La diplomatie européenne à l’épreuve du monde

(B2) Malgré le pessimisme ambiant, la situation n’est pas pire qu’il y a un an. 2018 a été une année de tensions, avec de nouvelles problématiques diplomatiques soulevées notamment par le président Trump. Pourtant, il y a eu des avancées, avec la conclusion d’accords, parfois historiques, comme en Macédoine ou dans la Corne de l’Afrique. Pour ne pas sombrer dans un pessimisme ambiant, mais en restant réaliste, petit tour d’horizon. 

Des ilots d’espoir dans le monde

Dans la Corne de l’Afrique, un mouvement historique semble s’amorcer avec l’accord de coopération Erythrée-Ethiopie-Somalie signé en septembre, suivi d’un accord de paix entre les deux frères ennemis éthiopien et érythréen. Dans le Golfe, un accord s’est fait en décembre à Stockholm entre les parties yéménites ; accord très fragile, qui a peu de chances de s’émanciper, mais il s’agit d’un premier accord.

En Syrie, la guerre civile interminable semble amorcer une dernière phase, certes sinistre, dans laquelle la communauté internationale accepte, à demi mot, que la solution devra inclure Bachar al Assad, en passe d’achever la reconquête d’une bonne partie du territoire avec l’aide des alliés Russes et Iraniens. Le trio russo-turco-iranien qui gère désormais le processus à la fois militaire et politique a, contrairement aux augures négatifs, tenu la corde et 2019 pourrait amorcer la fin d’un conflit quasi décennal. La Syrie, exclue de la Ligue arabe en 2015, reprends les contacts avec les pays musulmans, qui semblent disposés à dialoguer.

L’accord entre la Macédoine et la Grèce, pour rebaptiser le premier en « République de Macédoine du Nord » a été ratifié par le parlement macédonien ce 11 janvier 2019. S’il est ratifié par les Grecs, il supposera une avancée historique qui permettra au pays d’entrer dans le club de l’OTAN (et à long terme dans l’UE) et d’insuffler un air de pacification dans la région. 

En Amérique latine, plus de deux ans après sa signature, l’accord de 2016 avec les FARC semble tenir en Colombie, malgré l’élection d’Ivan Duque (en juin 2018), très critique avec l’accord.

Côté gris, stabilisation et perspective de paix

L’accord nucléaire avec l’Iran, malgré la défection américaine, tient encore, pas pour longtemps peut-être, mais il tient. L’Europe est ici mise au défi de réussir son pari, risqué, de créer le « special purpose vehicule » pour soutenir les entreprises européennes et leur permettre de contourner les sanctions américaines.

En Afrique, les pays du Sahel (Niger, Mali,…) ont tenu bon. Mais l’offensive des groupes rebelles et terroristes, si elle est contenue, est loin d’être réduite. Elle s’étend même au Burkina Faso désormais. Et la montée en puissance du G5 Sahel est lente, très lente… La situation pourrait également se compliquer avec l’organisation d’élections législatives et présidentielles au Mali, en avril. Le Nigéria aura également des élections législatives le 16 février prochain.

Dans le reste de l’Afrique centrale, la situation s’est maintenue relativement calme. Il faudra cependant surveiller la RD Congo, le Cameroun et le Tchad, où l’organisation d’élections peut enflammer les pays.

La Libye n’est plus le trou noir de 2017 mais reste anarchique, avec toujours deux pôles politiques en opposition. Une solution pourrait se profiler, incluant le générale Haftar dans l’équation. Un évènement clé sera l’organisation d’élections législatives au printemps.

Au Soudan du Sud, où une demi-décennie de guerre a dévasté le pays, un autre accord de paix a été signé entre les parties belligérantes en septembre. Certains voient des signes d’espoir en cette nouvelle trêve, ouvrant la voie au retour des réfugiés et à la reconstruction du pays. L’accord est pourtant instable et pourrait, comme celui de 2015, échouer après sa signature. L’organisation d’élections au printemps 2019 viendra accentuer les rivalités et pourrait déstabiliser le pays (où les groupes armés restent actifs et font régner un climat d’insécurité) et le refaire plonger dans le conflit.

Dans les Balkans, zone qu’on croyait apaisée, les dérives nationalistes — au Kosovo, en Bosnie-Herzégovine notamment — réveillent un passé douloureux, obligeant les Européens à se consacrer à cette zone, à nouveau, plus qu’ils ne l’ont fait dans le passé.

Côté noir,

Ukraine. Le conflit dans l’Est de Ukraine, loin d’être gelé, comme le qualifient certains analystes irréalistes, produit son quota de morts chaque jour. Le processus de négociation entamé à Minsk, s’il a permis de garder un canal de dialogue, n’a pas produit ses effets. Et les Russes ont ouvert, avec logique, un nouveau front, maritime, pour contrôler l’entrée et la circulation dans la mer d’Azov. Avec des élections prévues en mars, le gouvernement de Porochenko pourrait être tenté de répondre aux attaques de manière forte. 

Quant au processus de paix au Moyen-Orient, à défaut d’être totalement mort, il est en coma dépassé. L’ambassadeur suédois à l’ONU l’indiquait récemment en quittant son siège temporaire au conseil de sécurité des Nations unies. Les initiatives françaises et européennes ayant totalement échoué, on attend désormais des États-Unis qu’ils présentent leur stratégie. Mais la décision de déplacer l’ambassade à Jerusalem ne porte pas à l’optimisme, d’autant qu’elle est suivie par d’autres pays. 

