Ratatouille@

La ratatouille Hollandaise

Ratatouille@(BRUXELLES2 au Sommet européen) En quelques jours, François Hollande s’est livré à un exercice de cuisine hautement risqué… Parti en assurant que l’opération Sangaris ne coûterait pas un sou aux Français, il est arrivé au sommet européen en disant qu’il recherchait un soutien pas seulement financier mais surtout symbolique, pour « européaniser » l’opération française, avant de finir par expliquer quasiment le contraire : il ne s’agissait pas pour la France d’obtenir un soutien européen puisque cela ne s’inscrit pas dans une opération européenne. « Ça ne coûtera pas très cher en fait ». Nous avons donc reconstitué la ratatouille hollandaise.

1. Commencez par vous assurer d’avoir tous les ingrédients nécessaires : crise humanitaire, crise sécuritaire, ajoutez quelques éléments terroristes à portée de main. C’est mieux. Une pincée de Boko Haram, d’analyse stratégique d’un continent en crise. Un quasi-génocide.

2. Veillez à avoir tous les ustensiles sur votre plan de travail : bases militaires à proximité, des hommes déployés au préalable déjà sur le terrain, le contrôle de l’aéroport…

3. Obtenez une résolution du Conseil de sécurité de l’ONU : c’est obligatoire. Lancez le tout vite fait sur le feu car il y a urgence, humanitaire.

4. Pour éviter d’être interpellé sur le coût d’une telle opération, dites que c’est l’Europe qui paiera. Sur la scène nationale, ça a des chances de passer. Si l’on vous interroge, embrouillez les réponses. Ce n’est pas le « financement que l’on cherche », c’est un « soutien logistique, enfin surtout un soutien symbolique ».

5. Si on insiste, employez un mot-clé : nous allons « européaniser » l’opération française en Centrafrique. Et donnez des exemples. Il y a déjà des pays européens — l’Allemagne, le Royaume Uni, la Belgique, la Pologne, l’Espagne, les Pays-Bas. Quelques avions européens et 50 aviateurs polonais, un peu au sol, un peu en l’air. Les Polonais seront là « avec 50 militaires », enfin ce sont des « aviateurs, vous savez un aviateur ça vole ». L’important est de faire rire la galerie. Lorsque vous avez fini, gardez-les au chaud dans un cocon diplomatique.

6. Une fois la mission « européanisée », le financement européen est automatique. Enfin, presque ! C’est simple comme un coup de fil… à Cathy (Ashton). Bien sûr, il y a toujours des Angela (Merkel), des Werner (Faymann), de Elio (Di Rupo), qui vous disent qu’il faut respecter les procédures européennes : une opération européenne, c’est une décision européenne, à l’unanimité, des règles communes, etc. Bon ! Remuez, couvrez, et laissez cuire ainsi, à feu doux pendant quelques heures.

7. Évoquez le financement. « J’ai souhaité la révision du système de financement des missions et les Européens ont donner droit à cette demande ». Pour cela, n’hésitez pas à chercher dans vos tiroirs. Vous trouverez surement le mécanisme Athena. « Il y aura, notamment pour la Rép. centrafricaine, une meilleure utilisation du dispositif Athena, c’est-à-dire une plus grande mobilisation de ces fonds pour toutes les missions, comme celle qui peut être décidée pour la Rép. centrafricaine ». Ajoutez un peu d’oignon, de sel, de poivre. C’est un peu fade et compliqué tout ça. Vérifiez régulièrement votre préparation en remuant de temps en temps.

8. Une fois la mission prête, n’oubliez pas la petite feuille de menthe fraîche. La pointe d’ironie à la française. La mission, devenue européenne, financée par l’Union européenne, avec quelques Européens, pour le decorum, une quelconque passation de commandement abîmerait le chef d’oeuvre. « Ça non. Le commandement restera … français. » Etre Européen oui… Mais un (petit) peu !

(Leonor Hubaut & Nicolas Gros-Verheyde)

Commentaire : le calendrier s’accélère sur le Centrafrique

En écoutant le président de la République, François Hollande, au Conseil européen, particulièrement confus et brouillon, on pourrait avoir l’impression que la « France » a connu à Bruxelles une sévère… dérouillée. Mais même si certains commentaires peu amènes ont été entendus dans les couloirs, il faut considérer les faits et non les dire.

1° Alors que personne ne s’attendait à ce que l’Europe se penche, d’une part, sur les questions de financement des opérations militaires (une question bloquée depuis des années), d’autre part, prenne sérieusement une option sur une mission/opération PSDC en Centrafrique (civile ou militaire, voire les deux), le Conseil européen a indiqué sa volonté de voir l’Union européenne prendre « rapidement » des décisions sur ces deux sujets. Ce sera fait : le plus tôt possible pour le financement des opérations ; dès le 20 janvier pour la mission PSDC (lire les détails sur B2 Le Club : options d’une mission).

