(B2 Pro) Carnet (10.06.2016). Agenda du COPS. Côte d’Ivoire (Sanctions). Ban Ki Moon (Casques bleus). Coalition Daesh (Italie). Maintien de la paix (ONU). Suède (budget défense, coopération USA). Danemark (JSF F-35). Macédoine (OTAN). Haiti (MOE). Israël (attentat). UE-ACP. Canada (migration). Syrie (pourparlers). Afrique australe (accord SADDC). Cybercriminalité. Asile (audition). Au Parlement européen.

(B2) Parus récemment : Le Coreper, instance de tous les compromis EUCAP Libya, la mission de soutien à la police et justice libyenne, se prépare Et sur le blog : A Berbera, un centre de contrôle maritime s’ouvre © Confidentiels PESC /  PSDC © A l’agenda du COPS. Les ambassadeurs du COPS ont eu  jeudi […]

Face à l’expansion du choléra, 7 experts partent à Haïti

7 experts de la protection civile de l’Union européenne sont partis pour Haïti aujourd’hui sur l’épidémie du choléra. Selon le dernier bilan communiqué par la Commission européenne, 1250 personnes sont mortes de l’infection déjà et près de 21.000 sont hospitalisées.

Les experts européens devraient rester trois semaines à Haïti. Mission: participer à la coordination de distribution des matériels, comme des tablettes de purification d’eau, offerts par plusieurs Etats membres, et conseiller les autorités locales sur les mesures nécessaires pour améliorer la santé et l’hygiène dans le but de stopper l’infection.

La France a envoyé du matériel d’abri et des lits d’hôpital, l’Autriche a offert 1 million d’euros en tablettes de purification d’eau. Mais la commissaire Kristalina Georgieva, chargée de l’Aide humanitaire et la Réponse de crises a lancé un appel à ce que divers moyens en matériel (réhydratation orale, granulés ou poudre de purification d’eau, gestion de déchets, matériel médical) et en hommes (médecins, infirmières…) soient envoyés sur place.

Télécharger la fiche d’informations sur le choléra

HsPelikanHaiti@Nl100115

Les lessons learned d’Haïti: les 10 recommandations du rapport (exclusif)

HsPelikanHaiti@Nl100115(B2) Après le séisme à Haïti, il est temps d’en tirer les leçons. Un rapport rédigé par les services de Catherine Ashton et de Kristalina Georgieva, a été présenté aujourd’hui, aux ministres des Affaires étrangères de l’UE réunis à Luxembourg (NB : il sera discuté cet après-midi).

J’ai pu lire ce rapport intégralement (en avant-première). Et il est intéressant car il trace de nombreux points à améliorer même s’il pêche par certains points (lire mon commentaire).

Le rapport souligne combien la réponse européenne a été « rapide, sur une grande échelle et globale » face à l’intensité de la  catastrophe (1). Mais il se garde bien de tout triomphalisme. « Il y a de bonnes raisons d’être relativement satisfait (…) mais il ne n’y a pas de place pour la complaisance. » Si l’ensemble des structures a fonctionné « dans l’esprit de Lisbonne », le séisme a souligné – explique le rapport – la nécessité « d’améliorer la capacité de réponse de crises de l’UE lors des catastrophes majeures, à la fois en termes d’efficacité, de coordination et de visibilité » souligne le rapport. Il faut « renforcer l’efficacité de chacune des composantes (protection civile, aide humanitaire et si nécessaire moyens militaires) » et assurer leur coordination.

NB : Pour plus de lisibilité, j’ai regroupé sous forme de dix recommandations les différents aspects du rapport.

1. Une règle d’utilisation des moyens militaires en cas de catastrophe.

Haïti a montré « l’utilité d’une contribution de moyens militaires robustes » qui ont permis de combler des gaps critiques de capacité
« notamment en matière de transport (cargo, avions, hélicoptères) et génie ». Mais les modalités et les circonstances de la mobilisation des moyens militaires doivent être en ligne avec les principes et lignes directrices, fixées dans le consensus européen sur l’aide humanitaire: « approche basée sur les besoins, complémentarité en dernier ressort quand les capacités humanitaires ne sont pas remplies, et sous direction civile. »

2. Des stocks prépositionnés et une capacité de transport.

Côté humanitaire, le système de dépôts de secours et stocks pré-positionnés (mis en place par l’ONU et la Croix-Rouge) a montré son efficacité. L’UE doit renforcer la capacité des dépôts humanitaires (faits par les ONG ou les Etats membres).

Le transport reste le « talon d’Achille » des opérations et « a affecté la capacité opérationnelle » de ces stocks. L’UE doit investir dans des capacités logistiques ou de transport des organisations humanitaires ou des Etats membres (voir mon commentaire).

