Opération coup de poing de la marine néerlandaise près des côtes somaliennes

(crédit : marine néerlandaise)

(BRUXELLES2) Au cours d’un exercice de « routine », au large des côtes somaliennes, le Hr Ms Rotterdam de l’opération Ocean Shield a été pris sous le feu « soutenu » d’un groupe de pirates, a annoncé le QG de l’opération de l’OTAN à Northwood. L’équipe d’abordage du Rotterdam était en train de faire une approche d’un dhow suspect près des côtes quand ils ont été pris sous le feu venant de la terre et du dhow lui-même.

Les marins ont répliqué immédiatement – « conformément aux règles d’engagement » précise le communiqué de l’OTAN. Mais le dhow a commencé à prendre feu (sans doute les bidons d’essence atteint par les impacts) et des personnes ont commencé à se jeter à l’eau.

Un tué, 8 blessés

Un membre d’équipage du dhow a été « tué dans l’action » selon l’OTAN, « s’est noyé » selon le ministère néerlandais de la Défense. 25 autres personnes ont été récupérées dans l’eau par les militaires du Rotterdam. « Il est frappant de constater que le feu a été ouvert à terre lorsque le bateau a commencé à sombrer » a expliqué le capitaine du Rotterdam, Huub Husker. Pour l’occasion, les néerlandais avaient employé les grands moyens : un drone et 3 RHIB (bateaux rapides à moteur) dans l’eau. Huit blessés ont été traités par l’équipe médicale de bord du navire néerlandais. Les deux marins du dhow ont été pris en charge et les pirates suspects sont interrogés, en attendant que leur sort soit fixé.

NB : à cette version officielle on peut cependant compléter qu’il ne semble pas s’agir tout à fait d’une opération de routine, totalement improvisée. La présence d’un camp de toiles sur la côte, comme le repérage préalable avec le drone et du dhow suspect permettait d’identifier normalement le navire concerné comme « très » suspect.

Une corde sensible touchée

« Nous savons que les pirates veulent utiliser les plus grands boutres comme bateaux-mères. C’est pourquoi nous les visitons souvent pour voir ce qu’ils comportent », a expliqué le commandant Ben Bekkering, chef de l’escadre de l’OTAN dans la région. « C’est l’un des moyens que nous avons pour faire pression sur les pirates. Que des pirates présumés cherchent ouvertement la confrontation, nous l’avons connu parfois mais peu souvent. Cela montre en tout cas que nous avons touché une corde sensible des pirates » a-t-il ajouté dans un entretien diffusé par le ministère néerlandais de la Défense. Et il a averti : « Il est évident que le fléau de la piraterie n’a pas disparu et nous devons maintenir notre vigilance. Les risques pour les pirates sont de plus en plus importants et même si nous regrettons toute perte de vie, nous ferons face à toute menace que nous rencontrons de manière robuste mais toujours proportionnée. »

Le Dhow en feu (crédit : marine néerlandaise)

A signaler que les pirates qui avaient été arrêtés par le Rotterdam après la tentative d’attaque du thonier espagnol il y a deux semaines ont été transférés vers la frégate espagnole et pourraient être jugés en Espagne. Un des suspects qui s’avérait être un mineur a été relâché immédiatement et déposé sur la plage.

Le Mv Liquid Velvet libéré

(B2) Le MV Liquid Velvet a été libéré le 5 juin dernier. Ce chimiquier grec avait été capturé le 31 octobre dernier avec 22 hommes d’équipage à bord alors qu’il transitait de Suez vers l’Inde. Les pirates avaient tenté un moment de l’utiliser comme un bateau-mère permettant d’attaquer d’autres navires. Mais les forces anti-pirates avaient réussi à bloquer cette tentative. Même si ce n’est pas officiellement confirmé, la libération a eu lieu contre une rançon. Les pirates en décembre demandaient environ 8 millions $, selon le site Somalia report.

Un dhow yémenite, servant de bateau-mère, libéré

(B2) La frégate espagnole « Reina Sofia » – qui participe à l’opération Eunavfor Atalanta – a libéré, le 14 avril, un bateau-mère en mer d’Arabie. Une opération menée avec le concours des hélicoptères du bateau de projection et de commandement BPC Dixmude (qui participe à la mission de formation des élèves-officiers « Jeanne d’Arc »).  Deux avions – un Awacs français et un avion de patrouille maritime P3 Orion australien – ont également participé à l’opération en effectuant repérage et surveillance.

L’unité d’opération spéciale de la Marine qui a accosté le dhow yemenite a trouvé à bord 20 personnes. Après vérification, 4 étaient des marins – qui avaient été pris en otage avec leur dhow à la fin mars – et 16 autres des pirates. Ils ont également saisi des armes légères, des munitions lance-grenades. Ce qui est une indication claire qu’il ne s’agit pas de simples pêcheurs.

Mais ni le capitaine, ni le propriétaire ni l’équipage des marins n’ont l’intention de présenter de plainte. Le dhow a ainsi repris la route de Al-Mukalla, au sud-est du Yémen. Tandis que les pirates ont été libérés près des côtes somaliennes.