Jean-Paul Paloméros

Discipline budgétaire, oui. Coupes intempestives, non (Gén. Paloméros)

« Tous ceux qui connaissent mon attachement viscéral à la défense, comprendront combien je souhaite que les femmes et les hommes qui la servent se voient donner les moyens de leurs missions et la reconnaissance qu’ils méritent. Les coupes budgétaires constituent des pratiques de gestion contreproductives qui désorganisent l’action de l’état et lui font perdre de son efficacité.

Attention à la ‘bosse’ due aux retards

Pour notre défense, cela revient à pousser inexorablement une vague dite « la bosse » qui ne porte malheureusement chance à personne car elle traduit en fait les retards pris dans la modernisation forces armées et dans les investissements indispensables pour le maintien en condition opérationnel des hommes et des équipements. Il est plus que temps de changer ces pratiques, de reconstruire des budgets sincères fondés sur des choix politiques et stratégiques clairs et de les exécuter. Tout le monde y gagnera. Cela évitera aussi des polémiques détestables comme celle qui amène la vindicte du président, chef des armées contre leur chef d’état-major.

La question de la dette : à ne pas négliger

Enfin, je maintiens que pour notre pays la dette représente une menace certes moins tangible que le terrorisme mais, au niveau qu’elle atteint, c’est un cancer qui peut à terme détruire notre modèle social, les emplois de demain, et même nos valeurs. Cette question ne se règlera pas à coups de coupes budgétaires, c’est certain, mais par la croissance, et par une plus grande adaptation à un monde qui change à vitesse accélérée.

Notre pays a démocratiquement donné sa chance à un nouveau pouvoir pour affronter ces défis, pour transformer notre pays. Il lui appartient maintenant de faire des choix qu’il devra assumer devant les français. En tout cas la passivité n’est pas de mise. Elle nous a déjà coûté tellement cher.

Une nécessité : la politique de réinvestissement…

Les tensions créées par les récentes coupes budgétaires sont à l’échelle des efforts demandés aux différents ministères. Il est certain que notre nouveau Président et son gouvernement auraient préféré lancer rapidement une politique ambitieuse de réinvestissements à même de placer notre pays sur la voie d’une croissance soutenue et durable, mais l’état de nos finances publiques ne l’autorise pas, compte tenu de la dette abyssale qui ankylose notre pays et lui fait courir des risques graves si les taux d’intérêts repartaient à la hausse.

… une contrainte : la dette

Le budget de la défense n’échappe pas à ces réductions auxquelles il devrait cotiser pour environ 850 millions d’euros. Pour absorber cette ponction budgétaire les Armées ne peuvent réduire leur activité alors que leur niveau d’engagement opérationnel a rarement atteint un tel niveau d’intensité et de durée. Ainsi, la seule solution consiste à repousser des investissements qui portent sur la modernisation de leurs équipements, leur entretien, ou encore les indispensables efforts de recherche et de technologie qui conditionnent l’avenir.

Attention à la tentation du court terme..

Cette situation n’est malheureusement pas conjoncturelle. Les mêmes causes produisant les mêmes effets. Cette recette qui privilégie le court terme au long terme a été maintes fois appliquée avec les mêmes conséquences, impacts sur la disponibilité des équipements, sur la chaîne industrielle et sur des centaines de PME sous-traitantes et sur les coûts.

Des effets retard en cascade sur les programmes

Soyons clairs. Il n’y a pas de coupe indolore dans un budget tiré au trébuchet. Les retards d’investissements se paient un jour ou l’autre, tant en opérations que par les surcoûts qu’ils entraînent, ainsi, la cour des comptes a dénoncé à de nombreuses reprises les effet retards à hauteur de plusieurs milliards sur des programmes d’armement majeurs générés par des mesures d’économies de court terme. Pour sortir de cette spirale infernale, il n’existe pas de recette miracle mais il serait coupable de se résigner.

Agir sur tout le spectre des crises se paie

Lors de la présentation de son programme défense le 18 mars dernier le Président de la République, alors candidat, a clairement pris acte des difficultés rencontrées par nos armées pour accomplir les tâches exigeantes que leur confie l’exécutif, depuis lors il a d’ailleurs pu confronter cette vision avec la réalité lors de ses déplacements sur le terrain. Ainsi, confirmant sa volonté de conserver à la France un outil militaire moderne et performant, capable de dissuader tout adversaire d’attenter à nos intérêts vitaux, capable d’intervenir sur tout le spectre des crises, capable d’assurer dans la durée l’engagement de notre pays contre le terrorisme, il a décidé de fixer un objectif clair, consacrer en 2025 2% du PIB à l’effort de défense.

