La stratégie du sofa. De la puissance et de la brutalité

(B2) La relégation d’Ursula von der Leyen sur un sofa lors de sa visite à Ankara à Recep Tayyip Erdogan, alors que Charles Michel avait droit à un fauteuil, fait jaser. Les commentaires fusent, souvent irrationnels. Essayons d’y voir clair…

Charles Michel, Recep Tayyip Erdoğan sur les fauteuils – Ursula von der Leyen et Mevlüt Çavuşoğlu, ministre turc des Affaires étrangères, à Ankara le 6 avril 2021 (crédit : Commission européenne)

Petit rappel des faits

Les dirigeants européens (Charles Michel et Ursula von Leyen) étaient à Ankara mardi (6 avril) pour transmettre à Recep Erdogan le message des 27, prêts à reprendre le dialogue avec la Turquie sous certaines conditions (lire : La Turquie mise à l’épreuve avant des étapes positives. Rendez-vous en juin (Sommet)). Trois heures de rencontres intensives, qui débouchent sur une communication a minima (lire : Petite étape pour la désescalade avec la Turquie. Rencontre au sommet à Ankara). L’essentiel est cependant vite effacé, en fin de soirée, par une vidéo qui fait le buzz.

On y voit les deux Européens et le dirigeant turc entrer dans une salle. Les deux hommes s’installent sur les deux fauteuils, flanqués de part et d’autre des drapeaux européen et turc. Un honneur. Certains visiteurs n’ont droit qu’à deux drapeaux turcs (cf. encadré). Ursula von der Leyen reste, elle, debout, et ne cache pas sa surprise en se rendant compte qu’elle est reléguée à une place secondaire. On l’entend dire « hum », sans qu’aucun des interlocuteurs masculins ne réagisse. Dans l’image suivante, elle est assise sur un canapé, en retrait, face au ministre turc des Affaires étrangères.

Scandale dans la bulle européenne… « Un affront fait à la présidente de la Commission européenne » titrent plusieurs journaux (dans la foulée de dépêches AFP). Les commentaires fusent sur les réseaux sociaux et dans les tribunes des journaux. La faute est rejetée successivement sur le dirigeant turc, accusé d’avoir humilié la femme (dans la foulée de la dénonciation de la convention d’Istanbul). Puis c’est le président du Conseil européen, Charles Michel, qui est pris pour cible, traité d’odieux machiste. « Deux hommes et un couffin : scandale macho à Ankara » titre le quotidien belge Le Soir. On est dans une phase de défoulement collectif. Toutefois, il faut raison garder, et revenir à un certain sens des réalités.

Le protocole, tout un art

En préalable, il faut dire que le protocole est un art, une science. C’est un « vrai métier », nous confie un diplomate rompu à cet exercice. Le tempo d’une visite, la place de chacun sont calculés au millimètre. Tout est prévu — les trajets, les véhicules, la lumière, l’éclairage, la salle, la disposition des sièges, leur taille… « Une simple montée de marche doit être minutée ». Il en est de même de la durée de la poignée de main et de sa vigueur, qui sont le témoignage d’une grande ou petite amitié.

Des missions préparatoires

Avant tout déplacement d’une autorité nationale (ou européenne), il y a normalement une mission préparatoire. Même la visite dans un pays le plus amical nécessite cette préparation. Elle peut prendre deux jours. Plus le pays est lointain, ou inamical, plus cela nécessite des préparatifs et de missions préparatoires. Fixer ces détails « prend des jours et des jours de négociations ».

Un vrai rapport de force

Le protocole local va fixer certaines conditions. Et le protocole de la puissance invitée les discuter ou exiger d’autres. C’est un « vrai rapport de force ». Celui qui a le plus intérêt à la visite va devoir céder, celui qui est le plus fort peut imposer certaines formalités. Chacun des détails va ainsi être discuté. Les négociations peuvent être parfois « très dures ». Certains pays, qui ont une tradition millénaire ou impériale, ont le protocole chevillé à la peau. Le Japon (où la durée de la montée des marches est mesurée) ou la Chine par exemple, mais aussi la Turquie. La simple visite du palais de Topkapı, à Istanbul, où les sultans recevaient ainsi les ambassadeurs, est « mégaprotocolisée ». Le cheminement, le contournement de la fontaine, le rythme de marche, les arrêts, etc. Tout est pensé.