3. Une planification des moyens de protection civile et des forces en stand-by.

Côté protection civile, le mécanisme existant a bien fonctionné mais il « repose encore (trop) sur le volontariat et les contributions/offres ad hoc, soumises à des modalités de décision nationale différentes ». Ce qui implique « inévitablement un degré d’improvisation » dans la phase de réponse de crises. Les décisions de déploiement sont reportés. Et il n’est pas possible de garantir la disponibilité des ressources nécessaires.

Quatre solutions sont mises sur la table :

– la planification des opérations de protection civile sur la base de scénarios de référence, avec une connaissance plus précise des capacités des Etats membres ;

– l’extension des accords de « stand-by » et la création d’un poll d’Etats-Membres clés qui peuvent être utilisés lors d’opérations de l’UE (NB : le mot d’EU Fast n’est pas prononcé. Mais on y pense) ;

– le renforcement du rôle de la cellule « protection civile » (MIC) de l’UE ;

– le développement d’accords de transports, pour permettre un déploiement (NB : là aussi !).

4. Une meilleure interaction civils et militaire.

Le peu d’expériences de déploiement conjoint « explique la situation actuelle ». Le rapport préconise donc une « plus grande familiarité » entre les strutures de la PeSDC et de la Commission européenne. (NB : que c’est joliment dit !) Et la coordination « devrait être améliorée dans le futur ».

5. Déploiement de personnels sur le terrain : experts techniques, soutien consulaire, officiers de liaison de l’UE.

Coté européen, il reste encore nombre de points à améliorer également.

Si les procédures de déploiement rapides (fast-track procedures) existent pour l’aide humanitaire et protection civile, des procédures similaires seraient nécessaires pour les autres groupes d’experts (administratif, logistique, sécurité, assistance aux Etats membres dans la gestion consulaire ou l’information). Le déploiement d’experts sur ces questions devrait être envisagé. Et la présence d’officiers de liaison de l’UE au sein du dispositif ONU devrait être envisagée.

La MIC devrait aussi envoyer « systématiquement » les équipes de soutien et d’assistance technique (TAST), accompagnés de kits de communications et autres structures transportables.

6. Une évaluation renforcée : équipes conjointes et évaluation post-désastre

La capacité d’évaluation de l’UE doit être améliorée en envoyant des équipes conjointes d’évaluation ECHO-MIC et Etats membres.

Le rapport préconise aussi d’avoir une meilleure évaluation de la première aide de reconstruction, post-urgence (PDNA), avec des experts pré-identifiés, à la Commission et les Etats membres qui auront développé un concept commun pour la PDNA, avec un système de rotation et une formation adéquate.

7. Rationaliser les centres de crises existants.

Il faut « rationaliser les centres existants » (NB : on en compte presque une dizaine aujourd’hui). Heureusement, le traité de Lisbonne favorise cet état d’esprit. D’un coté, l’intégration de la protection civile et de l’aide humanitaire dans une même direction ; de l’autre, le futur centre de réponse de crises du Service diplomatique (SEAE/EEAS) qui regroupera trois cellules : le Sitcen (veille information et protection consulaire), la cellule watchkeeping (WKC) de l’Etat-Major de l’UE (en direct des missions de la PeSDC) et la plate-forme de crises de la DG Relex (analyse politique). En cas de crise majeure, les deux dispositifs devraient être réunis, selon une approche type « task-force ». Quant à la coordination des moyens militaires, le rapport est moins prolixe, précisant qu’elle doit tenir « là où est disponible l’expertise militaire« , c’est-à-dire au niveau de l’Etat-Major militaire.

8. Une règle de coordination politique.

Haïti a été la première « real-life experience » de l’application des dispositions du Traité de Lisbonne (alors que toutes les structures de celui-ci ne sont pas encore mises en place). Le rapport préconise donc une ligne directrice, Dans le cas d’une catastrophe de ce type, majeure et multidimensionnelle, c’est le Haut représentant pour les Affaires étrangères, par ailleurs vice-président de la Commission (HR/VP) qui assure le lead politique de la coordination de l’UE (couvrant l’action de l’UE et de ses Etats-membres) et pour représenter l’UE à tous les niveaux. « La présentation de positions unies de l’UE, comme cela s’est passé à la conférence des donateurs pour Haïti à New-York » doit devenir la norme ». En cas de catastrophes « normales », de moindre dimension, qui « ne nécessitent pas un engagement conjoint de toutes les mesures de l’UE », c’est la Commission européenne qui « assure le lead opérationnel en étroite coopération avec le HR ».

9. Et une règle de coordination sur le terrain.

Le « chef de délégation de l’UE devrait jouer un rôle plus central dans la coordination et le partage d’information plus efficace de la famille de l’UE sur le terrain (en incluant les missions des Etats membres) ». Il doit assurer également, à un niveau politique, le contact et la liaison entre l’UE et les autorités locales et les autres acteurs clés internationaux. Si nécessaire Bruxelles doit être capable de rapidement renforcer la délégation de l’UE en lui fournissant matériel et personnel.

