Autoroute de la criminalité en Afrique et cocktail à risques au Sahel (UA)

(Crédits: Parlement Européen)

(BRUXELLES2) L’Union Africaine doit faire face à d’importants problèmes de sécurité et elle compte pour cela sur ses partenaires internationaux, en particulier l’Union européenne. C’est le message principal de Ramtane Lamamra, commissaire de l’Union africaine à la paix et la sécurité, aux eurodéputés de la commission Affaires étrangères ce mercredi (30 mai).

Ce diplomate, ancien ambassadeur algérien à l’ONU et médiateur dans de nombreuses crises en Afrique (Mali / Burkina Faso, Libye, Tchad, Libéria…), livre un point de vue intéressant sur les priorités sécuritaires en Afrique. Priorités qui semblent coïncider avec celles de l’UE sur ce continent. Les experts « sécurité » des deux institutions, le COPS pour l’UE et le Comité paix et sécurité pour l’UA, se réunissaient d’ailleurs, mardi 29 mai (pour la cinquième fois depuis la création de l’Union africaine il y a dix ans) afin de mettre en œuvre la coopération inter-régionale.

Une « autoroute de la criminalité » Est-Ouest

Aujourd’hui, si le commissaire Lamamra se félicite de la diminution du nombre de conflits et de victimes par rapport à la décennie précédente, il évoque une évolution vers des conflits qui sont maintenant presque tous « internes ». Les acteurs non-étatiques prennent de plus en plus d’importance : criminalité organisée, terrorisme, piraterie maritime… Tels sont les adversaires désormais. Il évoque sans ambages une « autoroute de la criminalité » qui traverse l’Afrique en large d’Est en Ouest, depuis le Golfe d’Aden vers celui de Guinée. Et c’est le trafic de stupéfiants qui l’inquiète de plus, car il génère ou avive les conflits… quand il ne les finance pas.

Le Sahel : nouveau défi géostratégique et cocktail de difficultés

C’est en quelque sorte le nouveau sujet de « grave préoccupation » pour l’Afrique. Au Sahel, c’est un véritable « cocktail de difficultés » qui rend la situation très compliquée à gérer : problèmes de gouvernance, crise humanitaire, défis environnementaux, terrorisme et mouvements sécessionnistes sont les ingrédients de ce cocktail. Et cela « dépasse le seul Mali ». Dans ce pays, le coup d’Etat est « insensé »* (effectué un mois avant la tenue des élections…). Réalisé sous le prétexte de la mauvaise gestion de la menace sécessionniste du Nord, il a en fait aggravé la situation. D’autant qu’il a enlevé au pays « son arme la plus importante : la légitimité ». Désormais, deux tiers du territoire malien échappent au gouvernement. Les islamistes d’Aqmi sont une menace, tandis que les « préoccupations » des sécessionnistes Touareg sont négociables, tant qu’elles respectent l’intégrité du pays. L’expert de l’Union africaine espère qu’une solution pourra être trouvée le 7 juin prochain, date à laquelle se tiendra une réunion du groupe de soutien et de suivi, qui réunit à la fois les pays africains et les partenaires internationaux.

Fragile amélioration dans les Grands lacs et la Corne de l’Afrique

Parmi les autres priorités sécuritaires, Ramtane Lamamra évoque bien sûr la Corne de l’Afrique et la région des Grands Lacs. Ces deux régions restent caractérisées par « une grande fragilité  » malgré des améliorations. En ce qui concerne le Soudan, là aussi la menace est très présente et l’UA appelle à la cessation des violences, au retrait des troupes et à la négociation comme seule voie possible vers une solution à deux Etats co-existants « côte à côte ». Les « soulèvements populaires » (terme préféré par le représentant africain à celui de printemps arabe) offre des perspectives positives dans ce tableau plutôt difficile. « On devrait pouvoir en tirer des enseignements » affirme ainsi l’expert africain.

* Le mot est également utilisé pour la Guinée-Bissau, où le coup d’Etat a eu lieu entre les deux tours de l’élection…

Ce que vous avez loupé pendant vos vacances

(BRUXELLES2) Vous rentrez de vacances, reposé, serein. Bref d’attaque… En quelques lignes, voici les principales infos que ce blog a traité et qui vous permettront de refaire en quelques minutes le point sur quelques dossiers.

Le service européen d’action extérieur est lancé. Après le vote du Parlement européen, et l’adoption formelle par les 27 ministres des Affaires étrangères, fin juillet, le premier texte fondant le service a été publié (ici). Un nouvel organigramme a été mis en circulation (en exclusivité sur ce blog). La bataille pour les postes est désormais plus qu’engagée. Les premiers noms du « Top ten » du service diplomatique. A titre provisoire, les représentants spéciaux ont été prolongés, mais certains restent sur la sellette, ne voyant leur mandat que prolongé pour six mois. Quant à l’UE, elle a passé vaillamment  le cap du demi-milliard d’habitants. Ce qui a quelques significations.

