L'Adroit (crédit : Eunavfor Atalanta)

Dernières nouvelles des missions de maintien de la paix de l’UE (PSDC) – avril 2015

(BRUXELLES2)

Port Victoria (Seychelles) – Exercice de recherche et sauvetage d’urgence

« 13 passagers et 2 membres d’équipage d’un avion qui a amerri en mer après des problèmes de moteur, à récupérer, dans un canot pneumatique dérivant au large ! « C’est le scénario de l’exercice organisé par les Européens de la mission de renforcement des capacités maritimes (EUCAP Nestor) et le navire amphibie néerlandais Johan de Witt (L-801), qui participe à l’opération anti-piraterie de l’UE (Eunavfor Atalanta) avec les agences seychelloises compétentes (gardes-côtes, armée de l’air, autorité civile d’aviation et administration de sécurité maritime). Après le signal «Mayday», le navire des gardes-côtes seychellois, le Topaz, s’est immédiatement déployé sur les lieux, avec un avion de patrouille maritime de la Seychelles Air Force. Le but de l’exercice était de tester les plans et les procédures pour les opérations de recherche et de sauvetage d’urgence. L’année dernière, deux grands exercices ont déjà été réalisés, un exercice de lutte contre la piraterie et un exercice de déversement de pétrole. Tous avec le même objectif de mettre en pratique la coopération entre les organismes participants dans des scénarios spécifiques.

Océan Indien (Atalanta) – L’Adroit rejoint la lutte contre anti-piraterie de l’UE

L'Adroit (crédit : Eunavfor Atalanta)

L’Adroit (crédit : Eunavfor Atalanta)

Le patrouilleur français de haute mer, l’Adroit (P-725) a rejoint, à la mi-avril, l’opération de lutte anti-piraterie (Eunavfor Atalanta) pour trois mois. Il avait appareillé le 10 mars du port de Toulon mais, avant de rejoindre l’opération européenne, a participé (sous commandement national) à une opération d’évacuation au Yemen (lire : Une centaine de ressortissants évacués du Yémen par la Royale) et a également escorté des navires de réfugiés qui fuyaient le pays vers Djibouti.

Ce navire peut être équipé d’un drone et d’un RHIB et peut accueillir un hélicoptère. Il a un statut particulier au sein de la Marine. C’est l’industriel DCNS qui l’a « mis à la disposition » jusqu’à l’été 2015. Cela permet à la marine nationale de disposer d’un navire supplémentaire et à l’industriel d’en tester toutes les capacités.

Niamey (Niger) – Formation à la gestion du parc de véhicules

Crédits : EUCAP Sahel niger

Elèves mécaniciens  après la formation. Crédit : EUCAP Sahel niger

Une formation en gestion de parc de véhicules a été dispensée par les experts européens d’EUCAP Sahel Niger. Il s’agissait de la seconde session de formation de ce module. 21 mécaniciens de la Gendarmerie venus de toutes les régions y ont participé. Cette formation s’inscrit du renforcement des capacités nigériennes dans le domaine des matériels roulants. Des activités des ateliers automobiles des différentes forces ont déjà permis de renforcer les actions de maintenance avec la fourniture d’outillage.

Bangui (RCA) – Premières réunions entre Européens et la défense centrafricaine 

Le général Laugel a présenté la nouvelle mission militaire de l’Union européenne en Centrafrique (EUMAM RCA) au ministère de la Défense et de l’Etat-major général de la République centrafricaine. Une première occasion pour les conseillers de EUMAM de rencontrer leurs homologues nationaux. Lire aussi : EUMAM RCA lancée. Mais effet retard pour les effectifs

 

Ramallah (Palestine) – Des kits d’identification pour la police

La mission européenne de soutien à la police palestinienne (EUPOL Copps) a remis des kits de preuves au responsable du Système d’identification automatique d’empreintes digitales de la police civile palestinienne (PCP). Le département des districts de la police est à court de sacs plastique adéquats pour recueillir les preuves et objets saisis. La livraison prévoit de couvrir les besoins du Département des enquêtes criminelles pour les trois prochaines années. Cela permettra aux enquêteurs sur les lieux du crime de recueillir des éléments sans compromettre la nature des preuves. (Lire notre reportage, à suivre…)

 Kiev (Ukraine) – Réforme du Service pénitentiaire ukrainien

Crédit: EUAM Ukraine

 Crédit: EUAM Ukraine

La coopération avec le Service pénitentiaire d’Ukraine (SPV) et la mission européenne sur l’aide à la réforme du secteur de la sécurité intérieure en Ukraine (EUAM Ukraine) a démarré. Durant cette première réunion de travail, les représentants du SPV et le chef de la mission, Kálmán Mizsei, se sont engagés à élaborer un mémorandum de réformes.

