Ne nous oubliez pas ! L’appel à Bruxelles de trois intellectuels congolais

(B2) Trois intellectuels congolais, dont le célèbre Dr Mukwege, sont venus à Bruxelles sonner le tocsin « face à l’impasse politique et aux périls » qui menacent le pays. Ils dénoncent la paralysie du système politique actuel et demandent « une transition citoyenne »

(De gauche à droite) Maroun Labaki (président du Press club), le Dr Denis Mukwege, les professeurs André Mbata et Alphonse Maindo, (Crédit : Press Club Brussels Europe)

Le Dr. Denis Mukwege, « l’homme qui répare les femmes », est notamment connu pour son rôle de médecin auprès des femmes victimes de violences sexuelles et sa nomination pour le Prix Nobel de la paix en 2013. Mais lundi (28 mai) à Bruxelles, au Press Club Brussels Europe, c’est la casquette de militant politique qu’il a endossée. Accompagné du politologue Alphonse Maindo et du constitutionnaliste André Mbata, accueilli par Maroun Labaki (ancien rédacteur en chef du Soir et président du Press Club Brussels Europe), il a voulu lancer un appel aux Congolais notamment mais aussi à la communauté internationale pour sauver « le Congo qui se meure, le Congo en déliquescence ».

Des Congolais qui ne sont pas écoutés

« Kabila n’a pas de supporters » soutient le Dr. Denis Mukwege, qui pointe là une grande différence entre la RD Congo et ses voisins. Pour autant, « la RD Congo est devenue le pays de ‘tout va bien madame la marquise’ ». Pour lui, « la pièce manquante, c’est la prise de conscience […]. Le peuple congolais vit comme étranger sur le sol de ses ancêtres. […] Il y a des gens qui dénoncent. Les Congolais savent ce qu’ils veulent, mais ne sont pas souvent écoutés », déclare-t-il en appelant au soutien des « pays amis et plus encore des pays de la SADC (1) ».

S’attaquer aux causes profondes de la crise

Refusant de pointer Kabila du doigt comme cause de la crise humanitaire, le médecin devenu tout à coup plus politique dénonce le système politique et institutionnel congolais dans son ensemble. Et le besoin néanmoins d’une « transition citoyenne sans Kabila », comme prévue dans l’accord de la Saint Sylvestre (2), pour y remédier. Il faut arrêter de se concentrer sur les symptômes, souligne-t-il, dénonçant un gouvernement qui prétend que la crise est due à des facteurs naturels (3). « L’aide humanitaire ne suffira jamais. Seul un processus électoral totalement libre, juste et transparent peut commencer à résoudre la situation. Nous, les Congolais, militons pacifiquement, pour la bonne gouvernance, une amélioration des conditions de vie et une paix durable ».

« Il vaut mieux mourir debout qu’à genoux » – Dr. Denis Mukwege.

L’appel à la communauté internationale

« Ce sont ceux qui ont la responsabilité de protéger qui organisent cette crise ! » accuse le professeur André Mbata. La crise est due à une « complicité dans le système, notamment au sein des multinationales ». Pour lui, c’est à « la communauté internationale [de faire] quelque chose parce que la sécurité de la région en dépend ». Un appel lancé notamment aux « Nations unies […] et la communauté internationale qui [ont] la responsabilité de protéger ». La mauvaise gouvernance est responsable mais pas seulement. « Les gaz lacrymogènes, ils viennent de chez nous. Mais les armes nous ne les fabriquons pas, elles viennent d’ici, des États dits civilisés », montrant ainsi du doigt l’Europe.