Dans le Golfe d’Aden, les pirates commencent à reprendre le dessus avec quelques prises: le MV Suez et le MV Syrian Star relâché peu après. Les Suédois ont passé le relais aux Français du De Grasse, dirigés par le Contre-Amiral Coindreau. Et une nouvelle rotation de navires et d’avions s’amorce (Les forces européennes anti-piraterie déployées dans le Golfe). A l’ONU s’amorce, plus concrètement maintenant, un débat sur les différentes options pour mettre en place un tribunal international ou régional pour juger les pirates. Jack Lang a été nommé conseiller spécial sur la piraterie du secrétaire général de l’ONU. A signaler que l’Ile Maurice dit Oui à la poursuite en justice de pirates suspects arrêtés par les Européens. L’accord devrait être paraphé en octobre lors d’un nouveau déplacement de la Haute représentante dans la région.

En Somalie, la situation reste difficile. Les milices El Shabab menacent toujours Mogadiscio. Lire : l’odeur de la poudre. L’Ouganda, très engagé dans ce pays (donnant l’essentiel des troupes de l’Amisom et accueillant la formation de la future armée somalienne) a d’ailleurs été frappé par un double attentat sanglant à la mi-juillet. L’Ouganda qui a signé le SOMA avec l’ambassadeur de l’UE.

En Afghanistan, les Néerlandais ont commencé de façon significative leur retrait tandis que la publication de documents confidentiels par Wikileaks aura un effet sans plus durable que d’aucuns veulent le dire. Un nouveau chef de mission a été nommé à EUPOL : le Finlandais Savolainen

Au Kosovo, l’avis de la Cour internationale de Justice qui valide la procédure d’indépendance clarifie somme toute la donne. Tandis que la mission européenne « EULEX » (Etat de droit) a trouvé son rythme de croisière et les premières enquêtes commencent à déboucher. Lire: Ménage d’été au Kosovo. Un nouveau chef a été nommé : le Général Bout de Marnhac

La Russie a fêté à sa manière le 2e anniversaire de la guerre avec la Géorgie en annonçant sa volonté de déployer des missiles S300 dans les 2 provinces sécessionnistes d’Abkhazie et d’Ossétie du Sud. L’UE pointe du (petit) doigt la Russie pour n’avoir toujours pas respecté les accords en six points e 2008. Quant à la mission EUMM Georgia, elle est prolongée d’un an, jusqu’à septembre 2011.

En Guinée-Bissau, les 27 ont décidé de mettre fin prématurément à la mission EUSSR, le pouvoir n’acceptant pas certaines règles démocratiques.

Au Congo, n’ayez crainte, rien de changé, Les violences sexuelles continuent.

Les incendies à Moscou ou les inondations au Pakistan ont montré que l’UE n’était pas encore très réactive face aux crises (Le Berlaymont, en vacances, regarde Moscou brûler). Même si la commissaire Georgieva affiche sa détermination, par exemple pour accélerer le déblocage des fonds dans l’UE, et que la « machine » européenne fonctionne, encore une fois l’UE a eu un « retard à l’allumage » préjudiciable pour son poids politique. L’UE est ainsi allée en ordre dispersé en Russie (six pays ont envoyé des moyens, L’aide internationale à la Russie). Le PPE inquiet a d’ailleurs interpellé la Commission. Face aux inondations au Pakistan, cette discrétion a provoqué un échange de lettres aigre-doux entre Sarkozy (Quand Nicolas remonte les bretelles à José-Manuel) et Barroso (José-Manuel prend, à son tour, la plume).

Ce n’est d’ailleurs pas le seul échange de lettres entre Paris et Bruxelles. La France a « titillé » la Commission avec forces échanges de mots doux, au sens propre comme au figuré, sur le Pakistan, le Cas Sakineh ou la présence de l’UE dans les négociations de paix au Moyen-Orient (échange de lettres entre Cathy et ce « cher Bernard »).

A noter d’ailleurs que la réserve d’aide humanitaire européenne est bientôt à sec

En cette période de rentrée, l’heure sera à la ceinture budgétaire. Les Britanniques vont recevoir bientôt leur feuille de route. L’armée britannique se prépare à une sacrée raclée budgétaire. Ce ne seront pas les seuls…

Du coté de la représentation militaire française, une nouvelle tête a fait son apparition, le vice-amiral d’escadre Xavier Paitard venu du cabinet de Hervé Morin, le ministre de la Défense (lire : Un pilote de chasse à la représentation militaire française).

Enfin, last but not least, ce blog s’est offert un lifting avec un nouveau site (mettez vos bookmarks à jour et n’oubliez pas de vous inscrire ou réinscrire à la newsletter, si ce n’est déjà fait !). Sans oublier – dernière nouveauté – les dessins satyriques de Samuel qui offrent un coup d’oeil rafraichissant sur l’actualité.