2° C’est une première ! Jamais un Conseil européen n’avait donné un tel ordre de marche sur une mission de la politique (européenne) de sécurité et de défense commune de façon aussi claire et précise. Tout autant que les 22 paragraphes des conclusions sur la politique de défense européenne, cette avancée doit être remarquée.

Les vacances vont être courtes…

Soldats croates lors de l'opération EUFOR au Tchad 2008 (crédit : EUFOR Tchad / Archives B2)

Des Européens en Centrafrique bientôt ? (Maj)

Soldats croates lors de l'opération EUFOR au Tchad 2008 (crédit : EUFOR Tchad / Archives B2)

Soldats croates lors de l’opération EUFOR au Tchad 2008 (crédit : EUFOR Tchad / Archives B2)

(BRUXELLES2 exclusif) Le Conseil européen devrait déboucher sur une initiative plus concrète en matière d’opérations PSDC. Selon nos informations, la Haute représentante de l’UE pour les Affaires étrangères pourrait, en effet, être chargée de présenter des options « pour une mission civile ou une opération militaire » en République centrafricaine.

Toutes les options civiles et militaires de la PSDC doivent être étudiées

Le dernier projet de conclusions diffusé, vu par B2, mentionné la « volonté (des 28) d’examiner l’utilisation des instruments adéquats pour contribuer aux efforts communs en cours ». C’est-à-dire ceux menés d’une part par la France – opération Sangaris – et par Africains de la MISCA. Il s’agit pour stabiliser le pays, y compris la politique de sécurité et défense commune (PSDC), dans ses deux dimensions militaire et civile ». Plusieurs Etats membres sont, en effet, prêts à apporter leur soutien à une telle opération si elle se déroule sous bannière européenne.

Belgique et Visegrad

Le Premier ministre belge Di Rupo a été le plus explicite sur le sujet, en indiquant que l’effort belge (2 avions) était tout pour l’instant « et certainement pas sur le plan bilatéral ». Selon nos informations, les pays de Visegrad (Hongrie, Pologne, Rép. Tchèque, Slovaquie), pourraient aussi envisager, dans ce cadre, de faire une offre groupée.

Commentaire : Si cette décision était confirmée, elle aurait trois avantages :

  • 1° offrir une réponse européenne un peu plus musclée que jusqu’à présent. Réponse d’autant plus nécessaire que les nouvelles du terrain qui parviennent montre une situation pour le moins sordide. Si l’Europe restait silencieuse, ce serait un signe négatif.
  • 2° Permettre au gouvernement français – parfois critiqué au niveau national – l’occasion de dire qu’ils ne sont pas « tout seuls ».
  • 3° Offrir une opportunité de débat plus large sur les coûts de financement des opérations PSDC. L’idée française d’un « Fonds » ayant été « recadrée » dans une perspective européenne.

Il faut, en revanche, se garder de tout enthousiasme. Il faudra sans doute quelques mois avant que ceci devienne une réalité, le temps de préparer une mission (une nouvelle résolution du Conseil de sécurité de l’ONU pourrait être nécessaire). Et l’effort européen ne pourrait pas automatiquement d’avoir des troupes de combat sur place (une mission type EUFOR) mais davantage ce dont l’Union européenne s’est fait maintenant une spécialité : la formation ou/et la restructuration des armées africaines ou des forces de sécurité (type mission EUTM ou SSR).

(Maj 20.12 minuit) Ces informations – données à l’entrée du Sommet – ont été confirmées à la lecture des conclusions finales. A été rajouté : un rendez-vous donné au Conseil des ministres des Affaires étrangères, le 20 janvier, pour « décision ». Ce qui renforce la notion d’urgence de la décision.

Les Européens balbutient, les Américains articulent

Vérification des armes des soldats burundais avant l’embarquement à Bujumbura (Crédit : US Air Force, photo by Staff Sgt. Erik Cardenas)

(BRUXELLES2) Deux avions de transport C17  Globemaster III de l’US Air Force ont quitté aujourd’hui le Burundi pour la république centrafricaine, en soutien de l’opération africaine (MISCA) a annoncé un porte-parole du Pentagone aujourd’hui. Et deux autres devraient suivre demain. Ils vont transporter environ 165 matériel, et du matériel, notamment un camion de 1,5 tonnes, véhicule de transport protégé, etc. Depuis le 12 décembre, début de l’engagement américain, 8 vols de C-17 ont relié la capitale du Burundi à la Rép. centrafricaine. Soit 432 passagers transportés, 25 palettes d’équipement, comme le décompte le colonel Steve Warren. Deux C-17 et une petite équipe de soutien était arrivée en Ouganda le 11 décembre.

FullMontyReview

C. Ashton déshabille les militaires. Uniformes interdits dans les couloirs

FullMontyReview(BRUXELLES2) Consigne a été donnée aujourd’hui (16 décembre) aux militaires européens de se faire le plus discret possible lors de la réunion des ministres des Affaires étrangères de l’UE. Alors que la question de la Rép. centrafricaine va faire l’objet d’un débat en début d’après-midi, à partir de 15 heures, le cabinet de la Haute représentante Catherine Ashton a fait passer la consigne : les militaires en poste peuvent venir – comme c’est l’habitude – en salle d’écoute, au Justus Lipsius, siège du Conseil des ministres. Mais sans uniforme ! En tenue civile. Histoire sans doute de faire plus « approche globale » et de faire oublier l’échec de l’envoi d’un battlegroup. Quelle sera l’étape suivante : que les militaires viennent en petite tenue ?

