Les US restent engagés en Europe. Un peu…

Panetta visite la base de Ramstein avant son départ pour Münich (crédit : ministère US de la Défense / Petty Officer 1st Class Chad J. McNeeley)

(BRUXELLES2) A Münich, à la traditionnelle conférence « sécurité et défense », le secrétaire d’Etat américain à la Défense, Leon Panetta, a martelé que la crise économique changeait la donne coté américain, avec notamment une réduction des dépenses, d’engagement militaire comme d’investissement. Mais il a aussi tenu à rassurer ses alliés européens sur l’engagement en Europe.

L’OTAN au coeur des alliances

« Je crois qu’aujourd’hui les réalités budgétaires et stratégiques offrent à l’OTAN l’opportunité de construire une Alliance dont nous avons besoin pour le 21e siècle, le noyau d’un réseau étendu de partenariats à travers le monde » assure-t-il. Parmi les concrètes preuves de l’engagement en Europe et dans l’OTAN, Panetta voit l’approche graduelle vers une défense anti-missiles européennes. « Les Etats-Unis vont installer des stations (anti) missiles en Roumanie et en Pologne, déployer quatre croiseurs à la Rota (Espagne) capable de détruire des missiles ballistiques, apporter une contribution majeure dans le financement du système AGS (Alliance Ground Surveillance) – avec des drones de reconnaissance, de surveillance et de renseignement Global Hawk ainsi que l’équipement de contrôle au sol. »

Une brigade pour la NRF de l’OTAN

Les Américains s’engagent également à mettre à disposition une brigade pour servir de contribution à la NRF, la force de réaction rapide de l’OTAN. « Les Etats-Unis avaient jusqu’ici approuvé la NRF mais n’avaient pas encore fait de contribution tangible à cause des obligations des guerres » explique le Secrétaire à la Défense.

Le bouclier anti-missiles : 1 milliard d’euros

Les petites dissensions entre la France et l’Allemagne sur la définition du bouclier anti-missiles pourraient être vaincues « en dernière minute », selon l’agence de presse allemande DPA. Et celui-ci serait ainsi inscrit dans le nouveau concept stratégique de l’OTAN. Coût d’un tel dispositif selon Berlin : 1 milliards d’euros répartis à raison de 850 millions € pour le développement du dispositif anti-missile et 147 millions € pour le développement et le réseau. On sait que l’Allemagne soutient une conception défensive du bouclier, dans le cadre du désarmement nucléaire. Tandis que la France le voit comme un moyen supplémentaire mais qui ne supplante pas la dissuasion nucléaire. La mise en place d’un système de défense anti-missile commun serait ainsi inscrit dans le concept stratégique de l’OTAN. La Russie serait invitée à participer au bouclier. Mais figure également à l’ordre du jour de la coopération OTAN-Russie : la lutte anti-terroriste, les forces de protection civile et l’assistance « technique » pour l’Afghanistan, à savoir les droits de passage des matériels en Russie et la fourniture d’hélicoptères de fabrication russe à l’armée afghane.

Les trois conditions d’un engagement français à la défense anti-missiles

Le projet de défense anti-missiles procède d’un douloureux choix à lire le Rapport que vient de faire paraître le sénateur français Josselin de Rohan, préalable à une discussion plus large qu’entame le Sénat (1). Soit la France participe et elle risque une dérive budgétaire, soit elle ne participe pas et elle risque à la fois l’effacement stratégique et de perte de marché pour l’industrie française de la défense. Entre le Charybde budgétaire et Scylla stratégique, le choix du sénateur est fait : c’est un engagement lié à trois conditions.

1° Eviter le siphonnage des budgets de défense

Pour le sénateur, il faut notamment veiller, dans la définition du système de commandement et de contrôle (C2), aux conditions dans lesquelles seront raccordés ses propres moyens nationaux et aux règles d’engagement. Il faut également garder « une maîtrise financière des investissements de l’OTAN – le financement commun devant en tout état de cause se limiter au C2 » – et éviter le « siphonnage des budgets de défense européen » comme pour le programme d’avions de chasse JSF.

Il précise également (ce qui est le leitmotiv français) que la défense anti-missile doit intervenir « en complément et non en substitut à la dissuasion », et qu’il est nécessaire d’y associer la Russie, ce qui suppose d’avoir « une vision commune de la menace, des règles claires de circulation de l’information – par qui, à qui et dans quels cas – et enfin des règles robustes et prédéfinies d’engagement ».

