L’Europe condamne le lancement de la fusée nord-coréenne

(Crédit : NASA)

(B2) Le lancement, mercredi d’une fusée par la Corée du Nord pour, selon la version officielle, mettre en orbite un satellite « civil d’observation terrestre », n’a pas vraiment été du goût de tous. Pour la Haute Représentante de l’Union européenne, Catherine Ashton, comme pour toute la communauté internationale, l’opération n’a que peu à voir avec la mise en orbite d’un satellite civil mais constitue bien « une autre étape dans la longue tentative nord-coréenne d’acquérir une technologie de missiles balistiques ». En référence aux résolutions du Conseil de sécurité des Nations-Unies, pour Bruxelles le lancement constitue « une nette violation des obligations internationales de la Corée du Nord ». L’Union européenne demande donc à Pyongyang de se conformer à ses obligations, notamment à propos de la démilitarisation nucléaire. E attendant, « L’UE va réfléchir à la réponse appropriée, en coordination avec ses partenaires clés, (…), y compris pour de possibles mesures restrictives additionnelles », a déclaré la chef de la diplomatie européenne.

Sissoko nommé premier ministre malien. A la satisfaction de tous…

(BRUXELLES2) La nomination très rapide, comme Premier ministre de Django Sissoko, jusqu’à là médiateur de la République, quelques heures à peine après la démission, forcée, de Cheick Modibo Diarra a suscité une réaction rapide au niveau européen. Il faut dire que si la méthode du départ de Diarra avait suscité un petit trouble, celui-ci n’a pas été très long. Selon plusieurs sources, même, on est en quelque sorte assez heureux de ce dénouement. Diarra était plutôt considéré comme un « empêcheur » dit l’un ; il « ralentissait tout ». Son départ est « plutôt une bonne nouvelle ».

Accalmie au service diplomatique européen

La Haute représentante de l’UE, Catherine Ashton s’est donc félicitée de la nomination rapide de Django Sissoko. « Nous avons eu par le passé des contacts avec lui en tant que médiateur de la République et avons pu apprécier sa personnalité consensuelle, ses dons de négociateur et sa bonne connaissance de la vie politique malienne », selon son porte parole. « Nous attendons la nomination rapide d’un gouvernement inclusif » a t-il ajouté.

Dernière mise en garde pour les militaires avant les sanctions

La chef de la diplomatie européenne « regrette cependant les conditions dans lesquelles ce changement de premier ministre s’est fait et appelle les militaires à cesser d’interférer dans la vie politique ». S’ils ne soutiennent pas le processus de transition, la Haute représentante menace de faire appel aux conclusions du Conseil du 15 octobre. Elle émet « la possibilité d’adopter des sanctions ciblées contre ceux qui entraveraient le retour à l’ordre constitutionnel ».

Une nouvelle fois, Catherine Ashton a réitéré la précondition à l’intervention que représente une feuille de route en vue du retour complet à l’ordre et prévoyant la tenue d’élections crédibles la mise en place d’institutions légitimes, la réforme de l’armée et des forces de sécurité sous le pouvoir civil et une stratégie de réunification du pays par le dialogue.

Un homme politique malien d’expérience

Âgé de 62 ans, Django Sissoko était médiateur de la République depuis mai 2011. Il a passé 40 ans au service du Mali. Diplômé en droit et en administration publique en France, il étudie à Caen, Paris et Rouen. De retour au Mali, il passe rapidement Directeur des services pénitentiaires à Ministre de la Justice en 1984. En 1988, il devient secrétaire général à la présidence de la République sous le régime de Moussa Traoré, un militaire qui a été renversé en 1991 après plus de 22 années de pouvoir. Il a également occupé les mêmes fonctions par la suite, de 2008 à 2011, sous la présidence d’Amadou Toumani Touré, déposé par les putschistes en mars dernier.