Lire :

CentrafriquePopulationVab@Fr121206

Centrafrique : une certaine lâcheté européenne

CentrafriquePopulationVab@Fr121206

(crédit : DICOD/Ministère FR de la Défense)

(BRUXELLES2) Ce qui se passe à Bangui et dans le reste du Centrafrique commence à se rapprocher de situations qu’on a connu dans le passé au niveau européen. Les jours passent et le décompte macabre continue en Centrafrique : 400 morts à Bangui, puis 600… Et encore, on n’a pas tout le bilan de ce qui se passe dans les autres villes et villages du pays qui, d’après quelques témoignages, n’est pas tout à fait anodin. Face à cela, force est de reconnaitre une certaine absence et une ceraine indifférence européenne.

La sonnette d’alarme

Ce n’est pas faute d’avoir tiré la sonnette d’alarme. La diplomatie française notamment (souvent critiquée) a joué un rôle notable ici, aboutissant à une résolution des Nations-Unies. Au niveau européen, les voix ont été plus rares, à une exception près : la commissaire à l’Aide humanitaire Georgieva qui, régulièrement, depuis plusieurs mois a cherché à attirer l’attention, dans une certaine indifférence, sur cette « crise oubliée ». Le budget européen « humanitaire » dégagé pour le pays est important : 20 millions d’euros (en un an). Mais sans commune mesure avec ce qui a été engagé pour la Syrie (près de 900 millions d’euros en deux ans). Et l’attention des Européens semble bien plus tournée vers l’Ukraine et les manifestants de la place Maidan à Kiev que vers Bangui.

Les Européens sont-ils là ?

Cette question on peut se la poser. La réponse est : Oui, dans une certaine mesure. Quelques rotations rapidement des Britanniques, beaucoup plus des Belges et des Allemands qui vont arriver ensuite, et les Polonais ou Espagnols qui n’ont pas encore confirmé officiellement leur participation. Mais çà fait bien peu, tout de même, face à l’ampleur du problème. Sans intervention, « 600.000 personnes (sont) menacées ! » avertissait Laurent Fabius, le ministre français des Affaires étrangères, devant nos confrères de Europe1/iTélé/LeMonde, samedi (14 décembre). Avant d’affirmer « très diplomatiquement » comme il le reconnaissait lui-même : « Je ne serais pas choqué qu’il y ait davantage de présence européenne ».

Au passage, le ministre a aussi confirmé le refus des Britanniques d’intervenir« Il y a des unités (européennes) qui peuvent intervenir. Elles sont dirigées par les Anglais. Mais là ils disent non : non c’est pas suffisamment européen, il n’y a pas suffisamment de délibération, etc ». Une information que les lecteurs de B2 connaissent (lire : Battlegroup pour la Centrafrique ? Comment Cathy a dit stop !). Derrière ce refus, se cachent les petites compromissions, un certain manque de volonté et, il faut le dire, un certain manque de solidarité. On n’ose pas forcer le compromis. « Le problème c’est qu’il n’existe pas effectivement d’Europe de la Défense » a reconnu Laurent Fabius. « Nous sommes pour l’Europe de la Défense. Mais elle n’est pas là ».

Davantage de solidarité européenne

Et d’annoncer : « Je demanderai (aujourd’hui) devant le Conseil des Affaires étrangères qu’il y ait un concours plus solide, plus fort, y compris sur le terrain, y compris en hommes. » Le ministre devrait notamment réitérer l’idée développée par François Hollande d’abord à Paris en marge du sommet africain puis à Sao Paulo d’avoir un Fonds européen pour les forces de maintien de la paix. Sujet qui sera évoqué au sommet européen des 19 et 20 décembre.

Complicité. Cette indifférence – cette « lâcheté », il n’y a pas d’autre mot – va rester une tâche indélébile dans l’histoire (courte) de la défense européenne. Comme l’attentisme avait précédé et accompagné les drames en ex-Yougoslavie. Refuser d’intervenir, et même de regarder la réalité, de faire le maximum possible (quitte à échouer), alors que se déroulent des massacres, c’est être (un peu) complice de ces massacres.

Europe (de la défense) ou non ? L’Europe ne peut pas aujourd’hui se contenter d’un peu d’aide humanitaire, de programme de développement et de bonnes paroles. Elle l’a toujours fait depuis des années. L’Europe de la défense ce n’est pas cela. Si l’UE veut avoir un peu de fierté d’exister, vouloir peser dans le monde (et son voisinage), elle doit mettre en oeuvre cette fameuse politique européenne de sécurité et défense commune. Si cette PSDC veut être une réalité, elle doit entrer en action. Laisser un « battlegroup » au garage n’est pas seulement une erreur tactique, c’est une erreur stratégique.