2° Investir « bleu blanc rouge »

La réalisation du radar M3R doit être « accéléré » pour pouvoir mettre en œuvre de manière autonome à une échéance plus rapprochée le système de défense anti-missile de théâtre SAMP/T, afin de « consolider la contribution française au programme ALTBMD de l’OTAN ». L’effort visant à acquérir une capacité d’alerte spatiale dans la seconde moitié de 2010 « doit être maintenu et si possible accéléré » afin d’honorer les rendez-vous calendaires envisagés.

La France doit développer ses compétences dans les technologies de l’interception. L’enveloppe consacrée aux études-amont devrait être majorée, par rapport à ce qui est prévu : environ 50 millions d’euros de crédits de recherche et de technologie (par an).

3° Sensibiliser les Européens à travailler ensemble

L’Italie et la France réalisent déjà le système de défense anti-missile de théâtre SAMP/T ; « il conviendrait de conforter ce partenariat ». La défense anti-missile pourrait également traitée dans le cadre du partenariat stratégique France – Royaume-Uni ».

De façon générale, la France devrait « sensibiliser tous ses partenaires européens à l’enjeu que représente la possession de certains moyens propres de défense anti-missile balistique » estime le Sénat. L’alerte avancée apparaît comme « un domaine prioritaire de coopération », de même que le domaine de l’interception.

(1) Le Sénat français lance une réflexion sur la défense anti-missiles

Le Sénat français lance une réflexion sur la défense anti-missiles

Alors que la défense anti-missile balistique sera à l’ordre du jour du sommet de l’OTAN, les 19 et 20 novembre à Lisbonne, le Sénat français a décidé de se pencher sur la question de façon étroite.

Un premier rapport (1) vient d’être publié, sous la plume de Josselin de Rohan, le président de la commission des affaires étrangères et de la défense du Sénat (sénateur UMP du Morbihan), intitulé « les conditions d’un engagement de la France dans la défense anti-missile balistique de l’OTAN« . Résultat de plusieurs auditions de militaires et industriels, il détaille notamment les enjeux, militaires, économiques et stratégiques ainsi que les risques d’un tel investissement. Sans surprise, apprendra-t-on, que les sénateurs approuvent un tel projet, mais pas sans conditions (2).

Une menace à relativiser

Même si la menace balistique sur le territoire national (français) ou européen est « faible » actuellement, estime le sénateur Josselin de Rohan, elle ne doit pas être négligée à l’avenir. Aujourd’hui, effectivement, elle est plus pesante « sur les forces déployées » à l’extérieur. Et le risque, aujourd’hui, est donc davantage « d’être pris, par le jeu des alliances ou par une attaque directe de nos forces, dans l’engrenage d’une attaque balistique d’envergure ». Mais, à l’avenir, le « développement rapide des capacités balistiques en dehors du cercle des puissances majeures » impose d’envisager « d’autres scénarii dans lesquels un adversaire potentiel utiliserait ses capacités balistiques pour frapper directement le territoire national ». Et utiliser le gros pillon de la dissuasion nucléaire serait un peu vouloir écraser une mouche avec un gros pillon. Il paraît ainsi nécessaire d’avoir un outil intermédiaire. Et aussi, il ne faut pas le nier, cette défense anti-missile est un « puissant facteur de développement techonologique ».

Audition publique

Mais le Sénat veut aller plus loin. Une audition publique aura lieu sur le sujet lundi prochain (15 novembre) à 21h30. Et une mission d’information est lancée. Trois de ses membres, Xavier Pintat (UMP – Gironde), Daniel Reiner (PS – Moselle) et Jacques Gautier (UMP – Hauts-de-Seine) ont ainsi été chargé de préparer un deuxième rapport, sur les « options technologiques à privilégier dans le cas d’une contribution en nature de la France à la défense anti-missile balistique de l’OTAN ». Remise du rapport : d’ici six mois « au plus tard ».

(1) Rapport à ouvrir ici

(2) Lire: Les trois conditions

(mis à jour 14 novembre)

Etats-Unis et Pologne signent un nouvel accord sur l’ABM

(B2) Le secrétaire d’Etat polonais aux Affaires étrangères, Jacek Najder, et l’ambassadeur des Etats-Unis en Pologne, Lee Feinstein, ont signé, samedi 3 juillet, un nouvel accord pour installer le bouclier anti-missiles en Pologne. Un bouclier avant tout destiné à « défendre nos amis et alliés, et nos forces déployées en Europe contre l’évolution de menaces de missiles, principalement en provenance d’Iran » a assuré Hillary Clinton, la Secrétaire d’Etat qui assistait à la cérémonie.

