(B2 Pro) L’affaire malienne force Jeanine Hennis à la démission. Klaas Dijkhoff la remplace

  (B2) Le drame qui avait frappé l’armée néerlandaise au Mali en juillet 2016 (cf. encadré) a rebondi au plan politique. La ministre de la Défense, Jeanine Hennis-Plasschaert, dans une intervention devant la Chambre, a annoncé sa démission mardi (3 octobre). Elle est remplacée par un jeune politicien, âgé de 36 ans, Klaas Dijkhoff, dont […]

(B2 Pro) Les trois défis principaux de défense selon la Lituanie. La PSDC une garantie additionnelle à l’OTAN

(B2) La Lituanie vient de publier une version en anglais de son livre blanc sur la défense présenté plus tôt dans l’année. Selon Vilnius, il existe trois « défis principaux » : « [1°] le révisionnisme russe, [2°] les menaces cyber et d’information » et « [3°] les questions de sécurité venant du voisinage sud […]

(B2 Pro) Joël Barre nommé à la DGA

(B2) Le Conseil des ministres a confirmé ce mercredi (9 août), la nomination de Joël Barre, comme nouveau délégué général pour l’armement. Le nouveau-venu remplace Laurent Collet-Bihon, admis à la retraite, qui était resté près de dix ans dans cette direction. Il dispose « d’un parcours exceptionnel tant au sein de la Direction générale de […]

Jean-Paul Paloméros

Discipline budgétaire, oui. Coupes intempestives, non (Gén. Paloméros)

« Tous ceux qui connaissent mon attachement viscéral à la défense, comprendront combien je souhaite que les femmes et les hommes qui la servent se voient donner les moyens de leurs missions et la reconnaissance qu’ils méritent. Les coupes budgétaires constituent des pratiques de gestion contreproductives qui désorganisent l’action de l’état et lui font perdre de son efficacité.

Attention à la ‘bosse’ due aux retards

Pour notre défense, cela revient à pousser inexorablement une vague dite « la bosse » qui ne porte malheureusement chance à personne car elle traduit en fait les retards pris dans la modernisation forces armées et dans les investissements indispensables pour le maintien en condition opérationnel des hommes et des équipements. Il est plus que temps de changer ces pratiques, de reconstruire des budgets sincères fondés sur des choix politiques et stratégiques clairs et de les exécuter. Tout le monde y gagnera. Cela évitera aussi des polémiques détestables comme celle qui amène la vindicte du président, chef des armées contre leur chef d’état-major.

La question de la dette : à ne pas négliger

Enfin, je maintiens que pour notre pays la dette représente une menace certes moins tangible que le terrorisme mais, au niveau qu’elle atteint, c’est un cancer qui peut à terme détruire notre modèle social, les emplois de demain, et même nos valeurs. Cette question ne se règlera pas à coups de coupes budgétaires, c’est certain, mais par la croissance, et par une plus grande adaptation à un monde qui change à vitesse accélérée.

Notre pays a démocratiquement donné sa chance à un nouveau pouvoir pour affronter ces défis, pour transformer notre pays. Il lui appartient maintenant de faire des choix qu’il devra assumer devant les français. En tout cas la passivité n’est pas de mise. Elle nous a déjà coûté tellement cher.

Une nécessité : la politique de réinvestissement…

Les tensions créées par les récentes coupes budgétaires sont à l’échelle des efforts demandés aux différents ministères. Il est certain que notre nouveau Président et son gouvernement auraient préféré lancer rapidement une politique ambitieuse de réinvestissements à même de placer notre pays sur la voie d’une croissance soutenue et durable, mais l’état de nos finances publiques ne l’autorise pas, compte tenu de la dette abyssale qui ankylose notre pays et lui fait courir des risques graves si les taux d’intérêts repartaient à la hausse.

… une contrainte : la dette

Le budget de la défense n’échappe pas à ces réductions auxquelles il devrait cotiser pour environ 850 millions d’euros. Pour absorber cette ponction budgétaire les Armées ne peuvent réduire leur activité alors que leur niveau d’engagement opérationnel a rarement atteint un tel niveau d’intensité et de durée. Ainsi, la seule solution consiste à repousser des investissements qui portent sur la modernisation de leurs équipements, leur entretien, ou encore les indispensables efforts de recherche et de technologie qui conditionnent l’avenir.

Attention à la tentation du court terme..

Cette situation n’est malheureusement pas conjoncturelle. Les mêmes causes produisant les mêmes effets. Cette recette qui privilégie le court terme au long terme a été maintes fois appliquée avec les mêmes conséquences, impacts sur la disponibilité des équipements, sur la chaîne industrielle et sur des centaines de PME sous-traitantes et sur les coûts.

