Caraïbes. Français, Néerlandais et Britanniques unissent leurs forces. Enfin !

Au QG tactique (crédit : DICOD / EMA)

(B2) Britanniques, Français et Néerlandais viennent de lancer l’opération commune pour faire face aux ouragans en cascade qui ont frappé les Caraïbes. Objectif affiché de l’opération « Albatros » : « mieux coordonner leurs efforts face au défi logistique auquel ils sont confrontés », dans leurs territoires respectifs (1).

Un gros hub logistique

Cette structure, baptisée Multinational Caribbean Coordination Cell (MNCCC), entend « établir et suivre en temps réel la situation logistique dans la zone ». Le but est « d’identifier des options de mutualisation et d’optimisation au profit des différentes opérations nationales en cours » ainsi que de tous les autres acteurs sur place (organes publics, organisations internationales et ONG), comme l’explique un communiqué des armées françaises. En pratique, on va dresser la liste des moyens disponibles sur place (navires, aéronefs et hélicoptères), ainsi que les transports stratégiques (mer, air) venant d’Europe, pour éviter des frais inutiles et avoir plus de poids sur place.

Un QG au niveau stratégique

Deux quartiers généraux vont être ainsi établis. Le premier sera établi au niveau « stratégique » (politico-militaire), chargé de « centraliser et suivre les informations concernant les mouvements ‘longue distance’, entre l’Europe et les Caraïbes. Il pourrait être établi en liaison étroite avec le QG d’EATC, le centre de commandement du transport européen, établi à Eindhoven aux Pays-Bas et qui regroupe sept pays européens (mais pas le Royaume-Uni). Il diffusera ce qu’on appelle en termes militaires une « Full Logistic Strategic Picture (FLSP) » à l’échelon opérationnel.

Un PC tactique à Curaçao

Le second sera établi au niveau opérationnel, à Curaçao sur le site de la base navale néerlandaise de Parera. Ce petit PC de coordination, qui fonctionne déjà de manière temporaire, selon nos informations, aura pour mission d’assurer « la synthèse et le suivi des déploiements, dispositifs, ressources et mouvements militaires sur l’ensemble des Caraïbes ». Il aura ainsi la faculté de répondre en temps réel « à des besoins exprimés par les autorités nationales » en repérant au préalable les moyens de transport disponibles. Ce PC sera placé sous les ordres d’un colonel français et rassemblera une vingtaine de militaires en provenance des armées des trois nations impliquées.

Une décision prise au niveau politique

La décision de créer cette structure de coordination a été prise, très récemment, cette semaine, en marge de l’assemblée générale des Nations unies. Mais elle suit quelques entretiens entre ministres, notamment à Tallinn, en marge du gymnich, la réunion informelle des ministres des Affaires étrangères le 7 septembre.

Une première capacité opérationnelle est attendue pour le 24 septembre, la pleine capacité est attendue, elle, pour le 27 septembre. La durée de la mission devrait être d’un à deux mois.

Une étape importante

C’est une « étape importante » pour le ministre néerlandais des Affaires étrangères, Bert Koenders. « On peut se mettre d’accord sur tout au niveau des gouvernements, mais c’est l’aide sur place qui est le principal. Il y a des petites îles avec beaucoup de questions pratiques et spécifiques. » a-t-il souligné au micro de la chaîne de télévision NOS. Le Néerlandais reconnait cependant qu’entre les deux parties de l’ile de Saint-Martin, française et néerlandaise, on ne se parle pas vraiment beaucoup. « Entre les Français et les Néerlandais, les relations sont bonnes, mais historiquement il y a eu des tensions entre elles, parce qu’elles sont gouvernées différemment. Nous devons améliorer la coopération. »

Commentaire : ENFIN !

Pour des ouragans et tornades plutôt prévisibles, il a fallu bien du temps, pour que les trois pays se décident à coordonner leurs efforts. Jusqu’à présent, c’était un peu chacun pour soi. L’ampleur des dégâts mais aussi le souffle des critiques qui ont couru dans les opinions publiques nationales, en France, mais aussi au Royaume-Uni (lire : La Royal Navy rame) et même aux Pays-Bas (2) ont eu raison des petits égoïsmes nationaux. Cette structure de coordination est une sorte de test pour le projet européen de hub logistique, prévue dans le cadre de la coopération structurée permanente, ou d’une coordination plus affirmée d’une réponse aux désastres.

(Nicolas Gros-Verheyde)

(1) Citons notamment St Martin et St Barthélémy, Guadeloupe et Martinique, coté français ; Aruba, Bonaire et Curaçao Saint-Martin, Saba et Saint-Eustache coté néerlandais ; Antigua et Barbuda ancienne possession britannique.

(2) Dans le quotidien NRC Handelsblad, le Premier ministre de Saint Martin, William Marlin, avait eu ce mot dur pour les fusiliers marins néerlandais. « On a été pillé. Les marines ont regardé et n’ont rien fait. »

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