La visite à Kiev de Metsola. Sacrément culottée

(B2) La présence ce vendredi de Roberta Metsola, la présidente du Parlement européen est forte en symboles, en messages politiques délivrés. Mais elle révèle aussi une sacrée personnalité et un certain courage. Peu d’hommes (et de femmes) politiques se sont risqués jusqu’ici à faire le déplacement.

Par le train

La présidente du Parlement européen Roberta Metsola a pris le train de nuit jeudi (31.03) de Varsovie pour rejoindre la capitale ukrainienne. Elle pu rencontrer les différents leaders de partis, le président du Parlement Ruslan Stefanchuk, le premier ministre Denys Shmyhal, et le président ukrainien Volodymyr Zelensky. Une visite chargée en termes émotionnels et de soutien. Avec un message répété à chaque fois : « Courage, force, résolution » accompagné à chaque fois du slogan ukrainien : « Slava Ukraini! » (Gloire à l’Ukraine) et d’un tweet.

Mieux qu’un tweet ou un téléphone, être sur place

C’est la première visite d’une représentante d’une institution européenne. Exceptée la visite du trio polono-tchèque-slovène, peu d’hommes et de femmes politiques européens se sont risqués à perdre autant d’heures pour venir à Kiev, préférant les messages par téléphone et par tweet.

Résister à la terreur et être libres

« Vous montrez au monde qu’aucune quantité de terreur ne peut intimider et que les bombes ne détruiront jamais la fierté et qu’elles ne détruiront jamais la dignité » a déclaré la Maltaise dans un discours devant la Rada ukrainienne (le parlement). « Vous êtes les défenseurs de votre pays. Mais vous ne vous battez pas seulement pour protéger vos maisons et votre territoire. Vous vous battez pour ce en quoi nous croyons tous. La liberté. La démocratie. La règle de droit. » Et d’affirmer : « Nous n’oublierons jamais ce qui s’est passé [à] Mariupol. Jamais. »

Les trois promesses de Metsola

Au-delà du message de solidarité, la présidente du Parlement européen s’est engagée sur trois promesses aux Ukrainiens :

  1. Ne pas laisser faire Poutine. « Nous avons besoin de sanctions plus nombreuses et plus dures. Nous tiendrons les responsables responsables de ce qu’ils ont commis ici. »
  2. Les ambitions européennes de l’Ukraine. « Vous pouvez compter sur moi, sur le Parlement européen pour soutenir le chemin de l’Ukraine vers la réalisation de cet objectif. »
  3. L’aide. « Nous prendrons soin de vos familles qui sont forcés de fuir, jusqu’au jour où ils pourront retourner chez eux en toute sécurité et reconstruire leur vie. Nous vous aiderons à reconstruire vos villes et vos villages lorsque cette invasion illégale […] sera terminée. »

La liberté avant tout !

Certain(e)s s’affirment géopolitiques, d’autres en faveur de la paix et du dialogue. Certains passent beaucoup de coups de téléphone, et s’en vantent. Ce qu’a réussi la présidente du Parlement européen, que certains avaient critiqué comme conservatrice, ne voyant en elle qu’une tenante de l’anti-avortement, devront reprendre leur discours (1). R. Metsola est avant tout une tenante de la liberté. Elle l’avait montré durant son mandat à la commission des Libertés publiques du Parlement européen. Elle l’a affirmé, haut et fort, à Kiev : « L’Union européenne est un projet de paix. Mais même au-dessus de cela, c’est un projet sur la liberté. »

Chapeau bas madame

(Nicolas Gros-Verheyde)

Lire notre portrait tout en nuances : Roberta Metsola, le nouveau visage du Parlement européen

Crédit : Photos : Parlement européen – Roberta Metsola / Archives B2

Nicolas Gros-Verheyde

Rédacteur en chef du site B2. Diplômé en droit européen de l'université Paris I Pantheon Sorbonne et auditeur 65e session IHEDN (Institut des hautes études de la défense nationale. Journaliste depuis 1989, fonde B2 - Bruxelles2 en 2008. Correspondant UE/OTAN à Bruxelles pour Sud-Ouest (auparavant Ouest-France et France-Soir).

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