Des effets retard en cascade sur les programmes

Soyons clairs. Il n’y a pas de coupe indolore dans un budget tiré au trébuchet. Les retards d’investissements se paient un jour ou l’autre, tant en opérations que par les surcoûts qu’ils entraînent, ainsi, la cour des comptes a dénoncé à de nombreuses reprises les effet retards à hauteur de plusieurs milliards sur des programmes d’armement majeurs générés par des mesures d’économies de court terme. Pour sortir de cette spirale infernale, il n’existe pas de recette miracle mais il serait coupable de se résigner.

Agir sur tout le spectre des crises se paie

Lors de la présentation de son programme défense le 18 mars dernier le Président de la République, alors candidat, a clairement pris acte des difficultés rencontrées par nos armées pour accomplir les tâches exigeantes que leur confie l’exécutif, depuis lors il a d’ailleurs pu confronter cette vision avec la réalité lors de ses déplacements sur le terrain. Ainsi, confirmant sa volonté de conserver à la France un outil militaire moderne et performant, capable de dissuader tout adversaire d’attenter à nos intérêts vitaux, capable d’intervenir sur tout le spectre des crises, capable d’assurer dans la durée l’engagement de notre pays contre le terrorisme, il a décidé de fixer un objectif clair, consacrer en 2025 2% du PIB à l’effort de défense.

La remontée en puissance doit s’appuyer sur trois principes clés

Pour ce faire, il s’est engagé à soutenir une remontée en puissance progressive de celui-ci, confirmant le 13 juillet devant les forces armées une augmentation du budget de la défense pour le porter à 34,2 milliards € en 2018. Cependant, pour porter ses fruits, cet effort doit s’accompagner d’une véritable transformation des esprits et des habitudes. Cette nouvelle approche devrait s’appuyer sur trois principes clés, la sincérité budgétaire, la cohérence des choix stratégiques, le travail collaboratif.

Sortir des combats fratricides, dépensiers contre économes

Si l’on ne retient que ce dernier [le travail collaboratif], la Défense nationale est l’affaire de tous et la responsabilité de chacun. Il faut sortir des combats fratricides entre « ministères dépensiers et ministères économes » il faut construire ensemble, mettre en commun la grande expertise que recèle notre administration pour faire mieux, pour trouver des solutions viables qui préservent les intérêts de notre pays et en premier lieu la défense et la sécurité de nos concitoyens. Dans cet état d’esprit, nous pourrons réduire les tensions qui se manifestent aujourd’hui, et continuer à construire pour notre pays la défense qu’il mérite en alignant nos ambitions et les moyens que nous sommes prêts à y consacrer.

Les armées répondent et répondront « présent »

Le 13 juillet le Président de la République a réaffirmé, avec une fermeté certaine, l’engagement et la discipline qu’il attendait de tous pour réussir la transformation de notre pays. Dans cette perspective, il sait pouvoir compter sur des armées qui ont toujours répondu présentes à l’appel de leur chef, que se soit pour s’engager en opération sans délai et avec une efficacité qui fait la fierté de tout un pays et l’envie de beaucoup. Des armées qui ont systématiquement été à la pointe des réformes de l’état pour s’adapter, se moderniser mais qui ont dû en payer le prix. Face à un monde incertain, dangereux, il ne fait aucun doute que le chef des armées sait, dans son for intérieur, qu’il peut compter sur des hommes et des femmes d’excellence, d’honneur et de dévouement, et au premier rang de ceux-ci le chef d’état major des armées, le général d’armée Pierre de Villiers dont l’engagement n’a [eu] d’égal que sa passion pour notre pays et pour sa défense.

Général d’Armée Aérienne (2S) Jean-Paul Paloméros
Commandeur Suprême de l’OTAN pour la Transformation (2012-2015)
Chef d’Etat-Major de l’Armée de l’Air (2009-2012)

NB : Les commentaires (en introduction) et la tribune sont reproduits avec l’autorisation de l’auteur. Titres et intertitres de la rédaction

(B2 Pro) France. Le CEMA confirmé ou en partance ?

(B2)  Le président français doit rencontrer en tête-à-tête son chef d’état-major des armées (CEMA), Pierre de Villiers vendredi (21 juillet). Une rencontre haute d’enjeux après les propos très vifs qui ont opposé les deux hommes (Macron remet au pas l’armée. Un tir politique, à fragmentation). La démission du CEMA est dans la balance (1). Emmanuel Macron […]

Macron remet au pas l’armée. Un tir politique, à fragmentation (V2)

(B2) Aux militaires et aux autres qui n’avaient pas tout à fait saisi que leur nouveau chef des Armées, Emmanuel Macron, avait un goût assez prononcé pour la stratégie, les manœuvres tournantes, les tactiques de retraite silencieuse et de contre-attaque brutale, ils viennent d’en avoir un avant-goût. La première bataille budgétaire du quinquennat qui vient de se dérouler, ces jours-ci, s’achève sur un air de blitzkrieg de la communication sur lequel il est intéressant de pencher.