Baisser la garde aujourd’hui en Centrafrique, c’est baisser la garde ailleurs. Pour des pays qui ne comprennent que la force – comme la Russie ou l’Iran voire la Chine – c’est un signe d’incroyable faiblesse. La bataille perdue à Bangui pourrait être alors le signe d’autres batailles perdues sur d’autres fronts, y compris politiques et économiques, en Ukraine ou ailleurs. En d’autres mots, comment dialoguer avec un Lavrov qui sait bien que l’Europe ne peut rien faire sans les Américains, même pas envoyer quelques hélicoptères au Tchad (comme il y a cinq ans où l’aide des Russes a été précieuse) ou 1500 hommes en Centrafrique aujourd’hui. L’approche « globale » – tant utilisée à tort et à travers – c’est aussi considérer que la planète n’est pas divisée en différents compartiments étanches.

Si l’Europe veut être une puissance douce (soft power), elle doit rester et considérer comme une puissance tout de même, qui a certaines obligations, notamment celle d’éviter le pire, le « plus jamais çà » de Srebrenica et du Rwanda.

Lire aussi :

L'Airbus A330 belge en chargement à Zaventem, en novembre (crédit : armée belge)

Sangaris. Un apport belge bienvenu

L'Airbus A330 belge en chargement à Zaventem, en novembre (crédit : armée belge)

L’Airbus A330 belge en chargement à Zaventem, en novembre (crédit : armée belge)

(BRUXELLES2) Le gouvernement belge a confirmé, vendredi (13 décembre), son accord pour la participation à l’opération Sangaris menée par l’armée française en Centrafrique. Une participation sous forme de soutien aérien (ainsi que B2 l’avait annoncé en exclusivité, lire : Des avions européens en renfort pour l’opération Sangaris) qui n’est pas négligeable. (Maj) Un accord entériné par le Conseil des ministres jeudi (19 décembre).

Airbus A330 et Hercules C130

La Belgique va, en effet, fournir quatre rotations d’Airbus A-330 entre fin décembre 2013 et fin janvier 2014, pour transporter personnel et matériel de la France vers les pays voisins de la République centrafricaine et vers la capitale Bangui. Elle mettra en outre et surtout à disposition de l’opération Sangaris et de la MISCA (la mission africaine), un Hercules C-130 depuis Libreville (Gabon), à compter de fin janvier 2014. L’avion fera la liaison entre Libreville (Gabon) vers Bangui (Rép. Centrafricaine) mais aussi à l’intérieur de  la République centrafricaine à partir de Bangui.

Un apport très utile quand on sait l’épuisement des avions tactiques français (Transall), le commandement aérien français étant contraint d’utiliser des Casa (de moindre envergure et moindre emport). L’engagement belge aura une durée initiale de 2 mois mais pourra être prolongé d’un mois, soit jusqu’à fin avril 2014. Un détachement de 35 militaires sera assuré sur place. Un officier de liaison sera également envoyé au centre des opérations aériens à Lyon.

La Belgique est ainsi le premier pays à s’engager directement sur le terrain. Pour un « petit » pays, l’effort révèle un engagement politique notable. Coté français, on souligne que l’engagement belge au Mali avait été aussi très apprécié. Les Belges nous « ont donné un sacré coup de main » rappelait un militaire à B2.

> Détails de l’engagement OPEX Belge pour 2014 sur le Club

> Télécharger le communiqué de presse du Conseil des ministres (19 décembre)

David Cameron a dit "non" à l'envoi d'un battlegroup européen. Le Premier britannique au sommet de Vilnius (crédit : présidence lituanienne de l'UE)

Battlegroup pour la Centrafrique ? Comment Cathy a dit stop !

David Cameron a dit "non" à l'envoi d'un battlegroup européen. Le Premier britannique au sommet de Vilnius (crédit : présidence lituanienne de l'UE)

David Cameron a dit « non » à l’envoi d’un battlegroup européen. Le Premier britannique au sommet de Vilnius (crédit : présidence lituanienne de l’UE)

(BRUXELLES2, exclusif) Selon nos informations concordantes, la préparation du déploiement de la force de réaction rapide (battlegroup) de l’Union européenne en Centrafrique – préparée depuis plusieurs jours par le staff militaire du Service diplomatique européen (SEAE) – a été stoppée net sur ordre… de la Haute représentante de l’UE, Catherine Ashton.

Un battlegroup planifié

L’objectif de la planification (lire : Un battlegroup de l’UE en République centrafricaine ? La discussion continue) était de compléter l’action des troupes françaises, qui se préparaient à « entrer en premier », et de faire la liaison avec les troupes africaines, pour faire cesser les massacres et rétablir une certaine sécurité.

Faire cesser les massacres, ça peut attendre !