La remontée en puissance doit s’appuyer sur trois principes clés

Pour ce faire, il s’est engagé à soutenir une remontée en puissance progressive de celui-ci, confirmant le 13 juillet devant les forces armées une augmentation du budget de la défense pour le porter à 34,2 milliards € en 2018. Cependant, pour porter ses fruits, cet effort doit s’accompagner d’une véritable transformation des esprits et des habitudes. Cette nouvelle approche devrait s’appuyer sur trois principes clés, la sincérité budgétaire, la cohérence des choix stratégiques, le travail collaboratif.

Sortir des combats fratricides, dépensiers contre économes

Si l’on ne retient que ce dernier [le travail collaboratif], la Défense nationale est l’affaire de tous et la responsabilité de chacun. Il faut sortir des combats fratricides entre « ministères dépensiers et ministères économes » il faut construire ensemble, mettre en commun la grande expertise que recèle notre administration pour faire mieux, pour trouver des solutions viables qui préservent les intérêts de notre pays et en premier lieu la défense et la sécurité de nos concitoyens. Dans cet état d’esprit, nous pourrons réduire les tensions qui se manifestent aujourd’hui, et continuer à construire pour notre pays la défense qu’il mérite en alignant nos ambitions et les moyens que nous sommes prêts à y consacrer.

Les armées répondent et répondront « présent »

Le 13 juillet le Président de la République a réaffirmé, avec une fermeté certaine, l’engagement et la discipline qu’il attendait de tous pour réussir la transformation de notre pays. Dans cette perspective, il sait pouvoir compter sur des armées qui ont toujours répondu présentes à l’appel de leur chef, que se soit pour s’engager en opération sans délai et avec une efficacité qui fait la fierté de tout un pays et l’envie de beaucoup. Des armées qui ont systématiquement été à la pointe des réformes de l’état pour s’adapter, se moderniser mais qui ont dû en payer le prix. Face à un monde incertain, dangereux, il ne fait aucun doute que le chef des armées sait, dans son for intérieur, qu’il peut compter sur des hommes et des femmes d’excellence, d’honneur et de dévouement, et au premier rang de ceux-ci le chef d’état major des armées, le général d’armée Pierre de Villiers dont l’engagement n’a [eu] d’égal que sa passion pour notre pays et pour sa défense.

Général d’Armée Aérienne (2S) Jean-Paul Paloméros
Commandeur Suprême de l’OTAN pour la Transformation (2012-2015)
Chef d’Etat-Major de l’Armée de l’Air (2009-2012)

NB : Les commentaires (en introduction) et la tribune sont reproduits avec l’autorisation de l’auteur. Titres et intertitres de la rédaction

Pierre Moscovici avec JC Juncker (crédit : CE)

La Commission ne veut pas du Grexit, ce serait un échec collectif majeur (Pierre Moscovici)

Pierre Moscovici avec JC Juncker (crédit : CE)

Pierre Moscovici avec JC Juncker (crédit : CE)


(B2) A quelques heures d’une réunion décisive des ministres des finances de l’Eurogroupe, Pierre Moscovici, le commissaire européen chargé de l’Economie et des Affaires financières, a bien voulu répondre à nos questions. Au-delà d’un réel engagement européen, et d’une volonté d’aboutir à un accord avec les Grecs et l’ensemble de la Zone Euro, on sent aussi comment la confiance a pu être ébranlée par la négociation des derniers mois…

Jusqu’où l’Europe doit-elle aller pour maintenir la Grèce dans la zone euro ?

La situation est partagée. Il existe indéniablement chez beaucoup de chefs d’Etats et de gouvernement, chez la plupart des ministres des Finances, qui ont été confrontés à la situation avec plus d’une dizaine d’Eurogroupes depuis l’élection de Alexis Tsipras, une lassitude, parfois une irritation, en tous les cas, un manque de confiance qui doit, maintenant, être comblé. Il est certain qu’il faut tenir compte de cette donnée qui n’est pas que psychologique. De l’autre côté, il y a un sentiment de responsabilité partagée, un attachement à la zone Euro. Et la Zone Euro, c’est 19 membres, pas 18. Tout le monde est conscient de cette responsabilité. Pour arriver à réconcilier ces deux dimensions, il n’y a qu’une voie, c’est de dépasser les irritations, de surmonter, la lassitude, de transformer la responsabilité en volonté.

On sent beaucoup de pathos dans ce dossier, c’est la Grèce historique, la Grèce de Platon tout de même qui est là face à nous ?

C’est vrai. La Grèce n’est pas insignifiante dans l’histoire européenne. Elle ne l’est pas dans la démocratie, dans la philosophie, dans la poésie, la littérature, elle ne l’est pas à travers son histoire dramatique. C’est un des cœurs de la civilisation européenne. C’est sûr qu’il y a une dimension affective, sentimentale, culturelle, majeure, qui explique que tout le monde y passe autant de temps. Mais, au final, ce n’est pas quand même pas la psychologie qui l’emporte, c’est l’action et ce sont les actes. Il ne s’agit pas de savoir si on fait un accord avec Platon ou Homère, mais de savoir si la Grèce aujourd’hui est capable de réformer son économie pour se mettre à niveau de ce qu’implique l’appartenance à la Zone Euro.