Odessa (Ukraine) – Aide à la mise en place de la zone de libre échange

Une première réunion du groupe de travail, avec l’aide d’EUBAM Moldova-Ukraine, a permis d’identifier les besoins clés pour aider la Moldavie comme l’Ukraine à remplir leurs obligations douanières en vertu de l’Accord d’association et pour la mise en place d’une Zone de libre échange entre l’Ukraine/Moldavie avec l’UE. Les priorités seront l’introduction d’opérateurs économiques agréés, un système de garantie de la dette douanière, d’un nouveau système de transit informatisé, et d’un audit et contrôle post-dédouanement. L’assistance européenne inclura un soutien dans l’infrastructure, la législation et la formation.

Kabul (Afghanistan) – Signature d’un protocole de coopération sur la Police

La mission européenne d’assistance à la police (EUPOL Afghanistan) a signé un protocole de coopération avec le ministère afghan de l’Intérieur, le 23 avril. EUPOL veut mettre l’accent pour 2015-2016 sur trois domaines clés : la réforme institutionnelle au sein du ministère de l’Intérieur, la professionnalisation de la Police nationale afghane, le développement de liens entre la justice et la police.

(Leonor Hubaut)

Autres nouvelles :

Véhicules de surveillance de la mission EUMM Georgia (crédit : EUMM Georgia)

Je veux des policiers européens sur la frontière avec la Russie, dit Porochenko. Chiche ?

Véhicules de surveillance de la mission EUMM Georgia (crédit : EUMM Georgia)

Véhicules de surveillance de la mission européenne en Géorgie à la « ligne de contact » avec l’Ossétie du Sud (crédit : EUMM Georgia)

(BRUXELLES2) C’est le président ukrainien, Petro Porochenko, qui a lancé l’idée ce mercredi (soir), après une réunion du Conseil de sécurité nationale et de défense ukrainien. Réunion qui a suivi le repli des forces armées ukrainiennes de la poche contestée de Debaltseve (*). L’Ukraine a décidé officiellement « de faire appel à l’ONU pour envoyer une mission de maintien de la paix en Ukraine, qui opérera sous le mandat du Conseil de sécurité des Nations Unies ». « Le meilleur format pour nous – ce serait une mission de police de l’Union européenne ». Cette mission aurait pour but de surveiller la frontière entre l’Ukraine et la Russie ». Ce serait « la meilleure option pour garantir la sécurité, dans une situation où le cessez-le-feu n’est respecté ni par la Russie, ni par ceux qui la soutiennent », a-t-il affirmé. La demande ainsi formulée suscite quelques interrogations.

Est-ce dans l’accord de Minsk ?

Tout d’abord, dans les accords de Minsk, conclus la semaine dernière, la reprise du contrôle des frontières était dévolue par l’OSCE. Ce contrôle des frontières devait se produire dans une sorte de donnant-donnant avec le processus politique, notamment la réforme constitutionnelle visant à octroyer une large autonomie aux provinces de l’Ukraine. « Autonomie que les Ukrainiens ont toujours promis. Mais qu’ils ont toujours repoussée » ainsi que l’a confirmé à B2 un diplomate européen. En donnant, tout de suite, ce rôle à l’Union européenne, on change un peu le processus de Minsk. Ce n’est d’ailleurs pas impossible, celui-ci laissant de larges zones d’ombre. Mais le gouvernement ukrainien laisse une impression désagréable : celui de vouloir revoir les règles, à peine celles-ci signées.

Un accord de Moscou nécessaire dans tous les cas

Ensuite, il faut bien prendre conscience qu’un accord politique (et même opérationnel) de Moscou va être requis, que ce soit par un passage au Conseil de sécurité de l’ONU, pour une mission sous chapitre VII de la Charte (avec le droit de veto de la Russie), ou pour une mission « à l’invitation de l’Ukraine », sans passer automatiquement par l’ONU, ce qui est possible en soi, mais nécessite, là encore, l’accord intrinsèque de Moscou. Il faudra compter aussi sur un accord des séparatistes russes. L’un n’étant pas automatiquement comptable de l’autre (dans un jeu parfois très byzantin).

Une mission de police uniquement ?

Enfin, la nature même de la mission (« de police ») interpelle. On serait davantage dans une mission mixte : à la fois d’interposition, type militaire, d’observation musclée (type EUMM Georgia +), avec une composante « gestion de frontières » (EUBAM). Il faudra aussi définir s’il s’agit d’une mission militaire ou civile (a priori c’est plutôt de ce ressort) et surtout si les hommes/femmes déployés sur le terrain seront, ou non armés (a priori, vu la situation, l’armement parait obligatoire).

Vu l’étendue de la frontière, ce type de missions nécessitera largement plus d’hommes et de matériels que pour la mission EUMM Georgia. Il y a au moins 400 km de frontières qui sont hors contrôle de l’Ukraine, selon ce que m’ont dit les gardes-frontières ukrainiens (lire : Les gardes frontières ukrainiens… sur la ligne de front). Et les risques encourus, comme la durée et l’intensité du conflit (+ 5000 morts en Ukraine sur plus de 10 mois de conflit contre environ 1000 morts en Géorgie sur quelques semaines) nécessitent une mission « robuste » d’au moins un millier de personnes (avec une Quick Reaction force, un hôpital de type Rôle 2, des hélicoptères, etc.).