Las… la Haute représentante y a mis le holà. « Je ne suis pas opposée sur le principe » a-t-elle expliqué à ses équipes fin novembre en marge du sommet sur le partenariat oriental de Vilnius. « Mais il est vital que la France approche le Royaume-Uni au niveau ministériel pour cela. Il est essentiel d’avoir un « Yes » du Royaume-Uni avant d’aller plus loin. ». Et d’ajouter « Je ne peux pas aller devant les ministres des Affaires étrangères (avec) cela ». Rompez !

David Cameron : le Mister No de la défense européenne

Le « no » britannique est, en fait, connu. Si quelques militaires seraient prêts à y aller. Au Number 10, la résidence du Premier ministre, David Cameron, comme au Whitehall, le siège du ministère de la Défense, la réponse est claire et sans ambages, c’est « No ». Les responsables du SEAE sont rapidement fixés. Il n’y aura pas de battlegroup, pas d’option militaire, ni même l’ombre d’une approche modulaire. Pour Londres, la pierre angulaire de la sécurité européenne est l’OTAN (détails dans le Club : L’OTAN la pierre angulaire, l’Europe le cale-pied (Lidington)). Et quand elle prend la permanence du battlegroup, c’est pour qu’il reste à terre (sauf intérêt suprême de la Couronne en jeu). L’Union européenne n’a un objectif d’action que « complémentaire » et de préférence « civile ».

Et si on mettait un peu d’humanitaire, ca ne serait pas plus beau ?

Peu après un des hauts responsables du SEAE, en charge de la PSDC, Maciej Popowski, prend à son tour la plume. Au nom du principe de réalité, il propose une solution qui se veut consensuelle. « Il serait plus intéressant de présenter l’engagement européen en Centrafrique dans un cadre plus large, en impliquant l’humanitaire, le développement et le travail de sécurité, ensemble ». Un « truc de marketing » comme il le reconnaitra lui-même. Mais « çà pourrait mieux passer », assure-t-il.

L’esprit de Chamberlain …

Or, chacun le sait. Même les humanitaires et les ONGs de tout poils le disent – même Human Right Watch, pourtant peu soupçonnée d’être complaisante envers les forces françaises en Afrique. Il faut rétablir un semblant d’ordre. Nous sommes face à une tragédie. La commissaire européenne à l’Aide humanitaire le dira d’ailleurs : « la question du génocide n’est pas purement hypothétique » (lire sur le Club). Rien n’y fait. En costards-cravates, dans leurs bureaux, quelques responsables ont décidé que cela ne valait même le coup de tenter d’agir et qu’il valait mieux rendre les armes tout de suite.

… plutôt que l’esprit européen et humaniste

Ce refus est problématique. Ce qui s’est passé en Centrafrique ressort de massacres et de crimes de guerre (puisque commis par des forces armées contre des civils). L’intensité des massacres et leur ciblage pourrait peut-être les requalifier en crimes contre l’humanité voire en génocide (l’histoire le dira). En laissant les Français, seuls, aller au combat et perdre des hommes ; en refusant de donner un « feu vert » à la force de réaction rapide de l’UE ; alors qu’il y avait un mandat des Nations-Unies, il y a là un manquement très clair au mandat confié aux autorités européennes par les Traités dans le cadre de la PSDC – la politique de sécurité et de défense commune = « assurer le maintien de la paix, la prévention des conflits et le renforcement de la sécurité internationale conformément aux principes de la charte des Nations unies ». Cet acte ne peut rester sans responsabilité au plan politique. Il faut en tirer les conséquences…

NB : on peut ajouter deux remarques. Les ministres de la Défense et des Affaires étrangères viennent tout juste, le 18 novembre, d’approuver une réforme des groupements tactiques européens, permettant d’avoir plus de flexibilité ou de souplesse dans l’envoi d’un battlegroup. Il aurait été possible d’inaugurer cette évolution (une idée britannique d’ailleurs). La Haute représentante pourrait certainement dans quelques jours demander d’étudier de nouvelles options. Une manière de ne pas rester inactive. Ce faisant elle aura évité à son pays un désaveu cinglant (le veto britannique est, en effet, resté très discret). Et elle renvoie la « patate » chaude aux Grecs, Roumains et autres Chypriotes qui assurent le relais de la permanence de la force de réaction rapide à partir du 1er janvier. Au SEAE, on sait pertinemment que cela pose un vrai problème. Ce « battlegroup » étant désargenté, se projeter en Centrafrique (même si une partie du coût – le transport – est pris en charge), est un effort très important… A ceux qui prétendent que Catherine Ashton n’est pas une fine politique, cette manoeuvre en est un désaveu cinglant !

NB : En fait, le seul espoir de « relais » européen des Français repose sur … les Benelux et Allemands qui auront le « tour de rôle » du battlegroup au 1er juillet 2014 !