Il ne s’agit pas de savoir si on fait un accord avec Platon ou Homère mais de savoir si la Grèce aujourd’hui est capable de réformer son économie pour se mettre à niveau de ce qu’implique l’appartenance à la Zone Euro.

Vous pensez justement que la Grèce est capable de faire encore un plan de réformes ?

Oui. Je pense qu’ils sont capables de le faire. J’ai senti cette semaine pour la première fois, se nouer un débat, au niveau nécessaire. Ils ont cette capacité, il faut qu’ils en aient aussi la volonté, la responsabilité. Mais ce qui compte, ce n’est pas le ton, ce sont les actes. Ce n’est pas le style, ce sont les positions. Il arrive un moment où on doit passer à l’acte, où on doit délivrer, implémenter, comme disent les anglo-saxons. Ce moment est arrivé. C’est l’heure de vérité…

Il arrive un moment où on doit passer à l’acte, où on doit délivrer, implémenter, comme disent les anglo-saxons. Ce moment est arrivé. C’est l’heure de vérité…

On est au moment critique alors ?

C’est vrai. Nous sommes dans la dernière ligne droite. C’est la négociation de la dernière chance. Ce week-end est un week-end décisif, je ne dirai pas historique car ce n’est pas la fin de l’histoire. Dans l’hypothèse positive, on n’en aura pas, en effet, terminé avec ce dossier. Et on commencera à négocier un programme d’assistance.

Sur quelle base va-t-on négocier ?

La première demande du programme d’assistance financière est arrivée hier matin (mercredi) avec des promesses de réforme qui ont été plutôt bien accueillies, notamment sur la partie fiscale, la TVA, et les retraites. Mais nous attendons maintenant comme base d’un accord possible, des propositions concrètes, complètes, tangibles, précises de Alexis Tsipras. C’est surtout cette base là que se nouera, ou non, cette négociation de la dernière chance, d’ici dimanche

Comment pouvez-vous en 24 heures analyser que le plan est crédible ?

Nous avons déjà toutes les données et connaissons tous les paramètres. Les cinq derniers mois n’ont pas été inutiles. Nous allons regarder si le programme qui nous est fourni est, d’abord, sérieux sur le plan économique ; ensuite, financièrement soutenable, en prenant en compte les données économiques et financières du pays qui ne se sont pas améliorées ces derniers temps.

Pourquoi ne pas reprendre le plan proposé auparavant ?

On ne peut pas faire un copier-coller. La situation d’incertitude a eu un impact massif sur l’économie grecque qui est maintenant en récession. Les données financières se sont détériorées. La fermeture des banques n’a pas aidé. Nous devons évaluer le sérieux économique, la soutenabilité financière, la cohérence d’ensemble.

La restructuration de la dette n’est-elle pas une clé de la négociation ? Je crois que vous n’aimez pas ce mot de « restructuration », parlons de soutenabilité de la dette alors ?

Cette question devra être traitée le moment venu. Mais en son temps. Aujourd’hui, le processus est clair. Il y a sur la table, une demande de programme d’assistance financière. Et il y a des remboursements qui doivent être faits, à hauteur de 4,22 milliards pour le 20 juillet. Ce qui doit être décidé ce week-end, c’est si premièrement, des ressources financières sont dégagées pour permettre à la Grèce de procéder à ce remboursement alors que Grèce n’a pas ses ressources Deuxièmement, si les négociations s’engagent pour un nouveau programme, Et pour çà il faut une autorisation de certains parlements, à commencer par le parlement allemand, le Bundestag. Dans ce contexte, on pourra alors parler de la dette dans un cadre qu’il convient de définir. Enfin, la condition de tout, ce qui déclenche le financement et les négociations : ce sont les réformes.

L’Etat grec est-il à la hauteur ?

Le vrai problème, dans cette affaire depuis l’origine, c’est que la Grèce n’a ni une économie ni un Etat qui soit à la hauteur qui implique l’appartenance à la Zone Euro. Si nous demandons des réformes, ce n’est pas pour infliger plus d’austérité au peuple grec. Il n’y en aura pas. C’est pour que ce pays fasse enfin des réformes pour lui permettre d’avoir une économie moderne, de se mettre à niveau de ses partenaires, de retrouver le chemin de la croissance, de l’emploi et de la justice sociale.

« Le vrai problème, dans cette affaire depuis l’origine, c’est que la Grèce n’a ni une économie ni un Etat qui soit à la hauteur qui implique l’appartenance à la Zone Euro. »

Qu’est-ce qui convaincra tout le monde ?

La qualité des réformes et la capacité du gouvernement grec à les mettre en œuvre. Il est important d’avoir une liste d’actions prioritaires, avec des réformes qui soient votées dans les prochaines semaines voire les prochains jours. C’est un critère. La réforme fiscale et de la réforme des retraites notamment. Il faut enclencher un cycle de réformes.