(Nicolas Gros-Verheyde)

700 pirates libérés au 1er semestre. Dernier bilan… officiel

crédit photo : EUNAVFOR

Nous avons désormais un chiffre officiel pour les arrestations de pirates et leur traduction en justice. Un chiffre qui correspond – à peu de choses près au bilan que j’avais publié (nos méthodes sont différentes). Mais, surtout, nous avons un chiffre des suspects d’actes de piraterie, appréhendés puis libérés. Les causes sont multiples mais on peut les résumer à quelques mots : défaut de preuves (notamment pas de flagrant délit), pas de pays d’accueil, difficulté opérationnelle (éloignement).

Au premier semestre 2010, les commandants des forces navales européennes et de l’OTAN au large des côtes somaliennes ont ainsi du libérer environ 700 suspects qu’elles avaient auparavant appréhendés. Un chiffre – cité dans un rapport de Ban Ki Moon, le secrétaire général de l’ONU – à comparer aux un peu plus de 100 suspects qui ont été traduits en justice. Ce qui fait un ratio de traduction en justice d’environ 13% (un sur six). Ce est bien peu.

Depuis le début des opérations navales, des poursuites pour des actes de piraterie sont en cours dans 10 États : Kenya, Seychelles, Somalie (dans les régions du Somaliland et du Puntland), Maldives, Yémen, Pays-Bas, États-Unis, France, Espagne et Allemagne. Les poursuites  intentées dans les États de la région suivent l’arrestation et le transfert des auteurs  présumés par les États effectuant des patrouilles navales ou leur arrestation par les  services de répression et les forces militaires de l’État qui engage les poursuites. On dénombre ainsi 528 suspects qui ont été confiés à la justice d’un Etat riverain.

Nombre de suspects poursuivis
dans les Etats bordant l’Océan indien et le Golfe d’Aden

(source : ONU – jusqu’à mai 2010)

Pays Suite à l’arrestation par les États organisant des patrouilles navales Suite à l’arrestation par les Etats d’accueil Total
Kenya 123 0 123
Somalie (Somaliland) 20 80 100
Somalie (Puntland) 60 148 208
Seychelles 11 20 31
Yémen Nombre inconnu mais certaines actions ont été signalées Nombre inconnu 60 (estimation)
Total 528
 

Détails des poursuites au Kenya et aux Seychelles

Au Kenya, 14 procédures ont été engagées contre 123 suspects depuis 2006. Neuf d’entre elles concernent des suspects transférés par l’Union européenne, 3 des suspects transférés par les États-Unis et 2 des suspects transférés par le Royaume-Uni. Deux procédures sont terminées : 10 pirates transférés par les États-Unis ont chacun été condamnés à huit ans de prison et 8 pirates transférés par le Royaume-Uni ont chacun été condamnés à 20 ans de prison. Le nouveau tribunal de haute  sécurité, ouvert le 24 juin 2010 à Shimo La Tewa, Mombasa et construit par le  Programme de lutte contre la piraterie de l’Office des Nations Unies contre la drogue et le crime devrait faciliter le traitement au Kenya des suspects d’actes de  piraterie.

Aux Seychelles, trois poursuites ont  été engagées depuis janvier 2010; l’une concerne des suspects transférés par l’Union  européenne et les deux autres des suspects arrêtés par les Seychelles. Des  procédures judiciaires ont été engagées dans les trois cas.

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Catastrophes dans l’UE : Georgieva veut accélerer le déblocage des fonds


crédit : Commission européenne

La commissaire européenne chargée de la Protection civile, la Bulgare Kristalina Georgieva, souhaiterait que l’aide apportée à l’intérieur de l’Union européenne ait la même efficacité que celle apportée à l’extérieur. Elle l’a confirmé, lors de sa conférence de presse du 18 aout dernier consacré essentiellement au Pakistan. « C’est un peu anormal — a-t-elle expliqué, répondant à une question posée par une consoeur de la télévision polonaise — j’ai la possibilité de déclencher dans les 24 heures une aide financière jusqu’à une limite de 3 millions d’euros quand il y a un sinistre dans un pays qui n’appartient pas à l’Union européenne (la Moldavie ou l’Ukraine) dans le cadre de l’Office d’aide humanitaire (ECHO) (1). Mais pour la Pologne ou la Roumanie, je ne le peux pas. » Et les fonds, issus du Fonds de solidarité mettent plusieurs longs mois avant d’être débloqués (il faut une procédure budgétaire avec accord des 27 Etats membres et du Parlement européen pour chaque financement).

La Commissaire veut donc faire « évoluer ce dispositif car cela crée des frustrations pour nos populations ». « Je voudrais proposer un système identique à l’intérieur de l’UE.  Je vais proposer pour les Etats membres d’avoir un paiement en avance, rapide, qui fera la démonstration de notre solidarité. » Cela devrait partie des propositions qu’elle mettra sur la table dans la communication, qu’elle présentera à l’automne (texte présenté à la Commission en octobre, adopté en novembre).

