Session pratique de formation à la détection et réaction face à une mine (Crédits: EUFOR Althea)

Dernières nouvelles des missions de maintien de la paix l’UE (PSDC) – été 2015

(B2)

Méditerranée. Nouvelle mission aérienne de renseignement

Un avion de surveillance maritime Falcon 50 de la Marine nationale française a effectué à la mi août (les 12, 13 et 15 août 2015) une mission de renseignement sur les activités de trafic dans cette zone pour le compte de l’opération maritime de l’UE (EUNAVFOR Med). C’est la seconde mission de ce type effectuée par la marine française.

Drežnica (Bosnie-Herzegovine). Éducation au risque de mines pour des enfants 

Des enfants venant d’écoles multi-ethniques de Zenica, Tuzla, Mostar et Sarajevo ont participé à un camp de sensibilisation sur les risque des mines, organisé par l’opération militaire de l’UE en Bosnie-Herzégovine (EUFOR Althea), du 29 juin au 3 juillet. Les enfants ont eu l’occasion de voir l’étendue du territoire qui est encore contaminée par les mines, et le danger que représentent tant ces mines que les munitions non explosées. L’escalade a été l’activité sportive protagoniste du camp. Celui-ci a été organisé par l’équipe autrichienne de CIMIC. « Nous avons pensé que l’escalade serait un parfait moyen pour inciter les enfants de différentes ethnies à travailler ensemble. Certains enfants doivent encore apprendre qu’il y a une menace, et la façon de traiter avec elle  » a déclaré le premier lieutenant Andreas Grassberger.

Session pratique de formation à la détection et réaction face à une mine (Crédits: EUFOR Althea)

Pour qu’ils sachent réagir face à une mine, les enfants sont confrontés à plusieurs modèles (Crédit : EUFOR Althea)

Lviv (Ukraine). Extension du projet de reforme de police 

Après l’expérience, réussie, sur un secteur de la police régionale de Lviv, la mission consultative de l’Union européenne (EUAM Ukraine) a décidé d’étendre l’expérience à quatre nouveaux districts. Suivant l’exemple de la station de police de Sambir, les nouvelles équipes d’intervention agiront désormais dans les districts de Staryy Sambir, Turka, Zhovkva et Mostyska. Dans cette zone vivent 200.000 citoyens. Depuis juin, le poste de police de Sambir a significativement amélioré le temps de réaction de ces unités d’intervention, réduit à quelques minutes. Les citoyens ont doublé les appels à l’Unité d’intervention d’urgence, « preuve du renouveau de confiance en la Police » souligne-t-on à EUAM Ukraine. Voir la video explicative ici.

Somalie. Sauvetage d’un navire échoué sur une plage somalienne 

(Crédits: EU NAVFOR Somalia)

Le navire de pêche FV Al Amal échoué sur une plage somalienne vu de l’avion de surveillance espagnol P3 Orion (Crédit: EU NAVFOR Somalia)

Les avions de patrouille maritime de l’opération anti-piraterie de l’UE (EUNAVFOR Atalanta) ont permis aux forces somaliennes de mener avec succès, vendredi 7 août, une opération de sauvetage de l’équipage d’un navire de pêche yéménite. Des problèmes de moteur avait obligé le FV Al Amal à lancer un appel de détresse, après avoir échoué sur une plage de Somalie. Le commandant du navire espagnol ESPS Galicia, en patrouille dans la zone, le contre-amiral Alfonso Fernández Gómez de Córdoba, a aussitôt mis à disposition un avion de surveillance pour contrôler la plage où le navire marchand a échoué, et transmettre des informations aux autorités locales.