Mais le peuple grec souffre de ces réformes sans cesse ?

Je suis conscient des sacrifices que cela demande au peuple grec. C’est pour lui que nous agissons. Tout le monde sait la souffrance qu’il a endurer : la perte de 25% de PIB, les 50% de jeunes au chômage, les 30% de Grecs sous le seuil de pauvreté. C’est la raison pour lequel il est nécessaire aussi d’envisager un plan d’aide humanitaire. La Commission européenne y est bien sûr prête.

Vous pensez que l’économie grecque peut rapidement se redresser ?

Oui. La détérioration de la situation économique a été rapide et spectaculaire, la reprise peut l’être tout autant. Car la Grèce a des atouts naturels, des atouts humains. C’est une économie extrêmement mobile avec une main d’oeuvre formée, avec une capacité créative importante. Quand je suis arrivé ici, nos prévisions économiques donnaient 3% de croissance à la Grèce, nous sommes maintenant en récession. Mais, pour l’année prochaine, j’ai de nouveau 3% de croissance, à condition de faire les réformes nécessaires. Dans la situation d’incertitude d’aujourd’hui, les investisseurs s’en vont, même les indicateurs du tourisme baissent. Mais c’est une situation aisément réversible. C’est une économie qui est capable se redresser vite. Mais elle a besoin de structures beaucoup plus solides, des structures étatiques et des structures privées. C’est pour çà que je crois que loin d’être des réformes d’austérité, ce qu’on propose sont des réformes positives pour l’économie grecque.

C’est une économie qui est capable se redresser vite. Mais elle a besoin de structures beaucoup plus solides, des structures étatiques et des structures privées.

On pourrait se dire après tout, allez les Grecs hors de la Zone Euro, non ?

Non. Le Grexit serait un échec collectif. Nous ne devons pas nous y résigner. Nous devons faire notre devoir, agir en responsabilité, faire preuve de solidarité à l’égard de la Grèce mais, en même temps, faire preuve d’exigence, non pas une exigence idéologique mais une exigence pour le bien de la Grèce et des Grecs.

Le Grexit n’est donc pas une solution ?

Ce n’est pas une solution que souhaite la Commission européenne. La Commission ne veut pas du Grexit. Depuis des mois, depuis des années, la Commission est mobilisée pour l’intégrité, l’irréversibilité de la Zone euro. Et la Zone Euro, c’est à 19 ! Le Grexit serait un échec collectif, majeur. Nous ne devons pas nous y résigner.

La Commission ne veut pas du Grexit. Depuis des mois, depuis des années, la Commission est mobilisée pour l’intégrité, l’irréversibilité de la Zone euro. Et la Zone Euro, c’est à 19 !

Pourtant, vous travaillez bien sur un scénario de sortie ?

Nous ne sommes pas en train de travailler de manière équivalente sur les différents scénarios. En même temps, la responsabilité de la Commission est de se préparer à toutes les situations. Si d’autres éventualités que celle que nous souhaitons – un bon accord – surviennent, on saura faire face.

Y-aurait un risque de contagion ?

La Zone euro est solide, elle a tous les pare-feux nécessaires pour se prémunir d’un choc. Nous sommes prêts à toutes les éventualités. Mais, encore une fois, ce n’est pas là dessus que nous travaillons. Ce n’est pas ce que nous souhaitons.

Au-delà des conséquences économiques pour la Grèce, le Grexit serait un aveu d’échec politique pour l’Europe également ?

C’est le projet politique de l’Euro qui serait entamé. L’Euro est une monnaie unique. Cela suppose l’intégrité — tout le monde y est — et l’irréversibilité — tout le monde y reste —. Un Euro dont on pourrait partir deviendrait une simple zone de taux de change fixe. Et l’histoire monétaire a prouvé que les zones de taux de change fixe ne survivent pas dans la durée. Etant attaché à l’idée de l’Euro, je suis attaché à l’irréversibilité de l’Euro. Cela ne veut pas dire qu’il faut le souhaiter à tout prix. On en connait le prix, les conditions. Les conditions, ce sont que les réformes proposées par le gouvernement Tsipras soient crédibles et les engagements à mettre en œuvre soient solides.

Un Euro dont on pourrait partir deviendrait une simple zone de taux de change fixe. Et l’histoire monétaire a prouvé que les zones de taux de change fixe ne survivent pas dans la durée.

… Et un sacré encouragement à tous ceux qui veulent la fin de l’Euro, et aux extrêmes ?

Je crois que spontanément, intuitivement, les Européens sont attachés à l’Euro. Car ils savent que c’est un élément de stabilité, de force, d’ancrage tout à fait essentiel. On ne doit pas jouer avec çà. Les populistes jouent avec ce sentiment. Nous ne devons pas leur céder. C’est vrai que çà fait aussi des paramètres dont on doit tenir compte, dans tous les pays européens. Il ne faut jamais céder au populisme, jamais.