Un défi pour l’Europe (et pour Federica Mogherini) ?

La demande de Porochenko met aussi la communauté internationale et l’Union européenne face à leurs responsabilités. C’est un vrai défi qu’il lance à l’Europe. Plutôt qu’un débat, assez théologique finalement sur la livraison d’armes, c’est un vrai enjeu qui est ainsi posé (**). Celle de la capacité de l’Europe à « réagir aux crises dans son plus proche voisinage ». La Haute représentante, Federica Mogherini, avait indiqué à plusieurs reprises que c’était sa priorité première. Elle – et les Européens au travers d’elle – sont désormais au pied du mur. Seront-ils en mesure de relever ce défi, au plan politique comme au plan opérationnel ?

La mise en place de cette mission, à supposer qu’elle recueille les feux verts nécessaires de la communauté internationale implique aussi de relever des défis logistiques importants. L’UE a cependant un avantage : un certain savoir faire acquis, que ce soit en Géorgie, et même en Ukraine de l’autre côté du pays (avec EUBAM Ukraine Moldavie), et une certaine volonté politique attestée lors des différentes réunions du conseil des Affaires étrangères. Répondre à ce défi serait un projet certainement plus fédérateur que de décider de nouvelles sanctions économiques (ou d’aller en Libye). Atout supplémentaire pour l’Union européenne : elle dispose à Kiev d’une petite équipe de spécialistes qui forment la mission (civile) de conseil auprès des forces de sécurité intérieure ukrainienne (EUAM Ukraine)… Allez !

(Nicolas Gros-Verheyde)

(*) le dirigeant russe Poutine avait mentionné, dès la signature des accords de Minsk la semaine dernière, cette poche géographique comme un des problèmes subsistants à régler dans l’est de l’Ukraine (Lire : Les principaux éléments du nouvel accord de Minsk. Un armistice, pas (encore) la paix (maj)) Les séparatistes russes ont pilonné les positions des forces ukrainiennes, quasi-encerclées, qui n’ont eu pas d’autre choix que de quitter la zone. La « ligne de contact » entre les belligérants est désormais plus linéaire, sans l’entaille de Debaltseve, qui avait été la conséquence de la percée ukrainienne pour atteindre notamment les débris du MH17 après sa destruction par des tirs venus des zones pro-russes. Elle devient, du coup, beaucoup plus logique et facile à contrôler.

(**) La surveillance des frontières par l’OSCE apparaissait assez difficile à mettre en place, hors un cadre très apaisé des tensions.

Les gardes frontières ukrainiens… sur la ligne de front

2014-11-29 15.44.39(BRUXELLES2 à Kiev) Dans un bâtiment de la capitale ukrainienne, B2 a pu rencontré les responsables du service des garde-frontières, notamment Vasyl Servatiuk. Il incarne une volonté de renouveau au sein d’un service – qui de l’aveu des experts européens – est de ceux parmi les services de sécurité ukrainiens qui a le mieux intégré l’esprit de réforme.

Faire face à la guerre hybride

« Nous faisons face à des nouveaux défis » explique Vasyl Servatiuk, chef adjoint du service des gardes-frontières. « L’agression militaire de la Russie, qui prend la forme de ce qu’on appelle une guerre hybride, nous oblige à prendre des décisions difficiles mais importantes. Nous devons admettre qu’à ce premier niveau, nous avons pu ne pas être prêts pour de telles formes d’agression. Je doute d’ailleurs qu’aucun pays n’ait un mécanisme efficace pour contrer ce type d’action. »

400 km de frontières avec la Russie hors contrôle

Cinq régions d’Ukraine ont une frontière avec la Russie. Trois de ces régions (Chernihiv, Sumy, Kharkiv) et une partie de Luhansk « sont complètement contrôlées par les gardes frontières » ukrainiens. « On améliore le contrôle dans les postes-frontières et par des patrouilles. Dans plusieurs secteurs, nous faisons appel à des réserves pour pouvoir faire à des agressions ». La situation est maitrisée et une certaine coopération est même assumée avec les Russes. Mais « il reste 400 km (qui) ne sont pas contrôlés malheureusement par nos unités ».

Essayer quand même d’assurer le contrôle

« Nous utilisons différents modus operandi, on utilise notre influence, pour essayer d’assurer un contrôle de ces régions : les accords signés entre l’Ukraine et la Russie sur des contrôles conjoints (dont le centre est placé à Donetsk), les rapports des observateurs. On note les violations des frontières, le passage des soi disant convois humanitaires russes. On essaie d’initier des contrôles conjoints Russes et Ukrainiens, à Kuibyshevo-Diakove. Mais, si on me demande si çà marche, je dois reconnaître que non. » affirme Vasyl Servatiuk.