Mogadiscio (Somalie). Formation de terrain pour la Garde côtière somalienne 

Techniques d’intervention, détention et utilisation de la force non létale, prévention des conflits (et de manutention, de négociation, de médiation), techniques médico-légales, technique de navigation radar, lecture de carte… voici certains des sujets étudiés par les 29 gardes côtes somaliens qui ont participé à une formation de douze semaines organisé par EUCAP Nestor, pour les familiariser avec leur rôle de police civile. Basé sur les normes internationales de police, un accent particulier a été mis sur les questions liées à la police maritime.  À cette fin, divers scénarios ont été présentés par les experts pendant le cours, à travers des séances pratiques s’appuyant sur des informations réelles du terrain. Avant de recueillir leurs certificats de participation, les stagiaires ont pris part, le 6 août, à un exercice au cours duquel ils ont dû démontrer leurs capacités à utiliser et ajuster un radar maritime (compétences de navigation), recueillir et conserver les preuves et traces d’une scène de crime, à menotter des suspects dans diverses situations et réaliser une fouille corporelle avec et sans détecteur de métal.

Koulikoro (Mali). Exercice de simulation d’explosion d’un IED et évacuation des blessés 

Evacuation d'un blessé par hélicoptère. (Crédits: EUTM Mali)

L’exercice a impliqué l’évacuation d’un blessé par hélicoptère (Crédit : EUTM Mali)

Koulikoro a été le théâtre d’un nouveau exercice de simulation. Une attaque avec un explosif improvisé (IED) faisant plusieurs blessés graves en plein camp d’entrainement a déclenché toutes les procédures d’évacuation médicale, notamment le déploiement sur zone de l’équipe médicale d’urgence. Le transport des blessés s’est fait par ambulance et par air, vers le ‘Rôle 2’ (hôpital de campagne), situé dans la ville de Koulikoro. La deuxième partie de l’exercice, qui devait se dérouler de nuit a été annulée en raison des mauvaises conditions météorologiques. Ce type d’exercice est désormais effectué à chaque nouvelle rotation des membres de la Force de protection, de sorte que chaque membre puisse être familiarisé avec ces procédures médicales.

Dosso (Niger). Formation de gestion de crise et planification d’urgence

Groupe de participants du Gouvernorat de Dosso avec le chef des opérations, les experts d'EUCAP et les officiers supérieurs nigériens. (Crédits: EUCAP Sahel Niger)

Groupe de participants du Gouvernorat de Dosso avec le chef des opérations, les experts d’EUCAP et les officiers supérieurs nigériens. (Crédits: EUCAP Sahel Niger)

Du 27 au 31 juillet 2015, une nouvelle formation en gestion de crise et planification d’urgence a été dispensée au quartier général d’EUCAP Sahel Niger pour 21 cadres du Gouvernorat de Dosso. Les cours ont été élaborés afin de rendre les PC mixtes régionaux pleinement opérationnels, en améliorant leurs capacités de coordination et de planification en matière de gestion de crises. Le commandant adjoint de la Gendarmerie du Niger, le Colonel Salifou WAKASSO et du responsable de la formation des Forces armées nigeriennes, le Colonel-major Oumaraou Namata se sont déplacés pour remettre les diplômes aux stagiaires.

EUCAP Sahel Mali atteint sa vitesse de croisière : plus de 360 maliens formés

Un agent de police féminin en formation de droits de l’Homme et Genre (Crédit : EUCAP Sahel Mali)

La mission de renforcement des capacités des forces de sécurité intérieure maliennes, EUCAP Sahel Mali, a atteint sa vitesse de croisière avec la réalisation d’un grand nombre de formations et d’activités de conseil pour de la Police, la Gendarmerie et la Garde Nationale. 360 cadres et nouveaux formateurs ont déjà reçu des formations (de 2 à 4 semaines) dans les domaines du management, de la déontologie et de l’éthique, des droits de l’homme et du genre, ainsi que dans les domaines du commandement opérationnel et des compétences professionnelles (sécurité publique générale, police judiciaire et contre-terrorisme, maintien de l’ordre, renseignement, gestion des ressources humaines, contrôle des frontières) selon leur unité d’appartenance. « Six mois après son lancement officiel, la Mission, est arrivé à sa pleine capacité opérationnelle avec environ 70 experts internationaux sur place, dont une grande partie est issue des services de police et de gendarmerie européens. », a souligné le chef des opérations, John Veneau, le 1er août.