(1) La CE a effectivement formalisé, au début des années 1990, une procédure spécifique en matière d’aide humanitaire permettant de débloquer des fonds le plus rapidement possible. Une aide de première urgence peut ainsi être débloquée, sur simple signature du « plus haut gradé dans la maison » (le commissaire s’il est là, le directeur général ou le directeur de permanence), dans la limite d’un montant de 3 millions. Au-delà, la commissaire à l’aide humanitaire a reçu délégation de la Commission pour prendre les décisions jusqu’à 10 millions d’euros (crise durable) ou 30 millions d’euros (crise d’urgence), après une première évaluation.

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Troisième attaque déjouée pour le De Grasse

ArrestPiratesDeGrasse4-Eunavfor100819.jpgLe navire amiral de l’opération européenne anti-piraterie EUNAVFOR Atalanta, le De Grasse, a débusqué un nouveau skiff suspect dans le Golfe d’Aden, le 19 août au soir, annonce le QG d’Atalanta. C’est un avion de patrouille maritime japonais qui a donné l’alerte, ayant repéré un dhow et un skiff à proximité dans le couloir international (IRTC). Celui-ci était à environ 50 miles nautiques.

Le De Grasse a fait décoller son hélicoptère Lynx, donner ses machines et mettre à l’eau un RHIB avec une équipe d’abordage. A bord du skiff suspect, les militaires français ont trouvé six hommes ainsi que tout un attirail de piraterie. Le matériel a été saisi. Et les suspects embarqués à bord du De Grasse, pour un contrôle plus approfondi. Ils ont ensuite été libérés et remis à bord du skiff, delesté, direction: la Somalie. Aucune preuve notable ne pouvant permettre de les traduire devant un tribunal.

(maj) Pendant ce temps, l’USS Princeton – de la CTF 151 a intercepté le dhow qui pouvait servir de bateau-mère.

C’est la troisième fois en trois jours que le De Grasse appréhende ainsi des suspects. La veille, alerté par un navire marchand de la présence suspecte d’un skiff sur son bâbord arrière, l’hélicoptère était également intervenu. Et mardi 17 août, également (1). Ce type d’opérations – même s’il conduit à des libérations – perturbe l’action des pirates et a un rôle préventif : prévenir une ou deux attaques, explique-t-on au niveau européen.

(1) Lire : Pirates suspects arrêtés par le De Grasse

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L’oeil de Samuel : chassé-croisé en Afghanistan

chasse-croise-1-copie-1.jpeg

Dessin : Samuel (non reproductible sans autorisation)
Les Néerlandais ont remis symboliquement, le 19 août, la clé de Kamp Holland aux forces de la coalition. Ce sont les Australiens et les Américains qui vont prendre le relais. Avec un grand nettoyage à la clé. Les néerlandais sont à pied d’oeuvre pour livrer le camp « propre » explique le commandant adjoint du camp néerlandais, le colonel Jurgen van der Biezen. Cette remise de clé est une nouvelle étape dans la décision prise par le gouvernement des Pays-Bas de se retirer d’Afghanistan, retrait entamé fin juillet et qui devrait s’étaler jusqu’à l’hiver.
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Aide d’urgence: l’UE bientôt à sec

(Bruxelles2) Les différentes crises dans le monde ont épuisé la « réserve opérationnelle d’urgence » que l’UE dispose pour l’aide humanitaire. Dotée de 120 millions d’euros (15% du budget de l’aide humanitaire qui se monte à environ 800 millions d’euros), cette « réserve » a normalement été constituée pour ne pas dépenser tout en début d’année. Mais les crises récentes au Niger, en Somalie, au Pakistan dernièrement l’ont épuisé. Et il ne reste, selon mes informations, qu’à peine quelques millions d’euros. Maintenant il va falloir regarnir cette réserve. Et vite. L’argent sera puisé dans des lignes non utilisées du budget européen. Mais pour cela, il faut un accord du Parlement européen et des Etats membres. Espérons que ceux qui ont crié haro sur l’Union européenne sauront utiliser cet « enthousiasme » pour joindre le geste à la parole.

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Pakistan : l’UE renforce son aide

La Commission européenne a décidé d’augmenter son aide pour le Pakistan de 30 millions d’euros supplémentaires. Ce qui porte l’aide européenne à 70 millions d’euros, 115 millions (1) en tenant compte de celles des Etats membres.

