Dark Blade 2019. 25 hélicoptères européens en exercice en Tchéquie

(B2) 25 hélicoptères et avions de six pays sont mobilisés jusqu’au 1er sur la base aérienne de Náměšť nad Oslavou (République Tchèque)

Un hélicoptère belge NH 90 Caiman (crédit : MOD Belgique)

Environ 600 militaires de six pays – Allemagne, Belgique, République tchèque, Hongrie, Pologne et Slovénie – participent à ‘Dark Blade 2019‘, Exercice qui s’intègre dans le programme de l’agence européenne de la défense (EDA) dédié au renforcement de la composante ‘hélico’, cumulant formations et mises à jour techniques.

25 hélicos de différentes sortes

Coté matériel, cela va être diversifié. On retrouve naturellement quelques appareils de fabrication russe : 4 hélicos Mi-24/35 et 4 Mi-171Š tchèques, ainsi que 3 hélicos Mi-24 et 2 Mi-17 hongrois. On trouve également 1 W-3 AE Sokol polonais, 3 hélicoptères lourds Sikorsky CH-53 Stallion allemands, 1 Eurocopter AS532 Cougar et 1 Bell 412 slovènes. Les hélicoptères de fabrication russe sont particulièrement fournis dans les armées du groupe de Visegrad. Les Belges participent avec six hélicoptères : trois appareils Agusta A109 de la 17e Escadrille et trois hélicoptères Caiman de la 18e Escadrille NH90 TTH.

Au coeur du dispositif : le concept COMAO

L’objectif de l’exercice reste simple : améliorer l’interopérabilité tactique entre les unités d’hélicoptères en utilisant le concept COMAO (Composite Air Operations) et permettre aux équipages de pratiquer des opérations dans divers environnements, en essayant de reproduire au mieux « les conditions difficiles » auxquelles les forces participantes peuvent être confrontées lors du déploiement sur un théâtre d’opérations. Au menu, vols à basse altitude ou en formation, tirs réels et participation des forces spéciales des troupes, tir au canon, recours aux moyens de guerre électronique au sol, …

Des missions de jour et de nuit

Les équipages vont effectuer des missions COMAO de jour et de nuit de natures très diverses : des missions d’assaut aérien (AA) à de la récupération du personnel (PR), en passant par des missions d’interdiction aérienne (AI), de transport aérien (AT), de soutien aérien rapproché (CAS), de vols de nuit (avec ou sans NVG) et d’autres missions au niveau tactique. Des forces d’opérations spéciales participeront à l’exercice permettant de s’exercer à des opérations d’infiltration, en territoire ennemi, ou d’exfiltration.

Un corps d’instructeurs

Six instructeurs d’Autriche, de Suède et du Royaume-Uni formés au cours HTIC (Helicopter Tactics Instructors Course) de l’Agence européenne de défense, accompagnés de certains instructeurs des Pays-Bas formés au cours néerlandais d’instructeurs d’armes par hélicoptère, assureront l’équipe de ‘mentors’, chargée de soutenir les équipages multinationaux. Une équipe d’instructeurs en chef de l’Agence européenne de défense gérera et supervisera l’équipe de mentors afin de tirer le meilleur profit des techniques et exercices précédents (CTH, CTIC, planification COMAO et cours GE).

(Nicolas Gros-Verheyde)

L’Abraham Lincoln naviguera sans le soutien espagnol. Décision de Madrid

(B2) L’Espagne a retiré provisoirement sa frégate engagée aux côtés du porte-avions américain Abraham Lincoln dans le Golfe

La frégate Mendez Nuñez survolée par trois F-18 américains, le 9 mai dernier (Crédit : Espagne)

L’Espagne n’entrera pas dans le Golfe persique 

Les États-Unis avaient annoncé le 5 mai le déploiement du porte-avions USS Abraham Lincoln et de son groupe aérien et maritime en réponse à une « menace crédible » de la part de Téhéran (lire : John Bolton s’en va-t-en guerre. L’USS Abraham Lincoln envoyé en guise d’avertissement). Si le groupe maritime américain a bien traversé le canal de Suez avec la frégate Mendez Nuñez, il se dirige actuellement vers le détroit d’Ormuz pour entrer dans le Golfe séparant l’Iran de la péninsule arabique, sans le navire espagnol.