Une séquence bien organisée

La séquence parait très organisée, trop organisée d’ailleurs, pour être totalement improvisée. Le 28 juin, la Cour des comptes lance un rapport qui se veut alarmiste sur les finances de l’État. Il manque neuf milliards d’euros en 2017 par rapport aux objectifs annoncés. La conclusion est claire : il va falloir serrer la ceinture jusqu’à la fin de l’année et racler les fonds de tiroir.

Le temps du serrage de vis

Pour accompagner cette gestuelle, le gouvernement frappe partout, y compris dans la défense. Le 11 juillet, il présente la douloureuse décision. Il s’agit de montrer que les efforts demandés aux uns (social, éducation) sont aussi demandés aux autres (affaires étrangères, défense). Le montant demandé aux armées – 850 millions d’euros – parait bien énorme et plutôt contradictoire avec les engagements de campagne du candidat et, surtout, au contexte international et national.

Le temps de l’addiction à la datte est terminé

Mais c’est un acte politique destiné à montrer, en interne, l’inflexion du nouveau président et du nouveau gouvernement sur le redressement des comptes. Le Premier ministre Edouard Philippe l’avait dit, dès le 5 juillet, lors de la déclaration de politique générale : « Il y a une addiction française à la dépense publique. Et comme toute addiction, elle nécessitera de la volonté et du courage pour s’en désintoxiquer ».

Émotion militaire

Naturellement, les militaires s’émeuvent. Le général des armées Pierre De Villiers, chef d’état-major des armées, monte au créneau. Devant la commission de la défense de l’assemblée nationale, le 12 juillet, à huis clos il ne modèle pas son mécontentement. « Je ne vais pas me faire baiser comme ça » s’écrie-t-il selon un témoignage relaté par mon confrère . « Le grand écart entre les objectifs assignés à nos forces et les moyens alloués n’est plus tenable ». Les armées ont déjà trop contribué au redressement des comptes. « On a déjà tout donné » (1).

Un pas en direction de l’Allemagne

Le président Macron et le gouvernement semblent inflexibles aux critiques. Ils n’y répondent qu’à peine. Ce n’est pas l’urgence. L’important est ailleurs. Le 13 juillet, c’est le Conseil des ministres franco-allemand, spécialement convoqué à l’Elysée. Paris doit montrer à Berlin, actes à la clé, que le temps du déficit continuel est terminé. L’intensité, et la brutalité, des coupes démontre à la Chancelière allemande que la France ne se paie pas de mots. Le fait que la défense – point-clé pour le président et pour la sécurité européenne – ne soit pas épargnée n’est pas un vain détail. C’est une garantie, nette, que l’engagement français, en matière budgétaire, est déterminé. Ce qui permet à la Chancelière, à son tour, lors de la réunion au sommet, de faire un pas en direction des Français pour accéder à certaines demandes françaises, comme le renforcement financier et politique de la Zone Euro (budget, ministre, etc.) ou l’élévation du niveau d’ambition en matière de défense européenne. Le projet d’avion de chasse en commun est plutôt une idée française qu’allemande.

Le temps du recadrage : La défense est un secteur protégé

La réunion franco-allemande est à peine terminée… Le président Macron repasse à l’offensive et rappelle son engagement de campagne : l’objectif de consacrer 2% à la défense. Et il le prouve lors de son discours tenu devant les différents responsables de l’armée réunis à l’Hôtel de Brienne (le siège du ministère de la Défense) en cette veille de la fête nationale (video). Dès 2018, le budget de la défense va rebondir passant de 32,7 milliards à 34,2 milliards d’euros (2). Soit un peu moins qu’espéré les militaires — le général De Villiers avait placé la barre à 34,8 milliards –  mais largement plus que le budget actuel (+ 1,5 milliard d’euros). Mais l’important est de décrocher de la barre des 32 milliards où restait scotché le budget de la Défense depuis plusieurs années.

Le patron : c’est moi !

Reste ensuite à recadrer les râleurs qui ne sont pas encore soumis. C’est chose faite dans le même message. « Il n’est pas digne d’étaler des débats sur la place publique. J’ai pris des engagements […] » rappelle le président de la République. « Les engagements que je prends devant les concitoyens, devant les armées, je sais les tenir et je n’ai à cet égard besoin de nulle pression, de nul commentaire ».