Le protocole a-t-il été respecté ?

Qui devait s’asseoir à côté d’Erdogan ?

Dans la luminosité turque, une seule personne s’assoit généralement à côté du ‘monarque’. Et encore. Parfois il n’y en a aucun (cf. encadré). En toute logique, il est normal que le président du Conseil européen qui représente les chefs d’État et de gouvernement de l’Union européenne s’assoie d’égal à égal avec son hôte turc. Et non la présidente de la Commission européenne qui n’est ‘que’ cheffe de l’exécutif européen.

Pouvait-il y avoir deux personnes de part et d’autre d’Erdogan ?

Cela aurait été délicat. Cela voulait dire que celui-ci était encadré par l’Europe. Un symbole trop négatif pour la Turquie, inexact par rapport à la réalité institutionnelle et protocolaire. Et loin de la discussion d’égal à égal recherchée… Ajoutons aussi que les Européens ne semblent pas avoir demandé cette égalité.

Pourquoi Charles Michel est assis et pas Ursula von der Leyen ?

Ce n’est donc pas une question de sexisme comme certains l’ont dit. C’est juste la règle de préséance, interne à l’Europe. En matière de relations extérieures, c’est le président du Conseil européen qui assure ce rôle. « Le président du Conseil européen assure, à son niveau et en sa qualité, la représentation extérieure de l’Union pour les matières relevant de la politique étrangère et de sécurité commune, sans préjudice des attributions du haut représentant de l’Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité » indique l’article 15 du Traité. Et Charles Michel tient plus que tout à assumer ce rôle. NB : dans les réunions du G20, où les deux personnages sont présents, le président du Conseil européen a ainsi la préséance.

La présidente de la Commission n’a-t-elle pas de rôle extérieur ?

Si mais pas directement. C’est la Commission européenne dans son entier qui a reçu cette compétence. « À l’exception de la politique étrangère et de sécurité commune et des autres cas prévus par les traités, [la Commission] assure la représentation extérieure de l’Union ». Le/a président/e de la Commission n’a, d’après le traité, qu’un rôle d’orientation et d’organisation de l’exécutif européen. Il/Elle « définit les orientations dans le cadre desquelles la Commission exerce sa mission ; décide de l’organisation interne de la Commission afin d’assurer la cohérence, l’efficacité et la collégialité de son action ; nomme des vice-présidents » (dixit l’article 17 du Traité).

Pourquoi la présidente de la Commission européenne n’est qu’au second rang ?

Même si du côté de la Commission européenne, on défend que les deux personnalités ont le même rang protocolaire, ce n’est pas la réalité institutionnelle. En termes hiérarchiques, le président de la Commission procède (est élu) d’une décision du Conseil européen et du Parlement européen. Et non l’inverse. C’est en gros un Premier ministre. Dans un système dual, avec un Président (chargé des relations extérieures) et un chef de l’exécutif, il est logique que ce dernier soit relégué au second rang. Dans les réunions du Conseil européen, par exemple, au fil des ans, la place du président de la Commission européenne a varié. Mais il n’a été au centre de l’image, toujours en 3e ou 4e position, voire à l’extrême (lors des réunions internationales).

Photo de famille au sommet de mars 2011. Au centre le président du Conseil européen (Van Rompuy), le président de la Commission est en 4e position à droite (crédit : Consilium)

La faute à qui ? Quelle leçon en tirer pour le futur ?

Si on doit chercher un fautif, il n’est pas à chercher à Ankara… mais à Bruxelles.

Erdogan a-t-il voulu humilier l’Europe ? Erdogan ne supporte pas les remontrances sur le respect des droits de l’Homme. Il estime qu’en ayant fait le ‘job’ sur la migration, l’Europe a une dette envers lui. En attaquant l’Europe par son point faible, la pluralité de ses institutions, leur complexité, le Turc a peut-être voulu marquer un point, enfoncer un coin dans une structure européenne dont il connait tous les recoins. Mais ce n’était peut-être pas lui le fautif… ou le seul.

Erdogan a-t-il voulu humilier la femme ? Le dirigeant turc a de gros défauts certainement. Mais il a un certain sens politique. Quand Angela Merkel a été reçue par Erdogan, elle trônait à ses côtés sur le siège où était Charles Michel. On notera la petite touche du bouquet de fleurs et le drapeau allemand derrière la Chancelière.

