Sous l’eau et sur l’air. Un sous-marin allemand et un drone français dans l’opération Irini

(B2) Un sous-marin va prêter main forte à l’opération européenne de contrôle de l’embargo au large de la Libye

Départ du sous-marin de sa base de Eckernförde (crédit : Deutsche Marine)

Sous l’eau, un petit sous-marin

Engagé sur zone d’ici trois semaines

Le sous-marin ‘U 35’, de la première escadre de sous-marins, a quitté son port d’attache d’Eckernförde ce samedi (12 juin) pour prendre la route de la Méditerranée centrale. Arrivée sur place : d’ici trois semaines, après un arrêt pour ravitaillement à Rota (au Sud de l’Espagne). Durée de la mission : quatre mois.

Objectif : assurer la surveillance sur une assez vaste zone opérationnelle qui s’étend du sud de l’île de Sicile jusqu’aux eaux territoriales de la Libye et de la Tunisie. Entre les plongées, le U-boat sera basé sur plusieurs ports en Italie (NB : en Sicile notamment) et sur l’île de Malte. Une escale plus longue est plus prévue sur l’île grecque de Crète, au milieu de l’été, avec regroupement pour les familles.

À bord, 29 marins, sous le commandement du capitaine de corvette Oliver Brux (34 ans) et quelques étudiants de l’escadron, qui vont profiter de cette expérience « pour une formation intensive aux opérations à bord » comme le précise la marine allemande. La capacité maximale de 36 personnes ce petit sous marin est ainsi pleinement exploitée.

En l’air, un drone français

Un Reaper parti de Cognac pour surveiller la zone

De son côté, l’armée de l’Air française a annoncé jeudi avoir engagé un drone Reaper MQ-9 au profit de l’opération européenne. Cet appareil, qui peut voler plus de 24 heures en autonomie, est parti de la base aérienne 709 de Cognac samedi dernier (5 juin) et a évolué « dans des corridors aériens dédiés, jusqu’en Méditerranée centrale » précise le communiqué de l’armée de l’Air. Commandé en temps réel depuis le CDAOA (commandement de la défense aérienne et des opérations aériennes) de Lyon, ce vol « réaffirme l’attachement de la France et de ses alliés au respect du droit international dans la région ».

Un test opérationnel et technique

Pour l’armée de l’air, cette mission est aussi un test grandeur nature. Il « permet d’envisager un haut niveau de surveillance » notamment en cas de vol combiné du Reaper avec un AWACS, « deux vecteurs parfaitement complémentaires ». Les données ainsi recueillies sur les trafics maritimes et aériens dans la zone sont transmises aux responsables de l’opération, qu’ils soient nationaux ou alliés. Il permet aussi de « répondre à de nombreuses questions tant techniques qu’opérationnelles » avant d’envisager, « si nécessaire, ce type de mission dans d’autres cadres d’engagement ».

Commentaire : des outils d’une discrétion absolue

Ces deux moyens ont un gros avantage : assurer en toute discrétion la surveillance sur une vaste zone, avec une large autonomie. Le sous-marin, opérant en plongée, peut suivre en toute discrétion, des mouvements de navires suspects, y compris de navires militaires, en pleine mer et au plus près des côtes notamment. Idem pour le drone qui a l’avantage de couvrir une plus vaste zone, notamment les ports et aéroports, y compris sur le territoire libyen… La performance des capteurs est un atout indéniable pour l’opération IRINI.

(Nicolas Gros-Verheyde)

Nicolas Gros-Verheyde

Rédacteur en chef du site B2. Diplômé en droit européen de l'université Paris I Pantheon Sorbonne et auditeur 65e session IHEDN (Institut des hautes études de la défense nationale. Journaliste depuis 1989, fonde B2 - Bruxelles2 en 2008. Correspondant UE/OTAN à Bruxelles pour Sud-Ouest (auparavant Ouest-France et France-Soir).

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