Principale tâche : gérer la crise à l’Est

« Notre principale tâche est de gérer la crise dans l’est du pays » confie-t-il. Les gardes-frontières ont été redéployés le long de la ligne de contact qui court sur 500 km et sur 2 régions. Cette ligne de contact est « contrôlée par nos unités de gardes frontières. Ils sont en contact avec des unités de l’armée, pour assurer dans le cadre compétences, le contrôle des passagers et des véhicules ». Il y a 20 points de contrôle, comme des points de passage mais pas des postes frontières (Border Crossings points). « Nous avons des patrouilles pour contrôler des groupes de sabotage, attaques, le passage des armes et des munitions. »

Des pertes significatives

Dans cette mission, les gardes frontières sont en première ligne. « Des véhicules ont explosé, et des gardes frontières ont été attaqués soudainement, juste un jour » Ils ont payé un lourd tribut à cette guerre : « 62 morts, 350 blessés, 11 disparus, 1 prisonnier ».

Une situation totalement différente à l’Ouest

La situation est « complètement différente à l’Ouest, avec la Pologne, la Slovaquie, la Hongrie et la Roumanie ». La coopération fonctionne « bien avec la Pologne, la Roumanie, la Hongrie, la Slovaquie. non seulement sur la base des traités internationaux mais dans un esprit de respect mutuel et de confiance ». Nous avons ainsi pu « relocalisé des unités de l’ouest vers l’est. Il y a suffisamment de moyens avec les pays européens pour assurer nos tâches habituelles. »

Une assistance européenne et américaine

L’équipement des gardes-frontières provient « des réserves ou, pour, une partie de l’armée et a transféré à l’Est. Nous avons bénéficié également d’une assistance internationale des pays européens et des Etats-Unis, avec des experts, des moyens de surveillance, des systèmes de vision de nuit, des véhicules. » Cette assistance est « significative mais ce pas encore assez. L’agresseur russe et les séparatistes ont reçu des armes et des équipements, meilleurs et en plus grand nombre que ceux que nous avons. »

… mais pas suffisante

Pour les Ukrainiens ce qui est frappant est la différence de moyens. « On est une agence gardes frontières mais nous devons faire face à une guerre. Les Russes utilisent des RPG, et anti tanks. Nous avons besoin équipements pour réagir à ces actes : des véhicules blindés, des moyens de vision nocturne, de reconnaissance de la technologie, des matériels anti tanks également. » Outre l’équipement, il s’agit d’avoir de l’expertise et de la formation. « On doit aussi former nos personnels au contact, se doter d’unités anti sniper ou lutter contre des groupes de sabotage. On a besoin de spécialistes pour cela. »

L’autre bataille : celle de l’information

Le conflit se poursuit également sur les médias. « La guerre de l’information, qui est en cours contre nous, poursuit l’objectif de discréditer nos aspirations de la population ukrainienne pour rendre les changements de pivot efficaces. » Là aussi les Ukrainiens réclament un « soutien dans la bataille de l’information. Nous attendons que l’UE et les médias disent la vérité sur ce qui se passe à l’est de l’Ukraine. Les médias russes ont une influence significative sur les citoyens européens. » Par exemple, il y a eu une information « sur les médias russes qu’un enfant avait été crucifié ». Information fausse. « Nous devons en permanence restaurer la vérité sur ce qui se passe en Ukraine. »

(Nicolas Gros-Verheyde)

© NGV / B2

Au siège de EUAM Ukraine, dans le casino… en attendant mieux

© NGV / B2

Dans le QG de la mission EUAM Ukraine © NGV / B2

(BRUXELLES2 à Kiev) L’équipe de la mission européenne de conseil (EUAM Ukraine) est, pour l’instant, logée … à l’hôtel dans le centre de Kiev, non loin de la mission d’observation de l’OSCE.

Faites vos jeux !

Un lieu provisoire en attendant de trouver un siège pour la mission. Mais un emplacement étonnant ! La mission a, effectivement, établi son QG… dans ce qui était parfois un casino. Les ordinateurs ont remplacé les roulettes. La fontaine à eau et la machine à café le bar à whisky ou alcool. Les croupiers ont laissé la place aux « watchkeepers » (les veilleurs).

A chaque groupe de tables, sa spécialité

A droite, en entrant, les « experts » et advisers (conseillers), à l’arrière dans un coin de la salle les responsables de la sécurité. Ils sont 5-6, chargés de veiller à ce que rien ne vienne troubler la sérénité de la mission. Sur la gauche, les watchkeepers et les équipes d’outreach, qui vont se dispatcher, de « façon régulière » – comme l’a expliqué le chef de mission, Kalman Mizsei, dans toute l’Ukraine. Ils sont, pour l’instant, également une petite demi-douzaine. Plus loin, l’équipe de support et de logistique de la mission. Dans un bureau, dont la porte reste ouverte en permanence, le chef de cabinet et l’équipe de direction. Au final, cela ressemble à un centre d’opération classique ou un desk de rédaction, moquette épaisse au goût un peu criard et lustres mis à part.