Angela Merkel et R.T. Erdogan à Ankara – crédit : président turque

Idem pour la Britannique Theresa May en janvier 2017. Mais sans bouquet de fleurs, ni le drapeau britannique. Il y a deux drapeaux turcs derrière les deux dignitaires. L’ambiance semble plus fraiche…

Theresa May et R.T. Erdogan – janvier 2017 – crédit : Présidence turque

Qui a organisé la visite ? Apparemment c’est le service du protocole du Conseil qui a géré la visite. C’est lui qui a fixé certains détails avec la présidence turque. Et, naturellement, il a privilégié son chef (Charles Michel) et la logique institutionnelle. Il n’y avait pas d’équipe du protocole de la Commission européenne. Ursula von der Leyen ayant décidé de ne pas en envoyer en raison de la pandémie. Après coup, on cherche bien sûr à réparer les dégâts. « Si la pièce avait été visitée, nous aurions suggéré à nos hôtes que, par courtoisie, le divan soit remplacé par deux fauteuils pour la présidente de la Commission » explique ainsi le service du protocole du Conseil.

Pouvait-on réagir sur le moment ? Délicat. Ce genre de choses se prépare en amont. Bousculer le protocole établi, c’est risquer l’incident diplomatique. Or, les dirigeants européens comme turc, étaient sur un chemin d’équilibriste, en train d’essayer de reconstruire une relation compliquée, abîmée par plusieurs incidents passés. Sur le plateau de la chaine belge d’infos en continu LN24, Charles Michel explique que toute réaction de sa part aurait pu créer un « incident bien plus grave » au vu de l’importance cruciale de cette réunion avec le président turc. Même son de cloche, un peu plus amer cependant à la Commission. « La présidente von der Leyen a été surprise. Elle a décidé de passer outre et de donner la priorité à la substance sur le protocole » souligne le porte-parole de la Commission, Eric Mamer. « Mais cela n’implique pas qu’elle n’accorde pas d’importance à l’incident. »

Comment jauger le ‘Hum’ de Ursula von der Leyen ? Face à ce type de situation, il peut être vu comme la juste réponse. Même si on ne sait pas si le ‘Hum’ était destiné au dirigeant turc ou à l’Européen, ou aux deux. On peut aussi le voir comme un signe d’une impréparation totale, un certain manque de savoir-vivre géopolitique. Découvrir au dernier moment qu’on n’a pas de siège est aussi assez confondant. D’ordinaire, ce type de visite est répété ou expliqué par le protocole au président. Ou alors c’est vouloir l’incident. Etaler au grand jour, devant un hôte étranger, des divisions internes est plutôt négatif. Cela pourrait apparaitre comme un signe de fragilité supplémentaire. (2)

Qui est en cause ? Dans cette histoire, ce n’est donc pas vraiment Erdogan qui est en cause, mais les Européens. Et leur absence de coordination rédhibitoire. Certes, Charles Michel, avec son entregent pour les rencontres internationales, bouscule quelque peu le fragile équilibre européen. On l’avait vu parcourant le monde méditerranéen à son arrivée. On l’a vu en Géorgie récemment. Où malgré tous ses efforts, il s’est heurté à un os. Le Tintin européen perd des plumes à chaque rencontre internationale (Lire aussi : Quand Tintin Michel se balade, le Conseil européen trinque). Entre Ursula et Charles, d’ailleurs, le torchon brûle. Et, depuis l’incident, ils ne se sont plus parlés. Le fait aussi que l’ambassadeur de l’UE à Ankara ait été peu associé à la visite n’a pas aidé.

Un problème très européen ? Il y a une compétition entre les différents responsables européens qui n’arrivent pas à délimiter clairement leurs fonctions, veulent tous être sur la photo, être ‘calife à la place du calife’, comme le dirait Iznogoud (1). Ce jeu, assez puéril, est difficile à comprendre au sein de l’Europe, et encore plus difficile à saisir à l’extérieur. Les dirigeants européens auraient intérêt à régler leurs problèmes internes et accepter une hiérarchie commune, claire, simple, plutôt qu’étaler au grand jour leurs divisions et querelles internes.

