante, les détails sur le plan d’opération et le maintien du commandement

Le Corto Real aux côtés du Charles de Gaulle

(B2) La frégate Corto-Real va rejoindre Toulon d’ici le 4 mars. Elle va intégrer durant une vingtaine de jours l’escorte du porte-avions français Charles-de-Gaulle

(crédit : marine portugaise)

La frégate Corto-Real (F-332) va assurer la protection anti-sous-marine du porte-avions français lors de son trajet en mer Méditerranée, dans le cadre d’une opération visant à contribuer à l’effort de sécurité internationale, en particulier dans les principales artères où il y a du trafic maritime.

Méditerranée, Océan indien et Asie

Après la mer Méditerranée, entre mars et juillet 2019, le groupe d’action naval formé autour du Charles-de-Gaulle (R-91) ira prendre ses quartiers dans des mers plus chaudes : en mer Rouge, dans l’océan Indien et vers l’Asie ensuite, notamment à Singapour, juste au moment du dialogue de Shangra-La devenu un point clé du dialogue stratégique avec l’Asie.

Un groupe composite

Commandée par le contre-amiral Olivier Lebas, la Task Force 473 (TF473) devrait comprendre outre le Corto-Real, plusieurs navires d’escorte le long de son trajet européens (danois, italien, britannique), comme australien et américain. Commandée par le capitaine de frégate Coelho Gomes, la frégate est servie par 197 marins et militaires, avec un hélicoptère Lynx MK-95 embarqué et son détachement opérationnel, une équipe de fusiliers marins et une équipe de plongeurs.

Un acte politique et opérationnel

Pour les Portugais, comme l’indique le communiqué de l’état-major des armées, l’intégration de la frégate est à la fois un acte politique — « dans le cadre de l’engagement commun en matière de sécurité internationale » — mais aussi opérationnel. Il vise à « optimiser les capacités du porte-avions français « Charles de Gaulle » et à renforcer l’interopérabilité entre les marines alliées ».

(Nicolas Gros-Verheyde, avec Romain Mielcarek)

Fin de mission au sein de Sophia pour le EV Jacoubet

(B2) Le patrouilleur de haute mer ‘Enseigne de vaisseau Jacoubet‘ (F-794) de la Royale (la marine française) a quitté, après 36 jours, l’opération de lutte contre les trafics au large de la Libye (EUNAVFOR Med / Sophia).

(crédit : EUNAVFOR Med)

L’équipage a assuré notamment l’interpellation (hélage) de 9 navires de commerce dans le cadre de surveillance de l’embargo sur les armes de la Libye.

L’opération qui est juste renouvelée pour trois mois (lire : L’opération Sophia prolongée de trois mois, faute de mieux) a, à sa disposition, aujourd’hui trois navires : le navire de débarquement italien San Marco (L-9893) qui assure le commandement depuis août dernier, la frégate allemande Augsburg (F-213), la frégate espagnole Numancia (F83). Elle dispose de quatre avions patrouilleurs : un avion espagnol Casa CN-235 Vigma D4, un M28 Bryza polonais, deux avions SW3 Merlin III affrétés par le Luxembourg.

(NGV)

Incidents en série entre Ukraine et Russie dans le détroit de Kertch. L’UE appelle à la désescalade

(B2) Le conflit entre Russie et Ukraine qui était essentiellement terrestre et de communication, se prolonge aujourd’hui en mer. Entre les marines ukrainienne et russe, dans le détroit de Kertch, la situation a dégénéré ce dimanche

Le remorqueur ukrainien Yani Kapu percuté par le navire des garde-côtes russes Don (crédit : Ukraine – A. Azerov)

Un navire percuté

Tout a commencé ce dimanche (25 novembre), aux premières heures de la matinée, quand un convoi de navires ukrainiens, composé de deux petits bateaux blindés d’artillerie, le Berdiansk et le Nikopol, a voulu traverser le détroit de Kertch, séparant la Crimée de la Russie, pour aller du port d’Odessa au port de Mariupol à travers la mer d’Azov. Ils ont été suivis par deux navires russes : la corvette Suzdalets (071) et le navire des garde-côtes Don. Ce dernier a alors percuté l’avant du remorqueur ukrainien Yani Kapu (A-947), a signalé la marine ukrainienne sur Facebook ce dimanche (25 novembre). Le moteur principal du navire a été endommagé et un des canots de secours a disparu sous le choc.

Un navire touché, six blessés

Après avoir quitté la zone des 12 miles, le groupe naval de la marine ukrainienne s’est retrouvé sous le feu des gardes-côtes du FSB russe » a annoncé ce soir à 20h28 heure de Kiev (19h28 heure CET) la marine ukrainienne. « Le Berdiansk pris sous les tirs a dû stopper sa navigation. Un marin ukrainien a été blessé » dans l’action.

Saisie des trois navires

Peu de temps après, vers 21h20 (heure de Kiev), les trois navires, le Berdyansk, le Nikopol et le remorqueur portuaire Yani Kapu « ont été contraints de s’arrêter et saisis par les forces spéciales russes » annonce la marine ukrainienne. « Deux marins ukrainiens ont été blessés. » En fait au total, six blessés ont été recensés par les autorités ukrainiennes, 23 marins étant retenus par les Russes.