Un rappel au devoir de réserve

Et d’ajouter, histoire d’être bien compris : « J’aime le sens du devoir, j’aime le sens de la réserve qui a tenu nos armées là où elles sont aujourd’hui. Et ce que j’ai parfois du mal à considérer dans certains secteurs, je l’admets encore moins quand il s’agit des armées ». « Je suis votre chef » ajoute-t-il, de façon assez directe, et brutale, histoire d’être bien compris. Le président de la République cause, les militaires obéissent et la bouclent. Fermez le ban ! (3).

Un certain souvenir

Le piège se referme sur ceux qui ont cru que, comme sous la période de François Hollande, ils pouvaient manœuvrer à loisir et s’exprimer, éventuellement, contre le gouvernement. Le « jeune » Macron a une certaine expérience de ces arbitrages budgétaires et une certaine mémoire. Durant la période de 2014 à 2016, particulièrement lors de l’arbitrage difficile de 2015, quand il n’était que ministre de l’Économie, les chefs d’armée ne s’étaient pas privés d’exprimer leur point de vue, soutenu (et soutenant) en cela « leur » ministre de la Défense, J.Y. Le Drian. Des ‘scuds’ que n’a, semble-t-il pas oublié, le Macron devenu chef des Armées. La prise de parole, dans les Echos, du CEMA De Villiers, en décembre 2016, à la veille de la présidentielle lui avait déjà valu un ‘recadrage’, gentil, de François Hollande. D’où un nouveau rappel à l’ordre, beaucoup moins gentil cette fois.

Un message à double détente

Ce message paraît s’adresser, en premier chef, au général Pierre de Villiers. Mais au-delà, il s’adresse à tous : officiers généraux comme simples officiers, hauts fonctionnaires et diplomates. Jupiter est de retour, la règle de discipline vocale également (4). Au passage, il coupe les pattes à toute possible contestation notamment sur le budget 2018 (où le CEMA n’obtient pas l’enveloppe désirée). Ce message est aussi à destination de la population : c’est le président qui fixe le cap, et lui seul. Mais le président entend s’affirmer et montrer qu’il tient ses promesses. Le budget de la défense sera augmenté même si ce n’est pas un blanc seing pour les armées. Chaque million d’euro devra être soigneusement justifié, à entendre l’exécutif. Pas question de dépenser l’argent dans des équipements superflus (5). Sinon la hache budgétaire reviendra…

(Nicolas Gros-Verheyde)

(1) Lire sur cet aspect ce qu’en écrit Vincent Lamigeon dans Challenge

(2) Dont 650 millions d’euros pour les opérations extérieures (OPEX) et non plus 450 millions d’euros comme traditionnellement, soit 200 millions d’augmentation.

(3) Un message reçu « fraichement » par les hauts gradés ainsi que le rappelle J.D. Merchet dans l’Opinion

(4) Est-ce souhaitable que les militaires et les officiers généraux soient ainsi réduits au silence, c’est une autre question qui mériterait au moins un autre article.

(5) Certains équipements, hautement technologiques. Une position qui impose cependant que des choix clairs soient opérés et que des priorités d’investissement soient marquées clairement où se trouvent les manques les plus criants. Comme l’indiquent, justement, les militaires, certains équipements sont à bout de souffle, notamment dans l’armée de terre (mais aussi la marine) : les équipements de protection manquent, les hélicoptères doivent être remplacés, les drones sont encore trop peu nombreux. Peut-on combler ces manques en maintenant à la fois la posture d’engagement sur trois terrains à la fois (intérieur, extérieur, cyber et terrorisme), en maintenant les contrats indiqués (Rafale notamment) et en renouvelant la posture nucléaire dans ses deux armes. C’est là toute une question qui mérite d’être posée.

(Mis à jour : papier complété le 15.7 – réintroduction d’un § sur l’épisode de 2015 (au lieu d’une note), ajout de la réaction dans les armées – précision (note 5) sur la notion d’équipements superflus (mal comprise ou mal exprimée) à la suite de certains commentaires)

(B2 Pro) La France démarre une revue stratégique. L’eurodéputé Arnaud Danjean à la manœuvre

(B2) L’eurodéputé Arnaud Danjean a été chargé, ce jeudi (29 juin), par la ministre française des Armées, Florence Parly, de conduire « une revue stratégique de défense et de sécurité nationale ». Dans le viseur : les 2% du PIB consacrés à la défense Cette revue stratégique, décidée par le président de la République, s’inscrit […]

(B2 Pro) Assurer l’approvisionnement solidaire des autres États membres. Une déclaration d’intention

(B2) Les ministres des Affaires étrangères de l’UE ont souscrit, lundi (19 juin), à une déclaration d’intention afin d’établir d’une certaine solidarité entre eux pour les approvisionnements d’équipements ou de services de défense. Une déclaration prise à 27 (les 28 sauf le Danemark) dans le cadre de l’Agence européenne de défense qui n’a qu’une valeur […]