Une transition citoyenne nécessaire

Bien que l’idée soit bonne, « tenir des élections en bonne et due forme le 23 décembre (3), c’est impossible parce que c’est trop tôt. Les conditions ne sont pas réunies » explique le professeur Alphonse Maindo, mentionnant notamment le manque de libertés publiques, les prisonniers politiques, les exilés. Il faut une « transition citoyenne » pour remédier à la crise politique actuelle, plaide le professeur. « Avec des personnalités de la société civile. [Celles-ci] prendront le relais pendant une période courte et intense de quelques mois, pour poser les conditions préalables et garantir la participation de tous. » C’est l’unique solution à un « un système politique verrouillé », dirigé par des « croque-morts politiques » et des « institutions illégitimes depuis de nombreuses années déjà », dont l’intérêt, déplore-t-il est de « piller les ressources du pays, corrompre les gens, et ceux qui refusent sont réprimés ».

(Aurélie Pugnet)


Une situation humanitaire alarmante

Selon les chiffres de l’ONU, « l’instabilité des  20 dernières années a créé 4,5 millions de déplacés internes, le plus grand nombre en Afrique » rappelle le Dr. Mukwege. « Sept millions de personnes sont en insécurité alimentaire grave. Plus de trois millions dépendent entièrement de l’aide humanitaire, 1,9 million d’enfants souffrent de malnutrition sévère ». C’est à grand regret que « l’année passée, [il] n’a pas pu tenir la campagne de vaccination dans une région ». Une situation encore aggravée par l’arrivée d’Ebola. Le docteur attire notamment l’attention sur « les milliers d’enfants recrutés dans des groupes armés ou milices ». La situation est si critique qu’il l’affirme, « des autorités ou organisations (dont l’ONU) ne vont pas dans certaines provinces parce que c’est trop dangereux ». La RD Congo compte environ 80 millions d’habitants et neuf pays frontaliers. La stabilité politique du géant africain bénéficiera ainsi à la sécurité de l’ensemble de la région.

NB : on peut lire avec profit le dernier rapport de situation par l’Office européen d’aide humanitaire (ECHO) qui dresse un bilan détaillé de la situation congolaise


(1) La Communauté de Développement de l’Afrique Australe regroupe l’Angola, le Botswana, la RD Congo, Lesotho, Malawi, Madagascar, Maurice, Mozambique, Namibie, Seychelles, Afrique du Sud, Swaziland, Tanzanie, Zambie, Zimbabwe. Elle a pour but la coopération en matière de sécurité, développement, politique

(2) L’accord de la Saint Sylvestre, signé le 31 décembre 2016, prévoient au plus tôt de nouvelles élections démocratiques sans Joseph Kabila. En premier lieu fixées à fin 2016, puis 2017, les élections présidentielles et législatives en RD Congo devraient finalement avoir lieu le 23 décembre 2018. Les reports avaient été recommandés par la commission électorale indépendante (CENI) pour cause de listes électorales incomplètes et bénéfiques à Kabila, qui n’a pas le droit à un troisième mandat, selon l’accord.

(3) Réponse des autorités congolaises à « la conférence humanitaire sur la RDC tenue 13 avril 2018, par la Commission européenne et l’ONU à Genève pour lever des fonds »

Rapide, efficace, bien coordonnée… Un satisfecit pour la protection civile européenne. Rare !

Un avion cargo en partance d’Espagne chargé de matériel médicaux pour faire face à la crise d’Ebola en Guinée Conakry – octobre 2014 (© ECHO/UNICEF / Archives B2)

(B2) Dans un rapport publié ce mercredi (18 janvier), la Cour des comptes européenne donne un satisfecit, quasi total, au mécanisme européen de Protection civile.

« La réaction d’urgence de l’UE aux catastrophes naturelles et aux épidémies majeures est généralement bien coordonnée » indiquent-ils, « déclenchée rapidement » et « efficace ». Elle présente une « réelle valeur ajoutée ».

C’est suffisamment rare pour être signalé … et souligné ! D’ordinaire, les rapports de cette instance sont plutôt critiques, voire très critiques.