En Amérique latine, la conjoncture politique et économique est orientée au noir. Les acquis diplomatiques de ces dernières années ont été remisés. Oubliée la consolidation d’espaces diplomatiques autonomes. Oubliée la priorité donnée au multilatéralisme. Oubliées les coopérations sud-sud. Au nom du recyclage d’une politique extérieure de guerre froide. Les discours offensifs de défense du monde libre ont repris du service. Conséquence la plus immédiate, ces milliers de Centraméricains qui marchent vers le Nord, créant un flux migratoire aux répercussions encore indéterminées. La crise principale, politique et humanitaire, est celle du Venezuela, dont le second gouvernement de Nicolas Maduro n’est pas reconnu par la communauté international. 

L’Union européenne doit prendre sa place

Dans tous ces bouleversements mondiaux, la diplomatie européenne tient son rang. Mais sans audace. L’accord sur le nucléaire iranien est soutenu à bout de bras par les Européens qui ont réussi à le maintenir en vie. En Libye, elle a été mise de côté par la France, puis par l’Italie. Dans le Sahel, elle est très active mais les résultats ne sont pas à la hauteur, tant sur le plan sécuritaire que politique. Le risque est très grand de perdre la bataille de la visibilité, au profit de la Russie. En Syrie, c’est une des grandes absentes. Et avec le Brexit qui arrive, l’Union est attendue au tournant. Pour quasiment tous les Européens, il semble évident qu’il faut davantage d’action européenne, mais laquelle ? Beaucoup peut être fait en politique extérieure et le sujet devrait s’imposer comme un des éléments clés des élections européennes, où seront définies les orientations pour les prochaines années.

(Nicolas Gros-Verheyde et Leonor Hubaut)

Un avion danois pour surveiller la Corne de l’Afrique

(crédit : forces armées danoises)

(B2) Depuis quelques jours, un avion danois Challenger a été déployé aux Seychelles, pour surveiller le trafic maritime dans l’Océan indien, dans le cadre de l’opération maritime montée en coalition CTF 150. Opération dirigée, depuis le 13 avril, par le contre-amiral français Olivier Lebas. L’avion a effectué sa première mission le 16 mai. Il restera déployé environ 30 jours, jusqu’à la mi-juin. L’objectif est d’aider « le contrôle du trafic maritime dans l’océan Indien », d’assurer une surveillance en continu de l’océan et de permettre ainsi de donner une image de la situation aux forces navales.

Cette décision avait été prise par le gouvernement danois, le 5 mai, après avoir consulté la commission des affaires étrangères du Parlement (une obligation au Danemark). La « mer joue un rôle crucial en particulier le trafic maritime commercial international » a souligné le ministre danois des Affaires étrangères, Anders Samuelsen.

Le Danemark a aussi décidé de déployer un avion Challenger en Méditerranée en aout 2017 dans le cadre de l’opération de Frontex de surveillance des frontières maritimes. Copenhague avait déjà contribué à l’opération de Frontex début d’alléen avec un Challenger.

(NGV)

(Crédit: EUCAP Nestor)

A Berbera, un centre d’opérations maritimes s’ouvre

(Crédit: EUCAP Nestor)

(Crédit: EUCAP Nestor)

(BRUXELLES2) Un « centre d’opérations » pour la sécurité maritime a été inauguré fin mai à Berbera, sur la côte somalienne, dans le Somaliland (1). Le résultat du travail de la communauté internationale (ONU / UE notamment pour lutter contre la piraterie dans la Corne de l’Afrique. Un effort auquel l’Union européenne a participé financièrement mais aussi la Belgique et la représentation de Taipei (Taiwan) en Europe.

Objectif: sécuriser les eaux somaliennes

Le centre sera utilisé par la Garde côtière du Somaliland. Et du personnel de la fondation « Oceans Beyond Piracy » (OBP) viendra en renfort à différentes périodes de l’année. L’objectif est de renforcer « de plus en plus » la sécurité dans les eaux somaliennes « pour le trafic maritime » et de contribuer « à la lutte contre la pêche illégale, la piraterie et d’autres crimes maritimes », indique-t-on à EUCAP Nestor.

Des opérateurs formés par EUCAP Nestor

Le personnel du centre a été formé par les Européens de la mission de soutien à la Somalie (EUCAP Nestor) et de l’opération anti-piraterie EUNAVFOR Atalanta. Une formation centrée sur les procédures de communication maritimes et les bases de la connaissance de la situation maritime et le partage de l’information (Lire : Formation à Berbera pour la garde côtière somalienne). Cette formation devrait continuer, au long terme, avec des sessions d’encadrement (mentoring).

Un centre bien équipé

Le nouveau centre dispose d’équipements et de systèmes actuels. Il s’agit notamment de radios haute fréquence (HF) et de très haute fréquence (VHF), ainsi que du système de surveillance de la situation maritime, connecté à internet, Sea vision. Le centre fonctionne à l’énergie solaire, pour maximiser l’efficacité opérationnelle et réduire les coûts de fonctionnement. Internet est fournit par le gouvernement du Somaliland. 

Un modèle à suivre

S’il s’agit du premier centre ainsi mis en place en Somalie, ce n’est pas le dernier. Le travail pour l’ouverture d’un second centre « commencera dès l’automne 2016 » annonce la mission EUCAP Nestor.

(LH)

(1) Province autonome située au nord de la Somalie qui a déclaré son indépendance en 1991.