10. La visibilité à revoir.

« L’effort substantiel de l’UE n’était pas toujours visible du public européen ou international » (NB : c’est un euphémisme, voir également linterview avec K. Georgieva). Pour y remédier, le rapport
préconise quelques solutions :

– la présentation des données de l’aide de l’UE de façon globale en incluant les données des Etats membres (NB : c’était un problème lors de l’opération de secours en Haïti) ;

– obliger les partenaires (ONU, Croix-Rouge, ONG…) à afficher le logo de l’UE ;

– avoir un badge UE (double badge éventuellement UE/National) pour les personnels de l’UE et des Etats membres déployés sur le terrain ;

– déployer sur le terrain des experts média et communication.

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Une rescapée sortie des décombres par une équipe de secours française avec le soutien américain (crédit photo : US Army !)

 

Commentaire : un rapport intéressant mais trop incomplet pour être crédible

Au final, ce rapport est très intéressant. Mais il me semble plutôt assez conformiste, incomplet et peu approfondi, en particulier sur le volet militaire. Il ne permet pas à mon sens de bien tracer les nécessités (NB : je sais, je suis sévère. Mais c’est la réalité).

Ainsi il mentionne l’apport militaire, et son utilité, mais n’en tire pas vraiment de conséquence. Il démontre également une profonde méconnaissance, voire une ignorance totale de la réalité de la PeSDC, notamment son volet civil et ses évolutions récentes. Par exemple, en matière des transports, un des besoins primordiaux rencontrés, il ne mentionne pas la mise en place imminente du commandement aérien européen (EATC) à Eindhoven (en septembre) (3). C’est cependant une partie de la réponse à ce besoin. Un haut gradé m’a confirmé récemment, en effet, la disponibilité de ces moyens tactiques et stratégiques de transport. Ce qui devrait faciliter grandement demain la réponse européenne puisqu’il suffira d’un seul coup de fil, à Eindhoven pour avoir les moyens nécessaires (si les Etats membres le désirent). Une nette avancée !

En matière de visibilité, également je trouve cela assez « léger », pour ce qui a été l’échec majeur de l’action de l’UE en Haïti (4). Un beau loupé pour la com’ européenne). Parmi les solutions proposées, certaines sont déjà résolues depuis longtemps dans d’autres enceintes. Ainsi les personnels civils ou militaires de la PeSDC ont déjà un double badge UE/national. Si les militaires y arrivent, pourquoi pas les civils !

(Nicolas Gros-Verheyde)

Lire également

(1) Séisme à Haïti. L’aide européenne: 6 navires, 3000 hommes… En détail

(2) K. Georgieva : nous ne devons pas garder notre drapeau dans notre poche

(3) Feu vert au commandement aérien européen EATC. Une petite révolution

(4) Haïti. Un beau loupé pour la com’ européenne…

Fermeture d’EUCO Haïti

(BRUXELLES2) Les ministres de l’Union européenne devraient entériner, lundi prochain (10 mai), la fermeture de la cellule de l’aide à la reconstruction après le séisme en Haïti (EUCO Haïti) qui avait surtout vocation à coordonner l’aide militaire et de protection civile. Le navire espagnol Castilla a quitté Haïti. Cette cellule avait été mis en place fin janvier (1) après maintes critiques concernant à la fois l’absence de visibilité de l’aide européenne et également le manque de coordination des Etats membres.

Au bilan, on pourra déplorer la perte de 4 soldats espagnols dans un crash d’hélicoptère (2). Mais également de nombreuses actions : déblaiement des routes, consolidation d’édifices publics , remise en état de canalisations d’eaux ou d’électricité (3), campagne de vaccination, soins directs et équipement de dispensaires, secours aux blessés ou malades plus gravement atteints, apport d’aide alimentaire dans des secteurs plus reculés, etc.

EUCO Haïti était assuré par le SitCen (centre de situation de l’UE – autrement dit le centre de renseignement). Cela pourrait ainsi préfigurer le futur centre de gestions de crises qui rassemblerait aide humanitaire, protection civile, support logistique des militaires… (mais ce n’est pas encore fait ! )

(Nicolas Gros-Verheyde)

(1) Les 27 approuvent la cellule de coordination (EUCO Haïti)

(2) Un hélicoptère espagnol s’écrase à Haïti

(3)  Electricité rétablie en partie au Petit Goave (Haïti)

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Les 27 s’enferment pour parler, aussi, d’Haïti

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(BRUXELLES2) Dans le huis clos de la Bibliothèque Solvay, à Bruxelles, ce jeudi, les 27 Chefs d’Etat et de gouvernement seront réunis, jeudi, pour une réunion d’un nouveau genre, plus intime, favorisant des discussions plus libres, sous la direction du Belge Herman Van Rompuy, le président permanent du Conseil, avec la présence de José-Manuel Barroso, président de la Commission européenne, et Catherine Ashton, la haute représentante de l’UE pour les affaires étrangères.