La leçon à en tirer ? Rendre visite à un dirigeant autoritaire comme l’est Erdogan (ou Poutine) est prendre un risque. Un risque certain. L’Europe n’est plus aujourd’hui perçue comme un animal chétif, un être gentillet à qui on doit des égards. Elle peut être perçue aussi de manière hostile. Les dirigeants européens ne doivent pas être naïfs. Même très bien préparés, ils vont dans l’entonnoir. Un hôte qui ne respecte pas automatiquement toutes les règles communes, va vouloir utiliser cette visite à son profit. La visite à Moscou de Josep Borrell l’avait prouvé (lire : Le voyage à Moscou de Josep Borrell : légitime, nécessaire, utile ?). Le risque d’être piégé n’est pas de 2 ou 3%. Il est de 100% ! L’Europe est, en effet, confrontée à un « double phénomène » analyse pour B2 un diplomate expérimenté : les institutions européennes « sont davantage exposées que par leur passé » (elles sont plus présentes et on leur en demande plus). Et il y a « une brutalisation des rapports de force internationaux ». Cette « brutalité du jeu géopolitique », l’Europe doit mieux la préparer et la gérer à l’avenir. « Tout doit être encore plus verrouillé ».

(Nicolas Gros-Verheyde, avec Leonor Hubaut)

  1. Cf. Iznogoud par René Goscinny.
  2. NB : On aurait préféré non pas un ‘hum’, marque d’un ego un peu déplacé, mais un signe sur la situation défavorable des droits de l’Homme ou de la Femme en Turquie (même de façon subliminale comme une touche de couleur violette).

Retour dans le passé des rencontres turco-européennes

Y-a-t-il un précédent avec une telle hiérarchie ?

Oui, quand Erdogan reçoit Charles Michel et Josep Borrell en mars 2020. Charles Michel est aux côtés du chef d’État. Et le Haut représentant de l’UE chargé des Affaires étrangères, Josep Borrell est relégué sur le canapé. Il n’en fait pas une chimère et s’affiche tout sourire devant. Il est vrai que les rôles étaient plus clairs, l’un étant le représentant des chefs d’État et de gouvernement, l’autre étant le chef de la diplomatie européenne.

Josep Borrell, Charles Michel, Recep Tayyip Erdogan le 6 mars 2020 (crédit : Commission européenne)

Autre exemple. Quand Erdogan reçoit en octobre 2015, en pleine crise migratoire, le vice-président de la Commission européenne, Frans Timmermans (chargé des Droits fondamentaux alors), assis à la droite du président turc, les autres commissaires (J. Hahn chargé du Voisinage, D. Avramapoulos chargé de l’Immigration)… sont relégués sur le sofa. À la gauche du président turc, siège son ministre des Affaires étrangères, Feridun Sinirlioğlu. La Turquie joue ainsi à deux contre un. Et il n’y a pas de problème hommes – femmes. On est certes face à un niveau de représentation moindre : un simple vice-président de la Commission.

Beril Dedeoğlu, Turkish Minister for EU Affairs, Feridun Sinirlioğlu, Turkish Minister for Foreign Affairs ad interim, Recep Tayyip Erdoğan, Frans Timmermans, Johannes Hahn, Dimitris Avramopoulos and Hansjörg Haber (from the 3rd, seated, from right to left)

Y-a-t-il des précédents inverses ? Oui. Lors d’une précédente rencontre, en mai 2017, les deux représentants européens, à l’époque Jean-Claude Juncker (Commission européenne) et Donald Tusk (Conseil européen) étaient assis côte-à-côte avec le président Erdogan. Cet exemple est souvent mis en avant par la Commission européenne. Mais… on est alors à Bruxelles. C’est une grosse différence ! La visite est organisée par l’Union européenne. Sur la photo, on note bien d’ailleurs qui est au centre : Donald Tusk, le président du Conseil européen, en tant que puissance invitante. À sa droite le président turc, R.T. Erdogan, l’air plutôt bougon, et à sa gauche, le président Juncker (de façon symétrique au président turc, fauteuils légèrement en biais).

RT. Erdogan, D. Tusk, JJ. Juncker – crédit : Conseil UE / Archives B2

Autre exemple, toujours avec les mêmes protagonistes, à Antalya cette fois. Le cadre diffère, il s’agit d’une visite bilatérale. C’était en marge du G20, où la Turquie était puissante invitante. Et, surtout, on était en novembre 2015, avant le coup d’état militaire qui a durci à la fois le régime et les relations avec l’Union européenne.