Il ne faut jamais céder au populisme, jamais.

Nicolas Gros-Verheyde

version longue de l’interview de P. Moscovici publiée ce matin dans Ouest-France et Sud-Ouest

(crédit : Elysée)

Angela et François recollent les morceaux. Reste à convaincre les autres

(crédit : Elysée)

(crédit : Elysée)

(B2) A l’Elysée, ce soir, Angela Merkel et François Hollande se sont retrouvés pour une soirée de travail. Au menu : réunion + diner. Objectif : afficher un message à peu près commun en public. Et affiner en privé les différentes positions pour éviter la répétition des réunions précédentes où le clan des « durs » l’a emporté face. Car l’essentiel pour le couple franco-allemand est là : réduire ses différences, pour réduire le champ des extrêmes en Europe.

Les discours des deux leaders sont très proches avec quelques nuances cependant si on les lit de près.

1. « Nous prenons acte du résultat et nous respectons le vote des Grecs, parce que l’Europe, c’est la démocratie. « (Fr. Hollande) « Nous respectons cette décision. Le référendum, c’est le vote d’un pays démocratique et souverain et nous devons maintenant vivre avec cette décision. » (A. Merkel)

1bis. « Nous avons aussi entendu le message de tous les partis démocratiques grecs qui se sont réunis aujourd’hui et qui ont réaffirmé ensemble, leur volonté que leur pays reste dans la zone euro. « (Fr. Hollande)

2. « La porte est ouverte aux discussions » (Fr. Hollande / A. Merkel)

3. « En même temps, les conditions préalables pour rentrer dans de nouvelles négociations sur un programme concret du mécanisme européen de stabilité, ne sont pas encore réunies. » (A. Merkel)

4. « Il revient maintenant au gouvernement d’Alexis TSIPRAS de faire des propositions sérieuses, crédibles pour que cette volonté de rester dans la zone euro puisse se traduire avec un programme qui donne de la durée. » (Fr. Hollande). « Des propositions tout à fait précises du Premier ministre grec, un programme qui permettra également à la Grèce de retrouver la prospérité. » (A. Merkel)

5. « Il n’y a plus beaucoup de temps et il y a urgence ; urgence pour la Grèce, urgence pour l’Europe » (Fr. Hollande). « Il est urgent d’avoir ce type de proposition pour que nous puissions trouver une sortie de la situation telle qu’elle se présente aujourd’hui. » (A. Merkel).

6. Le rôle du Sommet est primordial. « Il reviendra aux chefs d’Etat et de gouvernement de définir une position à partir des propositions qui seront faites par la Grèce. C’est une question aussi de visibilité, de crédibilité et je dirais même de dignité.» (Fr. Hollande) « Nous allons voir également quelle sera la réaction des 18 autres pays, ça aussi, c’est la démocratie, nous avons une souveraineté partagée, nous sommes 18 à avoir la même monnaie, donc tout le monde doit être responsable et faire preuve de solidarité. » (A. Merkel)

7. « L’Europe est face à cette responsabilité. L’Europe n’est pas simplement une construction économique, monétaire, financière. L’Europe, c’est un ensemble fondé sur des valeurs, des principes, sur une conception ; une conception du monde, pas simplement de notre continent, une conception fondée sur la liberté, sur l’ouverture, aussi sur le respect. (Fr. Hollande)

8. « Dans cette Europe, il y a place pour la solidarité ; la solidarité est partout en Europe et elle doit l’être encore davantage ; mais il y a aussi la responsabilité. C’est cet équilibre entre responsabilité et solidarité qui doit être notre ligne de conduite pour les jours qui viennent. (Fr. Hollande) La solidarité, nous avons déjà fait preuve de beaucoup de solidarité avec la Grèce et la dernière proposition qui a été faite était très généreuse ; et d’autre part, l’Europe ne peut qu’être cohérente et rester unie aujourd’hui dans une époque où les défis en matière de terrorisme ou encore de réfugiés, est d’autant plus importante, il faut que chaque pays assume également sa propre responsabilité.(A. Merkel)

Commentaire : Le sort de la Grèce dans la zone euro mentionné à plusieurs reprises par le président Hollande n’est pas expressément mentionné par Angela Merkel. Au contraire, celle-ci a commis une phrase étrange : « nous sommes 18 à avoir la même monnaie » (un lapsus ou est-ce une erreur du transcript transmis par l’Elysée),

(NGV)

La Grèce, c’est (bien) compliqué (Dombrovskis)

Valdis Dombrovskis aujourd’hui face à la presse (crédit : EBS / B2)

(BRUXELLES2) Pour les institutions européennes, le sort de la Grèce après le référendum « c’est compliqué »… Valdis Dombrovskis, le vice-président chargé de l’Euro et du Dialogue social, l’a répété sur tous les tons, à chacune des questions, que les journalistes lui ont posé lors de la conférence de presse quotidienne qui se tient au Berlaymont. Maintenant c’est place à la négociation en quelque sorte. « Tout le monde doit se retrouver autour d’une table. (…) Si tout le monde travaille bien, il est possible de trouver une solution même dans ce contexte… complexe ! »

C’est compliqué !