La décision américaine sort du cadre établi 

Entrer dans le Golfe « avec des bombardiers B-52, avec les tensions qui existent », c’est une décision qui « dépasse les termes de l’accord conclu avec l’Espagne » a indiqué la ministre espagnole de la défense dans un point de presse tenu en marge de la réunion des ministres de la Défense de l’UE ce mardi (14 mai) à Bruxelles.

L’Espagne insiste sur le caractère technique

Margarita Robles rejette toute dramatisation et similitude avec le retrait des troupes espagnoles d’Irak en 2007. « La décision n’est pas politique. Elle n’a rien à voir avec les désaccords américains avec l’Iran. » « L’Espagne est un partenaire fiable et sérieux » martèle la ministre, qui insiste plutôt sur le caractère technique de cette décision. « Nous avons examiné l’accord de près » et « ce que nous faisons, c’est respecter scrupuleusement l’accord que nous avons signé il y a deux ans » avec Washington. 

Une mesure temporaire  

Le retrait « temporaire » s’appliquera tant que le porte-avions américain se trouvera dans cette zone. « Lorsqu’il reviendra à ce qui était prévu, nous poursuivrons le déploiement comme prévu », explique M. Robles. Entre temps, la frégate a mis le cap vers l’Océan indien et va jeter l’ancre dans le port de Bombay.   

(Leonor Hubaut)

Le contre-amiral Larreur nommé numéro 2 de l’opération EUNAVFOR Atalanta

(B2) Le contre-amiral Xavier Larreur a repris du service comme commandant adjoint de l’opération européenne de lutte contre la piraterie (EUNAVFOR Atalanta) au quartier général de Rota (Espagne)

(crédit : EUNAVFOR Atalanta)

Récemment passé en 2e section (fin du service d’active) (1), Xavier Larreur va retrouver ses galons d’actif pour quelques mois, le temps d’assurer la fin de mandat de son collègue Marc Aussedat, parti vers d’autres horizons opérationnels, et avant la nomination d’un contre-amiral italien à ce poste. Un choix judicieux car Xavier Larreur connait bien cette opération Atalanta, qu’il a quasiment vue naitre. Il a été, en effet, le représentant national français et chef Plans (J5) puis chef Opérations (J3) au QG britannique de Northwood de juillet 2009 à juillet 2010.

Spécialiste de la lute antiaérienne

Spécialiste de la lutte antiaérienne, entré en 1980 dans la marine, il accomplit le parcours classique d’un officier de marine servant sur des patrouilleurs, frégates et porte-avions. Il participe notamment aux opérations maritimes au large de l’ex-Yougoslavie, lors de la guerre du Koweit ou de crises libyennes en Méditerranée (déjà !). En 1995, il prend le commandement du bâtiment de transport léger (Batral) Francis Garnier, et participe aux opération d’aide humanitaire vers la Martinique, St Martin et St Barthélémy après le passage de plusieurs tempêtes tropicales (Iris, Luis, Marylinn). Après un passage à l’état-major de la marine comme officier de programmes ‘lutte au-dessus de la surface’ et le collège interarmées de défense (école de guerre), il prend en 2001 le commandement de l’aviso ‘Commandant Blaison‘.

Océan indien, Atlantique et USA

Sous-chef d’état-major interarmées de l’Alindien, amiral commandant des forces maritimes en Océan indien, de 2002 à 2003, il devient chef de la branche ‘conduite des opérations maritimes’ auprès du commandement en chef pour l’Atlantique de 2003 à 2006. C’est assez naturellement qu’il passe de l’autre côté de l’Atlantique comme officier de liaison interministériel à l’agence américaine chargée de la lutte contre les trafics illicites (US Joint Interagency Task Force South JIATF-S) à Key West en Floride de 2006 à 2009.

Opérations et Antilles

Après son passage à Northwood, il devient chef du bureau ‘conduite des opérations’ en Afrique à l’état-major des armées (CPCO) de juin 2010 à juillet 2011, avec deux opérations majeures à gérer, la crise électorale en Côte d’Ivoire et une prise d’otages au Niger en janvier 2011. Il sera ensuite l’adjoint ‘Marine’ et ‘Opérations’ du représentant militaire français au Commandement suprême allié à Mons (SHAPE OTAN) de juillet 2011 à juillet 2014, avant de devenir chef du centre des opérations des forces armées aux Antilles (2014-2017) et de terminer sa carrière opérationnelle comme chargé de mission auprès de l’amiral commandant la force d’action navale (ALFAN) à Toulon, Jean-Philippe Rolland.