(1) Il s’agit bien de 115 et non de 105 comme mentionné par erreur dans un communiqué de la Haute représentante (faute typographique…)
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Incendies en Russie : le député Gaston Franco sonne le tocsin

Après la députée grecque Rodi Kratsa, la semaine dernière, c’est au tour aujourd’hui de son collègue français de l’UMP, Gaston Franco, de s’interroger publiquement sur l’efficacité européenne face aux incendies en Russie. «Au-delà de la bonne volonté de certains états membres, que fait l’Union européenne dans son ensemble alors que la Russie s’asphyxie lentement? Elle est terriblement absente pour l’instant» constate-t-il. « A l’heure où la diplomatie européenne se structure avec la création du service d’action extérieure, la tragédie du moment sonne l’heure de vérité pour les actions de solidarité internationale de l’UE vis-à-vis de son voisinage direct. La Russie est un partenaire stratégique de premier plan qui mérite un geste politique fort de notre part : nous devons la convaincre d’accepter notre aide et, pour cela, nous devons être en mesure de répondre sans tarder à l’ampleur de ses besoins » Et pour le député européen, il n’y a pas d’autre moyen. « Cette catastrophe démontre à nouveau la nécessité pour l’UE de disposer d’une force commune de protection civile capable d’être projetée sur des théâtres d’actions extérieurs ».

NB : Gaston Franco est élu du sud-est, maire de Saint-Marin Vésubie et membre de la garde rapprochée de Christian Estrosi (aujourd’hui ministre de l’Industrie) quand il était maire de Nice. Il connaît bien la problématique des forêts (et de ses feux) pour avoir présidé l’association des communes forestières ainsi que le parc national du Mercantour. Au Parlement européen, il siège aux commissions Industrie et Environnement

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Ménage d’été au Kosovo

EussGuineeBissau.jpg

EU SSR Guinée-Bissau: la mission prend fin prématurément

EussGuineeBissau.jpg(BRUXELLES2) Eh oui ! La décision de principe est acquise depuis la dernière réunion du COPS (1). La mission de l’UE de réforme des forces de sécurité en Guinée-Bissau va prendre officiellement fin à son terme provisoire du 30 septembre. Le CIVCOM (le comité chargé des aspects civils de la gestion des crises de l’UE) devrait plancher sur la question ce vendredi.

Une fin prématurée

Cette clôture de mission anticipée est liée aux événements politiques et militaires dans cet Etat d’Afrique de l’Ouest, considéré au niveau international comme un narco-Etat. En avril, le chef d’Etat-major (José Zamora Induta) et le Premier ministre (Carlos Gomez Junior) avaient été arrêtés (2) par un groupe de mutins dirigés par le chef d’Etat-Major adjoint (Antonio Indjai) et soutenus par le chef de la marine, le contre-amiral Bubo Na Tchute. Un personnage trouble, soupçonné de couvrir une partie du trafic de cocaïne et d’un autre coup d’Etat (raté) en août 2008. Le Premier ministre avait été ensuite libéré mais placé en résidence surveillée (3).

L’UE avait alors mis un point d’interrogation à l’avenir de sa mission. La mission EU SSR n’avait ainsi été prolongée, fin mai, que de quatre mois. Et un nouveau chef de mission, un Colonel, nommé le 1er juillet, Fernando Afonso. La confirmation du nouveau chef d’Etat-Major et le passage de fait du gouvernement civil sous la coupe du commandement militaire, a sonné le glas de l’opération européenne ; l’UE décidant de mettre fin à sa coopération avec l’ancienne colonie portugaise (1).

Une première dans l’histoire de l’Europe de la défense

C’est la première fois dans la courte histoire de l’Europe de la Défense qu’une mission s’interrompt prématurément de la sorte. Et il y a un peu d’amertume parmi les officiers qui ont participé à cette mission, notamment pour le général Esteban Verástegui, qui a été son premier chef et n’a pas ménagé ses efforts (4), avec certains résultats commençaient à se faire sentir.

Aujourd’hui, il reste encore à préciser les modalités techniques et administratives de la fin de la mission (d’où l’objet de la réunion de vendredi, qui pourrait être suivie d’autres fin août ou début septembre, le cas échéant). Sur place, dans la capitale Bissau, ne demeurent plus que 4 officiers de l’UE.

(Nicolas Gros-Verheyde)

(1) Lire : L’avenir de l’engagement européen en Guinée-Bissau discuté. Suspension de la mission EUSSR ?

(2) Un évènement qui s’ajoute à l’assassinat successif du précédent chef d’Etat-Major et du président de la République Vieira en 2009.

(3) Sans rire l’actuel président de la République, Malam Bacaï Sanha a qualifié ces arrestations « un accident tragique entre les chefs militaires des casernes qui a troublé le pays pendant quelques heures » (lire sur Afrik.com)

(4) Consulter son interview au démarrage de la mission : Mission Guinée-Bissau: « rebâtir de zéro » (Gén. Verástegui)

L’avenir de l’engagement européen en Guinée-Bissau discuté. Suspension de la mission EUSSR ?

(B2) La nomination comme chef d’Etat-Major du Général Antonio Indjai – un des mutins d’avril – suscite l’inquiétude au plan européen. Cathy Ashton, la diplomate en chef de l’UE, exprime ainsi publiquement être préoccupée par le sort notamment de l’ancien chef d’Etat-Major, José Zamora Induta, actuellement détenu et sur l’impunité générale de certains mutins. Elle souligne que « la situation actuelle constitue une violation des engagements internationaux de la Guinée-BIssau de respecter les droits de l’homme, la démocratie et l’Etat de droit, éléments essentiels de l’accord de Cotonou ». Elle appelle aussi « à la révision des engagements généraux de l’Union européenne dans le pays ».