L’ancien Premier ministre letton — qui avait démissionné au lendemain de la catastrophe du supermarché de Riga (54 morts) (lire : La catastrophe de Riga. Inaperçue) —, avait été envoyé au charbon par Jean-Claude Juncker pour déminer le terrain face à la presse. Son discours froid, méthodique, sans aucune chaleur humaine pour le sort des citoyens grecs, ne pouvait en aucune manière faire de l’ombre au plan politique à celui qu’aurait pu faire le président de la Commission. Il s’en est tiré très bien ne lâchant rien d’autre que « c’est compliqué ». Un peu comme ces profils ‘facebook’ où les intervenants pour marquer qu’ils ne sont plus tout à fait mariés, mais ne veulent pas s’afficher encore célibataires, voir pluricélibataires affichent que, bon, c’est compliqué. En fait, Valdis sous des dehors très froids, doit avoir beaucoup d’humour et a voulu envoyé un message subliminal aux journalistes. On est au bord de la séparation…

Le Non complique tout

« La Commission européenne prend note du résultat du référendum d’hier en Grèce. Nous respectons le choix démocratique du peuple grec » a-t-il précisé. Cela a été la seule concession au vote démocratique. Car V. Dombrovskis a immédiatement essayé de contester la validité du référendum « La question posée au référendum n’était pas correcte. Car elle reposait sur un projet qui n’était pas approuvé par l’Eurogroupe. Et ce n’était pas la dernière mouture. Le seul fondement du référendum était politique. » Et d’ajouter que le vote ‘Non’ ne faisait « qu’affaiblir la position gouvernement hellénique ». Car « le «non»  élargit malheureusement l’écart entre la Grèce et d’autres pays de la zone euro.

Beaucoup de temps perdu, la faute à Tsipras…

« Beaucoup trop de temps et trop d’occasions ont été perdues » a précisé ensuite Valdis Dombrovskis, un peu amer. « L’Europe a toujours été au côté du peuple grec pendant la crise. Les contribuables européens ont offert une aide financière sans précédent. Depuis 2010, 184 millions d’euros ont été décaissés de la facilité de prêt à la Grèce et du Fonds européen de stabilité financière » a-t-il précisé.

Mais « Les réformes ont souvent été retardées ou mis en œuvre que partiellement, amenant une récession prolongée et des réformes plus difficiles à mettre en œuvre plus tard. Il y a seulement huit mois, la Grèce avait finalement tourné la page, l‘économie était en pleine croissance, l’investissement commençait à reprendre, et des emplois étaient de nouveau en création. Le pays était proche d’un retour sur les marchés et de mettre fin à son programme de sauvetage à la fin de l’année dernière. Malheureusement, le gouvernement grec actuel n’a pas été en mesure d’utiliser l’extension (de programme) pour produire une stratégie crédible, pour sortir de cette crise, retrouver la stabilité financière et le retour à la croissance économique. »

La place de la Grèce dans l’Europe… mais dans la Zone d’euro

La Commission est prêt à utiliser tous les moyens dans le cadre de notre mandat » a-t-il ajouté. « Une chose est claire. La place de la Grèce est dans l’Europe. » En revanche, il a refusé de répondre de façon précise si la Grèce avait toujours un avenir dans la Zone Euro. « Le résultat du référendum a évidemment compliqué les choses » a-t-il affirmé B2 lui a posé la question. « Il faut à partir de là choisir la voie à suivre, pour développer un plan clair, retrouver la stabilité financière, revenir à la croissance économique, et aussi répondre à la préoccupation sociale. »

Pas de nouveau programme sans mandat de l’Eurogroupe

C’est l’autre leitmotiv de l‘exécutif européen. « La Commission est prête à continuer à travailler avec la Grèce. Mais pour être clair, la Commission ne peut pas négocier un nouveau programme sans mandat de l’Eurogroupe. » etc. Et « le résultat d’hier marque un rejet de réformes proposé, dans une large mesure, par les autorités grecques elles-mêmes, et liés à un programme de soutien maintenant expiré pour la Grèce. »

La restructuration de la dette : c’est compliqué !