Bangui (République Centrafricaine). Visite au camp de formation Kde assai 

20150717

Le général de Rousiers a également rencontré la présidente de la RCA Catherine Samba-Panza, le Premier ministre Mahamad Kamoun, la ministre de la Défense, le chef de mission de l’Union africaine  et le Secrétaire général de la Minusca. (Crédit : EUMAM RCA)

Le général Patrick de Rousiers, président du Comité militaire de l’Union européenne, s’est rendu le 17 juillet à Bangui pour visiter la mission européenne de formation de l’armée centrafricaine (EUMAM RCA). Il a visité le camp de formation de Kassai pour obtenir une impression de première main de son état. Une fois reconstruit, le camp Kassai devrait devenir l’une des plus importantes installations de formation des Forces armées centrafricaines (FACA). Le général de Rousiers a souligné l’importance de la contribution d’EUMAM à l’approche globale de l’Union européenne en RCA: « Je félicite chacun d’entre vous sur ce que vous avez accompli ici jusqu’à présent. Il n’est pas facile, mais c’est un travail important. En conseillant sur les procédures de base dans le flux de travail du ministère de la Défense et l’état-major des FACA, vous avez contribué à leur fondation stable. Pourtant, il reste beaucoup à faire dans la préparation d’une réforme du secteur de la sécurité. »

(nouvelles rassemblées par Leonor Hubaut)

Lire aussi sur les missions de la PSDC :

Un accord de paix au Mali

(BRUXELLES2) La signature d’un accord de paix au Mali par toutes les parties suscite de l’espoir.

Il y a 2 ans et demi lors de l’offensive des rebelles soutenus par les mouvements « terroristes », on ne donnait pas cher de la stabilité de ce pays. La réplique éclair des Français en a surpris plus d’un. Parfois raillée, à mi-voix, par certains (rares) responsables européens comme l’expression d’un colonialisme mal digéré, elle est aujourd’hui saluée unanimement par tous comme la bonne réaction au bon moment.

Cet accord de paix a donc été salué dans de nombreuses capitales. Du côté de l’Union européenne, on se félicite de cette « nouvelle étape importante du long processus visant à rétablir la confiance mutuelle ». « Cet Accord va contribuer à la restauration de la stabilité et de la sécurité, à l’amélioration des conditions de vie pour la population et ouvrira la voie à la réconciliation nationale » soulignent dans un communiqué commun la Haute représentante de l’UE, Federica Mogherini, et le commissaire chargé du Développement, Neven Mimica.

Les Européens saluent « les efforts remarquables des parties signataires pendant les négociations » tout comme l’engagement « de l’Algérie, qui a conduit la médiation ». Maintenant il faut appliquer cet accord dans ses moindres détails. « Toutes les parties doivent maintenant remplir leurs obligations, et en priorité respecter le cessez-le-feu encore fragile que tous les groupes armés se sont eux-mêmes engagés à respecter. Il est tout aussi important que le Gouvernement du Mali joue un rôle moteur dans le processus de réconciliation. La réussite de la mise en œuvre de l’Accord dépendra également des réformes qui seront menées dans les secteurs de la décentralisation, de la justice et de l’enseignement, ainsi que de la lutte contre la corruption et l’impunité.

Mais la communauté internationale doit veiller au grain. « L’Accord de paix contient également des engagements pour les membres de la médiation, y compris pour l’UE, et prévoit l’implication des membres du Conseil de Sécurité des Nations Unies au sein du Comité de Suivi de l’Accord ». C’est la MINUSMA, lors du renouvellement de son mandat, qui « aura un rôle spécifique et de chef de file dans la mise en œuvre de l’Accord de paix et bénéficiera de tout notre appui ».

L’Europe « est prête à participer activement, en particulier dans le domaine du développement, ainsi que celui de la réforme du secteur de sécurité en mettant à contribution les missions PSDC (*) déjà opérationnelles au Mali » précisent les Européens. Elle « reste prête à mobiliser tous les instruments à sa disposition afin de contribuer au renforcement de la paix et la stabilité pour la population du pays.» Plusieurs domaines ont été jugés prioritaires pour conforter l’accord de paix : 1) consolidation de la paix et réforme de l’état, 2) sécurité alimentaire et développement rural, 3) éducation et 4) infrastructures.