Base navale à Djibouti (crédit : Eucap Nestor)

Eucap Nestor, pleinement opérationnelle à Djibouti et aux Seychelles

Base navale à Djibouti (crédit : Eucap Nestor)

Base navale à Djibouti (crédit : Eucap Nestor)

(BRUXELLES2) La mission de renforcement des capacités maritimes en Afrique de l’Est et Océan indien (EUCAP Nestor) commence à produire du résultat. Sur la capacité planifiée de 176 personnels (137 internationaux et 39 locaux), 67 sont déjà en poste (venant de l’Union européenne + Norvège). Et son budget – de 23 millions d’euros – devrait être reconduit en novembre.

Djibouti et Seychelles, pleinement opérationnelle

Après plusieurs mois passés à se mettre en place (le quartier général à Djibouti n’a été inauguré qu’en février dernier), « Eucap Nestor est désormais pleinement opérationnelle à Djibouti et aux Seychelles » explique Etienne de Poncins, le nouveau chef de mission qui a remplacé l’amiral Launay à l’été. « Elle a déjà commencé des formations, des conseils, et la mise en place d’un environnement juridique » dans ces deux pays et même en Somalie (Puntland). A Djibouti, trois conseillers européens sont intégrés dans les équipes du ministère de la justice (en particulier pour aider à la rédaction d’une loi anti piraterie), dans les gardes-côtes, et dans la marine, pour développer différents projets de coopération. Il y a le même type d’activité aux Seychelles.

Une mission complexe

Bien sûr, c’est une mission qui reste difficile. L’étendue régionale de la mission rend son fonctionnement complexe. Entre Djibouti, Seychelles, Kenya, Tanzanie, il y a plus que quelques kms. Les déplacements sont toujours longs… et pas toujours directs. Et il reste un « certain nombre de défis sécuritaires » dans le pays principal de la mission, la Somalie.

Somalie : le gros morceau

La Somalie, c’est le « gros morceau » reconnait Etienne de Poncins. Le pays a la plus grande longueur de côtes de la zone (3500 km). C’est la patrie d’origine des pirates. Mais il reste difficile d’accès ; avec des questions sécuritaires au premier plan. Un conseiller maritime – un Italien – est ainsi présent 3-4 jours par semaine sur l’aéroport de Mogadiscio, dans la zone internationale. Et des « contacts étroits » sont établis avec le Puntland et le Somaliland, les deux entités régionales les plus avancées. EUCAP Nestor a déjà été en mesure d’intervenir au Puntland. « Un séminaire de formation à la législation anti-piraterie ou anti-criminalité s’est ainsi tenu à Garowe, pendant plusieurs jours, réunissant des procureurs et des juges. ». A terme, nous envisagerons d’avoir environ 6 personnes sur Mogadiscio, Garowe (Puntland) et Hargheiza (Somaliland). Ce qui ne va sans problème de sécurité (déplacement). »

Des salles de classe flottantes

L’avantage d’EUCAP Nestor est de jouer la complémentarité avec les autres missions sur place. « On bénéficie des navires de l’opération Eunavfor Atalanta. Ce sont de véritables salles de classe flottantes, où on fait venir des Somaliens pour les former. » Le gouvernement somalien a d’ailleurs été reçu récemment à bord des navires d’Atalanta (lire: Le gouvernement somalien reçu à bord des forces Eunavfor). Et à Mogadiscio, il n’est pas exclu que la force de protection italienne d’EUTM Somalia puisse aussi protéger les déplacements des formateurs.

Kenya et Tanzanie, des réticences

Au Kenya et en Tanzanie, le contexte politique est « moins favorable » reconnait-on à EUCAP Nestor. Le Kenya a un intérêt de principe mais il n’a pas signé d’accord général de mission. On est dans une « phase d’entre deux. Une forte équipe est déjà présente, d’une quinzaine de personnes qui travaillent essentiellement sur la Somalie » souligne Etienne de Poncins. Car le Kenya est encore la porte d’entrée sur la Somalie. En Tanzanie, c’est « encore moins avancé ». Le pays a « marqué son intérêt » mais n’a pas donné d’autre suite. Un officier de liaison devrait être envoyé à Dar el Salaam, pour essayer nouer contact.

En fait, d’après d’autres informations recueillies par B2, la Tanzanie regarde ailleurs, vers l’Afrique du Sud. Elle a ainsi d’une certaine façon sous-traité la lutte anti-piraterie à des sociétés privées sud-africaines. On se rappelle que durant plusieurs mois les diplomates et militaires européens avaient tenté d’obtenir de la Tanzanie un accord de traitement judiciaire des pirates. Sans plus de succès.

Lire aussi :

Les représentants spéciaux de l’UE (presque) tous renouvelés (maj)

(BRUXELLES2) Les représentants spéciaux de l’UE, dont la plupart voient leur mandat arriver à sa fin le 30 juin, vont être prolongés, selon la procédure normale de renouvellement à mi-année. Seule exception : Pierre Morel, représentant spécial pour l’Asie Centrale, qui part à la retraite après une longue carrière diplomatique, est remplacé… Le processus de remplacement est en cours actuellement. Et le Conseil des ministres des Affaires étrangères, lundi 25, à Luxembourg devrait prolonger tous les représentants. Alors que l’UE s’apprête à nommer un nouveau représentant spécial, thématique et transversal cette fois-ci puisqu’il concernera les droits de l’Homme (lire: Bientôt un Monsieur/Madame « Droits de l’homme » pour l’Union européenne), on peut faire le point sur les 10 heureux élus déjà en place.