Quant à la restructuration de la dette… « c’est compliqué. l’Eurogroupe a annoncé en 2012 un débat sur ce sujet une fois le programme FSEF parachevé. Malheureusement, le programme du FSEF n’a pas été parachevé, il reste en suspens, pas terminé. Dès lors cette offre n’est plus d’actualité, comme la totalité du programme. Il faut reprendre les discussions. ». Lors des discussions récentes, « on avait vu que les pays de la Zone Euro étaient prêts à se pencher sur l’endettement de la Grèce, et le coût du service de la dette. (Mais) c’est à l’Eurogroupe de décider du mandat de la Commission européenne et de décider si la question oui ou non de la dette doit être traitée. »

(Nicolas Gros-Verheyde)


CestComplique

    Attention aux mirages ! - désert jordanien (crédit : Marine nationale)

Dépenses de défense et déficit ? Pour tordre le coup à quelques fausses bonnes idées…

    Attention aux mirages ! - désert jordanien (crédit : Marine nationale)

Attention aux mirages ! – désert jordanien (crédit : Marine nationale)

(BRUXELLES2) Si la France a un déficit, ce serait en quelque sorte (aussi) du fait de ses dépenses militaires importantes. Des dépenses qu’elle engagerait pour le bien commun, européen, qu’il serait alors juste de pouvoir déduire des déficits. L’argumentation est séduisante et est reprise, de temps à autre, dans différents milieux. Cette argumentation n’est pas sans fondement, comme l’a rappelé mon collègue Jean Quatremer, sur son blog, qui se fonde pour argumenter sur le couple franco-allemand. Cette comparaison se heurte cependant à nombre de questions qu’il n’est pas négligeable de détailler.

1ère interrogation : peuton parler de décrochage desbudgets de la France et de l’Allemagne ? Non !

En chiffres absolus, la France et l’Allemagne sont désormais exequo avec un budget tournant autour de 31 milliards d’euros. L’Allemagne est même légèrement en tête en 2013-2014. En chiffres relatifs, par rapport à la richesse de la nation, l’Allemagne reste toujours en retrait par rapport à la France avec  1,1% du PIB contre 1,5% à la France (*). L’écart se resserre. La comparaison reste donc limitée. Comparer la France et l’Allemagne sur le plan de la Défense supposerait aussi de prendre en compte les stratégies respectives des deux pays. Or, celles-ci sont assez différentes. La défense française a certaines sujétions que n’a et ne veut pas l’Allemagne (et qu’elle ne peut pas avoir !).

En premier lieu, il s’agit de la dissuasion nucléaire. Son coût est souvent difficile à estimer et donne lieu à polémique en France. Les seuls crédits d’équipement représentent un peu plus de 3 milliards : 3,5 milliards en 2014, 3,6 milliards d’euros en 2015, selon les documents officiels, qui devraient augmenter à 4,5 milliards d’après le chef d’Etat-major des armées, à la fin de la période 2019. Soit 0,15% du PIB. Un chiffre auquel il faut ajouter le coût de fonctionnement (sous-marins, présence en mer, sécurité, forces aériennes stratégiques) qui est rarement détaillé.

Deuxièmement, il faut prendre en compte la présence outre-mer, dans les départements et collectivités français, ou sur les bases permanentes à l’étranger. Ces forces outre-mer (souveraineté et présence) requièrent 11.400 militaires (sur les quelque 200.000 que compte l’armée française), soit à peu près 10% de l’effectif.

NB : imaginez une Allemagne dotée de l’arme nucléaire et avec 3 bases permanentes, je n’ose imaginer les hurlements non seulement au Bundestag mais en France, parfois de la part des mêmes qui reprochent à l’Allemagne, d’être un peu « lente » et « faible » en défense.

2e interrogation : peut-on prétexter du coût important des Opex françaises ? Non !

C’est une réalité, le coût des opérations extérieures (OPEX) française explose chaque année, passant de 450 millions d’euros dans la loi de finances initiale à entre 800 millions et plus d’un milliard certaines années. Cette sous-estimation chronique n’est pas une absence de prévision, c’est au contraire une tactique budgétaire subtile, permettant de ne pas comptabiliser au départ toutes les opérations OPEX pour pouvoir trouver des financements ailleurs au besoin.

Sur la durée, cependant, le budget OPEX allemandes et françaises est assez semblable sur la durée. Sur 20 ans, on arrive à environ 17 milliards pour l’Allemagne contre environ 20 milliards d’euros pour la France.

Certes, on pourra estimer que la France mène des opérations « d’entrée en premier » ou de « force », plus intenses (lire : La capacité d’entrer en premier…). C’est vrai ! Mais bien souvent l’Allemagne poursuit ces actions et s’inscrit dans la durée. Par exemple, dans l’Océan indien, la marine allemande a assumé un engagement permanent dans l’opération EUNAVFOR Atalanta, depuis le début de l’opération, avec 2 navires au minimum durant toute la période. Là où les Français sont désormais présents plus irrégulièrement. Idem au Mali, où l’Allemagne va prendre le relais des Espagnols comme nation-cadre de l’opération EUTM Mali. Citons également l’Irak où Berlin a fourni un beau paquet d’armes (très offensives) aux Peshmergas, même si les avions allemands ne participent pas aux bombardements (lire : Berlin va livrer des matériels militaires conséquents en Irak).