Bosnie, Ebola, Népal… une bonne coordination des efforts

Examinant de près trois interventions — les inondations en Bosnie-Herzégovine (2014), l’épidémie du virus Ebola en Afrique de l’Ouest (2014 à 2016) et le tremblement de terre au Népal (2015) — les auditeurs concluent que la gestion assurée par la Commission via son centre de coordination de la réaction d’urgence « a été globalement efficace ». Le mécanisme de protection civile de l’Union a, « de manière générale, été activé rapidement ». Et les équipes de protection civile de l’UE ont « contribué à coordonner les équipes des États participants sur le terrain » jugent-ils. La bonne coordination, précoce, entre les « humanitaires » et le Service européen pour l’action extérieure (SEAE) et ses délégations dans le monde, est également soulignée.

Une vraie valeur ajoutée

La coordination entre les services de la Commission, ainsi qu’avec d’autres organes de l’UE ou extérieurs à l’UE, a été « ouverte ». La Commission a bien « respecté le rôle de chef de file des Nations unies et pris des mesures pour assurer une transition sans heurts vers la phase de rétablissement post-catastrophe ». Pour Hans Gustaf  Wessberg, le principal auteur du rapport, ce satisfecit — peu banal dans les documents de la Cour des comptes —, permet de dresser un constat plus politique. « Le rôle de coordination joué par la Commission et son centre de crise opérant 24 heures sur 24 sont de bons exemples de la valeur ajoutée apportée par la coopération européenne. »

Quelques points à améliorer

Le rapport relève cependant cinq points qui mériteraient d’être améliorés :

  1. • Voir comment gagner davantage de temps durant les premières phases des catastrophes, ainsi qu’au cours de la sélection et du déploiement des équipes de protection civile de l’UE.
  2. • Renforcer la plateforme de communication et d’information sur les catastrophes afin d’obtenir une meilleure vue d’ensemble de l’aide fournie et demandée.
  3. • Renforcer la coordination sur le terrain en améliorant les rapports, (…) en associant davantage les délégations de l’UE.
  4. • Améliorer les rapports et renforcer l’obligation de rendre compte en automatisant l’établissement des statistiques et des indicateurs.
  5. • Développer des relations avec le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies pour voir comment déployer des experts médicaux en dehors de l’UE en cas d’urgence sur la santé publique.

(Nicolas Gros-Verheyde)

Télécharger le rapport français / anglais

Lire notre fiche sur le mécanisme européen de protection civile

Elément de Sécurité Civile Rapide d’Intervention Médicale) est l’hôpital de Equipe Medicale de Escrim (hopital campagne projetable de la Sécurité Civile française) - Crédit : Escrim / CE

Epidémies, catastrophes… Le ‘Corps médical européen’ pourra désormais répondre

Elément de Sécurité Civile Rapide d’Intervention Médicale) est l’hôpital de Equipe Medicale de Escrim (hopital campagne projetable de la Sécurité Civile française) - Crédit : Escrim / CE

Elément de Sécurité Civile Rapide d’Intervention Médicale de l’hôpital de Equipe Medicale de Escrim (hopital campagne projetable de la Sécurité Civile française) – Crédit : Escrim / CE

(BRUXELLES2) Un Corps médical européen capable d’intervenir rapidement en cas de risque épidémique, en Europe ou dans le monde. L’idée n’est pas neuve. Elle traînait depuis des années dans les esprits des ‘urgentistes’ comme de certains responsables européens. Cette initiative vient d’être concrétisée lundi (15 février) par la Commission européenne.

La crise d’Ebola catalyseur

La crise Ebola a été un catalyseur de ce projet. Il a fallu rapidement déployer du personnel médical et du matériel en nombre. Un défi « sur le plan de la logistique et de la gestion » comme on le juge à la Commission. Fin 2014, la France et l’Allemagne proposent une initiative dite des ‘Casques blancs’. Elle est reprise et détaillée aujourd’hui sous forme d’une action du mécanisme européen de protection civile. L’objectif reste le même : « Pouvoir déployer rapidement des équipes et du matériel pour fournir une assistance médicale et une expertise en matière de santé publique, dans des situations d’urgence, à l’intérieur comme à l’extérieur de l’Union européenne ».