Cheick Modib Diarra en sécurité

Le Capitaine Sanogo, chef des putshistes maliens, a assuré que l’ancien Premier ministre n’était « ni arrêté, ni en résidence surveillée » et que ses hommes étaient à son domicile simplement afin d’assurer sa sécurité. Le militaire a également démenti être opposé à l’envoi d’une force internationale dans le nord Mali.

(complété par NGV)

Mauvaise nouvelle à Bruxelles, le Premier ministre malien balayé par l’armée

(BRUXELLES2) La démission du Premier ministre malien a sonné comme un coup d’alarme à Bruxelles. Le Premier ministre malien, Cheick Modibo Diarra a en effet démissionné dans la nuit de lundi à mardi (10 au 11 décembre 2012). Le Premier ministre malien est intervenu, ce matin, sur la télévision publique malienne l’espace de quelques secondes afin de « remercier les membres du gouvernement et tous leurs collaborateurs pour les efforts dont ils n’ont pas fait économie » a t-il déclaré avant de « souhaiter à la nouvelle équipe plein succès dans ses missions », sans donner la moindre explication supplémentaire. Les militaires l’avaient arrêté quelques heures plus tôt à son domicile de Bamako. Il aurait été conduit à Kati, ville de garnison située à 15 km au nord de Bamako et qui sert encore de quartier général aux militaires putschistes.

A Bruxelles, on attend un nouveau Premier ministre

Interrogé par B2, La Haute Représentante de l’UE pour les Affaires étrangères, Catherine Ashton, a tenu à réagir – par le biais de son porte parole. « Prenant « note » de la démission du Premier ministre malien, elle « appelle le Président par intérim à nommer rapidement, après consultation des forces politiques, un nouveau premier ministre consensuel afin de former un gouvernement inclusif ».

Non aux interférences militaires

La Haute représentante « appelle une nouvelle fois à l’adoption rapide d’une feuille de route en vue du retour complet à l’ordre constitutionnel, prévoyant la tenue d’élections crédibles et la mise en place d’institutions légitimes, la réforme de l’armée et des forces de sécurité sous le contrôle du pouvoir civil et démocratique ainsi qu’un mécanisme et une stratégie de réunification du pays par le dialogue. » Elle enjoint également aux « militaires à cesser d’interférer dans la vie politique et à appuyer le processus de Transition vers le retour à l’ordre constitutionnel ».

Préparation d’EUTM Mali : on continue

Les préparatifs de la mission européenne de formation de l’armée malienne (EUTM Mali) « continuent, mais bien-sûr nous observons l’attitude des militaires de manière très attentive selon qu’ils continuent ou non d’interférer dans la vis politique », a déclaré le porte parole de la diplomatie européenne, Michael Mann, en conférence de presse.

Les putchistes s’oppose à l’intervention européenne

A l’origine de l’arrestation du Premier ministre, le capitaine Sanogo, orchestrateur du coup d’Etat du 22 mars qui avait renversé le président Amadou Toumani Touré. Les militaires se défendent d’un nouveau coup d’Etat. « le pays est en crise et il bloquait les institutions. Il ne s’agit pas d’un coup d’Etat », a déclaré mardi Bakary Mariko, porte parole du Capitaine Sanogo, interrogé par France24. « Cheick Modibo Diarra n’a pas rempli les deux missions qui lui étaient attribuées : la libération du Nord-Mali et l’organisation d’élections libres et transparentes. Depuis sa nomination, il n’a pas agi en homme de devoir. Tout ce qu’il a fait, il l’a fait au nom de son agenda personnel… ». Les militaires putchistes estiment pouvoir résoudre tout seuls la crise dans le nord, sans soutien autre que financier ou logistique, des forces internationales ou africaines. Il a toutefois indiqué qu’un nouveau chef de gouvernement serait nommé « dans les prochaines heures » par le Président. Ecouter son interview à la chaine francaise :

L’Europe appelle à la saisine de la Cour pénale internationale sur le régime syrien

Catherine Ashton en compagnie de Sheikh Mouaz Al-Khatib (Crédit : SEAE)

(BRUXELLES2) Alors que le chef de l’opposition syrienne leurs rendait visite, les 27 ont une nouvelle fois condamné la situation en Syrie et les massacres des civils. Nouvelle étape diplomatique, ils ont appelé le Conseil de Sécurité de l’ONU à saisir la Cour Pénale Internationale sur le cas Assad.