(NGV)

(*) La mission de formation de l’armée malienne (EUTM Mali) et la mission de renforcement des capacités des forces de sécurité (EUCAP Sahel Mali).

Debarq4X4Somalie@Eunavfor1503

Dernières nouvelles des missions de maintien de la paix de l’UE (PSDC) – mars 2015

(B2)

La garde-côte somalienne équipée de 6 véhicules 4×4 et matériel de communication

Debarq4X4Somalie@Eunavfor1503

déchargement d’un des Nissans par des militaires français (EUNAVFOR) et italiens (EUTM Somalie)

Six véhicules Nissan 4 × 4, du matériel de communication (GPS) et informatique, viennent d’être remis à la mi-mars à la Garde côtière fédérale somalienne. Un transfert qui a été officialisé, le 15 mars, lors d’une cérémonie tenue sur le compound d’EUCAP Nestor à Mogadiscio, en présence du conseiller à la sécurité nationale du Président de la Somalie, le général Abdirahman Sheikh Issa, du chef des forces de défense, le général Adan Dahir Elmi et du chef de la Garde côtière somalienne, l’amiral Nurey. « Cette livraison de ces matériels contribue à renforcer la capacité à terre et la connectivité informatique » des gardes-côtes libyens, a expliqué Etienne de Poncins, le chef de mission EUCAP Nestor. Elle vient compléter le travail effectué « ces 12 derniers mois, par EUCAP Nestor, assistée par la Force navale de l’UE et d’autres partenaires, pour assurer la formation à à l’enquête maritime, à la navigation et aux compétences maritimes de base pour les agents et les nouvelles recrues de la garde-côte somalienne ». Un équipement plus qu’utile… nécessaire, selon le général Abdirahman Sheikh Issa. Car « la Somalie a un long littoral qui doit être protégé ». L’opération a été réalisée en commun par les trois missions de l’Union européenne dans la zone. C’est en effet le navire amiral de la Force navale de l’UE, le néerlandais Johan de Witt, qui a aidé à livrer deux des véhicules par mer tandis que le personnel de l’EUTM Somalia, sécurisait et aidait les équipes sur le terrain.

La mission de renforcement des capacités au Mali (EUCAP Sahel Mali) a débuté, le 5 mars, sa tournée à travers le Mali. Son objectif est de se faire une propre image de la relation entre forces de sécurité et population dans les différentes régions du pays. La première escale a été à Mopti où la petite délégation a rencontré la société civile de Mopti ainsi que les chefs régionaux des trois forces. La mission a pu « collecter de très précieuses informations qui lui permettra de mettre l’accent sur la « police de proximité » dans ses formations afin de regagner la confiance de la population locale » indique un communiqué de la mission.

L’Eurocorps dans EUTM Mali au second semestre

L’Eurocorps sera engagé pour la prochaine période d’EUTM Mali. Il formera le « noyau clé » du commandement de la mission européenne EUTM Mali au deuxième semestre 2015, avec une cinquantaine des personnels engagés. C’est le premier déploiement sous l’égide de l’Union Européenne pour cet état-major européen. Durée de la mission : 6 mois.

(NGV)

LogoEucapSahelMali

Les Européens lancent une nouvelle mission au Mali et une autre en Centrafrique

LogoEucapSahelMali(BRUXELLES2) Les ministres des Affaires étrangères de l’UE ont décidé de lancer, officiellement, ce lundi (19 janvier) une nouvelle mission au Mali, destinée à renforcer la capacité des forces de sécurité intérieure maliennes. Et ils ont décidé d’en lancer une prochainement en Centrafrique (EUMAM RCA)

Objectif : renforcer l’Etat malien, et ses forces de sécurité

Dénommée EUCAP Sahel Mali, la mission déployée au Mali, sera une mission civile, avec pour principal objet d’aider les autorités maliennes de « restaurer et maintenir l’autorité et la légitimité de l’État sur l’ensemble du territoire malien ».