Afrique

Union Africaine

Gary Quince. 61 ans (Britannique, agent de la Commission européenne). Discussion sur le renouvellement en cours

Gary a commencé sa carrière à la délégation de la Commission européenne au Ghana (1981-1985) puis a tenu plusieurs postes à la Commission à la DG développement (1985-1991 puis 1995-2001). Il est également passé par la délégation de la Commission dans le Pacifique en tant que conseiller économique (1991-1995). Il devient ensuite chef de délégation au Kenya et en Somalie (2001-2004). Il revient alors à la Commission comme Directeur à la DG développement, d’abord pour l’Europe, le Caucase et l’Asie Centrale (2004-2005) puis pour l’Afrique Sub-saharienne, les Caraïbes et le Pacifique à partir de 2005, avant d’être nommé en novembre 2011 Représentant spécial pour l’Union Africaine.

Lire aussi: Un nouveau représentant spécial de l’UE pour l’Afrique

Corne de l’Afrique

Alexander Rondos. 58 ans (Diplomate grec). Son mandat est prolongé jusqu’au 30 juin 2013

Son profil est assez atypique. Il a commencé comme journaliste spécialisé sur l’Afrique (1977-1982) puis dans différentes organisations de la société civile et chrétiennes, pour lesquelles il s’est également occupé des questions africaines, en Ethiopie (1985-1986) puis en Egypte (1986-1990). Il travaillait alors principalement dans l’aide humanitaire et de projets de développement. Il a ensuite fait un passage à la Banque Mondiale (1996-1998), puis est devenu conseiller du ministre des affaires étrangères grec, George Papandréou, et le suivra quand celui-ci est nommé Premier Ministre en 2009. Il a effectué de nombreuses missions diplomatiques : mission humanitaire en Grèce après le tremblement de terre en 1999, négociation au Kosovo jusqu’en 2004, directeur général du département du développement et de la coopération internationale, médiation entre Israéliens et Palestiniens, etc.

Lire aussi: Un proche de Papandreou nommé représentant spécial pour la Corne de l’Afrique

Soudan et Sud Soudan

Rosalind Marsden. 62 ans (Diplomate britannique). Son mandat est prolongé jusqu’au 30 juin 2013

C’est la seule femme qui occupe ce poste. Commençant dans les bureaux à Londres, elle est ensuite seconde secrétaire à l’ambassade britannique à Tokyo (1977), puis travaille dans l’ambassade à Hong Kong (1989-1991). Elle retourne à Tokyo en 1993 comme conseillère politique puis devient chef du département Nations Unies en 1996. De 2003 à 2006, elle est l’ambassadrice britannique en Afghanistan, puis en Irak jusqu’en 2007, où elle est nommée ambassadrice au Soudan.

Lire aussi : Dr Rosalind Marsden nommée représentant spécial de l’UE au Soudan

Moyen-Orient – Monde Arabe

Région du sud de la Méditerranée

Bernardino León. 48 ans (Diplomate espagnol). Son mandat est prolongé jusqu’au 30 juin 2013

Son premier poste a été le Libéria (1990-1991), puis en Libye (1991), Algérie (1992-1995). Il a été conseiller personnel du Représentant Spécial pour la Processus de Paix au Moyen-Orient, Miguel Angel Moratinos, de 1998 à 2001. En 2004, il devient secrétaire d’Etat aux affaires étrangères pour le ministère des affaires étrangères espagnol jusqu’en 2008. Il est alors nommé secrétaire d’Etat sous la direction du Premier Ministre, dont il est le principal conseiller pour les affaires étrangères. Il a également été Sherpa pour le G20 en 2009.

Lire aussi: Un proche de Zapatero, représentant spécial de l’UE pour le sud Méditerranée ?

Processus de Paix au Moyen-Orient

Andreas Reinicke. (Diplomate allemand) Son mandat va du 1er février 2012 au 30 juin 2013.

Considéré comme l’un des meilleurs spécialistes allemands sur le Moyen-Orient, il a notamment été basé à Tel Aviv et à Ramallah. Il a par ailleurs dirigé le département Moyen-Orient au ministère des affaires étrangères allemand. De 2008 à 2012, il a été l’ambassadeur allemand en Syrie (poste qui est resté vacant depuis).

Lire aussi: Un ambassadeur allemand pour le processus de paix au Moyen-Orient

Afghanistan

Vygaudas Usackas. 48 ans. (Diplomate lituanien). Son mandat est prolongé jusqu’au 30 juin 2013

D’abord en charge des affaires européennes et de l’OTAN au ministère des affaires étrangères de Lituanie (1991-1992), puis à la délégation auprès de l’UE et de l’OTAN (1992-1996), il devient vice-ministre des affaires étrangères en 1999. En 2000-2001, il est le négociateur en chef pour l’accession de la Lituanie à l’UE. De 2001 à 2006, il passe l’Atlantique pour être l’ambassadeur aux Etats-Unis et au Mexique, pour revenir en Europe, comme ambassadeur au Royaume-Uni jusqu’à 2008. En tant que représentant spécial, il est également chef de la délégation de l’UE en Afghanistan.

Lire aussi: Nomination du Lituanien Usackas en Afghanistan confirmée. La décision.

Europe centrale, Caucase, Asie Centrale

Bosnie-Herzégovine

Peter Sørensen. 45 ans (Diplomate danois). Son mandat va de septembre 2011 à juin 2015.