Une nouvelle proposition de résolution à l’ONU ?

Pour l’Union européenne, si la situation continue, «la Cour Pénale Internationale devrait s’occuper de la situation». La France, la Grande Bretagne, les USA voire l’Allemagne, le Maroc, le Portugal (membres non-permanents actuels) ou le Luxembourg (membre à partir de 2013) pourraient bien «à n’importe quel moment» proposer une nouvelle résolution devant le Conseil de Sécurité des Nations-Unies appelant la CPI à prendre en main le cas du régime d’Assad. «Nous reconnaissons que ceux responsables des crimes envers la population devront rendre des comptes», a déclaré la Haute Représentante Catherine Ashton, à l’issue du Conseil des Ministres. Les 27 se sont également dit préoccupés par «l’utilisation potentielle et le transfert d’armes chimiques en Syrie et rappellent au régime syrien et à tous les autres acteurs, qu’en cas d’utilisation, les responsables devront répondre de leurs actes».

Petite étape sémantique décisive

Les Ministres avaient invité au dessert, Ahmed Moaz al-Khatib, le leader de la coalition d’opposition syrienne. Un long entretien, après lequel l’Union européenne a reconnu les efforts de la coalition mais toujours pas la coalition elle-même comme « le » représentant légitime du peuple syrien. Une étape sémantique a cependant été franchie, l’UE « accepte » désormais la coalition comme « représentants légitimes du peuple syrien » ; une formulation qui est plus déterminée que la formule trouvée en novembre : « The EU considers them legitimate representatives of the aspirations of the Syrian people ».

« 2013 sera l’année de la Syrie libre ! »

Les 27 demandent cependant à la Coalition de continuer à travailler sur le caractère ouvert du futur front d’opposition, et l’ont exhorté à s’engager dans cette voie aux côté du Représentant Spécial de l’ONU, Lakhdar Brahimi. « Nous avons franchi une étape aujourd’hui en recevant Moaz al-Khatib. Nous en franchirons une autre lors de la réunion à Marakech la semaine prochaine » a déclaré Laurent Fabius, le ministre des Affaires étrangères français, avant de déclarer, un rien solennel sur un ton gaullien, avant de quitter le bâtiment : « 2013 sera l’année de la Syrie libre »…

(relu et complété par NGV)

Accord entre Belgrade et Pristina sur un contrôle commun aux frontières

(BRUXELLES2) Alors que la semaine dernière les relations étaient loin d’être au beau fixe entre Serbes et Kosovars*, les deux Premiers Ministres, Ivica Dacic du côté serbe et Hashim Thaçi du côté kosovar, ont accepté d’envoyer des officiers de liaisons respectifs à Belgrade et Pristina et ont considéré les avancées sur l’accord de gestion intégrée des frontières (IBM) afin de mettre en place les points de contrôle communs aux frontières. La décision a été prise à Bruxelles lors de la 3e réunion de facilitation du dialogue entre les deux pays, menée sous l’égide de l’Union européenne.