Qui va fournir les équipes ?

Ce sont les États membres de l’Union qui mettent à disposition une ou plusieurs équipes de spécialistes d’urgence. Une équipe comprend des médecins, infirmiers, aide-soignants, secouristes, des experts en surveillance et en coordination médicales, des équipes d’appui logistique ainsi que, le cas échéant, des laboratoires de biosécurité mobiles, des capacités d’évacuation sanitaire. De façon pratique, les équipes restent dans leur Etat membre vaquant à leurs tâches. Elles sont simplement mobilisables en cas d’urgence. C’est ce qu’on appelle une réserve opérationnelle.

Comment ces équipes sont sélectionnées ?

Pour pouvoir intégrer le Corps médical européen, les équipes doivent se soumettre à une procédure de certification. Objectif : garantir qu’elles satisfont à des critères de qualité stricts et sont formées selon les mêmes standards pour pouvoir travailler ensemble ou s’intégrer dans le cadre d’une opération internationale de secours. Une fois la certification obtenue, l’équipe médicale concernée est intégrée au Corps médical européen et devient disponible pour un déploiement dans le cadre d’opérations de réaction d’urgence de l’UE.

Quels pays participent au Corps médical européen ?

A la date du 15 février, 9 pays ont indiqué qu’ils participeraient : les Benelux (Belgique, Luxembourg, Pays-Bas), l’Allemagne, et la France, les nordiques (Finlande et Suède), la République tchèque et l’Espagne. Le dispositif reste ouvert à d’autres participants. « Tout autre pays participant au mécanisme (*) de protection civile de l’UE peut mettre des équipes et des moyens médicaux à la disposition du Corps médical européen » précise-t-on à la Commission européenne.

En tout 12 équipes sont aujourd’hui disponibles (selon le dernier état des lieux publiés, voir ci-dessous) : 4 équipes médicales d’urgence (France, Allemagne, Espagne, Rep. Tchèque), 5 équipes logistiques (Allemagne, Suède, Finlande, Pays-Bas), 2 laboratoires mobiles (Allemagne, Belgique) et 1 équipe d’évacuation médicale (Luxembourg).

CorpsMedicalEuropeenEquipes@E1602

Comment cela est coordonné ?

Une fois la certification obtenue, l’équipe médicale concernée est intégrée au Corps médical européen et devient disponible pour un déploiement dans le cadre d’opérations de réaction d’urgence de l’UE. Ce déploiement est normalement coordonné par le Centre de coordination de la réaction d’urgence (CERU) basé à la Commission européenne (Lire : La salle de danse devient … un PC 24/24 pour la protection civile européenne). Mais la décision de déployer les équipes est toujours une décision de l’Etat membre concerné, qui peut ainsi décider d’envoyer, ou de ne pas envoyer son équipe sur une zone d’urgence.

Comment cela se passe sur le terrain ?

La coordination des équipes passe par la plateforme de coordination générale mise sur pied pour l’urgence en question, soit sous la direction d’un pays touché, soit dans le cadre du système de coordination des Nations unies (OCHA ou autre organisation).

Qui finance ?

Le budget européen contribue à la fois à la sélection et la préparation des équipes (formation, exercices, adaptation matériel d’astreinte…) et au financement des déplacements en cas d’urgence sur la zone d’opérations (85% des coûts éligibles sont pris en charge).

Quel est l’avantage alors ?

