Un pirate condamné à mort au Puntland

(BRUXELLES2) Un chef pirate a été condamné à la peine de mort par un tribunal du Puntland, province autonome de Somalie, annoncent les agences. Salah Mohamed Gelle est accusé du meurtre de Sayid Jacfar, le capitaine pakistanais d’un navire capturé début juin, le MV QSM Dubai. 7 autres pirates impliqués dans cette action ont été condamnés à des années de prison (entre 10 et 17 ans).

Le QSM Dubai, un navire libanais battant pavillon panaméen avait été capturé dans le Golfe d’Aden le 2 juin alors qu’il faisait route dans le corridor international (IRTC) vers le Brésil. Les forces du Puntland assistées par un navire américain, membre de la force de l’OTAN, l’USS Cole, avaient donné l’assaut le lendemain (1). Les pirates avaient refusé de se rendre. Le capitaine du navire avait été tué, un autre marin ainsi que deux soldats somaliens avaient été blessés lors des échanges de coups de feux. Une cinquantaine de membres des forces du Puntland avaient participé à cette libération. Officiellement, le navire américain n’avait « assisté à l’assaut que de loin. Le docteur du bord ayant été ensuite requis pour donner les premiers soins aux victimes ».

C’est la première peine de mort prononcée à notre connaissance au Puntland contre un pirate, ces deux dernières années. Une peine de mort avait été infligée également, en mai 2010, au Yemen après l’assaut d’un tanker yemenite.

(1) Lire : La vie devient difficile pour les pirates! Le QSM Dubai libéré

(Nicolas Gros-Verheyde)

Evacuation des citoyens : Von Wogau critique le manque de coordination dans l’UE

(BRUXELLES2) Après la série d’attentats terroristes à Bombay (Inde), Karl von Wogau (CDU / PPE), président de la sous-commission « sécurité et défense » du Parlement européen, a critiqué, dans un communiqué, le défaut d’approche coordonnée pour l’évacuation de citoyens dans l’Union européenne et demandé une amélioration de cette question.

« Dès 2006, au cours de la guerre du Liban, nous avons, au Parlement européen, souligné qu’on ne pouvait pas continuer à avoir chaque pays membre de l’UE qui a un avion, envoyer ses propres moyens pour chercher ses nationaux, tandis que les citoyens des plus petits pays doivent espérer pouvoir être emmenés. Cela n’a pas non plus de sens, que les Français organisent un point de rassemblement pour les Français et les Allemands un point de rassemblement pour (leurs nationaux) ». Il serait « plus judicieux – ajoute-t-il – que tous les Européens puissent se rendre sur le point d’embarquement le plus proche, pour être mis ensuite en sécurité en commun ».

POINT CLE DE LA SOLIDARITE

« L’évacuation par les Européens est un point, où la solidarité européenne est essentielle » souligne l’eurodéputé. « Durant les évènements du Tchad en février, la France avait coordonné de manière centrale l’évacuation des Européens » précise l’eurodéputé. « En Géorgie, les Etats membres ont agi par leurs propres moyens. Le résultat a été partiellement chaotique. Certains ont été rapatriés par avion, tandis que les citoyens d’autres États étaient conduits par un bus en Arménie et devaient ensuite se débrouiller par leurs moyens ». 

Le « déroulement des évacuations en provenance de l’Inde a montré encore un manque de coordination au niveau européen », précise Von Wogau qui demande, par conséquent, que l’UE se dote de capacités coordonnées pour les opérations d’évacuation et de sauvetage. Capacités coordonnées « à l’avance ». « En cas d’urgence, on doit aller vite. Nous ne pouvons pas commencer à se demander qui peut apporter des capacités. L’UE doit par conséquent déterminer quels moyens peuvent être utilisés en cas de besoin. »