Points de contrôle aux frontières communs

Les deux hommes se sont accordés d’envoyer des officiers de liaisons respectifs. Ce qui est un point non négligeable pour les discussions entre les deux capitales. Des discussions s’étaient déjà tenues lors des deux premières réunions du 19 octobre et du 7 novembre. Dans un premier temps l’Union européenne et ses délégations à Belgrade et Pristina serviront de bureau aux deux officiers. Concernant l’IBM, un accord de principe était intervenu il y a un an. Cette fois, le groupe de travail a élaboré l’accord et les détails ont été fixés. En tout ce sont quatre points de contrôle communs qui seront mis en place avant la fin de l’année 2012. Deux premiers points, 1 (Jarinje) & 3 (Merdare), seront opérationnels dès le 10 décembre. Les deux autres, 5 (Drini I Bardhe) & 31 (Brnjak), seront prêts pour le 31 décembre 2012.

La prochaine réunion, qui se tiendra le 17 janvier, devrait porter sur la protection de la communauté serbe au sein du Kosovo. Le premier Ministre kosovar Thaçi a déjà confirmé la mise en place d’une unité spéciale de police multi-ethnique visant à protéger « l’héritage culturel et religieux ». Les deux pays devraient aussi y discuter des moyens d’assurer la transparence des flux monétaires entre Belgrade et la communauté serbe au Kosovo. Les travaux en matière d’énergie et de télécommunications ont été laissés aux experts et seront également à l’agenda de janvier. Dernier point, une coopération accrue entre les commissions des personnes disparues devrait se mettre en place petit à petit.

(*) après l’acquittement en appel pour manque de preuves tangibles, par le Tribunal Pénal International pour l’ex-Yougoslavie, de Ramush Haradinaj, accusé de Crime de guerre et Crime contre l’Humanité contre des Serbes, des Roms et des Albanais.

Lire aussi :

Kabila, Kagame et Museveni autour de la même table

(B2) Les trois présidents de la région des Grands Lacs, le Congolais Joseph Kabila, le Rwandais Paul Kagame et l’Ougandais Yoweri Museveni se sont retrouvé à Kampala au sein de la Conférence Internationale sur la Région des Grands Lacs (CIRGL). Ils ont d’abord condamné et sommé le groupe rebelle du M23 d’arrêter immédiatement son offensive armée. Puis ont examiné les voies de sortie de crise au Nord-Kivu. Le président rwandais a fait savoir que sa présence à cette réunion était une preuve de sa volonté de travailler avec ses homologues congolais et ougandais. Une réunion saluée à Bruxelles par le porte parole de Catherine Ashton comme « une étape importante en vue d’empêcher une plus grande détérioration de la crise et de commencer à travailler sur des solutions durables ». La Haute Représentante encourage toutes les parties à travailler «de bonne foi» afin de mettre en oeuvre l’accord trouvé entre chefs d’Etat «en commençant par l’arrêt immédiat de l’offensive du M23 et son retrait de Goma». Elle a également appelé à respecter l’accès humanitaire dans la région pour toutes les personnes dans le besoin.

La Monusco doit remplir son mandat de protection des civils

(BRUXELLES2) Le point « Congo » ne figurait pas à l’ordre du jour de la réunion des ministres des Affaires étrangères aujourd’hui (19 novembre). Et c’est la Belgique – soutenue par la France – qui a insisté pour avoir un débat entre ministres. « Ce point intéresse peu (mes collègues). Le dossier afrique centrale disparaît très vite de l’agenda quand il y a d’autres préoccupations » a reconnu D. Reynders, le ministre belge des Affaires étrangères, à la sortie du Conseil se confiant à quelques journalistes (dont B2).

Le Rwanda mis en cause sans le dire

L’Union Européenne a donc condamné les violences perpétrées par le M23 à l’est de la République Démocratique du Congo (RDC) et appelé à une solution politique au conflit. L’UE n’a pas cité nommément le gouvernement rwandais mais celui-ci a été mis en cause indirectement en faisant référence au rapport de l’ONU du comité 1533. Elle a ainsi condamné de manière générale les soutiens externes aux rebelles. « Tout soutien au M23, en violation au régime de sanctions et à l’embargo sur les armes doit cesser » a déclaré Catherine Ashton, la Haute représentante pour les Affaires étrangères, précisant que l’Union était prête, dans les prochaines semaines, à suivre ses partenaires internationaux et à étudier plus précisément la mise en place de sanctions. A noter que seul le M23 a été condamné expressément alors que dans la région du Nord-Kivu notamment, plus d’un groupe de rebelles commet meurtres et atrocités. « La rébellion du M23 a relancé d’autres rébellions qui renaissent de leurs cendres et commettent des exactions. Mater la rébellion du M23 permettrait aussi de diminuer l’intensité des autres groupes ».