Avoir des équipes déjà constituées, prêtes à partir, assez homogènes, avec des matériels et des équipes bien identifiées. Ce qui permet d’éviter ce que l’on constate, dans chaque catastrophe, l’arrivée sur le terrain d’équipes certes compétentes et motivées, mais qui ne sont pas du tout conçues sur le même mode organisationnel et, parfois, mettent plus de désorganisation dans les secours que d’efficacité… (cf. à Haïti notamment). L’intégration de ces équipes et de ces experts dans un seul Corps médical européen va accroitre « de manière significative la disponibilité de médecins et de matériel médical lorsque des situations d’urgence se présenteront » souligne-t-on dans les services du commissaire Stylianides, en charge de l’Aide humanitaire à la Commission. Elle permettra « également de mieux planifier et préparer la réaction à de telles situations ». Autre avantage (non négligeable pour les Etats) : la prise en charge de certains coûts par l’Union européenne.

(Nicolas Gros-Verheyde)

Lire sur l’opération Ebola

(*) Plusieurs pays non membres de l’UE participent, notamment l’Islande et la Norvège, la Serbie, le Monténégro, et l’ancienne République yougoslave de Macédoine (Fyrom). La Turquie devrait y participer prochainement.

(crédit / Hopital d'Utrecht)

Le casque bleu nigérian soigné aux Pays-Bas déclaré guéri

(crédit / Hopital d'Utrecht)

Un lit des lits d’isolement de l’hôpital pour les urgences majeures d’Utrecht (crédit / Hopital d’Utrecht)

(B2) Le militaire nigérian atteint du virus Ebola, soigné à l’hôpital spécialisé d’Utrecht, a été déclaré guéri vendredi (19 décembre). Les tests de laboratoire spécifiques, réalisés à l’hôpital Erasmus et l’Institut Bernhard Noch de Hambourg, ont confirmé qu’il n’était plus contagieux.

Casque bleu

Membre de la force de paix des Nations Unies au Libéria, l’homme avait été rapatrié en urgence aux Pays-Bas, depuis le 6 décembre, à la demande de l’OMS, l’Organisation mondiale de la santé, selon le dispositif mis en place au niveau européen pour accueillir les malades d’Ebola, membres des ONG ou des forces internationales présents dans les pays contaminés. C’est le premier patient atteint d’Ebola à être accueilli aux Pays-Bas pour des raisons humanitaires.

En attendant son rapatriement, il a été transféré à l’hôpital militaire central d’Utrecht. La santé du personnel concerné sera testé durant les 3 prochaines semaines, conformément au protocole en vigueur, précise-t-on au ministère néerlandais de la Santé.

Le « Calamiteitenhospitaal » d’Utrecht – centre hospitalier pour les accidents majeurs – est une plate-forme spécialisé, créée entre l’hôpital militaire central et l’hôpital médical universitaire d’Utrecht, pour les situations d’urgence exceptionnelle, en cas de catastrophes majeures. Il permet notamment d’accueillir des malades hautement contagieux.

Le Dr Sekou Dixin Ciss, directeur du centre de santé communal de Ratoma et Neven Mimica (crédit : CE)

Mimica annonce une aide supplémentaire contre Ebola

Le Dr Sekou Dixin Ciss, directeur du centre de santé communal de Ratoma et Neven Mimica (crédit : CE)

Le Dr Sekou Dixin Ciss, directeur du centre de santé communal de Ratoma et Neven Mimica (crédit : CE)

(B2) En visite en Guinée ces derniers jours (5 au 7 décembre), Neven Mimica, le commissaire européen au Développement, a annoncé la mobilisation de 61 millions d’euros supplémentaires pour faire face à la crise provoquée par le virus Ebola dans les pays d’Afrique de l’Ouest les plus touchés.