NB : Cette situation figure à l’ordre du jour du COPS vendredi. La question notamment de continuer la mission de la PeSDC destinée à soutenir la réforme de la sécurité (EUSSR Guinee-Bissau) est d’autant plus posée que les Etats-Unis ont souligné impossible de réformer les forces armées tant que des éléments soupçonnés de participer au trafic de drogue en seront responsables.

(NVG)

La mission en Guinée-Bissau prolongée et reconfigurée

(BRUXELLES2) La mission de l’UE d’accompagnement à la réforme du secteur de la sécurité (EU SSR) en Guinée-Bissau devait se terminer le 31 mai. Mais les autorités nationales ont demandé à l’UE de maintenir leur mission. Une nouvelle mission, ou plutôt une nouvelle phase de la mission, va donc commencer début juin. Le COPS (comité politique et de sécurité) doit adopter cette disposition fin mars, en points de procédure (sans discussion), après l’avis positif rendu par le comité militaire, le 16.

Une mission d’experts. La mission de l’UE ne portera plus sur la préparation de la réforme de la sécurité (la Guinée Bissau doit adopter le paquet législatif concerné en mai au plus tard). La mission sera davantage centrée sur la mise en oeuvre de cette réforme dans tous les secteurs (armée, justice, police), sous tous les plans : formation, guidance, conseil… Mais il n’y a (toujours) pas de soutien opérationnel (dans les unités). Il s’agit davantage de conseiller les autorités du pays au niveau stratégique. C’est en fait une mission d’experts « pointus ». La mission EU SSR reste de petite taille : 22 internationaux + du staff local, soit environ l’équivalent de l’effectif actuel de 33 personnes.

Un focus sur le Crime organisé. La mission de l’UE travaillera de manière renforcée avec les Nations-Unies, qui a une mission sur place.
Elle va aussi développer une activité particulière sur le crime organisé et les trafics illégaux avec l’UNDOC (office des Nations-Unies sur les Drogues et le Crime), avec un soutien au bureau d’Interpol, en liaison avec Europol.

Calendrier de discussion. Concernant le calendrier d’adoption de la décision : après discussion dans le cadre du groupe Relex, et l’appel à contributions aux Etats membres (pour les troupes), la décision (ancienne action commune) devrait être adoptée d’ici fin avril. Quant au plan d’opération (OpPlan), il devrait être adopté fin mai. Ce qui lancera la nouvelle mission (*). Enfin, si le démarrage officiel est prévu le 1er juin, la présence du nouveau staff ne devrait commencer que début juillet. A noter qu’une conférence des donateurs pour la Guinée doit avoir lieu, à Bruxelles fin juin (les 22 et 23 juin ?), incluant tous les aspects et tous les partenaires de la sécurité (à confirmer).

(*)Il n’y a pas besoin de décision de lancement en matière civile, c’est l’adoption de l’OpPlan qui la lance.

(Nicolas Gros-Verheyde)

L’embargo sur les armes pour la Guinée, détails

Le Conseil des ministres de l’UE va adopter, mardi, une décision d’embargo sur les armes à destination de la Guinée (comme déjà mentionné). En voici les détails.

Principe d’interdiction : « Sont interdits la vente et la fourniture à la Guinée ainsi que le transfert et l’exportation à destination de ce pays, par les ressortissants des États membres ou depuis le territoire des États membres, ou au moyen de navires ou d’aéronefs de leur pavillon, d’armements et de matériels connexes de quelque type que ce soit, y compris des armes et des munitions, des véhicules et des équipements militaires, des équipements paramilitaires et des pièces détachées pour les susdits, qu’ils proviennent ou non de leur  territoire. »

Trois exceptions sont prévues, essentiellement pour les opérations internationales, européennes et la protection du personnel :
– (opérations internationales ou europeénnes) « vente, à la fourniture, au transfert ou à l’exportation d’équipements militaires non létaux destinés à des fins humanitaires ou de protection exclusivement, ou à des programmes des Nations unies, de l’Union européenne et de la Communauté concernant la mise en place des institutions, ou pour des opérations de gestion de crise de l’Union européenne et des Nations unies;»
– (protection du personnel européen) « vente, à la fourniture, au transfert ou à l’exportation de véhicules non destinés au combat qui ont
été conçus pour offrir une protection balistique ou équipés de matériaux antibalistiques, aux seules fins de la protection du personnel de l’Union européenne et de ses États membres en République de Guinée; à condition que les exportations concernées aient été  préalablement approuvées par l’autorité compétente ».
– (gilets pare-balles pour les personnels expatriés, ONU, UE, Etats, médias, ONG). L’embargo « ne s’applique pas aux vêtements de protection, y compris les gilets pare-balles et les casques militaires, temporairement exportés en République de Guinée pour leur
usage personnel exclusivement, par le personnel des Nations unies, le personnel de l’Union européenne, de la Communauté ou de ses États membres, les représentants des médias, personnel humanitaire, le personnel d’aide au développement et le personnel associé ».

