Les inspections de navires continuent au large de la Libye. Le Premier maitre l’Her et le Berlin à l’action

(B2) Deux navires ont été, coup sur coup, inspectés, dans les premiers jours d’avril au large de la Libye. L’un par le Premier maitre L’Her, l’autre par le Berlin. Tous deux engagés dans l’opération européenne de contrôle de l’embargo de l’ONU sur les armes (EUNAVFOR Med Irini)

L’équipe de visite lituanienne monte à bord du Queen Sara

La première inspection a été faite par le navire de soutien allemand Berlin (A1411) vendredi (2 avril). Le Queen Sara, un cargo battant pavillon du Sierra Leone, était visé. Il venait de Turquie et était à destination du port libyen de Khoms (entre Tripoli et Misrata). Il était anciennement nommé Perelik. Mais ce ne sont pas des marins allemands qui sont montés à bord. C’est l’équipe de visite lituanienne du bord qui a embarqué. Une première pour les Lituaniens comme pour le Berlin (dans le cadre de l’opération Irini). « Aucun matériel interdit n’a été trouvé » et l’équipage du navire marchand a « toujours été coopératif lors de l’inspection » indique-t-on au QG de l’opération européenne à Rome.

Le Queen Sara et le Berlin (crédit : Bundeswehr / EUNAVFOR Med Irini)

L’équipe française monte à bord du Medkon Izmir

Le lendemain, samedi (3 avril) à l’aube, c’est au tour des Français d’intervenir. Le patrouilleur de haute Mer, Premier Maître (PM) l’Her effectue une opération de visite sur le Medkon Izmir, un porte-conteneurs appartenant à la compagnie turque Medkon Lines, qui navigue entre la Turquie et la Libye. Le navire, battant pavillon panaméen, a accepté la visite « après plusieurs minutes d’interrogation par radio », indique la marine nationale française.

Les fusiliers marins montent à bord du porte-conteneurs (crédit : Marine nationale / EUNAVFOR Med Irini)

Première étape : vérifier les documents du navire

C’est ce qu’on appelle une « inspection coopérative ». L’équipe de visite française — composée de marins du patrouilleur ainsi que des fusiliers marins de l’équipe de défense et d’interdiction maritime embarquée (EDIM) — monte à bord. La visite commence par « sécuriser le navire et son équipage » (la procédure), puis l’enquête de pavillon et le « contrôle des documents » du navire. Une fois ces formalités réalisées, l’équipe entame alors la fouille des locaux et des conteneurs transportés.

Une fouille assez longue

Il faut environ cinq heures pour effectuer le contrôle des conteneurs, en « raison du volume de la cargaison transportée ». Les 292 conteneurs que transporte le navire ne sont pas fouillés. Seuls 32 conteneurs le sont — ceux qui « étaient accessibles »—, soit 11% de la cargaison totale. « L’accès aux conteneurs est la principale difficulté de ce type d’opération en raison de la hauteur des piles de conteneurs, de l’espace restreint, et de leur agencement » précise la marine française.

La fouille des conteneurs prend cinq bonnes heures (crédit : Marine nationale / EUNAVFOR Med Irini)

Rien de suspect

Au final, « aucune matière suspecte » n’a été trouvée indique le QG d’opération d’Irini à Rome qui précise : « Toutes les précautions recommandées contre le COVID-19 ont été observées ». C’est la onzième inspection du genre. Le patrouilleur de haute mer français, présent dans l’opération depuis le 12 février doit terminer sa mission le 28 avril.

(Nicolas Gros-Verheyde)

Nicolas Gros-Verheyde

Rédacteur en chef du site B2. Diplômé en droit européen de l'université Paris I Pantheon Sorbonne et auditeur 65e session IHEDN (Institut des hautes études de la défense nationale. Journaliste depuis 1989, fonde B2 - Bruxelles2 en 2008. Correspondant UE/OTAN à Bruxelles pour Sud-Ouest (auparavant Ouest-France et France-Soir).

Une réflexion sur “Les inspections de navires continuent au large de la Libye. Le Premier maitre l’Her et le Berlin à l’action

  • 11 avril 2021 à 09:33
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    « …292 conteneurs que transporte le navire ne sont pas fouillés. Seuls 32 conteneurs le sont — ceux qui « étaient accessibles —, soit 11% de la cargaison totale… »

    Donc, les armes, munitions, même des drones pourraient très bien être dissimulées aux conteneurs inaccessibles. Personne ne pense qu’ ils seraient stockés aux conteneurs accessibles! Ils ne sont pas aussi idiots que ça, voyons!

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