C’est un spécialiste du « multilatéral » mais aussi des Balkans. Conseiller juridique du Haut Représentant à Sarajeveo (1996-1997), puis chef du département politique et principal conseiller du chef de la mission de l’OSCE en Croatie (1997-1999), il devient ensuite conseiller juridique de l’envoyé spécial du Secrétaire Général de l’ONU dans les balkans (2000), puis principal conseiller (2001-2002). Il travaille ensuite dans la MINUK (mission de l’ONU au Kosovo) comme adjoint au chef du pilier IV (reconstruction et développement économique), jusqu’en 2006. Il devient ensuite représentant personnel du Haut Représentant de l’UE à Belgrade, de 2006 à 2010. Il est le chef de la délégation de l’UE en Macédoine depuis 2010, poste qu’il conserve en tant que représentant spécial.

Lire aussi: L’ambassadeur de l’UE en Bosnie-Herzégovine bientôt nommé

Kosovo

Samuel Žbogar. 50 ans. (Diplomate slovène) Son mandat va de février 2012 au 30 juin 2013.

Troisième secrétaire au département des pays voisins au ministère des affaires étrangères yougoslave (1990), il devient conseiller du premier ministre des affaires étrangères slovène en 1991. Il ouvre l’ambassade slovène en Chine en 1993 puis s’en va aux Nations-Unies comme représentant permanent adjoint (1997-2001). En tant que secrétaire d’Etat aux affaires étrangères (2001-2004), il participe aux négociations d’adhésion de la Slovénie à l’UE comme à l’OTAN, ainsi qu’à la préparation de la présidence slovène de l’OSCE (2005). De 2004 à 2008, il est ambassadeur aux Etats-Unis. Enfin, en 2008, il est nommé ministre des affaires étrangères de Slovénie. En tant que représentant spécial, il est également chef de la délégation de l’UE au Kosovo.

Lire aussi: Trois ambassadeurs de l’UE nommés au Kosovo, Macédoine et Palestine

Asie Centrale

Pierre Morel. 68 ans (Diplomate français). Il va être remplacé par une diplomate allemande

Il est d’abord secrétaire premier secrétaire puis deuxième conseiller à l’ambassade de France à Moscou (1976-1979), puis ambassadeur de France à la Conférence du désarmement de l’ONU à Genève (1986-1990). Il devient conseiller diplomatique de Mitterrand (1991-1992). Il enchaîne ensuite les titres d’ambassadeur : à Moscou (1992-1996), à Pékin (1996-2002) puis à Rome (2002-2006).

Lire : Une diplomate allemande nommée représentant spécial de l’UE pour l’Asie centrale (accès abonnés)

Sud-Caucase et crise en Géorgie

Philippe Lefort. 56 ans (Diplomate français). Son mandat est prolongé jusqu’au 30 juin 2013

Après plusieurs années d’enseignement, il est nommé secrétaire des affaires étrangères à sa sortie de l’ENA en 1987. En poste d’abord à Moscou (1989-1991) puis au Secrétariat Général de la Défense Nationale (1991-1993), il est ensuite à Tokyo (1993-1997) puis à Washington (1997-2000). De retour au Quai d’Orsay, il y est sous-directeur aux ressources humaines depuis 2000. En 2004, il est nommé ambassadeur de France en Géorgie. En 2007, il est de retour à Moscou, où il est ministre conseiller et participe aux négociations entre la présidence française de l’UE et la Russie, suite au conflit en Géorgie en 2008.

Lire aussi: Un Français prend la relève en Géorgie et Caucase comme RSUE

Droits de l’Homme

Ce nouveau poste, le premier à être thématique et transversal, et non pas géographique, est en discussion depuis quelques années maintenant.  Son mandat, en cours de finalisation, durera deux ans. Lire aussi :

Lire aussi (pour ceux qui s’intéressent aux prédécesseurs) :

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La mission Eucap recrute

(BRUXELLES2) Il ne reste que quelques jours à ceux que la mission de renforcement des capacités maritimes dans la Corne de l’Afrique (RMCB/EUCAP) intéresse pour poser candidature. L’Union européenne recrute une trentaine de spécialistes.

Une dizaine de « postes » sont recrutés en détachement (déjà agents des Etats membres ou de l’Union européenne), à commencer par le chef adjoint de la mission, le conseiller politique et le conseiller sur les gardes côtes, les chefs d’équipe, des spécialistes législatifs, ainsi qu’un chercheur juridique. Une forte expérience (entre 10 et 20 ans selon les profils) dans le domaine des gardes côtes ou de la loi maritime est demandée. D’autres profils sont ouverts à des contractuels, essentiellement les effectifs de soutiens (marchés publics, ressources humaines, finances, logistique, CIS, médical). Ces postes seront basés à Djibouti, Nairobi ou Mombasa (Kenya), Victoria (Seychelles) et Dar Es Salaam (Tanzanie). Date limite : 27 avril

Telécharger la liste des postes – Formulaire de candidature : doc_logo – Mail de contact : cpcc.cfc@eeas.europa.eu

NB : ne m’envoyez pas de candidature, cela ne sert à rien, en revanche rien n’interdit de me tenir au courant si vous êtes recrutés 🙂

EUCAP Océan indien : on passe au concret. 1er appel à contributions.