(Nicolas Gros-Verheyde)

  1. La 2e section regroupe les officiers généraux qui sont maintenus à disposition du ministre des Armées.

L’opération Sophia en sustentation

(B2 – exclusif) L’opération Sophia ne bénéficie pas aujourd’hui de moyens aériens supplémentaires ai-je pu vérifier.

Contrairement à ce qui avait été annoncé en mars dernier lors de la suspension des activités navales de l’opération maritime de l’UE en Méditerranée (EUNAVFOR Med), il n’y a toujours que quatre avions sur zone (1).

Aucun pays ne s’est vraiment proposé pour venir au secours d’une opération qui n’a plus, en fait, qu’une seule fonction opérationnelle : la formation des garde-côtes libyens. La conférence de génération de forces, prévue en avril, pour comptabiliser les contributions a même dû être annulée, faute de volontaires.

(NGV)

(1) Un M28 Bryza polonais, deux avions luxembourgeois SW3 Merlin III (qui se relaient), un avion espagnol Casa CN-235 Vigma D4 et un avion français Falcon 50.

La libération des otages au Burkina Faso : de la rigueur et de l’audace. Les détails de l’opération (Gén. Lecointre) (V2)

(crédit : Denniel / Marine nationale)

(B2) L’opération de libération des deux otages français Patrick Picque et Laurent Lassimouillas au Burkina Faso a été « d’une grande complexité, réglée comme de l’horlogerie extrêmement fine » affirme le chef d’état-major français, François Lecointre. Les détails donnés le prouvent 

Cet effort pour libérer les otages n’est pas une première. La France a pour habitude de libérer ses ressortissants, au besoin par la force, loin des frontières (Lire La France n’abandonne jamais ses ressortissants. Audace et entraînement)

Rigueur et audace

L’intervention des forces françaises pour libérer les otages a été « remarquable dans la ferme sophistication du montage de l’opération et de la saisie d’opportunités, sur la base d’un raisonnement très rigoureux et d’une planification très fine, avec l’audace qui devait absolument prévaloir car l’occasion se présentait [alors] et ne se serait pas représentée le lendemain » a indiqué le général Lecointre, lors d’une conférence de presse organisée vendredi (10 mai), détaillant toutes les phases de cette opération.

Une intervention entamée très tôt par le renseignement

L’opération a commencé dès le lendemain de la prise des otages. « Dès l’annonce de la disparition des deux Français, il y a eu la mise en place […] d’un ensemble de moyens qui permettent d’acquérir du renseignement. » « Les forces françaises de l’opération Barkhane, la direction du renseignement militaire, avec l’appui de nos alliés américains » ont été mis à contribution « en étroite liaison avec les Burkinabés ». Moyens « complétés par une opération discrète menée le 7 mai, cinq jours après la prise d’otages, par les forces spéciales françaises, permettant de préciser le renseignement et d’établir une traque très précise ».

Les ravisseurs proches de la frontière du Mali

A ce moment, « les ravisseurs, progressivement, sont en train d’emmener les otages au nord du Burkina Faso, à la frontière avec le Mali ». Le tout « sur un espace grand comme la moitié de la France. » Les renseignements « font prendre la mesure d’un risque, voire plus l’organisation sans doute du transfert des otages vers une autre organisation terroriste qui agit au Mali, la Katiba Macina, avec le risque qu’il devienne absolument impossible de réaliser une quelconque opération de libération des otages ». Tant que « le convoi se déplace, il était impossible d’agir ». Les Français décident alors d’attendre le moment propice : une halte du convoi.

Le moment décisif d’intervention

Jeudi (9 mai), il est confirmé que les ravisseurs ont fait une halte, encore en territoire burkinabé, dernière possibilité qui s’offre aux Français d’intervenir. Le président de la République est averti. Emmanuel Macron « valide » le plan d’opération. L’ordre est alors donné à l’amiral Isnard, qui assure le commandement des opérations spéciales, d’y aller. Le général Lecointre rend alors compte à la ministre des Armées.

Une opération d’une grande complexité

Cette opération commence avec la mise en place, « par anticipation, des moyens chirurgicaux de l’avant (engagés depuis la France), permettant de soigner des blessés ; des moyens logistiques permettant d’avoir des plots de ravitaillement ; des moyens hélicoptères permettant l’évacuation des effectifs et des otages une fois libérés et, enfin, la mise en place des commandos ».