La réunion informelle devait normalement être consacrée aux questions économiques (la crise économique, gouvernance de la zone euro, etc…). Van Rompuy a choisi d’y mettre également à l’ordre du jour « Haïti » et ses leçons pour l’Europe. Un choix très stratégique. Il s’agit de « dresser un état de la situation et de discuter sur la possibilité de créeer un mécanisme européen de réponse urgente à des situations de crise » explique un de ses proches.

Quelques pays sont, en effet, favorables à la création d’une réaction européenne de crise, comme l’ont proposé le Belge Guy Verhofstadt (1) ou le Français Michel Barnier. Mais d’autres le sont moins. Il s’agit de vaincre ces dernières réticences, de l’emporter à la faveur de la crise, et donner une impulsion politique. Un mandat en quelque sorte qui permettra à la Commission européenne, ensuite, de faire une proposition à la fois technique et financière (2). Une initiative sur laquelle est prête à rebondir et à porter la nouvelle commissaire à l’Aide humanitaire et la Réponse de crises, Kritalina Georgieva. C’est du moins ce qu’elle a promis au Parlement européen (3).

(1) Lire : Catastrophes: Il faut créer un Eu-Fast propose Verhofstadt
(2) Lire : La coordination des secours d’urgence, top priorité de la Commission Barroso II
(3) Lire : La commissaire Georgieva à la réponse de crise: « Yes I Do »

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Catherine Ashton avait-elle raison de ne pas être à Haïti ?


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(BRUXELLES2) Plusieurs parlementaires et commentateurs se sont fait l’écho de l’absence de Catherine Ashton, la Haute représentante pour les affaires étrangères de l’Union européenne, qui n’était pas à Haïti juste après le séisme. Je ne partage pas leur avis. N’en déplaise à certains, je trouve qu’elle a eu raison. Aller là-bas avait quelques avantages mais aussi des inconvénients.

Certes, c’est un « momentum » politique : être là en même temps qu’Hillary Clinton ou Ban Ki Moon peut être important pour le futur.  C’est aussi un geste de solidarité : envers les Haïtiens. C’est un instant médiatique : où la présence de l’Europe doit être symbolisée,  personnifiée.

Mais il y a aussi des inconvénients tout aussi sérieux, opérationnel, politique et médiatique. Ce n’est pas vraiment un problème de places dans l’avion en soi, qui pose question (il y a toujours quelques sièges de disponible) mais cela gèle l’espace aérien pendant quelques temps, ainsi que la circulation sur l’aéroport. La sécurité générée par l’arrivée d’une haute personnalité entrave les secours. C’est un fait. La venue de Clinton a ainsi gelé pendant quelques temps, la circulation sur l’aéroport. C’est aussi céder à la politique spectacle. On vient, on serre trois mains, on prend un enfant dans les bras devant les caméras et on repart. Si Ashton avait fait çà, il m’est avis qu’elle se serait fait autant critiquer, sinon plus… Au plan politique, la discussion à New York à l’ONU et à Washington avec Clinton était plus profitable. Au plan médiatique, je ne vous fais pas la photo : entre Hillary Clinton, Ban Ki Moon et un représentant européen qui croyez-vous que les médias auraient choisi pour illustrer leur reportage ?  (*)

Catherine Ashton avait donc raison de ne pas aller à Haïti

Sa place était davantage à Bruxelles (voir le NB) pour organiser, coordonner l’action au niveau politique. Ce qu’elle a fait en convoquant (un peu tard) un conseil des Ministres extraordinaire. Ce qui est dommage, c’est qu’elle n’ait pas alors délégué la fonction de représentation de l’Europe, à un ministre déjà sur place – le vice-Premier ministre espagnol par exemple -, à un commissaire européen – après tout, c’était plutôt le rôle du commissaire à l’Aide humanitaire, en l’occurence, De Gucht – ou qu’elle n’ait pas proposé la nomination, rapidement, d’un envoyé spécial (**), à même non seulement de coordonner l’aide européenne mais d’avoir un certain rang politique. Cette dernière solution a ma préférence – même si d’excellents experts du dossier m’affirment qu’elle avait un inconvénient de compliquer la donne. Je ne le crois pas.

NB : Si en revanche, elle n’était ni à Haïti ni à Bruxelles, mais à Londres (vendredi et samedi), pour faire du shopping comme l’a relaté mon confrère Jean Quatremer sur son blog, mais surtout pour une série de briefings, en particulier, avec certains responsables du Foreign Office, comme cela avait déjà été le cas avant son audition par le Parlement européen, ce serait plus difficile à justifier. Et je n’ose y croire. La fonction de Haute représentante se doit d’être indépendante.