Le Congo doit accélérer sa réforme

Les 27 ont également pointé du doigt le manque de volonté de la part de Kinshasa, demandant au gouvernement d’accélérer la réforme des secteurs de la défense et de la police, notamment en lui rappelant l’importance du soutien des missions européennes de sécurité (EUSEC) et de police (EUPOL).

Et la Monusco doit être plus efficace

L’UE a également demandé à la mission de l’ONU déployée dans le pays, la MONUSCO, à « jouer un rôle actif dans la région comme lui permet son mandat ». Terminologie assez aimable pour lui demander aux près de 16.000 militaires qui la composent de faire leur travail. Le ministre belge des Affaires étrangères, Didier Reynders, a été plus net. « La Monusco a un rôle de protection des populations civiles. Si Goma chute, on peut quand même se poser la question du respect de son mandat. Il faut renforcer la Monusco, changer son statut, son mandat » a-t-il expliqué. « Il y a une capacité de 2000 hommes – qui pourrait être dégagée. (Mais) cela n’a de sens que si on donne une capacité plus offensive contre les rebelles. » Il a aussi tiré une leçon du passé. « Il faut éviter des négociations et la réintégration dans l’armée. Cela ne sert à rien d’aller vers l’intégration de rebelles qui en ressortent ensuite. »

A l’UE de mettre au point une stratégie « Grands lacs »

Les 27 ont également demandé au service diplomatique européen (SEAE) et à la Commission de mettre sur pied une approche stratégique européenne. Une sorte d’approche globale à l’image de la stratégie mise en place au Sahel ou en Somalie.

Les ministres appuient aussi formellement la nomination d’un envoyé spécial de l’Union Africaine et invitent les Nations-Unies à nommer son propre représentant spécial afin de faciliter le dialogue régional.

L’opposition syrienne unifiée, l’Europe respire (maj)

(BRUXELLES2) La formation d’un front uni des opposants syriens (Coalition nationale syrienne des forces de l’opposition et de la révolution) a été accueillie par les Européens avec un certain plaisir. «L’Union Européenne a continuellement appelé l’opposition syrienne à former une plateforme commune inclusive et représentative» a rappelé la Haute Représentante de l’Union Européenne, Catherine Ashton. Sheikh Mouaz Al-Khatib, le nouveau président de cette coalition syrienne « est reconnu pour être une véritable figure nationale, engagé pour une nouvelle Syrie, qui inclura toutes les composantes de la société syrienne » a t-elle déclaré. Avant d’ajouter, «Je suis impatiente de voir cette nouvelle coalition devenir pleinement fonctionnel et inclusive, s’abonnant aux principes des droits de l’Homme et de la démocratie».

Trois figures charismatiques

Le nouveau front de coalition dit représenter 90% de l’opposition syrienne, y compris des groupes armées éparpillés à travers le pays. Ahmed Moaz al-Khatib est un imam de Damas, ex-ingénieur et qui s’était opposé au régime d’Assad dès les premiers jours de manifestations. Arrêté à plusieurs reprises depuis mars 2011, il y a gagné une réputation d’homme de foi ouvert. A ses côtés on retrouve également Riad Seif, un businessman et dissident politique (parlementaire indépendant de 1994 à 2001) et Souhair Al-Atassi une activiste des droits de l’Homme qui lobby depuis Paris auprès des pays occidentaux depuis déjà un an.