Commencer à distinguer des dépenses financières selon l’intensité de l’engagement ou l’utilité, qui sera toujours plus ou moins subjective de tel engagement, parait assez hasardeux d’un point de vue de finances publiques.

3e interrogation : peut-on décompter les dépenses militaires du déficit ? Très délicat !

Distinguer les « bonnes » dépenses qui devraient être déduites du calcul du déficit et de la dette des autres paraît assez difficile. En quoi les dépenses de défense dans le monde seraient déductibles et pas les autres dépenses de sécurité externe, comme la gendarmerie, la police maritime, la sécurité en mer (exemple pour l’opération Mare Nostrum) ? Enfin, le débat sera très hasardeux : pourquoi les dépenses de sécurité et pas les dépenses de santé, de développement, de recherche ? Le débat risque d’être sans fin… J’entends souvent ce genre de propos. Mais pour moi cela revient à vouloir envoyer un avion de chasse, lourdement lesté de bombes, pour un long parcours, sans avion ravitailleur en cours de route. Il aura 2 solutions pour rentrer à bon port… larguer ses bombes n’importe où et les perdre… ou se crasher, façon kamikaze.

4e interrogation : peut-on convertir certaines dépenses militaires en investissements ? Oui en partie.

Cest déjà fait. Du moins en partie ! Depuis septembre dernier, le système statistique SEC2010 permet déjà la comptabilisation de l’achat d’armements ou de systèmes d’armes comme investissements et non comme dépenses, ce qui augmente d’autant le PiB et descend mécaniquement le déficit et la dette. Mais pour un niveau relativement modeste.

Un seul problème : la solidarité financière

Il reste un problème général, qui n’a pas été résolu, une solidarité renforcée, financière, entre les différents pays européens pour participer aux opérations décidées en commun. Aujourd’hui, celui qui s’engage dans une opération européenne paie deux fois, voire trois : une fois en engageant ses soldats, la deuxième en participant à l’effort collectif, et la troisième en s’engageant politiquement (s’il y a des morts ou un dérapage, c’est le responsable national qui sera comptable devant sa population ou sa représentation nationale). L’idée d’une prise en charge plus forte des dépenses a été évoquée mais se heurte pour l’instant à certaines réticences, notamment allemandes, c’est là où est le réel problème, à mon sens, de la « défense européenne » aujourd’hui. Et malgré le coup d’éclat de François Hollande, il y a un an, à propos de l’opération en Centrafrique, cette question n’a pas été du tout résolue…

(Nicolas Gros-Verheyde)

(*) chiffres hors pensions, hors gendarmerie, selon les statistiques OTAN, plus crédibles que les chiffres de la Banque mondiale.

La Grèce, la dette, et l’Europe dans tout çà

Le sommet européen s’ouvre sur fond de crise économique et surtout de crise politique, même si personne ne veut l’avouer

Ils le jurent tous, la main sur le cœur. La question grecque ne figure pas à l’agenda du Sommet européen aujourd’hui et demain à Bruxelles. Mais elle sera dans toutes les têtes et dans nombre de conversations en aparté. Car la situation reste fragile. Certes le Parlement grec a renouvelé sa confiance au Premier ministre, G. Papandréou. La chancelière allemande Angela Merkel a mis un peu d’eau dans son vin depuis le sommet avec Sarkozy vendredi. Et les 27 sont désormais d’accord pour créer un mécanisme de stabilité permanent.

Mais l’équilibre reste fragile. Au sein de la zone Euro, il n’y a pas encore d’accord sur l’art et la manière d’exiger des banques une contribution « volontaire ». Les 27 ont échoué à obtenir un accord du Parlement européen sur le paquet de mesures de gouvernance économique, avant le Sommet. En Grèce, le Parlement doit encore se prononcer sur le plan d’austérité exigé. Ainsi, lors de la réunion des dirigeants du Parti populaire européen, le Français Joseph Daul a dû jouer les pompiers pour calmer les ardeurs de ses coreligionnaires grecs de la Nouvelle démocratie (opposition).

Manque de souffle. Au-delà de ces difficultés se profile une inquiétude sourde. Le fossé se creuse avec l’opinion publique, de plus en plus rétive à accepter les remèdes de cheval et la cure d’austérité. Le cercle des Etats prêts à la solidarité européenne s’amenuise. De financière au départ, la crise s’est muée en une crise économique, de la dette publique et de l’Euro. Chacun redoute maintenant la crise politique.

Nicolas GROS-VERHEYDE.

• A l’agenda du Sommet également : le renforcement du contrôle aux frontières de l’Union européenne et une mini-réforme de la zone Shengen ; le feu vert donné à l’adhésion de la Croatie, sous certaines conditions qu’il reste à approuver ; la situation en Syrie, en Libye, et la reconaissance (éventuelle) d’un Etat palestinien.