(*) Quant aux autres raisons invoquées par certains diplomates, invoquant le fait la fonction de Haute représentante vient juste d’entrer en fonction, que le service extérieur n’existe pas, que la Commission est en transition, etc., certes elles justifient un peu une certaine « pagaille », mais elles ne sont pas vraiment recevables au regard de l’intensité de la catastrophe. Quels que soient les changements institutionnels en cours, il existe, de part et d’autre, une administration (à la Commission européenne et au Conseil) qui devrait être rodée à la gestion de crises. De plus, la fonction en soi du Haut représentant n’est pas nouvelle, elle existe depuis 10 ans. Celle de commissaire européen naux relations extérieures. C’est la fusion des deux fonctions (commissaire européen et Haut représentant qui est nouvelle. Et encore ! Elle est prévue depuis 6 ans. Il est étonnant que personne n’ait réfléchi, au niveau stratégique, non administratif, sur les nécessités qu’emportait cette fusion…

(**) Décision qui ressort de la seule initiative de la Haute représentante et nécessite une approbation – à la majorité qualifiée seulement et non pas à l’unanimité – par les Ministres. Ce genre de procédure peut se régler soit par écrit, soit par un conseil extraordinaire : il y en avait un, lundi dernier, des Ministres du Développement : ils avaient la capacité d’en décider.

Séisme à Haïti: y-a-t il un pilote dans l’avion européen ?

 (BRUXELLES2) La question on peut effectivement se la poser. Y-a-t-il une coordination de la politique européenne extérieure d’aide
humanitaire sur Haïti ?
Que fait l’Europe aujourd’hui ? La crise d’Haïti était une crise test pour le nouveau dispositif issu du Traité de Lisbonne. Qu’a fait l’Europe ? Pas moins qu’hier ? Mais pas plus et pas mieux. Elle a sorti, comme d’ordinaire, son chéquier pour payer aux organisations humanitaires et à l’ONU de quoi agir rapidement. Des experts sont partis sur le terrain évaluer les dégâts. Experts humanitaires (de l’Office européen d’aide humanitaire ECHO) et de la cellule de crise « sécurité civile ». Le COPS s’est réuni. Mais en matière de coordination des secours, d’action concertée, coordonnée, c’est le désert.

Au Parlement européen, hier il a beaucoup été question de ce sujet. Et Catherine Ashton, la Haute représentante, a été sujet de nombreuses questions, parfois très critiques. L’une d’entre elles était : Ashton n’aurait-elle pas mieux fait d’être à Port au Prince qu’à Bruxelles ou  Strasbourg ? On peut légitimement se poser cette question. Mais était-ce bien son rôle ? Pour C. Ashton, c’est clair. Répondant aux députés européens qui la critiquaient, elle a dit : « Je n’avais rien à fournir sur le terrain sinon prendre un espace précieux alors que les avions étaient incapables d’atterrir à cause de l’état de l’aéroport. Je ne suis pas un médecin, ni un pompier. Ma place était de réunir une coordination au niveau de l’UE et des Nations unies « . Le premier élément de défense est un peu spécieux. Car il était toujours possible d’obtenir un siège dans un des nombreux avions en partance de Belgique, des Pays-Bas ou de France. Le deuxième élément est plus pertinent. C. Ashton n’est pas commissaire à l’aide humanitaire, mais responsable politique. Et son travail était celui-là. Mais je ne suis pas sûr qu’en matière d’organisation des secours et de poids politique, cela aurait été le point adéquat. Et en matière de visibilité politique, la
présence sur place des Américains et de l’ONU aurait sans doute masqué la présence de C. Ashton.
(2)

Chut ! Ne dites rien on agit

Pas de représentant spécial. Bien entendu avoir un représentant européen sur place aurait eu un peu de gueule. Et aurait marqué une présence politique. Là est le point faible à mon sens. Rien n’empêchait C. Ashton de nommer, tout de suite, un représentant spécial pour aller sur place, coordonner les secours, avec un poids suffisant pour assurer une présence politique visible. Un technicien expérimenté voire un poids un peu plus lourd politique. Nous ne manquons pas de grand nom qui auraient certainement pu prendre le relais facilement.
Pourquoi pas Emma Bonino ? Eh oui. Je suis désolé. Mais Emma, envoyée spéciale de l’UE à Haïti, aurait eu immédiatement un poids politique. Mais c’est évident qu’elle aurait un peu volé la vedette » aux autres.

Une réunion tardive des ministres du Développement. Par rapport à la première crise d’urgence, la réunion des 27 était très tardive. Elle ne valait que pour la phase de reconstruction. On peut se demander pourquoi une réunion un peu plus solennelle du Coreper ou du Cops n’aurait pas pu prendre place très rapidement pour illustrer cette coopération européenne.

Pas de bilan global. La Commission européenne a été incapable, aujourd’hui comme hier, de fournir des chiffres globaux de tous les moyens humains, aériens, de secours engagés par les 27. On en reste toujours à une liste qui énumère l’ensemble des moyens nationaux. Ce site a été le seul à procéder ainsi.