Des effectifs logés en ville

Les effectifs d’EUAM ont logé, dans un premier temps, sur place, à l’hôtel. « Une vie collective, très intense. Nous travaillions quasiment 7 jours sur 7 » raconte un de ses membres présents quasiment depuis le début. Cette disposition « a facilité la tâche » au départ. Mais cela signifiait de vivre en permanence l’un avec l’autre. « Ce qui, à la longue, peut user ». Désormais, chacun a pris ses quartiers dans des appartements en ville. Et plus personne ne loge à demeure à l’hôtel.

En formation "sécurité" à EUMM Georgia

En formation « sécurité » à EUMM Georgia

Une formation à la sécurité

Avant de prendre pied en Ukraine, chacun des membres de la mission a subi une courte formation à la sécurité, et aux règles élémentaires. Une formation dispensée au sein d’une autre mission européenne à Tbilissi au sein d’EUMM Georgia. L’avantage de ce lieu est qu’il est assez proche en termes à la fois de climat météorologique, d’ambiance et proximité avec le monde russe.

Trouve le siège pas si évident

Ce qui pourrait apparaitre facile — trouver un bâtiment pour établir, de façon plus définitive, la mission — ne l’est pas tout à fait en réalité. Il faut tout d’abord l’accord SOMA avec les Ukrainiens soit signé (ce qui est déjà le cas) mais aussi ratifié par la Rada (le parlement ukrainien) pour donner à la mission européenne sa capacité à agir. Il faut ensuite trouver le propriétaire idoine, qui soit en règle avec la loi et pas crapuleux. Ce qui ne semble pas automatiquement facile à facile. La mission avait trouvé plusieurs locaux pouvant servir de QG. Dans un cas, il y avait deux propriétaires en fait ; et le second n’était pas joignable. Dans l’autre, le propriétaire était plutôt louche. Un ou deux bâtiments ont été récemment sélectionnés, qui pourraient convenir, à proximité de la place Maïdan et de la place de l’Europe. La négociation est en cours. Et l’acte pourrait ainsi être signé (dès que le SOMA sera en vigueur)

Des règles financières toujours aussi rigides

Ordinateurs et imprimantes bloqués en douane, difficulté à passer des appels d’offres, rigidité des règles financières et de marchés publics européennes ne serait-ce que pour acheter quelques matériels de base (comme une imprimante ou des drapeaux), le système financier européen n’apparait pas vraiment très efficient ni adapté aux réalités d’une mission européenne de la PSDC qui doit rapidement produire ses effets et pouvoir disposer de moyens en partant de zéro. « Et encore – remarque un membre de la mission – nous ne sommes pas sur un terrain opérationnel ».

Commentaire : Ce fait ne sera pas une nouveauté pour ceux qui pratiquent régulièrement les missions européennes. Chaque responsable de mission civile ou opération militaire se plaint de ces dispositions, rigides, inadaptées, parfois ultra-bureaucratiques pour des sommes parfois peu importantes. On peut se demander quelle crédibilité ont les Européens à venir prôner moins de bureaucratie dans certains pays là où leurs propres règles sont contraires au principe d’efficacité.

(Nicolas Gros-Verheyde)

Lire la suite du reportage :

Les gardes frontières ukrainiens… sur la ligne de front

Les combats à l’est de l’Ukraine. Une réalité moins simple que l’apparence

Objectif : rétablir la confiance, sortir de l’ère soviétique (EUAM Ukraine)

Kalman Mizsei © NGV / B2

Objectif : rétablir la confiance, sortir de l’ère soviétique (EUAM Ukraine)

Kalman Mizsei © NGV / B2

Kalman Mizsei © NGV / B2

(BRUXELLES2 à Kiev) Kalman Mizsei a donné le signal, ce lundi (1er décembre) à Kiev, du lancement de la mission de conseil à la police et à la justice ukrainienne (EUAM Ukraine) qu’il dirige. Cela a été fait à Kiev, lors d’une courte conférence de presse donnée au centre de presse de crise installé à l’Hotel « Ukraine », à deux pas de la place Maidan. Une cérémonie plus officielle aura lieu ce soir avec les différents représentants du gouvernement et de la communauté internationale.

Le maitre-mot : rétablir la confiance

La réforme de la police, de la justice « est un des meilleurs gages de la stabilité pour l’Ukraine » a mis en exergue Kalman Mizsei. Et le maitre mot de cette réforme est la « confiance ». Il s’agit de mettre en « conformité le système ukrainien avec les valeurs européennes », les droits de l’Homme, comme de « mettre en œuvre l’agenda de l’accord d’association ». De façon générale, souligne-t-il, le « problème est l’héritage soviétique. Les réformes ont été moins fondamentales en Ukraine (après 1991) que dans d’autre pays baltes. »

De multiples problèmes

La tâche est importante et recouvre un certain nombre de réformes. Au niveau institutionnel, « beaucoup d’organisations (de services de sécurité ou de justice) ont un très large mandat. Et ce mandat n’est pas vraiment contrôlé par les organes démocratiques. » La corruption existe dans plusieurs secteurs (police, justice…). Les droits de l’Homme ne sont pas toujours respectés lors des poursuites judiciaires. Et les jugements ne sont pas équilibrés.