Une infiltration de nuit

Vient ensuite le moment de l’intervention. Les objectifs sont précis. Il s’agit de quatre abris. Les commandos de forces spéciales, une vingtaine de militaires, « s’infiltrent ainsi, en nuit noire, progressant sur 200 mètres, à terrain découvert, dans un silence absolu. Une sentinelle qui veillait ne les a pas détectés. » Les commandos pénètrent ensuite « dans les abris, sans ouvrir le feu ».

Les forces spéciales montent à l’assaut

Au moment où ils sont détectés, « ils sont à une dizaine de mètres. Ils entendent les terroristes armer leurs armes. Ils décident de monter à l’assaut toujours sans utiliser les armes, pour être certain ne pas ne faire de pertes parmi les otages, ou les civils ou familles des terroristes qui seraient présents dans le camp. » C’est lors de cette pénétration dans « deux de ces abris, que les deux commandos marine ont été tués à très courte distance [à bout portant] par deux des ravisseurs ».

Un soutien burkinabé et américain

Il y a eu une « coordination très fine avec les burkinabés qui participaient au soutien logistique ». Ils ont notamment assuré la garde des différents plots de ravitaillement mis en place pour permettre la progression des commandos. Les forces américaines ont, elles, apporté un soutien essentiellement par du « renseignement », comme ils le font « régulièrement » dans cette opération au Sahel, avec sans nul doute des drones (type Reaper), des moyens de type IST (Intelligence, Surveillance & Reconnaissance). Elles « ne sont pas intervenues dans la libération à proprement parler des otages » a précisé la ministre des Armées Florence Parly.

(NGV)


Six ravisseurs : six tués ou quatre tués ?

Les ravisseurs étaient au nombre de six selon les autorités françaises. Mais le bilan final reste contradictoire. Les autorités ont affirmé deux versions. « Les ravisseurs qui tentaient de s’évader ont été abattus. Et parmi les ravisseurs qui tentaient d’engager le combat quatre d’entre eux ont été tués » a d’abord indiqué le général Lecointre. Puis dans la même conférence de presse, il précise que deux ravisseurs « s’étaient enfuis » et quatre ont été tués. Version de la ministre des Armées, Florence Parly.


Télécharger le son de la conférence de presse

Le Cigala Fulgosi basé à Tripoli au secours d’un bateau en perdition

(B2) Loin de l’attention médiatique, les migrants et réfugiés continuent de fuir la Libye… et d’être accueillis en Italie.

Le Cigala Fulgosi en opération de secours en décembre 2015 (crédit : Marina – Archives B2)

Le patrouilleur de la marine italienne Cigala Fulgosi a ainsi porté secours à 36 personnes jeudi (11 mai), tandis que le MareJonio de l’ONG Rescue Med en a secouru 29 autres, dont plusieurs femmes enceintes, 4 mineurs non accompagnés et un bébé. Les personnes récupérées ont été rapatriées sur les ports italiens de Augusta et Lampedusa.

Une intervention à 75 km des côtes libyennes

Les marins italiens étaient en mission lorsqu’ils ont découvert, « à environ 75 kilomètres des côtes libyennes » précise un communiqué de la marine italienne, « un petit bateau transportant 36 personnes sans gilet de sauvetage, en train de sombrer, et en danger imminent ».

Un navire chargé de la protection des intérêts italiens en Libye

Le patrouilleur Cigala Fulgosi assure la protection à distance du navire Capri dans le cadre de l’opération Mare Sicuro. Amarré dans le port de Tripoli, il fournit à la fois une protection au personnel italien (militaire et diplomatique) présent à Tripoli et une assistance technico-logistique aux navires de la marine et des garde-côtes libyens. Il patrouille également autour des plates-formes d’extraction de l’industriel pétrolier ENI présentes au large des côtes libyennes. Participant ainsi à l’effort engagé, très discrètement, par le gouvernement italien pour soutenir le gouvernement du Premier ministre Fayez el-Sarraj.

(NGV)

Libération réussie de 4 otages au Burkina Faso. Deux commandos marine morts dans l’opération (V3)

(B2) Deux militaires français membres des commandos marine sont morts dans une opération de libération d’otages au nord du Burkina Faso dans la nuit de jeudi à vendredi (10-11 mai).