Pas de réaction politique. La coordination de la sécurité civile, cela près de 10 ans qu’on en parle. Guy Verhofstadt le rappelait. Michel Barnier qui a rédigé un excellent rapport et que j’ai rencontré dans les couloirs bouillait d’impatience, enrageait presque que son rapport soit resté depuis 4 ans (il a été déposé en 2006) lettre morte. On n’a pas profité de l’évènement pour ressortir ce dossier. Et le pousser politiquement. La réunion des chefs d’Etat et de gouvernement le 11 février pourrait être une occasion. Mais ce sera la dernière sur cette crise. Après la pression de l’actualité, et donc la pression politique retombera.

Pas de visibilité. L’UE n’a pas manqué d’agir. Mais rien n’a été fait pour médiatiser cette action. Une réunion de crise réunissant les plus haut
responsables de l’action humanitaire, militaire, sécurité civile… avait lieu chaque jour. Aucune communication sur ce point. Aucune photo même disponible. Dommage. On n’en reste au traditionnel :
Chut ! Ne dites rien on agit. Le problème, aujourd’hui, en matière politique est différent. Il faut agir et le dire.

Comme le dit Marielle de Sarnez, députée européen du MODEM : « plus nous procédons à des nominations, plus nous créons des fonctions et des titres, moins nous existons. Et ceci devrait nous interroger. Combien de catastrophes faudra t-il encore pour que les responsables de l’Union européenne soit enfin à la hauteur de leurs responsabilités ? ».

(1)
Le nom officiel est MIC = comme monitoring and information center

(2) Et il y avait la présence américaine. Le fait que nous travaillons en étroite collaboration avec les autorités américaines représente également un élément important de notre action actuelle et future« , a déclaré Mme Ashton.

Le décès du diplomate européen porté disparu à Haïti confirmé (maj)

(B2 / mise à jour mar 19 janvier) Boal Pilar Juarez, qui était le numéro 2 de « l’ambassade » de l’UE à Haïti, est décédé. Donné un moment comme identifié par la presse espagnole, le corps se trouverait toujours sous les décombres aux dernières nouvelles mais les chances de retrouver vivante sont plus que minimes. Elle a été surprise par le tremblement de terre dans le bâtiment des Nations-Unies alors qu’elle assistait à une réunion. C’est le premier mort en exercice pour le service diplomatique de l’UE depuis la mise en place du Traité de Lisbonne. Mais ce n’est pas le premier agent européen décédé en mission (lire in memoriam). NB : trois victimes espagnoles ont été, en revanche, confirmées dont un inspecteur de police, Rosa Crespo Biel, qui travaillait avec l’ONU. Lire ici

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Séisme à Haïti: l’observation satellite, une aide précieuse. Les destructions sous-estimées


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(B2) Le dernier rapport de l’UNOSAT est plutôt pessimiste sur Haïti.
L’office satellitaire de l’organisation des Nations-Unies a établi plusieurs cartes notamment celles du regroupement spontané des victimes. Les ponts et les débris obstruant les routes ont été identifiés à partir des images GeoEye-1 acquises le 12 janvier 2010. Selon l’UNOSAT : « cette analyse préliminaire n’a pas été validée sur le terrain. Les dommages ont été probablement sous-estimés. » Télécharger la carte

Selon l’analyse du centre de recherches de la Commission européenne (JRC) : « More than 4000 physical structures were destroyed or damaged in Port-au-Prince, Haïti, by the magnitude 7 earthquake that struck the country on 12 January 2010. About 2000 residential buildings have partially or totally collapsed and the same number of buildings shows severe damage. A number of critical infrastructures such as government buildings, educational structures and hospitals have collapsed or are severely damaged. » (*)

(*) Je suis désolé de ne livrer qu’une version en anglais. Mais le commissaire Potocnik, chargé du dossier « Recherche » à la Commission, a décidé de ne communiquer qu’en anglais sur le séisme en Haïti (pays francophone cependant). Une version en français sera disponible lundi ou mardi ! m’a-t-on répondu.

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Séisme à Haïti: l’aide européenne se coordonne (MAJ n°4)

(BRUXELLES2 / mis à jour samedi 16 janvier, 14h) Face au séisme (magnitude 7.0) qui a frappé Haïti mardi en fin d’après midi, la Commission européenne a déclenché ses deux instruments principaux d’aide : l’argent, les hommes et le matériel.

La coordination.  Des équipes de secours, de purification d’eau, des postes médicaux avancés et hôpitaux de campagne sont envoyées au titre de la sécurité civile. Un recensement détaillé a été réalisé par la cellule « Sécurité civile » de la Commission européenne, télécharger ici le dernier état à jour).

Une équipe de sept experts européens (6 des Etats membres – Français, Italien, Estonie, Britannique – et un officier de liaison de la  Commission) est partie, dans un avion de l’armée belge, afin de coordonner l’aide européenne, envoyée au titre de la sécurité civile.