Une mission de « conseil »

EUAM Ukraine reste une mission « de conseil » pour les réformes a souligné le chef de la mission européenne. Mais la conduite des réformes « appartient aux autorités ukrainiennes », selon le principe du « ownership ». Elle vise à réformer les poursuites judiciaires (prosecution) et les services chargés de faire appliquer la loi (NB : police, gardes frontières, services secrets, etc.). Mais elle ne concerne « pas les structures de défense » qui sont hors du champ de la mission.

Le moment est opportun pour agir

Pour Kalman Mizsei, le moment est opportun et symbolique. Cela « coïncide avec la mise en place d’un nouveau gouvernement » (NB : le gouvernement pourrait être présenté ce mardi) comme avec l’anniversaire du référendum de l’indépendance de l’Ukraine et des premières manifestations à Maidan l’année dernière. La naissance d’une nouvelle « conscience de la société civile, née des manifestations de Maidan » est un élément déterminant selon lui. « La société ukrainienne, je pense, est prête à ces réformes. Ce ne sera pas facile. Mais c’est vraiment le moment pour l’Ukraine de pousser aux réformes. Maintenant il est temps d’agir. »

Le pire des systèmes : la justice

Un point de vue dont on semble bien conscient au sein des nouveaux dirigeants du pays. Le président ukrainien, Petro Porochenko, lors de son discours d’inauguration du nouveau parlement élu (la Rada), jeudi (27 novembre), décrivait « notre système judiciaire (comme)  la pire des situations » (lire ici sur le Kiev Post).

(Nicolas Gros-Verheyde)

Lire aussi :

Logo-EUAM_Ukrain

La nouvelle mission européenne en Ukraine en phase de lancement

Logo-EUAM_Ukrain

Le logo de EUAM Ukraine, dérivé de la mission « Etat de droit » EULEX Kosovo

(BRUXELLES2) C’est une mission, somme toute assez modeste dans ses moyens mais ambitieuse dans ces objectifs, que vont officiellement lancer les ministres des Affaires étrangères. Dénommée EUAM Ukraine (1), elle ambitionne – selon les termes officiels de la décision – d’apporter assistance et conseils pour la « réforme de la sécurité civile ».

Lancement formel le 1er décembre

La décision est approuvée lundi (17 novembre). Et le ministre ukrainien des Affaires étrangères, Pavlo Klimkine, sera là très tôt ce lundi pour signer ce qu’on appelle le SOMA (le statut de la mission qui autorise les Européens à venir en Ukraine). Mais le lancement formel de la mission est prévu le 1er décembre prochain — comme le prouve le projet de décision vu par B2 —.

Capture d'écran 2014-11-16 09.10.47

Ce, une fois la capacité initiale opérationnelle » (IOC) constatée sur place. D’un point de vue pratique, une équipe précurseure est déjà présente, sur place, à Kiev, depuis juillet, assurant la préparation du travail.

Une terminologie trompeuse

L’objectif a été (très) mal traduit de l’anglais. Il ne s’agit pas, ici, de la « sécurité civile » au sens habituel entendu en français et dans les pays « méditerranéens », c’est-à-dire des moyens (pompiers, protection civile etc.) propres à assurer la sécurité des civils contre les catastrophes naturelles ou humaines. Mais de la formation des forces de sécurité intérieure : police, gardes-frontières, maintien de l’ordre et garde nationale. Autant dire une mission à haut risque politique.

Un engagement supplémentaire

Les Européens affichent ainsi une détermination à aider concrètement les Ukrainiens pour reconstruire leur Etat. Car c’est bien de cela qu’il s’agit. Après le soutien politique et un accord d’association, l’aide humanitaire (73 millions d’euros), une aide commerciale via un accord de libre échange (appliqué de façon provisoire), un soutien financier (une enveloppe de 1,6 milliard euros), les Européens s’engagent un peu plus, et cette fois directement. Une centaine d’hommes et femmes — policiers, diplomates ou experts de la sécurité — formeront le coeur de la mission, sous le commandement de l’économiste hongrois, et ancien représentant spécial de l’UE en Moldavie, Kalman Mizsei.

Remettre en place un « Etat de droit » : un vrai défi

Selon un responsable européen, à qui B2 a pu parler, la réforme de la police est un « défi ». Les lignes hiérarchiques ne sont pas très efficaces. Le gouvernement central ne contrôle pas toutes ses forces. Le niveau de corruption, notamment dans la police de la route, est « élevé ». Et les traces d’une police, qui était destinée à « plus politique » et « militarisée » que civile, affleurent. Dans certains régions, ce sont des oligarques qui ont levé leurs propres forces, les paient et assurent le maintien de l’ordre. En gros, une situation entre monde moderne et monde féodal, avec un zeste de système soviétique non encore réformé. Dans les faits, il s’agit d’aider l’Ukraine à devenir un « Etat de droit », comme le rappelle d’ailleurs le logo, dérivé de celui adopté par la mission EULEX Kosovo. Et, le mandat de deux ans donné à la mission, ne sera sans doute pas suffisant pour mener à terme toutes les réformes. Personne ne se fait d’illusion sur ce point dans les milieux européens. Comme le rappelait récemment un diplomate européen, « on ne peut prétendre réformer en 2 ans ce qui nécessite chez nous plus de dix ans ».