Embargo sur les armes édicté contre la Guinée, levé pour l’Ouzbékistan

(B2) Le Conseil des ministres des Affaires étrangères de l’UE devrait prononcer, le 27 octobre, une première série de sanctions vis-à-vis de la Guinée où la situation sécuritaire se détériore. Les émeutes de septembre où 150 personnes avaient péries ont sonné l’alarme parmi les dirigeants européens. Ces sanctions seraient ciblées sur les membres de la junte au pouvoir (gels des avoirs et restriction des visas) et accompagné d’un embargo sur les armes. Il faut remarquer la rapidité avec lesquelles ce type de mesures a été prise. D’ordinaire, ce type de mesures est plus lente à entrer en action.

Par ailleurs, les 27 devraient lever les sanctions qui affectent l’Ouzbékistan (livraisons d’armes essentiellement – les autres mesures avaient été levées il y a un an). Les diplomates de l’UE estiment en effet que le pays a fait de nombreux efforts en matière de respect des droits de l’homme et de la démocratie. et que cela mérite un encouragement. Ces mesures avaient été mises en place après les émeutes de 2005 qui avaient fait plusieurs centaines de morts et le refus du gouvernement d’accepter une enquête internationale.

Petit message de Guinée-Bissau après les troubles: on reste


(B2)Après le double assassinat du chef d’Etat major et du présidence de la République de Guinée-Bissau, la petite mission civile PESD d’assistance à la réforme de sécurité (EU SSR) reste sur place. Selon ses responsables, «la situation est tendue mais tenable. Et il n’y a pas nécessité pour l’instant d’évacuer les membres de la mission. Il y a risque d’Etat failli
(failed State). Mais nous ne sommes pas face à un nouveau coup d’Etat»
insiste mon interlocuteur.

«L’ordre constitutionnel est et a été respecté. Ce qu’il faut c’est maintenant continuer les engagements dans la région. Il est possible de continuer la mission.»

 (NGV)

Coup dur pour la mission EU SSR en Guinée

(B2) Coup sur coup, le chef d’Etat-Major guinéen et le président de la République sont morts dans un attentat/assassinat. La petite mission d’assistance à la réforme de l’armée (EU SSR) qu’entretient l’Union européenne – qualifiée de mission plutôt « tranquille » – se retrouve ainsi sous les feux de l’actualité… et surtout sa mission de conseil et restructuration des forces armées s’en trouve compromise, ou du moins transformée. Javier Solana, le diplomate en chef de l’Union européenne, a donc lancé un « appel à tous pour rétablir l’ordre constitutionnel et contribuer à apaiser les tensions dans le pays« . En espérant qu’il sera entendu.

 (NGV)

Deuxième participation américaine à une mission UE, en Guinée


(B2)Après leur participation entérinée à Eulex Kosovo, les Etats-Unis devraient participer à une nouvelle mission civile de la PESD, sous commandement européen, ce sera en Guinée Bissao pour la mission « Eussr » de soutien à la réforme de sécurité.

Le principe d’une participation a été entériné au Comité de politique et de sécurité (COPS) fin octobre. Reste à en préciser les modalités, notamment le nombre de conseillers qui y participeront. Ce devrait être de l’ordre de quelques personnes.

(NGV)

Mission Guinée-Bissau: « rebâtir de zéro » (Gén. Verástegui)

(B2) La mission de l’Union européenne visant à aider la Guinée-Bissau pour la réforme de son secteur de la sécurité (armée, police, justice) devrait démarrer officiellement la première semaine de juin, après le feu vert officiel du Conseil. Le chef de la mission, le général espagnol Juan Esteban Verástegui, a accepté de me rencontrer pour détailler le sens de cette mission nouvelle de l’UE (lire aussi : Ménage d’été au Kosovo).

Comment l’Europe peut-elle réformer des structures de sécurité d’un pays africain ?

Tout d’abord, ce n’est pas une réforme de l’UE mais une réforme voulue et décidée par les autorités de Guinée. Il y a un clair engagement des autorités politiques nationales, partagé par l’opposition. Ainsi, nous n’avons pas de rôle directement opérationnel. Nous sommes là pour donner des conseils, établir des plans pour le futur, transformer une décision stratégique en un concept opérationnel. Notre mission est avant tout intellectuelle.

Quels sont les objectifs de cette réforme pour l’armée, pour la police ?