(Укр – Eng – Fr – Deu – Rus)МВС України за допомогою спецзасобів отримало доступ до відео провокації -таран російським прикордонним кораблем "Дон" українського судна.Перехоплене відео знято російськими військовими, чутні команди – це піде доказом в міжнародний суд!Агресія!Гуртуємось! Очікуємо реакції дружніх країн!Друзі з ближнього та далекого зарубіжжя – реально підтримуєте Україну?! Прошу не обмежиться стурбованістю. Потрібні дії!* * *(Eng)Ministry of Internal Affairs of Ukraine, with the help of special means, got access to a video of provocation – Russian coast guard ship "Don" ramming Ukrainian 🇺🇦 vessel.Intercepted video is taken by the RF, commands heard. That will stand as a prove to the international court!Aggression!Let's stand together and anticipate reaction of friendly countries!Friends from Near and Far Abroad – Do you really support Ukraine? I ask you not to confine on inquietude only. Action is required!* * *(Fr)Le ministère des Affaires intérieures de l'Ukraine, avec l'aide de moyens spéciaux, a eu accès à une vidéo de provocation – le taran du navire-frontière russe "Don" du navire ukrainien🇺🇦.La vidéo interceptée est prise par lа Fédération Russe, les commandes entendues. Cela prouvera au tribunal international!L'agression!On se rassemble et attend la réaction des pays amis!Amis de l'étranger proche et lointain – Soutenez-vous vraiment l'Ukraine? Je vous demande de ne pas vous limitez seulement par l'inquiétude. L'action requise!* * *(Deu)Das Innenministerium der Ukraine bekommte mit Hilfe einer speziellen Ausrüstung ein Video in dem ein russischer Grenzschiff "Don" eines ukrainischen Schiffes gerammt hat.Abgefangenes Video wurde von Russen gefilmt. Befehlen sind zu hören. Es wird als Beweismittel vor einem internationalen Gericht verwendet.Aggression!Wir warten auf die Reaktion der befreunden Länder!Freunde aus nah und fern im Ausland – unterstützen Sie die Ukraine! Bitte, beschränken Sie nicht nur auf Erfahrungen! Aktion ist forderlich!* * *(Rus)МВД Украины с помощью спецсредств получило видео провокации – тарана российского пограничного корабля "Дон" украинского судна.Перехваченное видео снято российскими спецслужбами, слышны команды – это станет доказательством в международном суде!Агрессия!Сплачиваемся! Ожидаем реакции дружественных стран!Друзья из ближнего и дальнего зарубежья – реально поддерживаете Украину?! Прошу не ограничиваться "озабоченностью". Требуются действия!

Gepostet von Arsen Avakov am Sonntag, 25. November 2018

Le respect de la frontière pour les uns, de la libre circulation maritime pour les autres

Selon le FSB, cité par Sputnik news, ces navires ont « traversé la frontière russe de façon illégale ». Et « les bâtiments ont effectué des manœuvres dangereuses en négligeant les demandes des autorités russes ». Des vedettes militaires et un cargo se sont mis en travers sous le pont de Kertch pour bloquer la navigation, indique le média russe.

Selon la marine ukrainienne, les plans de navigation avaient été notifiés à l’avance conformément aux règles internationales déclarent les Ukrainiens. Ils affirment que « toutes les actions illégales ont été enregistrées par les équipages des navires et le commandement de la marine ukrainienne et que les rapports seront remis aux agences internationales respectives ».

(Nicolas Gros-Verheyde)


Un appel de l’UE au retour au calme

L’Union européenne a réagi ce soir par l’intermédiaire d’un communiqué du porte-parole de la Haute représentante. « Nous attendons de la Russie qu’elle rétablisse la liberté de passage dans le détroit de Kertch et nous demandons instamment à tous d’agir avec la plus grande retenue pour désamorcer immédiatement la situation » a indiqué la porte-parole de la Haute représentante de l’UE.

Ces événements « montrent clairement que l’instabilité et les tensions ne peuvent qu’augmenter si les règles fondamentales de la coopération internationale ne sont pas respectées », comme l’avait indiqué la Haute représentante fin octobre devant le Parlement. Rappelons que l’UE considère l’annexion de la Crimée, tout comme la construction du pont de Kertch, comme « une violation de la souveraineté et de l’intégrité territoriale de l’Ukraine »


Un problème de contrôle des eaux

Pour situer le problème, rien ne vaut une petite carte. Le détroit de Kertch permet de contrôler la navigation entre les deux parties de l’Ukraine, l’Ouest (à Odessa) et Mariupol (à l’Est). L’annexion de la Crimée par la Russie a entraîné ipso facto l’annexion des eaux territoriales dans la limite des 12 miles. Ce qui entraîne un contrôle total de la Russie sur l’entrée de la mer d’Azov.

 

 

Le détroit de Kertch permet de contrôler la navigation entre les deux parties de l’Ukraine, l’Ouest (à Odessa) et Mariupol (à l’Est)

Le FS Jacoubet de retour dans l’opération Sophia

(B2) Le patrouilleur de haute mer FS Jacoubet (F-794) est revenu début novembre dans le giron de l’opération maritime de l’UE de lutte contre les trafics en Méditerranée (EUNAVFOR Med / Sophia).

Le FS Jacoubet (crédit : EUNAVFOR Med)

Le navire de la classe D’Estienne D’Orves a déjà participé à l’opération européenne notamment fin 2016 (lire : Contrôle des armes au large de la Libye : le Jacoubet relaie le Premier maître L’Her)

(NGV)