Quant au Conseil national syrien (CNS), il a porté à sa tête Georges Sabra, que les lecteurs de ce blog connaissent déjà lorsque nous l’avions rencontré au Press Club Brussels Europe (lire aussi : « Aidez-nous à nous débarrasser de ce régime » (Sabra). Le CNS demande des armes).

Objectif : reconnaissance diplomatique et livraisons d’armes

L’objectif maintenant pour la coalition est d’abord d’obtenir une reconnaissance diplomatique ainsi que des fournitures d’armes. Elle espère notamment recevoir la reconnaissance officielle des pays occidentaux lors de la réunion des amis de la Syrie en décembre à Marrakech.

Les Européens ne semblent pas sur la même longueur d’ondes sur le premier aspect. William Hague, le ministre britannique des Affaires étrangères, a déjà estimé qu’il était encore un peu tôt pour reconnaitre officiellement la coalition, même s’il en salué sa formation. Tandis que son homologue français, Laurent Fabius, présent au Caire a appelé à reconnaitre la nouvelle formation. (maj) Une position confirmée officiellement un peu plus tard à Paris par le président François Hollande, reconnaissant la coalition comme la « seule représentante du peuple syrien » et préfigurant un « gouvernement provisoire ».

Du côté de l’Union européenne, on estime que « l’Union européenne ne peut pas se positionner, la reconnaissance est du ressort des Etats membres.» – comme l’a précisé à B2 un diplomate européen.

Quant à la livraison d’armes, malgré les espérances de l’opposition que ce sujet soit abordé à la réunion de Londres vendredi (16 novembre), les diplomates britanniques – souligne le quotidien The Guardian – préfèrent que ce sujet ne soit pas abordé dans cette réunion qui a un autre objectif.

Lady Ashton ou la moins aimée des citoyens européens

(BRUXELLES2) 2/10. Voici la note attribuée au travail de Catherine Ashton lors d’une enquête réalisée par l’agence de communication Burson-Marsteller et le media en ligne EurActiv – 1 étant la plus mauvaise et 10 la meilleure. C’est peu, très peu. C’est d’ailleurs la plus mauvaise des notes moyennes attribuées aux principaux responsables politiques européens. Seul le président de la Commission, José-Manuel Barroso, la talonne de près avec son 2,5/10. De manière générale, c’est la Commission toute entière qui serait de moins en moins bien perçue par ses citoyens. La moitié des personnes interrogées ont donné une note de 3/10 à l’exécutif bruxellois. Honneur aux femmes pourtant puisque seules la Commissaire Georgieva chargée de l’aide humanitaire et de la gestion de crise et la Commissaire Kroes chargée de la stratégie numérique s’en sortent plutôt bien – vu la sévérité de la notation – avec respectivement 5,5/10 et 6/10…

Une tendance générale

Pour Karel Lannoo, directeur du Centre d’Etudes politiques européennes, think tank bruxellois, ces mauvais scores rentrent dans une tendance plus générale. «Regardez en Europe, qui fait mieux (que Barroso) ? La seule a être encore debout c’est Merkel. Et ces gens là ont plus de pouvoir.» explique t-il. Mais il doit admettre que les institutions européennes ont bien du mal à faire connaître et à faire apprécier leur travail. «Elle (Ashton) ne peut être tenue responsable que dans une certaines mesure. Le problème c’est que les Etats membres n’ont pas de volonté et que c’est elle qui prend les critiques.» Toujours selon M. Lannoo, le point positif du sondage est le fait que les discussions sur l’Europe prennent de plus en plus de place dans le débat public est pour lui, une preuve que le dialogue s’assainit.

Lire l’article complet sur Euractiv Télécharger l’étude

L’apostrophe de Guy sur la Syrie

débat au Parlement européen (Parlement européen / B2)

(BRUXELLES2) Le doigt pointé, Guy Verhofstadt a dénoncé mardi (11 septembre) l’attitude des Européens et de la Haute représentante de l’UE sur la Syrie.