Pour l’armée, on pourrait dire que c’est simple. Cette force devra être diminuée de moitié, pour atteindre un effectif de 2000-2500 hommes. Elle devra être composée d’unités légères, simples ; et non d’unités lourdes blindées. Une restructuration comme nous en avons connue en Europe. Pour la police, c’est un peu plus compliqué. Nous avons actuellement huit – neuf corps policiers contrôlés par cinq différents ministères, sans réelle coordination. Cela ne peut pas fonctionner. Il faut revoir l’organisation. Il faut d’abord donner un cadre juridique au nouveau dispositif. Et on doit restructurer. Si le nombre de policiers va rester identique, il y aura au final quatre forces, selon le modèle portugais : maintien de l’ordre public, police judiciaire, gendarmerie et services secrets. La gendarmerie va être créée de toutes pièces, en rassemblant d’autres corps déjà existants (frontières, immigration…), sur le modèle de la « Guardia nacional » portugaise.

Par qui va être suivie cette réforme ?

C’est fondamental. Il nous faut trouver les futurs leaders qui vont encadrer la réforme. Ce qui pose la question de la formation de l’encadrement. Plusieurs pays (Portugal, Brésil, Cap-Vert, Angola) ont été sollicités pour cette mission.

Vous venez de passer plusieurs jours sur place, quelle est selon vous la principale difficulté de votre mission et… de cette réforme ?

La principale, c’est le manque de moyens dans l’armée comme dans la police. La situation est très pénible. Il n’y a presque pas d’infrastructures. Les casernes quand elles existent sont dans un état lamentable. Il manque de tout! Les véhicules existent au compte-goutte. Les services d’immigration, par exemple, n’ont qu’un seul véhicule, ils font tout à pied. Quand j’ai été au Congo, au Guatemala — qui ne sont pas des pays riches —, je n’avais pas connu cela. Ce n’est pas une réforme seulement dont on a besoin… Il faut tout rebâtir de zéro !

Les Etats membres vont contribuer ?

On l’espère. Les investissements nécessaires ne sont pas incroyables. Avoir des vélos tout terrain pour la police, ce serait déjà bien. L’Espagne devrait ainsi donner des motos et des vélos VTT. Nous avons aussi besoin de 30 véhicules qui semblent un minimum si on veut que ce pays soit capable de contrôler ces frontières et être en capacité de contrôler l’immigration. C’est aussi cela, notre mission: identifier les besoins et trouver les pays prêts à financer.

La difficulté n’est-elle pas aussi de lutter contre une corruption qu’on dit rampante ?

Quand ceux qui travaillent pour l’Etat ne reçoivent pas de salaire, durant des mois, il est difficile de parler de corruption… La frontière, par exemple, est gardée par des gens bien, qui ne sont plus payés. Ils sont un peu comme oubliés! Ils vivent au milieu de la population, dans des cahutes, comme les autres paysans, ne reçoivent aucun soutien, même médical. Souvent ils sont assez âgés. Et quand ils quitteront le service, on sent bien qu’on ne trouvera personne pour les remplacer. Il faut donc changer le système, trouver des personnels, les former… et s’assurer qu’une fois en place qu’ils seront bien payés, les 30 ou 40 euros qu’on leur doit par mois. Quand on a l’orgueil d’appartenir à une mission qui marche et qu’on est payé pour cela, cela peut changer.

Cela veut dire que l’Europe doit s’engager davantage dans ce pays ?

Oui. Je le pense. C’est peut-être un peu égoïste, mais c’est plus intelligent et moins couteux d’avoir des pays plus forts, dans leurs structures, qui assurent un réel contrôle aux frontières, plutôt que de devoir en subir le résultat, avec une immigration sur nos côtes.

Propos recueillis par Nicolas Gros-Verheyde

A noter :

• La mission PESD en Guinée est une mission première du genre, civilo-militaire. Entamée à la mi-avril, la montée en puissance devrait être terminée début juin. Elle est composée d’une quarantaine de personnes (21 spécialistes internationaux + 18-19 locaux), de plusieurs pays européens (Portugal, Espagne, France pour les conseillers ; Allemagne, Suède, France, Italie, Portugal pour l’administration). Plusieurs pays tiers ont été sollicités. Si le Canada et le Brésil ont décliné l’offre (ce dernier pays doit envoyer en 2009 une mission bilatérale, pour soutenir la réforme militaire), les Etats-Unis sont très intéressés ; le Cap-Vert et l’Angola pourraient aussi participer. La mission va être établie dans la capitale, de façon « centrale », à proximité de l’Assemblée nationale, dans un bâtiment ayant servi transitoirement d’ambassade pour la France.

• Un premier plan de réforme des forces de sécurité a été adopté par le gouvernement de Guinée-Bissau en novembre 2006, suivi d’un plan de restructuration en septembre 2007. Au niveau de l’UE, deux missions d’information communes avec la Commission européenne, en mai et en octobre 2007, ont précédé le processus décisionnel. La première décision a été prise au Conseil des ministres de la défense, le 19 novembre 2007 ; le concept général de la mission a été approuvé le 10 décembre 2007, le concept d’opération (Conops) et la décision d’action commune ont été approuvés le 12 février 2008, le plan d’opération (OpPlan) a été accepté par le Cops le 14 mai.

Crédit photos : Conseil de l’UE