Deux commandos marine perdent la vie

Le maître Cédric de Pierrepont et le maître Alain Bertoncello, « tous deux officiers mariniers au sein du commandement des opérations spéciales ont trouvé la mort au combat », indique un communiqué officiel de la présidence de la République. Ils étaient membres du commando Hubert. « Ils n’ont pas tremblé, ils n’ont pas hésité une seule seconde face aux ravisseurs, ils ont protégé les otages au prix de leur propre vie » a indiqué la ministre française des Armées, Florence Parly.

Les deux otages français libérés et deux autres  également

L’opération a néanmoins réussi. Quatre otages ont été libérés : deux Français Patrick Picque et Laurent Lassimouillas — enlevés le 1er mai dernier au Bénin —, une citoyenne américaine et une ressortissante sud-coréenne. Cette présence de deux otages supplémentaires est une surprise. « Nous n’avions pas absolument connaissance de la présence de [ces] deux otages » a indiqué la ministre Florence Parly. Et apparemment « leurs pays n’étaient pas au courant de leur enlèvement ». Elles étaient enlevées « depuis 28 jours ».

(NGV)

Lire aussi sur les détails de l’opération : La libération des otages au Burkina Faso : une opération menée avec rigueur et audace


(crédit : Marine nationale)

Né en 1986, le maître Cédric de Pierrepont est entré dans la Marine nationale en 2004, au sein des équipages de la flotte. Il intègre en 2005 la spécialité de fusilier marin et se distingue en terminant premier de sa promo. Un an et demi plus tard, il réussit le stage commando. Il est ensuite affecté au commando de Penfentenyo où il est promu au grade de second-maître et obtient son brevet d’aptitude technique fusilier marin-commando. En août 2012, il réussit le cours de nageur de combat puis rallie le commando Hubert. Il y occupait les fonctions de chef de groupe commando depuis le 1er avril 2018. En 15 ans de service, il a plusieurs fois été engagé sur des théâtres d’opérations en Méditerranée, au Levant et au Sahel.

(crédit : Marine nationale)

Né en 1991, le maître Alain Bertoncello est entré dans la Marine nationale en rejoignant l’école de maistrance le 14 février 2011. Il choisit le 1er mars 2012 la spécialité de fusilier marin et réussit le stage commando la même année. Après cinq ans au commando Jaubert, il obtient le brevet de nageur de combat et rejoint le commando Hubert basé à Saint-Mandrier dans le Var, où il était affecté depuis juillet 2017. Après son entrée au sein des commandos marine, le maître Bertoncello a participé à des missions de défense des intérêts maritimes français aux Seychelles (protection des thoniers) et à plusieurs opérations extérieures au Qatar, au Levant et au Sahel.


Mis à jour vendredi 10 mai 15h biographies + détails sur l’opération (mise dans un article séparé pour plus de lisibilité)

La livraison d’armes en Arabie, un acte normal. Les civils ne sont pas visés (Emmanuel Macron)

(B2) Pour le président français Emmanuel Macron, interrogé lors du sommet de Sibiu en Roumanie, l’exportation des armes vers l’Arabie Saoudite et les Émirats arabes unis s’impose envers des alliés

E. Macron à Sibiu (crédit : Présidence roumaine de l’UE)

Des alliés dans la lutte contre le terrorisme

« La France a des alliés dans la région : l’Arabie Saoudite et les Émirats Arabes Unis. […] On doit être aux côtés de nos alliés dans les moments difficiles, la lutte contre le terrorisme doit être prioritaire. […] Nous les accompagnons, avant tout dans des accords gouvernementaux. » Et de rappeler un élément : « Aux Émirats, nous avons une grande base française à l’étranger. »

La garantie obtenue que ces armes ne soient pas utilisées contre des civils

La France a vendu des armes à l’Arabie Saoudite et aux EAU depuis plusieurs années, au plus fort il y a cinq ou six ans reconnait le président français. Mais tout est sous contrôle. « Un comité gère ses exports, sous l’autorité du Premier Ministre. Les choses ont été durcies : nous demandons que ces armes ne puissent pas être utilisées contre des civils. Cette garantie a été obtenue. » Et elle a été « rappelée ».

Un conflit moral

Emmanuel Macron reconnait cependant un problème, « un conflit moral ». Mais il peut être résolu « en faisant de la transparence et en nous engageant davantage dans la résolution du conflit au Yémen » comme dans l’aide humanitaire. « C’est une grave crise humanitaire, j’ai discuté avec le Prince héritier des Émirats il y a une dizaine de jours. » Il promet de « s’engager davantage avec les Nations Unies. »

Commentaire : l’engagement du président est important. En insistant sur les garanties obtenues pour ne pas viser les civils, il prend le risque d’être démenti par les faits, aujourd’hui et demain. En liant la livraison d’armes à l’existence de la base militaire aux Émirats, il en justifie en grande partie les raisons. Quant à résoudre le conflit moral par la transparence ou l’aide humanitaire, c’est un peu un cautère sur une jambe de bois.