(BRUXELLES2) Le premier appel à contributions pour fournir du personnel à la future mission civile européenne de renforcement des capacités maritimes régionales (RMCB ou EUCAP) des pays de l’Océan indien et de la Corne de l’Afrique a été envoyé aux Etats membres en fin de semaine. Ils auront 15 jours pour envoyer des candidatures. Il s’agit de fournir le noyau dur de la mission : son chef ainsi qu’une quinzaine de personnes destinées à préparer concrètement la mission sur le terrain. La mission sera déployée, dans un premier temps, dans cinq lieux : Djibouti – siège de la mission – ; Puntland et Somaliland ainsi que dans la base arrière de Nairobi (Kenya) ; Seychelles.  Ils pourraient être envoyés rapidement sur place : au mois de juin, dès les recrutements effectués et la décision avalisée par les 27. La mission sera ensuite complétée pour démarrer officiellement, à l’été ou l’automne.

Rappelons que cette mission sera coordonnée au sein de l’OpsCenter, le mini quartier général permanent, établi à l’Etat-Major militaire de l’Union européenne à Bruxelles. Elle a pour objectif de doter les pays riverains de l’Océan indien de capacités de lutte contre la piraterie, notamment en développant une police cotière, apte à traquer les pirates à terre ou dans les ports ; ce qui est extrêmement complémentaire des nouvelles possibilités d’action contre les camps pirates donnée à la mission anti-piraterie de l’UE (Eunavfor Atalanta).

Lire également :

Accord sur l’OpsCenter Corne de l’Afrique

(BRUXELLES2, exclusif) Approuvé sur le principe en décembre, l’activation du Centre d’opérations (OpsCenter) pour la Corne de l’Afrique devrait désormais être entérinée dans les jours qui viennent par le Conseil des ministres de l’UE. Les « 26 » (*) se sont mis d’accord sur le texte de la décision qui devrait être adoptée par procédure écrite (ou en point A d’un futur Conseil des ministres. Ce centre aura vocation à assurer la coordination de toutes les opérations conduites dans la Corne de l’Afrique : sur mer avec la mission anti-piraterie (Eunavfor Atalanta), comme sur terre, avec la future mission pour le renforcement des capacités maritimes (Eucap – du moins pour sa partie militaire – la partie civile restera « conduite » par le commandant civil de l’UE, à la CPCC) et la mission de formation des soldats somaliens en Ouganda (EUTM Somalia). L’OpsCenter sera placé au sein de l’Etat-Major militaire de l’UE et activé pour une durée de deux ans. Une évaluation régulière de son activité sera effectuée.

(*) Le Danemark ne participe pas à cette décision. Mais la Croatie participe aux discussions à titre d’observateur.

Lire également :

Arnaud Danjean : l’Europe doit apprendre à s’assumer toute seule

(BRUXELLES2, bilan 2011, exclusif) Dans cette fin de l’année, B2 a pu s’entretenir avec Arnaud Danjean, le président de la sous-commission Défense du Parlement européen, pour dresser un panorama des enjeux en matière de défense après une année riche en « surprises stratégiques » et rebondissements. L’eurodéputé français estime que l’année finit mieux qu’elle a commencé pour la politique européenne de sécurité et de défense commune (PSDC). Mais qu’il reste encore beaucoup de travail. L’Europe doit aujourd’hui apprendre à s’assumer toute seule et à prendre leurs responsabilités. L’approche globale voulue par les rédacteurs du Traité de Lisbonne n’est pas encore pleinement d’application. Car il reste encore une timidité à aborder et développer le volet sécuritaire de l’action européenne.

• Comment voyez-vous cette année ?

Le processus de la PSDC est toujours vivant. C’est déjà un résultat. Le bilan est sans doute moins maigre qu’on aurait pu le penser en début de présidence. Nous avons eu le rapport de juillet (NB : un rapport qui doit beaucoup à Pierre Vimont, le directeur du Service diplomatique et de son conseiller, Yves de Kermabon qui ont poussé dans ce sens) ainsi qu’un débat lors du dernier conseil. Ce débat a prouvé qu’il y avait une réelle volonté politique – ce dont on pouvait douter encore il y a quelques mois. Des Ministres ont pris le relais, pas seulement Français mais aussi Polonais et Allemand. Le poids des contraintes budgétaire et stratégique reste là. La crise libyenne a préempté certains débats. Aujourd’hui on se réveille avec nos vraies contraintes : l’effort de rationalisation (avec le pooling and sharing) est inévitable et la donne stratégique. Les Etats-unis sont nos alliés. Mais ils ont le regard tourné ailleurs. Gates l’a dit, Panetta également, Obama était en Asie récemment. Aujourd’hui, la défense européenne doit s’assumer toute seule.

• Quand vous dites « s’assumer toute seule », comment le voyez-vous ?

Les Etats-Unis sont notre ultime allié, à la fois l’allié avec lequel on va s’engager sur un conflit de haute intensité et de longue durée – comme en Afghanistan – et l’allié ultime pour la défense de notre territoire. On voit mal aujourd’hui un engagement massif extérieur ou une mobilisation maximale sur le territoire. Mais il y a des crises de moyenne intensité aux marges du continent européen (comme monde arabe…) ou sur le territoire européen ; et, là, la réponse ne peut qu’être qu’européenne. Aujourd’hui, les Etats-Unis nous disent clairement : « débrouillez-vous » ! Politiquement, diplomatiquement et, le cas échéant, militairement, les Européens doivent prendre leurs responsabilités.

• Les Américains estimant que le Moyen-Orient ou l’Asie requiert toute leur attention, il y aurait alors une certaine répartition des tâches ?