Un message destiné à rassurer la Russie particulièrement inquiète de ce développement. « Cette installation sera aussi transparente que possible » a renchéri son homologue polonais Radek Sikorski. « Nous souhaitons que la Russie, en particulier, ait confiance que cette installation sera construite dans les objectifs déclarés et nous serons heureux qu’elle pourra donner lieu à des inspections, sur une base réciproque » a-t-il ajouté, approuvé par H. Clinton.

(NVG)

La lettre des 5 sur le retrait des armes nucléaires US: le texte

(BRUXELLES2) Lettre adressée à Anders Fogh Rasmussen, Secrétaire général de l’OTAN par la Belgique, l’Allemagne, les Pays-Bas, le Luxembourg, la Norvège concernant le retrait des armes nucléaires US du territoire européen.

(merci à Hans de Vriej – de la radio néerlandaise internationale – qui a publié cette lettre en anglais – traduction non officielle)

Dans la Déclaration de Strasbourg sur la sécurité de l’Alliance, les chefs d’État et de gouvernement ont déclaré que bien que la dissuasion reste un élément central de notre stratégie globale, l’OTAN continuera à jouer son rôle dans le renforcement de la maîtrise des armements et la promotion du désarmement nucléaire et conventionnel conformément au Traité de non-prolifération nucléaire, tout autant que les efforts de non-prolifération.

L’agenda international de la maîtrise des armements, du désarmement et de non-prolifération vont converger au printemps  2010. Les négociations du futur START sont en cours et la « US Nuclear Posture Review » devrait être publiée prochainement. Nous saluons  l’initiative américaine pour un sommet sur la sécurité nucléaire en avril 2010. La conférence de révision du TNP en mai est une étape cruciale pour le renforcement du régime international de désarmement nucléaire et de non-prolifération.

Nous espérons voir de nouvelles réalisations dans le domaine du désarmement et de la maîtrise des armements, comme la ratification du CTBT/TICEN (Comprehensive Test Ban Treaty), un Traité sur la suppression des matériaux fissiles (FMCT) et l’inclusion des
armes nucléaires sub-stratégiques dans des étapes ultérieures en vue du désarmement nucléaire.

La dissuasion crédible d’une part et la maîtrise des armements, le désarmement et la non-prolifération d’autre part, doivent être considérées comme partie intégrante d’une politique globale. L’OTAN devra continuer à poursuivre cette politique de façon équilibrée et mutuellement enrichissante, comme l’a prouvé les succès passés.

La maîtrise des armements, de désarmement et de non-prolifération sont plus élevées sur l’agenda international qu’ils ne l’ont été depuis de nombreuses années. Nous nous félicitons des initiatives prises par le président Obama de tendre vers des réductions substantielles des armements stratégiques, et de s’orienter vers la réduction du rôle des armes nucléaires et de rechercher la paix et la sécurité dans un monde sans armes nucléaires. Nous pensons que, même dans l’OTAN, nous devrions discuter de ce que nous pouvons faire pour se  rapprocher de cet objectif politique global.

Notre réunion à Tallinn, qui a lieu à la veille de la Conférence de révision du TNP, nous donne l’occasion d’ouvrir un débat approfondi sur ces questions et d’élaborer des orientations pour le processus de nouveau Concept stratégique. La Belgique, l’Allemagne, le Luxembourg, les Pays-Bas et la Norvège proposent donc d’inclure le sujet de la politique nucléaire de l’OTAN dans notre environnement de sécurité qui évolue dans l’agenda de cette réunion.

Nous abordons cette discussion d’un point de vue réaliste. Notre politique future exige le plein appui de tous les Alliés. L’OTAN est en train de définir sa direction dans un environnement de sécurité en évolution. Nous considérons que notre initiative comme une contribution à ce débat. Il s’agit d’une occasion à ne pas manquer.


Steven Vanackere (Belgique),

Guido Westerwelle (Allemagne),

Jean Asselborn (Luxembourg),

Maxime Verhagen (Pays-Bas),

Jonas Gahr Store (Norvège)

(NB : ministres des Affaires étrangères de leur pays respectif)

Le premier patriot arriverait en Pologne au printemps, non armé

(BRUXELLES2) Polonais et Américains sont, enfin, tombés d’accord, vendredi, sur l’accord SOFA (Status of Forces Agreement) qui fixe le statut des troupes américaines qui serviront les fusées Patriot déployées sur le sol polonais dans les années futures, ainsi que et les futures batteries anti-missiles du nouveau dispositif US. L’accord a été signé coté américain par la Secrétaire d’Etat pour le contrôle des armements et la sécurité internationale, Ellen Tauscher, et, coté polonais, par les ministres des Affaires étrangère, de la Défense et vice-ministre de la Défense, respectivement Radoslaw Sikorski, Bogdan Klich et Stanislaw Komorowski.