Venant tout juste de rencontrer deux témoins des violences à Alep, le leader des Libéraux et Démocrates au Parlement européen n’a pas mâché ses mots. « On parle de transition politique, alors qu’il y a des milliers de personnes qui sont mortes et plusieurs centaines de milliers de réfugiés. C’est absurde. Dites la réalité. (…) Il faut reconnaître que ni le plan Annan ni aucun autre plan ne pourra réussir. »

L’Union européenne trop faible

L’absence d’action de la communauté internationale face à la crise humanitaire en Syrie est un « vrai scandale » a-t-il continué. « L’Union européenne a simplement été faible en Syrie. Les arguments de la communauté internationale pour ne pas intervenir en Syrie sont un pur non sens. Si les démocraties occidentales échouent à intervenir, la population syrienne deviendra de plus en plus dépendante des combattants du Jihad. »

Créer une coalition

L’Union européenne doit créer une coalition de bonnes volontés. « C’est à vous (il s’adresse alors à la Haute représentante) de prendre la tête de celle-ci. » « On a fait des coalitions de bonne volonté pour des mauvaises causes » Une référence à la coalition américaine en Irak en 2003, coalition à laquelle avait alors de refuser plusieurs pays, dont la Belgique alors dirigée par G. Verhofstadt. « Celle-ci (la Syrie) est une bonne cause ». « C’est de notre responsabilité. A nous occidentaux !  »

Selon l’eurodéputé, cette coalition doit mettre en place certaines mesures : (1) établir une zone d’exclusion aérienne au-dessus de la Syrie — « sans No Fly Zone, Assad pourra continuer à utiliser ses avions pour bombarder sa population » — ; (2) créer de zones de sécurité sur le terrain — « sans buffer zone, il ne peut y avoir de zone sûre pour les réfugiés » — ; (3) mettre en place de couloirs humanitaires ; (4) avoir une aide véritable pour l’Armée syrienne libre, pas seulement rhétorique — « Si vous ne donnez pas d’armes à l’ALS, il y aura la Djihad. » ; (5) et enfin, plus d’aide humanitaire pour les réfugiés.

Et de conclure : « L’UE ne peut se permettre de s’absenter pendant les changements historiques et les défis, nous assistons au Moyen-Orient Nous ne pouvons pas être un défenseur crédible des droits de l’homme à travers des déclarations. Notre impact réel sera affiché dans les actions. »

Qu’a répondu la Haute représentante devant cette courte diatribe ? 

... une photo vaut mieux qu'un long discours (crédit : Parlement européen / B2)

 

L’UE soutient la « difficile » mission de Brahimi pour la Syrie

(B2) La Haute représentante de l’UE pour les Affaires étrangères s’est entretenue – par téléphone – mardi (4 septembre) avec  Lakhdar Brahimi, le nouvel envoyé spécial de l’ONU et de la Ligue Arabe pour la Syrie. Face à la « situation extrêmement difficile », les deux interlocuteurs ont discuté de la « priorité immédiate pour réduire la violence », précise un communiqué de la Haute représentante. La situation humanitaire reste une « priorité absolue pour l’UE » a-t-elle précisé. Catherine Ashton a réaffirmé le « soutien total de l’UE à la difficile mission » de M. Brahimi. Une aide qui ne passe pas seulement par un « engagement personnel » mais aussi par l’aide européenne « à lui et à son équipe » pour œuvrer en faveur d’une « solution politique et pacifique à la crise ». Une « action diplomatique unie et en étroite coordination de la communauté internationale » est une condition préalable au succès de sa mission. Et l’Union européenne « invite » les membres du Conseil de sécurité de l’ONU et toutes les parties de fournir à M. Brahimi, le soutien dont il a besoin. La discussion autour de la Syrie