Dans l’arc de crise (qui court de l’Asie à l’Afrique), on peut en effet se dire que les Européens doivent prendre en charge le Sahel, l’Afrique, le monde arabe. Les Américains seront là, au besoin, mais en soutien, comme pour la formation des soldats somaliens. Ce sont les Européens qui forment. Et les Américains paient les salaires ou assurent certaines fonctions logistiques. La question, maintenant, est de savoir : est-ce que l’UE est prête à donner corps à la fameuse approche globale ?…

• Cette approche globale, c’était un des objectifs du Traité de Lisbonne. Cela n’est pas encore au point ?

Non. L’approche européenne ne paraît, pour l’instant, pas si globale. Les instruments communautaires « classiques » – le développement et instruments financiers – restent privilégiés. Dès qu’on aborde l’aspect sécuritaire, sans parler de l’aspect militaire, on voit tout de suite soulever certaines questions : faut-il utiliser la PSDC ou non ? Déployer quelques experts ou du matériel plus lourd, via des missions PSDC ou via l’instrument de stabilité ? Il y a un vrai débat qui n’est pas commencé, qu’il faut entamer. On le voit bien sur le Sahel, pour la Corne de l’Afrique…

• On a eu deux documents stratégiques du SEAE ?

Oui. Pour l’instant, il y a beaucoup de mots. Mais sur le volet sécuritaire, rien n’est tranché. C’est une très bonne chose que ces priorités soient inscrites sur le planning. Mais je suis un peu inquiet sur la mise en œuvre. Or, sans l’aspect sécuritaire surtout dans les zones comme la « Corne de l’Afrique » et le « Sahel », on ne pourra espérer avoir une approche globale.

(NDLR : Une question fondamentale. Lors de la dernière rencontre avec Catherine Ashton, les Nigériens et Mauritaniens ont réclamé en priorité à l’UE, des véhicules, des capacités de transmission, voire des armes, et n’étaient pas vraiment preneurs de la formation des juges que voulaient proposer les Européens).

• A vous entendre, l’UE est trop timide ?

Oui. L’important, maintenant, est d’agir. La balle est dans le camp de l’UE. La timidité de la Haute représentante sur les opérations n’est pas justifiée. Elle doit proposer des choses. Pour le Sahel, on peut avoir une mission PSDC, éventuellement avec une phase transitoire au début. Car une mission PSDC a une certaine lenteur de mise en œuvre et de génération de force. Catherine Ashton a raison sur ce point : trouver 50 personnes aujourd’hui de haute compétence n’est pas simple. Mais, spontanément, Me Ashton n’a pas pris la mesure de la dimension « sécurité et défense commune ». Elle insiste beaucoup sur la diplomatie préventive, la médiation…, moins sur les capacités de sécurité et de défense de l’UE. On l’a bien vu sur la Libye ; la planification n’a pas été vraiment engagée. Me Ashton nous a dit : les États membres n’étaient pas tous volontaires. Au Parlement européen, nous lui répondons : « Il ne faut pas prendre prétexte des hésitations des États membres pour ne pas faire ou faire a minima ; il ne faut pas sur-anticiper les réticences des États membres ».

• Il y a eu des évolutions entre les Conseils de juillet et de décembre ?

La petite « explication de texte » avec les Britanniques en juillet n’a pas été inutile. C’est ce qui a permis de déboucher, en décembre. A minima, sans doute, mais on a débouché. A Paris, il y avait certains doutes sur le fait de ne pas avoir le Royaume-Uni à bord, deux ans après Lisbonne. Mais une des bonnes surprises de la discussion a été de la voir se terminer à 26 (même si existaient des réticences parmi les États membres).

• Que retenez-vous de cette discussion ?

Il ne faut pas avoir peur de poser des questions de vérité à un moment du processus, on peut rechercher le compromis minimal à 27. Mais il y a un jour où il faut poser ses responsabilités. Si, demain, il y a une crise majeure, on risque de retrouver dans la même situation qu’en Yougoslavie, il y a 20 ans. On n’est vraiment pas passé loin dans le cas de la Libye. On ne peut pas faire comme si tout était réglable à 27. Il faut que chacun prendre ses responsabilités.

• L’Europe de la Défense – comme l’Europe économique – semble fonctionner davantage à plusieurs vitesses, n’est-ce pas dangereux ?

L’Europe à plusieurs vitesses existe depuis le début. Il existe plusieurs vitesses en matière migratoire, en matière de défense (avec l’opt-out du Danemark), en matière agricole — rééquilibrage —, régionale…). En matière de sécurité et de défense, on est à plusieurs vitesses, de façon objective. Ce n’est pas un argument pour empêcher ceux qui veulent avancer d’avancer. Ceux qui vont de l’avant vont permettre d’imprimer le tempo.

• Et le Royaume-Uni ?

Le Royaume-Uni est pragmatique. S’il y a des opérations qui marchent, si c’est pertinent, bien conduit, les Britanniques en seront. Ils nous rejoindront. Je crois beaucoup à la vertu des opérations menées en commun. Les Britanniques ont sans doute mal mesuré la portée du discours de Gates et du changement de cap américain – L’Europe n’est plus la préoccupation principale des Américains. Ce qui, combiné à la contrainte budgétaire, va peser énormément à l’avenir.

Ethiopie © European Union, ECHO

Les priorités de l’UE sur l’humanitaire en 2012. Où ira l’argent ?