Cette aide vise 3 secteurs : l’économie, la santé et la sécurité

  1. un appui budgétaire à la Guinée (11 millions d’euros) et au Liberia (14 millions d’euros) pour les aider à atténuer l’impact économique de l’épidémie;
  2. la réorientation d’un projet de santé lancé fin 2013 en Guinée (20 millions d’euros) pour faire face à la crise de l’Ebola. Les activités prévues visent notamment à améliorer l’accès à des services de santé en Guinée forestière, l’une des régions les plus touchées par Ebola, la formation du personnel sanitaire et la remise en état des installations et du matériel.
  3. une aide à la préparation à Ebola (11 millions d’euros) au Mali, au Burkina Faso, en Guinée-Bissau, au Togo, en Côte d’Ivoire et en Mauritanie.
  4. des mesures visant à prévenir la violence, ainsi qu’à atténuer et à apaiser les tensions que l’épidémie pourrait provoquer dans les régions frontalières des pays touchés (4,5 millions d’euros).
Bfast

Un labo belge contre Ebola en Guinée

Bfast(BRUXELLES2) Le ministère belge des Affaires étrangères l’a confirmé ce soir. Un laboratoire mobile de B-Fast (l’aide humanitaire belge) va bien être déployé en Guinée pour lutter contre la propagation du virus Ebola. Le conseil des ministres a approuvé vendredi (5 décembre), le déploiement après avoir « reçu de la France les assurances qu’il attendait pour assurer la sécurité de l’équipe belge ». Il sera « déployé dans les semaines qui viennent », précisent les Affaires étrangères, pour une période « d’un mois, renouvelable après évaluation préalable ».

Un labo mis au point avec l’agence spatiale européenne

Ce laboratoire mobile B-Life a été mis au point par la Défense, l’Université catholique de Louvain et l’Agence spatiale européenne. Il est doté de capacités de communication et permet d’analyser des échantillons sanguins au plus près de la zone touchée par l’épidémie. « B-FAST sera responsable du soutien logistique sur place avec une cellule de la Défense et du SPF (ministère) Intérieur ». La Commission européenne finance le transport de l’unité mobile jusqu’à Nzérékoré dans le cadre du Mécanisme de Protection civile de l’UE.

Une demande de la France

La Belgique répond ainsi à une demande du gouvernement français qui assure le rôle de nation cadre (« lead nation ») sur la Guinée pour la coordination des secours contre Ebola. Le Royaume-Uni assurant ce rôle de coordination pour le Sierra Leone et les Etats-Unis pour le Liberia. Ainsi que le précisait récemment le ministre de la Défense, Steven Vandeput, devant les députés, le gouvernement a décidé de « s’associer aux projets globaux », particulièrement avec la France, avec qui « nous entretenons des contacts étroits ». La Belgique a aussi décidé de fournir des véhicules tout-terrain de capacité moyenne pour assurer les transports médicaux. Une quinzaine de véhicules de type Unimog ont été mis à disposition de la protection civile guinéenne à Conakry.

(NGV)

Lire aussi :

(crédit : marine néerlandaise)

Le Karel Doorman à quai au Sierra Leone

(crédit : marine néerlandaise)

(crédit : marine néerlandaise)

(B2) Le Karel Doorman a livré, ce matin, le premier lot de matériel de secours pour lutter contre Ebola au Sierra Leone, annonce la marine néerlandaise. Le navire de transport de la logistique de la Marine néerlandaise a mis en quatre heures à quai, 92 véhicules, 20 conteneurs et 10 palettes à quai sur le port de Freetown, dans un des pays ouest-africains les plus touchés par le virus Ebola. (lire aussi : Le Karel Doorman envoyé contre Ebola)

AppareillageTonnerreCorymbe@Def141115

Le Tonnerre en route vers la Guinée, avec du matériel pour le centre français « anti-Ebola »

AppareillageTonnerreCorymbe@Def141115(B2) Le BPC Tonnerre, un Bateau de projection et de commandement  de la marine nationale, a appareillé, samedi (15 novembre), de Toulon. Destination : l’Afrique de l’Ouest en mission Corymbe dans le Golfe de Guinée (*).

Dans les soutes, précise un communiqué des armées françaises, du matériel humanitaire au profit d’ONG actives dans la région pour faire face à l’épidémie du virus Ebola et une partie du matériel nécessaire à la mise en place du centre français de traitement et de transit (CTS) pour les soignants Ebola qui sera établi en Guinée. Le matériel sera débarqué à Conakry. D’autres équipements et du personnel militaire du service de santé des armées devraient par la suite être acheminés dans le pays.