Quatre objectifs précis sont fixés dans le mandat : « 1) améliorer l’efficacité opérationnelle, 2) rétablir les chaînes hiérarchiques respectives (des forces de sécurité intérieure), 3) renforcer le rôle des autorités administratives et judiciaires en matière de direction et de contrôle de leurs missions, 4) faciliter le redéploiement (des forces de sécurité et de l’Etat) au nord » du pays. La mission disposera d’un budget de 11,4 millions d’euros (annuel).

La dernière pièce de la mosaïque européenne au Sahel

Comme me l’avait confié le chef de la mission, le diplomate allemand Albrecht Conze, lors de son passage récent à Bruxelles (*) « C’est la dernière pièce de la mosaïque » européenne au Mali, comme au Sahel, aux côtés de la mission de renforcement des capacités au Niger (EUCAP Sahel Niger) et de la mission de formation malienne (EUTM Mali). Mosaïque européenne qui souffre cependant d’une grave défaillance : en Libye.

Remettre sur pied l’armée centrafricaine

En Centrafrique, l’objectif fixé à la mission de conseil (EUMAM RCA) est assez semblable dans l’objectif : renforcer l’Etat de droit. Mais cette fois, il s’agit d’aider à restructurer et remettre sur pied les FACA, les forces armées centrafricaines, complètement bouleversées par le conflit civil qui a ravagé le pays ces derniers mois.

(NGV)

Lire aussi : L’Europe va former policiers et gendarmes maliens

(*) Plus de détails sur le Club : La mission EUCAP Sahel Mali se met en place. Priorités et défis

 

L’Europe va former policiers et gendarmes maliens

(BRUXELLES2 à Luxembourg) Les 28 ont approuvé le cadre d’une nouvelle mission destinée à renforcer l’Etat de droit au Mali. La mission EUCAP Sahel Mali aura pour rôle de former et d’assurer la restructuration des forces de sécurité — police, gendarmerie, garde nationale — maliennes. Cette mission constitue le pendant « civil » de la mission de formation de l’armée malienne (EUTM Mali).

La mission comprendra un volet de conseil stratégique – au plus haut niveau y compris des ministères – ainsi que des formations à l’intention des trois forces de sécurité intérieure du Mali. Un complément « important à l’effort de l’Union européenne pour la stabilité, les réformes institutionnelles et le plein rétablissement de l’autorité de l’Etat malien dans l’ensemble du pays » souligné-t-on au service diplomatique européen (SEAE).

L’état-major de la mission sera installé à Bamako, la capitale du Mali. Le mandat de la mission aura une durée initiale de deux ans à partir de son lancement. Un budget de 5,5 millions d’euros a été alloué pour la phase de démarrage, qui durera neuf mois et s’achèvera le 14 janvier 2015.

Commentaire : cette mission aurait dû être lancée il y a presque deux ans. Mais le coup d’Etat puis l’offensive des mouvements rebelles avaient renversé la donne et mis la priorité sur le rétablissement de l’armée malienne avant le renforcement des forces de sécurité intérieur. La stabilisation relative du Mali, comme le bon déroulement des élections et la constitution d’un gouvernement élu, ont rendu possible cette mission. Les premiers recrutements ont commencé pour constituer le premier noyau dur de EUCAP Mali mais la mission ne devrait pas être lancée avant plusieurs semaines, une fois le chef de la mission recruté. Le déploiement et la montée en puissance se feront progressivement d’ici la fin de l’année.

(NGV)

Lir aussi (sur le Club) – davantage de précisions :

La mission PSDC pour le Sahel attendra encore bien un peu… (Maj)

(BRUXELLES2) Le dossier « Sahel » ne devrait pas figurer sur la table des ministres des Affaires étrangères et de la Défense. Au grand dam de plusieurs pays, notamment de la France ou de l’Espagne, qui poussent à ce que l’Europe s’investisse en matière sécuritaire dans cette région, notamment via une mission PeSDC, et ne se concentre pas uniquement sur le développement. « Pour réinstaller la population dans le nord (du Mali, du Niger), il faut de la sécurité, et des militaires dans la zone » explique un diplomate vert d’impatience. Mais « on rame ». Une des idées développées passerait par la formation des personnels de ces différents pays, la fourniture de matériels, mais aussi par un soutien renforcé au Cemoc – la coordination des chefs d’Etat-Major des pays du région (Algérie, Niger, Mauritanie, Mali) et un dialogue avec l’Algérie, pays sans qui on ne peut rien faire dans la région (*).