Les négociations ont buté, d’après mes confrères polonais, sur trois difficultés : la responsabilité, la compétence de la justice polonaise et la fiscalité. Toute la question était, en effet, de savoir qui paierait les dégâts en cas de retombées sur le sol. Selon l’accord Sofa, c’est à 75/25 (75% pour les Américains, 25% pour les Polonais). Concernant la question de la primauté de la justice locale, revendiquée par les Polonais, le principe sera une immunité juridictionelle sauf en période de repos ou de fermeture de la base. Dans ce cas, l’Américain fautif pourrait être jugé par la justice polonaise. Mais celle-ci pourra toujours se désister et s’abtenir de traduire l’individu sur le sol polonais. Enfin, en matière de fiscalité, c’est simple : l’Américain paiera ses impôts aux USA.

La première batterie de Patriot – demande polonaise pour servir de contrepartie au retard pris dans le bouclier anti-missiles – et les premiers soldats américains (il y en aurait environ 100) pourraient arriver en Pologne dès le printemps prochain (2010). Elle serait d’abord installée de façon non permanente, à raison de plusieurs fois par an, avant de devenir permanente à compter de 2012. Les premiers Patriots pourraient ne pas être armés, a rapporté la presse. Pure spéculation a répondu Sikorski, avec cet argument massue : « Si nous envoyons des troupes en Afghanistan, les Patriot seront armés.« 

(NVG)

Un accord sur le bouclier light américain en Pologne se peaufine

(B2) Les Polonais et les Américains peaufinent un accord de protection des forces (SOFA) permettant l’installation du nouveau bouclier anti-missiles US versus Obama. Joe Biden, vice-président des Etats-Unis, devrait être à Varsovie, le 21 octobre. L’administration Obama devrait, en effet, commencer par tenir une promesse de l’administration Bush : l’installation de missiles « Patriot ». Une première batterie devrait être installée au printemps, près de Varsovie à Wesola, révèle le quotidien Dziennik. Par ailleurs, la Pologne resterait un des pays d’accueil du bouclier anti-missiles nouvelle version. A partir de 2014, le pays devrait ainsi accueillir 30 batteries de SM-3. Le centre européen de commandement de ces SM-3 serait, lui, installé en République tchèque. Ce dispositif est moins couteux que l’ancien système (10 millions au lieu de 70 millions) et surtout nécessite moins de personnel (100 au lieu de 400). L’installation devrait commencer à partir de 2014 pour être opérationnelle un an plus tard.

Fin du bouclier anti-missiles : une décision sage et excellente pour Sarkozy



(BRUXELLES2) Les Suédois sont des gens ponctuels. La fin du mini-sommet de Bruxelles consacré à la préparation du G20 était annoncée pour 22h15. L’horaire a été respecté. Et la conférence de presse a pu démarrer à temps. L’intérêt de la traditionnelle rencontre entre le chef de l’Etat et de la presse est l’occasion d’avoir des informations et explications sur ce qui vient de se décider mais aussi des réactions sur les évènements de l’actualité. C’est ce dernier aspect qui m’intéressait. Plus particulièrement sur le bouclier anti-missiles demandant à Nicolas Sarkozy un commentaire sur la récente décision américaine. Il ne s’est pas fait prier pour montrer toute sa satisfaction

Excellente décision. « C’est une excellente décision à tous points de vue. Et j’espère que nos amis russes l’apprécieront. Cela fait bien longtemps que je pense qu’entre les Etats-Unis, l’Europe et Russie, il y a un vaste espace de sécurité à organiser, ensemble. C’est une décision extrêmement sage… » Puis d’ajouter : « J’ai toujours été convaincu de la nécessité de l’Europe de la défense. Je respecte parfaitement la décision des Tchèques et Polonais (d’accueillir le bouclier anti-missile Us). Mais j’estime que pour les décisions de cette nature, au minimum, il fallait en parler ensemble. »

Faisons effectivement crédit au chef de l’Etat de n’avoir pas varié de position, sur ce plan, même à un moment où ce n’était pas toujours un sentiment majoritaire.La république Tchèque et la Pologne avaient – en acceptant et en négociant en solo avec les Etats-Unis – gravement endommagé le « contrat de solidarité » qui lie entre eux les Européens, dans la recherche de solutions communes, y compris en matière de politique étrangère et de sécurité. Et de leur « cavalier seul ».