Ethiopie © European Union, ECHO

Crédit : European Commission / ECHO

(BRUXELLES2) La Commission européenne a présenté aujourd’hui (16 décembre) son plan pour l’affectation des 640 millions d’euros d’aide humanitaire disponibles pour 2012. Décision qui s’intègre la « stratégie opérationnelle » européenne en matière d’aide humanitaire pour 2012 (télécharger ce document).

36 pays ou régions bénéficieront ainsi des subsides communautaires. Le Soudan (Nord et Sud) (87 millions d’euros), le Congo RDC (44 millions d’euros), les « territoires palestiniens occupés » (40 millions d’euros), le Sahel (45 millions d’euros) en sont les principaux bénéficiaires ainsi que les pays de la Corne de l’Afrique (102 millions d’euros) . Tous sont « en proie à des crises prolongées, de grande ampleur, dues à des conflits et/ou des pénuries alimentaires » explique la commissaire Georgieva, en charge de l’aide humanitaire.

Alerte sur le Sahel

La plus grande opération sur le plan budgétaire concerne cependant l’Afrique sub-saharienne – 52 % de l’aide humanitaire de la Commission lui sont destinés. «L’une des crises les plus importantes qui se profilent déjà à l’horizon est liée à l’urgence alimentaire dans le Sahel, où 300 000 enfants meurent déjà chaque année de malnutrition. Sans une action concertée, cette tragédie prendra des proportions encore plus dramatiques l’année prochaine » alerte la commissaire.

Mais environ 15 % du budget sont consacrés aux crises oubliés, dans des « régions qui ne bénéficient guère de l’attention des médias et où la Commission est souvent le seul grand donateur » (voir carte) : les réfugiés sahraouis en Algérie, les réfugiés bhoutanais au Népal et les victimes du conflit armé interne en République centrafricaine.

Une réserve nécessaire

Les catastrophes étant, par nature, dotées d’un effet de surprise, «Nous devons être prêts à faire face à ceux que nous ne pouvons pas prévoir. » En 2011, l’intégralité de la réserve a été utilisée en raison des catastrophes majeures survenues au Japon, Libye, Côte d’Ivoire et dans la Corne de l’Afrique. Ces décisions d’aide financière d’urgence ont fait grimper le montant total de l’aide humanitaire apportée par la Commission à plus de 1,1 milliard d’euros. « Nous devons nous préparer à une année 2012 tout aussi difficile et disposer des ressources nécessaires pour pouvoir réagir aux situations inattendues » a précisé K. Georgieva.

NB : l’aide humanitaire de l’Europe n’est pas directe, elle se fait par l’intermédiaire de nos organisations « partenaires », souvent les agences des Nations unies, le CICR et les organisations de la « famille »  Croix-Rouge / Croissant-Rouge, ainsi que certaines ONG (comme Médecins sans frontières).

Un proche de Papandreou nommé représentant spécial pour la Corne de l’Afrique

(BRUXELLES2) Alexander Rondos, vient d’être nommé représentant spécial de l’Union européenne pour la Corne de l’Afrique, a confirmé aujourd’hui la Haute représentante de l’UE pour les Affaires étrangères.

Diplomate grec, né en Tanzanie, avec une « grande expérience des négociations diplomatiques dans le monde » – selon les termes du communiqué officiel, Rondos a tenu plusieurs postes de premier plan auprès du Premier ministre, au ministère grec des Affaires étrangères (notamment comme chef du service de coopération au développement international) ainsi qu’à la Banque mondiale. Selon nos informations, il est diplômé de Harvard et surtout connu pour avoir été un des proches conseillers de G. Papandreou (au ministère des affaires étrangères) jusqu’aux élections en 2004 s’impliquant largement dans les questions des Balkans. Il ainsi été un des premiers à rencontrer Vojislav Kostunica, en 2000, et entretenait des relations étroites avec le Premier ministre serbe Zoran Djindjic, assassiné en 2003. Il était en effet ambassadeur extraordinaire et envoyé spécial du ministre dans les Balkans, au Moyen-Orient et dans les situations d’urgence humanitaire.

Avant d’entrer au gouvernement, il a travaillé effectivement à la Banque mondiale et a consacré aussi une partie de sa vie à l’aide humanitaire et aux efforts de développement. En 1992, il a créé la première agence d’aide pour l’Eglise chrétienne orthodoxe, les œuvres chrétiennes orthodoxes, après avoir travaillé avec l’organisation Catholic Relief Services en Ethiopie, au Moyen-Orient et lors de différentes crises humanitaires. D’où lui vient cette connaissance de la Corne de l’Afrique.

Une région qui est « une priorité pour l’Union européenne » a assuré Catherine Ashton la Haute représentante dans un communiqué annonçant cette nomination. « La récente adoption d’un cadre stratégique pour la Corne de l’Afrique montre notre détermination pour faire ce que nous pouvons pour aider à réaliser la paix, la sécurité et le développement dans la région ».

The recent adoption of the strategic framework for the Horn of Africa shows our determination to do all we can to help achieve lasting peace, security and development in the region. This is a priority for the European Union. »

A ce poste il aura une vision large de la région qui va du Kenya à l’Erythrée en passant par l’Ouganda, l’Ethiopie, le Soudan et le Sud Soudan (en lien étroit avec l’autre représentant spécial de l’UE pour le Soudan). Mais il devra surtout se concentrer – selon les termes de son mandat – sur les questions de piraterie maritime et de la Somalie.

Lire également : L’UE va nommer un représentant spécial pour la Corne de l’Afrique. Le mandat