Au bilan : un effort non négligeable mais dispersé

Globalement, selon mes compilations, l’effort (militaire et sécurité civile) des Etats membres de l’UE n’est pas négligeable. Malheureusement il est dispersé. Et ces données ne sont pas du tout compilées par l’UE. Ce qui laisse transparaître une impression de faiblesse. Surtout par rapport à l’effort américain intense et visible. Voici donc un aperçu globalisé de l’effort européen (UE + 27 Etats membres) :
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Le Batral François Garnier appareille des Antilles avec à son bord du matériel et des ambulances (crédit : Défense française / Dicod)

4 frégates : 2 française l’une partie des Antilles, l’autre de la cote africaine, 1 néerlandaise (partie de Curacao), 1 espagnole (en réserve en Amérique latine).
21 rotations d’avions pour amener de l’aide humanitaire et/ou des équipes de secours : 7 Espagnols (Boeing 707 militaire), 7 Français (Casa, Airbus A330, C-130 + 1 affrêté auprès d’une compagnie privée), 2 Italiens (C-130), 1 Polonais (avion présidentiel), 1 KDC-10 Néerlandais (sur Curacao), 1 Portugais (C-130), 1 Suédois (C-130), 1 Britannique (Boeing de British Airways) + 1 Islandais.

4 avions servent à l’évacuation des ressortissants européens : 1 Casa français, 1 Airbus Belge, 1 C-130 Portugais, 1 Islandais (*).

– Plus de 800 hommes (médecins, infirmiers, pompiers, sécurité civile, militaires, policiers) et au moins 40 chiens de recherche spécialement entraînés à la recherche en décombres.

Détail des équipes et moyens envoyées état des lieux provisoire –

• La Belgique a envoyé, mercredi 13, son équipe B-Fast (intervention rapide en cas de catastrophe), composée d’une soixantaine de personnes = une équipe d’intervention médicale avec un hôpital de campagne (20 personnes), une équipe USAR (Urban Search and Rescue Team) de 33 personnes, avec quatre chiens pisteurs, une installation de purification de l’eau potable, avec deux accompagnateurs. Personnel est matériel seront transférés par un Airbus A330 de la Belgian Air Force.

• Le Luxembourg a envoyé une équipe de recherche des sections canines de la Croix- Rouge luxembourgeoise et de la Protection civile avec 7 chiens, du personnel et du matériel pour  localisation.

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L’équipe des sauveteurs luxembourgeois avant le départ (Ministère des Affaires étrangères LUX / Wort.lu)

• La France envoie près de 400 personnes personnes – dont 130 sauveteurs de la sécurité civile et des pompiers et 6 chiens spécialisés dans la recherche dans les décombres, médecins et 12 gendarmes. Un hôpital de campagne part jeudi avec l’Escrim (Elément de sécurité civile
rapide d’intervention médicale).

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Chargement d’un Casa en Martinique (crédit : Armée française / Dicod)

– L’aviation. Trois avions militaires de transport Casa sont partis, mercredi, de l’île de Martinique (avec 25 sapeurs-sauveteurs de la Sécurité civile, 18 gendarmes, 1 chien et plus de 3 tonnes de fret). Au voyage retour, ils rapatrient environ 91 Français qui étaient à Haïti. A cela s’ajoutent : un Airbus A310-300 militaire de l’escadron de transport Esterel (qui n’a pu atterrir à Haïti), et un avion de transport Hercules C-130.
– La marine envoie 2 batiments : le Francis Garnier, depuis la Martinique, avec des moyens de terrassement et de déblaiement = 3 tractopelles et 2 mini pelleteuses, des véhicules de transport (camion de maintenance, 2 P4, un 4X4), une équipe médicale et une  ambulance, 700 tentes et du fret au profit de la Croix rouge, selon l’Etat-major des armées. Le BPC Sirocco qui part de la côte ouest-africaine, dispose de deux blocs chirurgicaux et 50 lits pour accueillir des blessés ainsi que 4 hélicoptères (2 Puma, 2 Gazelle).

L’Italie envoie un poste médical avancé (PMA) avec salle opératoire ainsi qu’une équipe de secours et de recherche urbaine (20 médecins, 2 pompiers, 12 équipe de coordination), projet dans le cadre d’un programme européen destiné à stimuler les capacités de protection civile. Ce serait la première fois que le « PISARTE » (équipe d’intervention d’urgence de Pise) serait déployé et les modules testés in situ. 2 avions sont mobilisés dont un C-130 des forces aériennes.

• L’Espagne a envoyé 7 avions chargés d’aide humanitaire et médicale vers Haïti. 2 à partir de Panama (où elle a un stock d’urgence), 3 à partir d’Espagne. Un sixième vol est parti avec une équipe de sauveteurs : 
une équipe de sauvetage de l’unité militaire d’urgence (composée de 40 membres) avec chiens de recherche et médecins part de la base de Torrejón de Ardoz (Madrid). L’UEM se compose de deux équipes de spécialistes en sauvetage formés, chacun d’eux, de neuf groupes de médecine militaire (avec un médecin, une infirmière et deux  ambulanciers), une équipe de radiodiffusion (un chef et cinq opérateurs transmissions) et une équipe logistique composés de quatre  membres. Le septième vol est à destination de Saint-Domingue, chargé fournitures médicales pour les hôpitaux et centres de santé (voisine d’Haïti, cet Etat subit en premier lieu le « rush » des Haïtiens blessés).