(Nicolas Gros-Verheyde)

(1) Ce qui  a donné lieu à quelques discussions croquignolesques. Lire : EUAM Ukraine c’est parti

Une mission suivie de près sur le Club de B2, lire :

EUAM Ukraine c’est parti

(BRUXELLES2) Les « 28 » ministres des Affaires étrangères ont décidé, ce mardi (22 juillet), la mise en place d’une nouvelle mission de la politique de sécurité et de défense commune en Ukraine. Dénommée EUAM Ukraine (Advisory Mission), cette mission a pour objet essentiel de « conseiller les autorités ukrainiennes sur la réforme du secteur de la sécurité nationale » en Ukraine, selon le projet de décision vue par B2.

Mission de conseil stratégique …

Mission civile (et non militaire), elle n’aura « pas de compétences d’exécution » — autrement dit de compétences de force ou d’application de la loi sur place. Elle aura pour objectif essentiel de conseiller et d’encadrer les forces de sécurité nationale (maintien de l’ordre public, police de la route, criminalité, etc.). Ce, au niveau stratégique, c’est-à-dire des structures ministérielles ou de commandement général, voire régional.

… pour rétablir l’Etat de droit

Il s’agit surtout d’aider à la réforme, notamment la décentralisation des forces mais aussi leur insertion dans un Etat de droit. La lutte contre la corruption endémique de certaines forces de police étant un travail de « titan » – l’exemple venant souvent du haut, de très haut. La mission aura une durée de 2 ans. Mais de source interne, des diplomates européens ont précisé que cette durée pourrait être beaucoup plus longue.

Un travail de Titan

Ceci est une « première phase ». Les premiers projets de décision mentionnaient d’ailleurs une approche par phases successives. Et on parlait de trois phases successives. Soit un minimum de 5 ans… Remettre en place des structures d’Etat de droit « prend dix ans au minimum » mentionnent les principaux experts du sujet.

(Nicolas Gros-Verheyde)

(*) NB : le projet de décision mentionne « civile » par traduction du terme anglais « civilian security ». Mauvaise traduction à notre sens car elle a une autre signification en France comme dans tous les pays francophones et latins. Je préfère le terme de « sécurité nationale » qui est plus exact.

A lire, tous les détails (dans l’édition Club de B2) : La mission EUAM Ukraine officialisée. Le texte complet, le calendrier


EUAM a défaut d’EUSSR !

La définition du nom de la mission restera dans les annales comme un bon exercice de haute voltige géopolitique. Il a fallu quelques heures aux différents experts des Etats membres pour se mettre d’accord et trouver le bon acronyme (lire : La nouvelle mission PSDC en Ukraine. Les premiers détails). Le premier nom proposé était classique, il correspond à toute mission de soutien à la réforme de sécurité (Security Sector Reform en anglais), soit EUSSR… sauf que EUSSR Ukraine avait comme un arrière gout d’URSS défunte. Recalé ! D’autres noms ont été testés. Ils ne correspondaient pas vraiment au contenu de la mission. Finalement on en est resté à Advisory Mission (mission de conseil en français). Acceptable… à condition que certains esprits ne s’avisent pas de traduire le mot français « conseil » qui a un double sens, dans son autre acception (comité, structure). Ce qui donnerait en russe ou ukrainien « soviet »… 🙂

(NGV)

(Crédit : EUTM Mali)

Dernières nouvelles des missions de maintien de la paix de l’UE (PSDC) – février 2014

(B2)

Koulikoro (Mali). Le bataillon Balazan à pied d’oeuvre

(Crédit : EUTM Mali)

(Crédit : EUTM Mali)

Le bataillon Balanzan a débuté sa huitième semaine d’entrainement au camp de Koulikoro (au nord de Bamako) et passe ainsi des niveaux individuels et d’équipes aux exercices au niveau de la compagnie. Les formateurs européens préparent les soldats maliens à faire face à des situations qu’ils pourront potentiellement rencontrer lors de leur déploiement opérationnel au nord du pays. Parmi ces exercices : des patrouilles à pieds et en véhicules, des points de contrôle, des reconnaissances de bâtiments, des escortes de convois etc. Des incidents en lien avec des situations  humanitaires ont également été insérés par les formateurs. Objectif : permettre aux soldats d’adopter des comportements adaptés. Car le droit humanitaire et la prévention des violences sexuelles « est un aspect important de la formation délivrée par la mission EUTM » insistent les formateurs.