(*) La mission « Corymbe » est une mission ancienne de la marine française. Installée depuis 1990 dans le golfe de Guinée, elle est destinée à compléter le dispositif pré positionné en Afrique occidentale. Outre d’assurer une présence dans une zone « où les intérêts français sont nombreux » précise le ministère de la Défense, les navires déployés en Corymbe effectuent « des actions de coopération bilatérale avec les pays de la région » (et) sont en mesure « d’apporter un soutien rapide en cas de besoin, au même titre que les forces pré positionnées dans la région ».

Un des avions de Air Rescue qui va être équipé "Ebola" (crédit : LAR)

2 avions luxembourgeois prêts à l’évacuation pour Ebola

Un des avions de Air Rescue qui va être équipé "Ebola" (crédit : LAR)

Un des avions de Air Rescue qui va être équipé « Ebola » (crédit : LAR)

(BRUXELLES2) En pleine affaire du Luxleaks — qui voit le Grand Duché mis en accusation pour avoir attiré avec force avantages fiscaux des entreprises multinationales — l’information est passée relativement inaperçue. Et pourtant elle n’est pas négligeable. Deux avions luxembourgeois seront opérationnels d’ici quelques semaines pour rapatrier les personnels sanitaires ou autres employés des ONG ou organisations internationales victimes d’Ebola sur le territoire européen. Une condition sine qua none mise par les ONG et organisations internationales pour envoyer du personnel dans la région. Cette capacité va permettre de compléter, et prendre le relais, des avions américains, sous contrat avec la Commission européenne (*).

Equipement spécifique

Les deux avions-ambulances, des Learjet 45XR, sont fournis par AirRescue, une société luxembourgeoise spécialisée dans l’assistance et le rapatriement de victimes d’accidents ou de maladies. Ils vont être équipés et aménagés avec un module spécifique pour assurer l’évacuation de malades contagieux. Ils sont basés sur l’aéroport de Findel – Luxembourg et disponibles 24h / 24. C’est le centre de crises de l’UE, à Bruxelles, qui servira de plate-forme pour le déclenchement des avions. Ceux-ci doivent être prêts à partir dans les 12 heures. Dans les faits, un seul avion est disponible 24 h / 24, l’autre servant de réserve en cas de problème.

Une première mise à disposition européenne, « tout azimut »

Le Luxembourg est ainsi le premier pays de l’UE à offrir une capacité d’évacuation tout azimut. Les avions luxembourgeois pourront, en effet, aller chercher sur place, dans les pays africains concernés, n’importe quelle personne, quelle que soit sa nationalité, pour la rapatrier sur un des hôpitaux européens de référence, sur décision du centre d’urgence européen.

250 lits de référence

La DG Santé de la Commission européenne a ainsi identifié 250 lits – dans toute l’Europe – pouvant accueillir des patients Ebola, certains hôpitaux ne prennent cependant que des nationaux, les autres sont plus ouverts. Seule réserve à cette disponibilité tout azimut : les Luxembourgeois ou personnels employés par une ONG ou sous contrat avec une organisation luxembourgeoise auront priorité.

Disponibilité à partir de la mi-décembre

Ces deux avions seront prêts à partir de la mi-décembre à transporter des malades de stade 1 (signes suspects) et début janvier les malades de stade 2 à 3 (signes plus sérieux). Les avions ne prendront normalement pas de malades au stade 4 (phase ultime avec vomissements) mais seront équipés si le malade passe en cours de transport de la phase 3 à 4.

Durée du contrat : 2 ans

Cette disponibilité est normalement prévue pour une durée de 2 ans avec un maximum de 48 vols (soit 24 en moyenne par an). La compagnie s’est engagée à pouvoir faire au maximum un vol tous les 6 jours (le temps de l’aller et retour, de la prise en charge du patient, et la désinfection de l’avion ensuite).