Lire aussi :

embarquement de matériel pour le Centrafrique à partir du Tchad (crédit : DICOD / Ministère français de la Défense)

Financement de l’opération Sangaris. Gonflette ou « vraie » idée (Maj2)

embarquement de matériel pour le Centrafrique à partir du Tchad (crédit : DICOD / Ministère français de la Défense)

embarquement de matériel pour le Centrafrique à partir du Tchad (crédit : DICOD / Ministère français de la Défense)

(BRUXELLES2) On peut se demander ce que François Hollande avait fumé avant son interview avec nos confrères de F24, RFi et TV5 Europe (lire sur le Club : Un fonds européen pour les opérations de maintien de la paix. Annoncer que l’opération en République centrafricaine (RCA) ne coûterait pas un sou au budget français ressort en effet d’un bon tour de prestidigitateur. Ajouter que l’Europe financerait en partie l’opération, c’est de l’alchimie.

Perplexité et ironie

B2 a demandé à droite et à gauche. Et chacun – même les plus éminents connaisseurs du dossier – reste perplexe. Les silences, longs, appuyés sont souvent plus éloquents que les réponses. Certains tentent d’expliquer : « le Président a dû confondre ». « Il a pu se trompé » hasarde un second. « Demande à l’Elysée — rétorque un troisième, ironique — ils ont peut-être une idée ».

La réponse européenne : euh… non !

Côté européen, la réponse est élaborée. Mais le non parait clair. « La (Commission européenne) a dégagé, cette semaine, 50 millions d’euros de la facilité de la Paix pour l’Afrique destinée à financer l’opération internationale (…), c’est-à-dire la MISCA. Pour l’instant c’est la situation » a expliqué le porte-parole de la Haute représentante répondant, jeudi, à une question de B2.La République centrafricaine sera « à l’ordre du conseil des ministres des Affaires étrangères, (voire même) du Conseil européen ». « Bien sûr, les Etats membres peuvent (à ce moment) soulever le débat sur cette question là ».

Les dispositifs existant au niveau européen

Pour en avoir le cœur net, on peut revisiter rapidement les quatre-cinq dispositifs, qui existent au niveau européen pour financer, plus ou moins, une opération de « gestion de crises ».

  • 1° Le budget de la PESC – budget communautaire – il ne sert qu’à financer des opérations « civiles » (par exemple une mission de police ou de d’observation) = Out !
  • 2° Le mécanisme Athena – budget non communautaire basé sur des contributions gouvernementales – qui sert à financer des opérations militaires, à condition qu’elles soient entreprises sous le drapeau européen et avec l’aval de tous (à l’unanimité). Et encore ce mécanisme ne finance qu’une (petite) partie du coût Opex (Etat-major, moyens de communication, évacuations médicales…) = Out !
  • 3° La facilité de paix pour l’Afrique – financée sur le Fonds européen de développement, budget extracommunautaire – qui sert à financer les opérations « africaines » de maintien de la paix. Sont ou ont été ainsi financées l’AMISOM en Somalie, la MISMA au Mali, la MICOPAX en République centrafricaine et la future MINUSMA dans le même pays = Out ! (sauf à ce que l’Union africaine reverse à la France un financement. Difficile et un peu tordu !)
  • 4° L’instrument de stabilité – sur budget communautaire – qui permet de financer à côté d’une opération de gestion de crises, certains équipements ou projets sécuritaires = Out !
  • 5° L’aide humanitaire – sur budget communautaire – permet de financer l’envoi de vivres, de médicaments, de médecins et aide d’urgence, mais civile normalement. L’utilisation de moyens militaires étant prévue uniquement en « dernier ressort ». = Out ! (sauf à faire financer un ou deux avions d’apport d’aide – comme un hôpital de campagne – sur place. Difficile).
  • 6° Le « Fonds de lancement » – prévu par le traité de Lisbonne – permet de financer les activités préparatoires des missions (de gestion de crises) qui ne sont pas mises à la charge du budget de l’Union (par exemple les missions militaires). Un fonds, constitué de contributions des États membres. Mais cette disposition n’est pas encore en place ni n’a même reçu le plus petit début d’exécution ou de proposition, depuis 4 ans !

Sauf erreur de ma part, c’est tout. Aucun de ces mécanismes ne permet donc de financer une opération militaire comme celle menée par les Français en Centrafrique, même si elle est faite pour le compte de la communauté internationale. Ce qu’a confirmé un haut diplomate européen vendredi matin. « Soyons clairs : le budget européen finance des opérations européennes, décidées par l’UE. Ce n’est pas le cas en Centrafrique ». Et d’ajouter : « D’ailleurs, on ne nous l’a même pas demandé. » Sauf à inventer un autre… dispositif.

Un nouveau dispositif ?