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Les hommes de l’UEM embarquent dans le Boeing des forces armées espagnoles (crédit : MDE)

• L’Allemagne envoie une équipe avec 4 experts et un module de purification d’eau (d’une capacité de 2 X 120.000 li / jour) (départ: 15 janvier).

• La Finlande envoie un camp de base léger (avec 4 hommes) et un module télécoms (avec 2 experts)

• L’Islande (*) a envoyé une équipe de secours de 37 personnes. Au retour l’avion a ramené des ressortissants européens (départ: 13 janvier).

• La Norvège (*) envoie un hôpital de campagne par l’intermédiaire de la Croix-Rouge (départ: 14 janvier).

• Les Pays-Bas envoient une équipe de secours et de recherche (63 personnes + 8 chiens). Un avion KDC 10 du 334e escadron aérien basé à Eindhoven est arrivé à Curacao. Il ne pouvait pas se poser à Port de Prince. Une partie du matériel a été transbordé sur de petits avions. Et le reste sera transporté par voie maritime. Un navire de soutien, le Hs Ms Pelikan part de Curacao (Antilles Néerlandaises) avec 77 hommes à bord (
44 Marines d’Aruba, 7 militaires de la milice Aruba, 24 marins et 2 hommes de la Marechaussée) et le matériel lourd. Arrivée: lundi.

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Pelikan au départ de Curacao (crédit: NL defensie)


• La Pologne envoie une équipe de recherche urbaine USAR de 63 hommes et 12 chiens, ainsi que 4 tonnes d’équipement (départ : 15 janvier)

• Le Portugal envoie un camp de base pour 400 personnes et le personnel de soutien nécessaire (10 personnes), une équipe médicale (8 personnes), une équipe de recherche et d’identification (DVI), une équipe de coordination.

• Le Royaume-Uni a envoyé une équipe de secours et de recherche (64 personnes) avec chiens de recherche et équipement (départ: 14 janvier).

• La Slovaquie envoie une équipe de secours (4 secouristes, 4 paramedics, 4 chiens), des tentes, des couvertures, sacs de couchages et lits de camps

La Suède a offert un poste médical avancé, des tentes, matériel de purification de l’eau et une assistance technique et équipe de soutien. Un camp de base de 200 places va être reconstitué pour les forces de l’ONU (dont le batiment s’est effrondré). Un C-130 part de la base d’Örebro. La Suède a indiqué également qu’elle pourrait utiliser des C-17 (de la flotte stratégique de l’OTAN – SAC). Communiqué du gouvernement (suédois).

• La république Tchèque pourrait envoyer des équipes de secouristes accompagnées de chiens

(*) Bien que ne faisant pas partie de l’UE, ce pays participe au mécanisme de protection civile

A suivre…

Commentaires:

L’utilité des militaires dans ce déploiement. Cette mobilisation démontre que le distinguo humanitaire – militaire qui a parfois une importance sur des terrains troublés n’a pas de raison d’être. Face à une catastrophe majeure, seuls la combinaison des moyens civils et militaires gouvernementaux et non gouvermentaux, permet rapidement d’atteindre un niveau adéquat de secours. Il est aussi important de remarquer que seuls les moyens militaires – avions de transport capables de se poser sur des terrains de fortune, hélicoptères, navires hopitaux de campagne – trouvent ici toute sa justification.

Les Américains en leader. L’Europe paraît cependant un peu faiblarde par rapport aux Américains qui envoient massivement matériel et hommes. 300 médics sont partis, plusieurs avions de transport MC-130H Combat Talons et C-130E Hercules de la 1st Special Operations Wing sont sur place. 2.000 hommes du 22e corps expéditionnaire des marines sont attendus ainsi que 3.500 hommes de la 82e Airborne Division (100 sont arrivés jeudi, 800 autres suivent vendredi), 12.00 hommes sont placés en alerte. L’US Navy envoie un porte-avions (USS Carl Vinson), un navire hopital (USNS Comfort) et 3 navires amphibies, soit 2000 hommes, Etc…

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Les hélicoptères des gardes-côtes américains étaient les premiers sur place pour rapatrier les blessés (crédit: Us Navy)

Mais où sont les battlegroups de l’UE ? Honnêtement ce serait une situation typique d’intervention du battle group : protection de certaines installations à risques, évacuation des ressortissants européens, soins, déploiement d’une unité de soins, transport et interventions dans des zones délicates… Simplement : ce type là d’intervention n’a pas été prévu. Alors je dirai : un peu de souplesse et d’audace, que diable ! Ce sont dans les situations exceptionnelles que l’on reconnaît les hommes et femmes d’action, pas dans les concepts conçus en chambre close. Il faudra d’ailleurs, un jour, oser revoir ce concept de battlegroup qui me semble, personnellement, un peu dépassé et pas assez modulaire.