Financement de l’opération

Le coût de la mise à jour des avions sera assuré par l’Union européenne au titre du financement « Ebola ». De même une partie du transport sera cofinancé par des fonds européens (jusqu’à 85 % des coûts sous forme de remboursement). Le restant étant à la charge du Luxembourg. Mais celui-ci se réserve la possibilité de demander le remboursement de ce solde à l’Etat ou l’organisation concernée.

(NGV)

(*) Avions qui servent également pour d’autres entités et ne peuvent être donc disponibles 24/24.

LogoSectionNimbaProtecCivile@Fr141027

Une unité de sécurité civile en formation « Ebola » en Guinée

LogoSectionNimbaProtecCivile@Fr141027(B2) Trente formateurs français sont arrivés en Guinée dimanche (26 octobre) a indiqué le Quai d’orsay pour former 200 personnels des unités de la protection civile guinéenne. Leur mission se déroulera pendant neuf semaines à Kafiliyah et comportera 2 volets : une formation de protection civile (sauvetage aquatique, feu de brousse, secourisme, dépollution) et une formation spécifique à la lutte contre l’épidémie d’Ebola (suivi des personnes ayant été au contact des malades, appui logistique aux centres de traitement).

Cette coopération s’inscrit dans le cadre fixé lors du conseil restreint de défense le 22 octobre pour soutenir la Guinée dans sa lutte contre l’épidémie d’Ebola. Ce soutien prévoit à la fois des actions de formation et la mise en place de deux nouveaux centres de traitement s’ajoutant à celui qui sera ouvert courant novembre en Guinée forestière.

NB : L’aide française concrète semblait très en retard sur celle annoncée et rendue effective notamment par le gouvernement britannique.

Le Karel Doorman à quai à son port d'attache Den Helder (crédit : Marine néerlandaise)

Le Karel Doorman envoyé contre Ebola

Le Karel Doorman à quai à son port d'attache Den Helder (crédit : Marine néerlandaise)

Le Karel Doorman à quai à son port d’attache Den Helder (crédit : Marine néerlandaise)

(BRUXELLES2) Les Pays-Bas vont envoyer un de leurs navires le plus récent, le Karel Doorman (A-833) vers l’Afrique de l’Ouest. Il quittera les Pays-Bas le 6 novembre, a indiqué la ministre de la Défense Jeanine Hennis-Plasschaert et son homologue du Développement Lilianne Ploumen dans une lettre à la Chambre basse, vendredi (24 octobre).

Au total, le Karel Doorman transporte plus de 100 véhicules et 50 containers de matériel de secours (vêtements de protection, cliniques mobiles, ambulances…), originaire des États membres de l’UE et des organisations internationales à destination des trois pays les plus touchés par la crise d’Ebola (Libéria, Sierra Leone et Guinée).

Navire de soutien logistique de 200 mètres de long, Karel Doorman est « parfaitement adapté à ce type de transports » indique-t-on au ministère néerlandais de la Défense, comprenant de larges soutes, pouvant accueillir 5000 tonnes de matériel divers, comprenant un hôpital de bord (avec 2 salles d’opération) et la possibilité d’accueillir sur son pont plusieurs types d’hélicoptères (Chinook, Cougar, NH90). C’est aussi le plus récent sorti des chantiers navals néerlandais (DSNS)… et roumain. Baptisé en mars 2014 et ayant commencé sa phase d’essai en juin 2014, c’est en fait sa première sortie opérationnelle.

Le voyage vers l’Afrique de l’Ouest devrait prendre environ 2 semaines. Le coût de l’opération sera pris en charge par l’Union européenne et le budget du ministère néerlandais de la Coopération au Développement. Le salaire des marins et l’entretien à bord du navire sera assuré par la Défense.

(NGV)