Lire aussi : Sarkozy répond oui à la proposition de Medvedev d’un pacte de sécurité (novembre 2008) et Bouclier antimissile US, une question européenne dit Sarkozy (juillet 2008)

Photo : © (l’excellent) Thierry Monasse

La « nouvelle approche » anti-missiles US est officialisée

(BRUXELLES2) Le président américain vient de le confirmer officiellement. Les Etats-Unis ont adopté une « nouvelle approche » en matière de bouclier anti-missiles. Ainsi que plusieurs signes concrets le laissaient entendre (lire « la messe est dite »), c’est bel et bien d’abord l’abandon du bouclier antimissile tel que l’administration Bush l’avait conçu, avec implantation en Pologne et république Tchèque. Mais pas l’abandon total de la technologie antimissiles. Au contraire, il s’agit comme l’explique Obama de réagir plus efficacement facà l’évolution des menaces. « La menace iranienne est plus importante que prévue dans les missiles de courte et moyenne portée, mais elle a avancé plus lentement (…) sur les missiles ». Concrètement, « à court terme, la menace iranienne vise (surtout) les alliés et partenaires des Etats-Unis, ainsi que le personnel déployé au Moyen-Orient ou en Europe« .  Il annonce ainsi un calendrier nouveau qui comprendra 4 phases, étalées entre 2011 et 2020 et reposera surtout sur le déploiement d’intercepteurs de missibles, mobiles, sur mer comme sur terre, basé sur des versions améliorées du « Standard Missile-3 » (SM-3), et d’une gamme de capteurs en Europe. La première phase sera opérationnelle dès 2011, avec déploiement sur mer du système d’armes Aegis, des intercepteurs Sam-3 Block I-A et un système de surveillance radar maritime transportable (AN/TPY2) seront ainsi mis en place. La quatrième et dernière phase se déroulera, en 2020, avec le déploiement d’intercepteurs Sam-3 Block II-B, si les tests sont concluants. (lire le communiqué de la Maison Blanche).

Bouclier anti-missile en Pologne et Rép.Tchèque: la messe est dite


(BRUXELLES2) L’administration Obama semble vouloir tirer un trait définitif sur l’installation d’un bouclier anti-missiles en Pologne et République Tchèque. Cette installation voulue par l’administration Bush ne semble plus en odeur de sainteté à Washington. Il faut dire que les dernières informations n’étaient pas follement optimistes pour la réalisation de ce bouclier (lire ici). Cette fois, même si aucune décision n’est encore prise de façon définitive, la messe semble être dite.

Des solutions alternatives (mobile, bateaux, Israël, Turquie, Balkans). Le gouvernement américain prépare déjà des solutions  alternatives, souligne un lobbyiste, Riki Ellisson, président de la Missile Defence Advocacy Alliance, dans un article fouillé de Gazeta Wyborcza. Lors d’une conférence qui s’est tenue récemment où le Pentagone a exposé ses plans futurs, les généraux n’ont jamais mentionné le plan original concernant la Pologne et la république Tchèque. Mais d’autres possibilités sont évoquées : notamment l’installation d’intercepteur mobile de lance-missiles (une solution proposée par le puissant constructeur américain Boeing…), voire l’installation sur des bateaux – une solution qui a le mérite de pouvoir être adaptée à tous temps – ou alors la construction de bases dans des pays plus exposés (à la menace iranienne ou autre). On parle d’Israël, de la Turquie ou des Balkans.

La raison de cette évolution : ne pas brusquer la Russie. L’administration Obama a pris conscience que « beaucoup de problèmes globaux peuvent être facilement résolus ensemble avec Moscou » raconte Ellisson. Notamment en matière de désarmement, une priorité des Démocrates. Et nos amis polonais brodent sur ce thème. Reste maintenant à obtenir de Moscou des contreparties sérieuses à ce qui constitue, malgré tout, un sérieux retrait et un vrai changement dans la doctrine américaine de défense. Mais il y aussi d’autres « bonnes »
raisons à cette évolution : tout d’abord, le coût du projet de bouclier fixe anti-missiles et ensuite les sérieux doutes des experts de  l’administration Obama sur sa capacité réelle opérationnelle.

On pourrait ajouter aussi à cette liste : la crise économique (un formidable accélérateur de réalité) et la prise de conscience que le risque futur est rapidement évolutif (hier la Lybie, aujourd’hui le « presque » meilleur ami de l’Occident, en ce moment, l’Iran, demain  qui ? et où ?) Dans ce cas effectivement une solution « mobile », « déplaçable » paraît finement intelligente…
(lire l’article).