MECANISME DE PROTECTION CIVILE

Dans le cas indien, le mécanisme communautaire de protection civile a été activé permettant notamment à certains États membres de l’UE (France et Suède), ayant dépêché un avion en Inde, d’évacuer des blessés d’autres nationalités (Royaume-Uni et Espagne). L’avion de la SAS et l’équipe médicale de l’agence suédois des services de secours, mise à disposition par la Suède, a permis d’évacuer lundi sur Londres, cinq blessés, dont deux sérieusement atteints et un souffrant de traumatismes psychologiques. Quant à l’avion affrété par le gouvernement français, il a rapatrié sur Paris, samedi, 77 rescapés, dont 29 Français, 19 Italiens, 17 Espagnols, 5 Allemands, un Polonais, un Grec, un Néerlandais, un Suisse, ainsi qu’un Kazakh, un Algérien et un Congolais.

Deux experts, français et suédois, missionnés par la Commission européenne ont assuré la coordination de l’opération. Et les frais d’évacuation sanitaire ont été cofinancés par le budget communautaire, selon les modalités d’un arrangement conclu en 2007. L’Autriche et la Grèce avaient également fait une offre de moyens, qui n’ont pas été utiles ensuite.

PAS DE CONCEPT EUROPEEN

Mais ce mécanisme est loin d’être suffisant. Il permet la transmission d’informations entre Etats mais pas une réelle « régulation de crise » et surtout l’anticipation nécessaire. Certains Etats membres semblaient, en effet, encore réticents – avant la crise indienne – à approuver le concept commun d’évacuation des citoyens européens, en recourant au besoin à des moyens militaires, préparé par l’Etat-Major de l’Union européenne (voir N°3468). C’est-à-dire de déterminer – zone géographique par zone géographique – les moyens d’évacuation disponibles que peuvent mettre en œuvre chaque Etat, et éventuellement la « nation-cadre » chargée de mener à bien l’opération. Plusieurs versions de ce document ont été rédigées, dans une version moins ambitieuse, et si les Etats mettent fin à leurs divergences, il pourrait être approuvé dans les semaines qui viennent.

(paru dans Europolitique décembre 2008)

L’Euromarfor change de commandement au Liban


(B2) C’est la France qui prend le relais, le 1er septembre, de l’Italie pour le commandement de la Task force 448 (TF448), la force maritime qui patrouille au large du Liban, vient-on d’apprendre de l’Etat-major des armées. Le contre amiral Alain Hinden en exercera le commandement, au titre de l’Euromarfor, depuis le bâtiment « Somme« . Il sera à la tête d’un état-major multinational – comprenant six Italiens, deux Espagnols, un Portugais, un Grec, un Turc, soit un tiers de l’effectif, qui représente les différents Etats engagés dans l’opération.

La TF 448 est la composante maritime de la Force Intérimaire des Nations Unies au Liban (FINUL). Elle agit au large des côtes libanaises sur la base des résolutions 1701 et 1773 du Conseil de sécurité de l’ONU. Son mandat : « aider les autorités libanaises à contrôler les flux maritimes, veiller à ce qu’aucune livraison illégale d’armes ne parvienne par mer sur le sol libanais, fournir une capacité d’évacuation de ressortissants et former la marine libanaise pour qu’elle puisse, à terme, assurer son entière souveraineté sur ses eaux territoriales ». Elle est essentiellement fournie par les Européens réunis au sein de l’Euromarfor. Elle est composée d’une douzaine de bâtiments provenant des différentes nations représentées au sein de l’Etat-major : frégates, corvettes, chasseurs de mines, patrouilleurs et un bâtiment de soutien.

L’Euromarfor a été créée en 1995 d’une volonté commune de la France, de l’Italie, de l’Espagne et du Portugal de mettre en place une force aéro-maritime européenne pré planifiée. L’Euromarfor est actuellement dirigé par l’Italie pour deux ans. Il fournit à l’ONU un état-major à la TF 448 pour une durée d’un an à compter du 1er mars 2008. L’Italie en a ainsi assuré le commandement pour les premiers six mois ; la France lui succédant jusqu’au 1er mars 2009.

(NGV)

Crédit photo : Marine nationale