C’est l’idée lancée par François Hollande d’un fonds européen pour les missions de maintien de la paix (et détaillée lors de son voyage à Sao Paulo au Brésil). Une idée très intéressante. Effectivement, il manque à l’Union européenne un dispositif complémentaire à ceux existant, afin de partager le fardeau entre ceux qui peuvent et veulent agir et ceux qui ne peuvent pas ou ne veulent pas agir. Il est, en effet, difficile d’exiger une permanente unanimité d’action et de volonté. Et des mécanismes de solidarité ad hoc doivent être trouvés (lire : Pour un fonds européen de sécurité ou de gestion de crises ?). Mais pour mettre en place un nouveau dispositif, il faudra un peu de temps… et beaucoup de volonté politique. Difficile de dire qu’il sera mis effectif, de façon rétroactive, pour financer l’opération Sangaris. Car il faut plancher sur son financement, sa base juridique, ses modalités…

Contourner le veto britannique

A supposer que ce fonds puisse être mis en place, encore faudrait-il trouver le moyen de gérer ce financement. Et, donc, de prendre le taureau par les cornes et de régler le « veto » britannique. Car Londres a fait de la PSDC un outil à abattre. Les différents documents en notre possession (détaillés sur le le Club) le prouvent. Et son veto commence à devenir permanent et handicapant.

Pour le contourner, il n’y aura pas d’autre moyen que d’employer la force et la ruse ! François Hollande (aidé de Angela Merkel) et de quelques autres (Belgique, Pologne, Italie, Luxembourg, par exemple) a une carte dans sa manche. Une carte maîtresse. Cela s’appelle la « coopération structurée permanente » (CSP ou PESCO en anglais) : prévue dans le Traité de Lisbonne, jamais mise en place pour une série de « bonnes raisons ».

Simple dans son déclenchement

Pour mettre en place une CSP, il « suffit » d’envoyer une notification aux autres membres du Conseil et au Haut représentant. Cette coopération – inspirée des coopérations renforcées mais différentes dans son fonctionnement – ne nécessite pas de minimum d’Etats membres. Elle se met en place à la majorité qualifiée. Cette majorité pourrait être réunie, semble-t-il. Bien sûr, il faut respecter quelques critères. Mais ces critères peuvent avant tout être vus comme des engagements politiques. Cette coopération permet à la fois d’avoir des projets structurants en matière de capacités et de forces de réaction rapide, si on s’engage à les développer. Pour le budget, et le financement, c’est une autre histoire. Mais on peut mettre en place un financement ad hoc…

Yes you can !

François Hollande « peut » le faire. S’il tient réellement à l’Europe de la Défense, il « doit » le faire. Il fâchera Londres, c’est sûr. Mais, un moment donné, il faudra passer par cette épreuve de force. Sinon toutes les autres prises de position n’auront été que des blagues d’alchimiste…

Lire aussi :

chargement de blindés (crédit : Ministère Fr de la Défense)

Centrafrique. Les Européens arrivent, un peu… (Maj2)

chargement de blindés (crédit : Ministère Fr de la Défense)

chargement de blindés (crédit : Ministère français de la Défense)

(BRUXELLES2 – exclusif) Le Royaume-Uni avec son C-17 aura été le premier et le plus rapide aux cotés de la France à apporter son aide en logistique de transport stratégique. Un effort de Londres qu’il faut saluer car il est pour l’instant le seul mais qu’il faut aussi relativiser. Car ce beau geste cache aussi un coup de poignard dans le dos.

Des avions mais pas de forces terrestres

Quelques jours avant, le gouvernement de David Cameron avait, en effet, littéralement torpillé l’envoi d’un battlegroup (groupement tactique européen). L’idée avait été émise par le Service diplomatique européen. Les Britanniques ont fait « pull » et réduit l’initiative en cendres. Hors de question d’avoir un soldat britannique sur le sol centrafricain. Et une intervention supplémentaire. Du coté des services de la Haute représentante, également britannique, Lady Ashton, on se fait évidemment discret sur cette descente en flamme. Mais c’est une réalité dont il faut tenir compte aujourd’hui en Europe. Quand le Royaume-Uni prend son tour de rôle dans un battlegroup européen, celui-ci restera au sol. Londres veut bien montrer sa solidarité, être actif militairement, aux côtés d’autres Européens, éventuellement, mais en bilatéral, voire en multilatéral. Il entend garder sa liberté pleine et entière d’action et, surtout, sans avoir un drapeau à bannière étoilée qui le couvre.

D’autres pays européens pourraient venir épauler les Français. Mais ils ne sont pas nombreux. Car plusieurs d’entre eux doivent encore assumer le retrait d’Afghanistan. Et d’autres se sont beaucoup engagés sur les Philippines. Avec la fin de l’année, les « budgétaires » allongent une moue dès qu’on parle d’une opération extérieure.

Aide soutenue de l’Allemagne

L’Allemagne devrait constituer l’apport européen le plus notable. Et ce « très rapidement ». Le ministre de la Défense, De Maizières, l’a confirmé lors d’une conversation téléphonique avec son homologue français, Jean-Yves Le Drian, aujourd’hui (9 décembre). Les moyens de transport stratégiques (type Airbus A310) vont être mis à disposition pour amener matériels et/ou hommes vers N’Djamena (Tchad) ou Libreville (Gabon). L’Allemagne aurait proposé également des ravitailleurs. Mais, contrairement au Mali, où l’opération Serval était « gourmande » en ravitailleurs, du fait des nombreux raids de surveillance et de bombardements des avions de chasse, la configuration de l’opération en Centrafrique est totalement différente et cette offre n’a pas été acceptée, pour l’instant. (maj) La chancelière allemande a confirmé mercredi (11 décembre) la mise à disposition d’un avion de transport à des fins d’évacuation médiale (Medevac).

