L’Allemagne abandonne son Euro Hawk

(BRUXELLES2) Berlin a jeté l’éponge. Après avoir tergiversé, le gouvernement a abandonné le projet d’avion sans pilote, Euro Hawk, mené par EADS et Northrop Grumman.

Explication officielle donnée par le ministre de la Défense, Thomas de Maizière : les coûts ont déjà atteint 600 millions d’euros et 500 millions d’euros sont encore nécessaires pour atteindre un niveau de maturité. Le problème est l’insertion dans le ciel européen. L’Agence européenne de sécurité de l’aviation (EASA) n’a pas agréé l’engin à cause du défaut de système anti-collision.

On peut avoir comme un doute sur cette explication. Cela fait plusieurs mois qu’au sein de l’Agence européenne de la Défense, ce sujet est sur la table, les implications des nouvelles normes aériennes au secteur militaire, et plusieurs années, que les militaires se posent la question.

L’affaire fait scandale outre-Rhin. Car le gouvernement semble avoir mené l’affaire en dépit du bon sens, arrêtant tout à coup le programme. Ainsi que le dit mon collègue, Thomas Wiegold, de Augengeradenaus, qui suit de près cette faire, le gouvernement a encore dépensé, en 2012, environ 100 millions d’euros (70,08 millions € pour le développement du système et 30,18 millions € pour l’achat). Et le dernier rapport de la Bundeswehr, pourtant publié le 8 mai, y faisait encore référence.

L’A400M termine ses essais. Reste le certificat de vol… Tout un programme

(Crédit : AirbusMilitary)

(BRUXELLES2) L’A400M d’Airbus a achevé sa phase finale d’essais en vol. Tout est maintenant dans les mains des autorités compétentes civile (en particulier l’agence européenne de sécurité aérienne AESA) et militaire (le comité désigné par l’OCCAR) afin d’examiner les données du programme «Fonctionnement et Fiabilité».

300 heures d’essai pour le MSN6

Le MSN6/Grizzly 5, le premier avion dévolu à la production, a effectué à lui tout seul et « avec succès » les 300 heures d’essais du programme, indique l’industriel. Il n’aura fallu que 26 jours, à force de 2 tours dans les airs et 15 heures de vol par jour sur 10 terrains d’aviation différents (auxquels viennent s’ajouter 6 jours de maintenance) pour apprécier le comportement de l’appareil en condition normale de service, dans des circonstances routinières qu’exceptionnelles. Fernando Alonso, directeur des essais en vol et d’intégration chez Airbus Military – et homonyme plutôt cocasse et, on l’espère, annonciateur, du double champion du monde de F1 – s’est dit particulièrement satisfait de la fiabilité de l’appareil. « L’équipage a été vraiment impressionné par la performance des systèmes embarqués et des moteurs, et nous sommes convaincus d’avoir de solides bases afin d’achever la procédure de certification dans les mois qui viennent. »

Une dernière « formalité » avant la livraison

Les organismes civils et militaires devraient adjuger le certificat de type civil et le premier standard militaire IOC (Initial Operating Capability) au cours du premier trimestre 2013. Airbus pourra alors livrer son premier A400M à l’armée française, le MSN7, au deuxième trimestre et un total de quatre appareils devrait ainsi être livré au cours de l’année 2013, selon le calendrier prévu.