(NGV avec Leonor Hubaut, à Sibiu)

Brexit, Luxleak : les mea culpa de Jean-Claude Juncker

(B2) A six mois de son départ, l’actuel président de la Commission européenne a reconnu mardi (7 mai), deux grandes « erreurs » durant son mandat. Un mea culpa tardif

Jean-Claude Juncker était devant la presse pour présenter le bilan de ses cinq années de mandat et ses propositions pour le sommet de Sibiu (Crédit : Commission européenne)

La réaction tardive sur les Luxleaks : une « grave erreur »

Sur les mécanismes d’évasion fiscale révélés par les Luxleaks en 2014, « j‘ai attendu trop longtemps avant de réagir, ce fut une grave erreur. Il m’a fallu deux semaines pour réagir. J’aurais du le faire immédiatement », reconnait l’ancien Premier ministre luxembourgeois. NB : à l’époque, la Commission européenne avait nié en bloc tout problème préférant ne pas communiquer sur le sujet (lire : Luxleaks ! Une formidable opportunité d’agir… un peu gâchée).

Brexit : un silence coupable 

« Ma seconde erreur a été d’écouter le gouvernement britannique, d’écouter Monsieur Cameron (1) qui m’a demandé de ne pas intervenir dans la campagne du Brexit. C‘était une erreur de ne pas intervenir et de ne pas interférer dans la campagne du référendum. Nous aurions été les seuls à pouvoir démonter tous les mensonges qui circulaient à l’époque. » Pour le président de l’exécutif européen, « rester silencieux à un moment aussi important a été une erreur »…

Elections : inquiétude

Malgré un optimisme de bon aloi, Jean-Claude Juncker n’a pas caché cependant son inquiétude à moins de trois semaines des élections européennes. « Tout le monde doit aller voter! […] Si tout le monde vote pour les extrêmes, à quoi ressemblera l’Europe de demain ? » 

(Leonor Hubaut)

(1) David Cameron était alors le Premier ministre conservateur britannique

Un patrouilleur espagnol délivre l’équipage d’un navire attaqué par les pirates dans le Golfe de Guinée

(B2) Le patrouilleur espagnol Serviola (P-71) a libéré ce lundi (6 mai) l’équipage d’un navire battant pavillon maltais détourné par des pirates dans le Golfe de Guinée, annonce l’état-major de la marine espagnole

Une attaque pirate au large de la Guinée équatoriale

Alors qu’il était en patrouille, le ‘Serviola’ a reçu une communication du Centre des opérations et de la surveillance de la marine (COVAM), signalant qu’une attaque de pirates avait eu lieu sur un navire marchand. Le patrouilleur a alors mis les gaz pour se rapprocher de la zone et a fait jonction avec une frégate de la marine de Guinée équatoriale. Lundi 6 mai au matin, ils ont pu libérer les 20 membres d’équipage qui s’étaient réfugiés dans une pièce sécurisée située à l’intérieur du navire.

Un abordage à main armée

C’est dans l’après-midi de dimanche (5 mai) que tout avait commencé. Les marins ont repéré un petit bateau de pirates, avec sept pirates à bord, armés. L’alarme a été déclenchée. Et tout l’équipage a réussi à atteindre le compartiment sécurisé à temps, après avoir signalé l’attaque.

Une fois à bord, les pirates ont demandé avec le mégaphone du navire à l’équipage de se rendre et de remettre tout l’argent à bord. Le capitaine a refusé de quitter la pièce sécurisée, les pirates ont alors percé un petit trou dans celle-ci et commencé à ouvrir le feu sans discernement. Heureusement aucun membre de l’équipage n’a été blessé. Les menaces et les tirs ont tout d’un coup cessé. Les pirates, ayant remarqué la présence d’unités militaires dans la région, se sont enfuis. Mais l’équipage n’a pas osé sortir, sans certitude du départ des bandits.

NB : Ce n’est pas la première fois que le ‘Serviola’ libère un navire détourné au cours du déploiement actuel. En avril dernier, il a déjoué une nouvelle attaque de pirates contre un navire battant pavillon nigérian.

(NGV)