A ceux qui ricanent…, il faut rappeler que s’il est venu assez tardivement, le soutien allemand à l’opération Serval au Mali a été important : près de 2000 heures de vol, soit au bas mot environ 20 millions d’euros. Ce n’est pas le montant engagé par la France pour les OPEX. Mais c’est toujours cela en moins !

Trois pays dans les startings blocks

La Belgique devrait suivre – le gouvernement doit encore le décider mais ces avions pourraient voler jusqu’à Bangui. L’Espagne y réfléchit sérieusement également. Un nouveau pays pourrait faire son apparition. La Pologne, qui dispose d’avions de transport tactique C-130, pourrait les mettre à disposition de l’opération Sangaris, sans vraiment de caveat. Ce qui est très utile. Varsovie réfléchit à aller plus loin, même, et à engager quelques éléments terrestres. On se souvient que les deux ministres polonais et français ont signé récemment un accord pour la formation des forces spéciales. Si cet engagement (aérien) était confirmé, ce serait un effort notable. Le pays n’ayant pas pour habitude d’évoluer sur le terrain africain. La seule exception date de 2008 où Varsovie avait engagé un bataillon dans l’opération EUFOR Tchad.

Les Américains en soutien limité

Les Etats-Unis ont confirmé ce lundi (9 décembre) par la voix du porte-parole du ministère de la Défense, leur participation, limitée pour l’instant. Chuck Hagel, le ministre de la Défense, a ainsi promis à Jean-Yves Le Drian, la mise à disposition d’avions C-17 de l’US Africom qui vont convoyer les militaires africains de la MISCA du Burundi vers le Centrafrique. (Maj2) Deux C-17 Globemaster III sont arrivés au Burundi, jeudi matin pour transporter un bataillon d’infanterie légère. Et les Etats-Unis ont confirmé le déblocage de 60 millions $ supplémentaires pour la Misca et le transport, soit 100 millions $.

D’autres pays ont été testés : le Danemark – habituel soutien des opérations « à risque » – est très occupé par l’Afghanistan. L’Italie a des problèmes de budget et préoccupée par sa situation politique interne, « complexe ». Les Pays-Bas réfléchissent.

(Mises à jour) 11 déc. et 12 déc.

Lire aussi :

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Centrafrique. La Commission met en place un pont aérien humanitaire

echo-flight @E(BRUXELLES2) La Commission européenne vient d’annoncer qu’elle met en place un « pont aérien » vers la Centrafrique, à partir de Douala (Cameroun), pour appuyer les opérations humanitaires dans le pays.

L’avion, géré par ECHO Flight (le service de transport aérien humanitaire de l’UE), arrivera demain au Cameroun et fera des rotations journalières entre Bangui et Douala, permettant d’acheminer des biens humanitaires ainsi que du personnel dans le pays. Le transporteur, un jet CRJ 200, a une capacité de 50 passagers ou cinq tonnes de cargo.

La commissaire à l’Aide humanitaire, Kristalina Georgieva, ne cache pas son soulagement, après l’intervention française. « Ces derniers jours, les informations parvenant de la RCA ont été porteuses des pires nouvelles de massacres horrifiants » a-t-elle déclaré dans un communiqué parvenu à B2. « L’arrivée des forces internationales à Bangui et leur déploiement en province représente la seule source d’espoir de sécurité pour des millions de personnes qui ont vécu dans la peur tout au long d’une année. »

Autres informations sur le Club : Centrafrique. Un scénario de génocide n’est pas hypothétique (Georgieva)

NB : l’UE a déjà mobilisé 20 millions d’euros en aide humanitaire pour la République Centrafricaine en 2013. Et l’équipe d’experts humanitaires (ECHO) basée à Bangui, va être doublée, pour coordonner le travail avec les agences humanitaires.

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En Centrafrique : extrême vigilance demandée aux journalistes

Logo Presse(B2) Le quai d’Orsay et le ministère français de la Défense ont fait diffuser un message d’avertissement à tous les journalistes qui voudraient aller en Centrafrique. Un message plutôt rare dans sa solennité. « La situation sécuritaire en RCA impose à chacun la plus grande prudence » est-il écrit. « Si vous devez vous rendre en RCA, nous vous demandons de faire preuve de la plus extrême vigilance, de vous tenir informés de l’évolution de la situation et de respecter les consignes de sécurité données par le ministère des Affaires étrangères, l’ambassade de France à Bangui et nos forces sur place qui sont à même de vous indiquer les zones où vous ne devez pas vous rendre. » Et ils suivent ces recommandations d’un avertissement : « Le non-respect de ces règles élémentaires de prudence mettrait en péril, non seulement votre sécurité, mais également la sécurité de ceux qui se porteraient à votre aide. » A cela ils ajoutent : « les risques sanitaires consécutifs au conflit et aux dysfonctionnement des services publics » qui peuvent exister.