Tanzanie. Formation en investigation des scènes de crime par EUCAP Nestor 

La mission civile européenne EUCAP Nestor a organisé la formation de seize membres de la Marine et la Police tanzaniennes. Les 2 formateurs européens ont, pendant deux semaines, formés les élèves sur la gestion d’une scène de crime et la manipulation des évidences et de la documentation. L’ambassadeur de l’Union européenne, Filiberto Sebregondi, présidait le 28 février une cérémonie de remise des certificats.

Géorgie. Le Représentant spécial de l’OSCE au « Field office » de Gori

(Crédit : EUMM Georgie)

(Crédit : EUMM Georgie)

Le Représentant spécial de l’OSCE pour le Caucase du Sud, Angelo Gnaedinger, a visité vendredi 28 Février, le bureau régional de la mission européenne d’observation pour la Géorgie (EUMM Georgia), de Gori (qui a pour compétence l’Ossétie du Sud). Au programme : un briefing avec notamment le chef-adjoint de l’EUMM, Ryan Grist, et la visite d’une patrouille à la frontière administrative entre l’Ossétie et la Géorgie « afin de disposer d’informations de première main ». Pendant sa visite, l’ambassadeur a accentué le rôle et la coopération entre l’OSCE et  l’UE « pour faciliter le dialogue entre les parties  et salué les réunions « dans le cadre du Mécanisme de prévention d’incidents et de réponse (MPIR) » ainsi que le déroulement « des discussions internationales de Genève  ». Cette rencontre suivait de près la 42ème réunion du MPIR, organisée la veille à Ergneti et co-présidée par l’OSCE et EUMM.

Mogadiscio. EUTM Somalia commence son premier cours au camp Jazeera

La mission de formation militaire de l’UE pour la Somalie (EUTM Somalia) a commencé son premier cours de « formation des formateurs » mardi 25 février au camp d’entraînement Jazeera à Mogadiscio.  La formation est assurée par 16 formateurs – 8 à partir de l’Italie, de la Suède, 6 et 2 de la Hongrie, a affirmé la mission EUTM. Ils sont 60 militaires-stagiaires de l’armée nationale somalienne, préalablement formés par l’EUTM en Ouganda. Le cours dure quatre semaines et est centré sur les techniques et les procédures d’infanterie, avec aussi des éléments du droit international humanitaire et de l’éthique militaire.

Tripoli. 1000 recrues reçoivent leurs diplômes, EUBAM Libya est là

(Crédit : EUBAM Lybie)

(Crédit : EUBAM Lybie)

Plus de 1000 recrues ont reçu leurs diplômes mercredi 19 février au Centre de formation des douanes à Tripoli, en présence de représentants d’EUBAM Lybia (*). Pour le chef adjoint de la Mission, Peter Rundell, « les douanes ont un rôle central, en aidant à promouvoir ce qui est bien – le commerce légitime, et les revenus qu’il apporte au gouvernement – et en empêchant ce qui est mal – la contrefaçon et la contrebande ». Après la cérémonie de remise des diplômes, EUBAM Libye a aussi reçu un prix par les autorités libyennes pour son soutien au développement de la douane libyenne. La création d’un groupe mixte EUBAM Libya sur les douanes et la structure du tarif douanier libyen avait été accepté au cours du mois par les autorités libyennes.

(*) NB: Selon nos informations, les Européens n’ont cependant pas formé et entrainé ces nouvelles recrues, contrairement à ce qui se passe dans les missions de formation type EUTM Somalia ou EUTM Mali. Simplement le centre de formation est soutenu financièrement par l’UE. La présence est donc plus symbolique de ce soutien financier.

Un nouveau siège pour EUAM Ukraine

La mission européenne d’assistance à la sécurité intérieure en Ukraine (EUAM) a quitté ses locaux temporaires – un hôtel de la ville dont le 1er étage avait été utilisé comme quartier général – pour emménager dans ses propres locaux, à la mi Février. Le nouveau QG est situé au coeur de Kiev sur Volodymyrsky Descent à quelques pas de la place Maidan. L’équipe, qui compte actuellement 55 personnes — va passer normalement à 101 personnels internationaux et 73 agents locaux. Elle devrait se déplacer aussi dans les oblasts ukrainiens. « Vous n’êtes pas destinés à rester ici mais à vous engager avec vos homologues à Kiev et dans les oblasts » leur a dit le Secrétaire général adjoint du Service diplomatique, Maciej Popovski, qui inaugurait les locaux. Et d’espérer que « la mission qui a un mandat initial de deux ans, fera la différence ».
La mission a pour but de « conseiller, d’encadrer et soutenir les autorités ukrainiennes sur la réforme dans (tous) les secteurs de la sécurité intérieure » : police judiciaire, ministère public, ministère de l’Intérieur, Police, gardes-frontières, Garde nationale et le Service de sécurité ukrainien. « Les réformes sont absolument nécessaires et doivent être accélérées, malgré les grands défis que l’Ukraine doit faire face pour le moment » a conclu Popovski.

(Loreline Merelle, Leonor Hubaut, Claire Saignol et Nicolas Gros-Verheyde)