Une lente prise de conscience

Autour de la table des ambassadeurs du COPS, les sentiments restent en effet partagés. Mais les sentiments évoluent. Les Britanniques seraient prêts à laisser faire une opération tandis que les Allemands ne sont pas « contre ». Les pays d’Europe centrale et orientale sont pas très enthousiastes. Cette zone paraît un « peu loin ». On se méfie de cette « nouvelle » idée franco-espagnole tout comme d’une nouvelle mission basée sur la lutte anti-terroriste (le souvenir irakien et afghan est encore très présent), et on préférerait que les missions en cours comme EUMM Georgia ou Althea Bosnie soient mieux pourvues.

Le « problème » : le SEAE

Mais ce qui manque surtout, apparemment, c’est une initiative du service diplomatique européen. « Le problème, c’est le SEAE », précise un expert du dossier, sans doute trop poli pour ne pas désigner la source du problème : Catherine Ashton qui ne s’intéresse pas au dossier. Un document devrait être préparé. Mais il ne sera apparemment prêt que… le 8 décembre. Soit quelques jours après la réunion des ministres ! Commentaire acerbe de notre expert : « Vous savez. C’est comme le gars qui vient pour mettre l’électricité pour le mariage et arrive le lendemain. C’est bien. Mais c’est un peu tard. Le mariage s’est déroulé à la bougie et est déjà terminé. C’est çà le SEAE ! ».

Commentaire : cette lenteur n’est pas sans rappeler – toutes proportions gardées – le prélude à l’opération anti-piraterie Eunavfor Atalanta ou EUTM Somalia. On retrouve un petit groupe de pays très allants (les mêmes, Français et Espagnols) et les autres attentistes ou réticents. En 2008, sous le coup de butoir des prises de bateaux par les pirates, plusieurs pays de ce deuxième groupe (Royaume-Uni, Pays-Bas, Italie…) avaient basculé, pris conscience de la nécessité d’une opération PSDC, donné leur feu vert à l’opération, voire poussé à une réalisation rapide. Le tout aidé – il est vrai – par un Haut représentant qui savait pousser un dossier dans les interstices de l’incertitude. J’avais écrit alors, les pirates sont les meilleurs alliés de l’Union européenne. Cela peut paraître cynique. Mais c’est la réalité. Et le scénario semble se répéter aujourd’hui. Les derniers évènements dans le Sahel – 2 Français, 1 Néerlandais, 1 Suédois, 1 Sud-Africain enlevés et 1 Allemand tué dans deux évènements séparés jeudi et vendredi derniers (24 et 25 novembre), les uns dans le village de Hombori près de la frontière du Niger, les autres à Tombouctou (Mali) – pourraient accélérer cette prise de conscience. Je crains qu’il en faille encore, malheureusement, deux ou trois… avant que l’Europe à l’action.

(Maj) Accélérer le travail

Les 27 ont reconnu le 1er décembre rester « engagés pour faire face aux défis de la sécurité au Sahel ». Ils ont demandé à « la Haute représentante d’aller de l’avant dans le travail préparatoire pour un examen ultérieur d’ici la fin de l’année dans l’objectif d’un engagement de la PSD pour renforcer les capacités de sécurité dans la région, en étroite coopération avec l’Union africaine. »

(*) Le CEMOC – Comité d’état-major opérationnel conjoint – a été créé il y a deux ans. Il est installé depuis avril 2010 à Tamanrasset en Algérie et présidé par un général d’un des quatre pays fondateurs selon une rotation annuelle. C’est un Mauritanien, le général de brigade Mohamed Ould Cheikh, qui a récemment pris la présidence, succédant à son homologue malien. Le Cemoc a plusieurs fonctions : la collecte et l’exploitation des renseignements, la mise en place d’un réseau radio commun (le « réseau Ténéré), la planification d’un état-major multinational et l’organisation d’opérations coordonnées.