Donald Tusk (Conseil européen), R.T. Erdogan (Tuquie), Jean-Claude Juncker (Commission européenne) – crédit : Conseil UE / Archives B2

De l’évolution des relations entre la Turquie et l’OTAN

Pour illustrer de l’importance des sièges, on peut prendre un autre exemple. On se rappelle de la rencontre entre le secrétaire général de l’OTAN et du président turc, dans les locaux de l’OTAN à Bruxelles, en mars 2020. Sur la photo officielle, Jens Stoltenberg est ramené à la place des conseillers, sur un petit fauteuil tout serré. Alors que le président turc trône au milieu, entre deux drapeaux turc. Aucun drapeau de l’OTAN n’est présent, alors que c’est souvent la règle dans l’enceinte de l’Alliance.

Jens Stoltenberg et le président turc Recep Tayyip Erdoğan à Bruxelles en mars 2020 (crédit : OTAN)

La différence est très notable avec la rencontre des mêmes, en septembre 2016, à Ankara, au lendemain du coup d’état militaire. Le président turc est toujours au centre, entre deux drapeaux turcs. Mais le secrétaire général est juste à côté de lui, dans une position quelque peu inféodée. Chacun a les jambes croisées, en signe de détente. Cette différence de position n’est pas innocente, à quatre ans de distance. Elle traduit un abaissement des relations.

Jens Stoltenberg et le président tuc Recep Tayyip Erdogan à Ankara (crédit : OTAN)

Nicolas Gros-Verheyde

Rédacteur en chef du site B2. Diplômé en droit européen de l'université Paris I Pantheon Sorbonne et auditeur 65e session IHEDN (Institut des hautes études de la défense nationale. Journaliste depuis 1989, fonde B2 - Bruxelles2 en 2008. Correspondant UE/OTAN à Bruxelles pour Sud-Ouest (auparavant Ouest-France et France-Soir).

4 réflexions sur “La stratégie du sofa. De la puissance et de la brutalité

  • 10 avril 2021 à 14:54
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    Vous avez raison, cette polémique est injuste et ridicule, … ou bien elle nous dit quelque chose de la direction dans laquelle souhaitent avancer les responsables européens en matière d’architecture institutionnelle. L’art. 15-6 TUE donne effectivement la préséance au président du Conseil européen. Si le président du Conseil européen avait été une présidente, je ne suis pas sûr qu’on en aurait fait tout une affaire. Bref, VDL a été mise là où il fallait en tant que présidente d’une « institution ressource ». En même temps, on a tellement l’habitude des coups d’État constitutionnels que le ramdam actuel ne m’étonne plus. En tout état de cause, il ternit un peu plus l’image d’une UE embourbée dans des querelles sociétales.

  • 10 avril 2021 à 15:40
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    Merci, Nicolas, d’avoir analysé cette situation avec tout le professionnalisme qui caractérise B2, et de ne pas en avoir fait une histoire à sensation, comme le reste de la presse, qui s’abaisse au niveau des réseaux sociaux. Von der Leyen était à sa place sur le canapé, car, toute femme qu’elle fût, elle n’est « que » présidente de l’exécutif européen. Le Président Michel n’a pas commis de faute et a agi (ou plutôt non agi) avec sang-froid. Le canapé était bien le siège idoine, avec assez d’espace pour contenir l’égo de von der Leyen. Je ne crois pas que celle-là ait servi la cause des femmes à cette occasion, n’en déplaise aux féministes (qui mènent, par ailleurs, un combat légitime).

  • 10 avril 2021 à 16:09
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    Tres bonnee analyse mais la gestion des relations UE Turquie est un désastre permanent qui résulte en grande partie de l’incapacité des différentes composantes de l’UE à tenir un discours de fermeté. Comme à Moscou avec Borrell ces visites ne produisent pas d’autre résultat que de servir la soupe aux autocrates. Nous devons nous faire respecter en nous limitant à des contacts techniques.

  • 11 avril 2021 à 16:32
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    Un analyse peu satisfaisante. Le bon précèdent est celui de la photo de la visite de Tusk et Juncker à Erdogan, où les deux représentants de l’UE étaient assis de part et d’autre de leur hôte, Erdogan. C’est évidemment le format de cette rencontre que la Commission devait avoir en vue. C’est clair que Erdogan ou son service de protocole, souvent des diplomates qui investissent leur manque de pouvoir et influence dans les manigances protocolaires, qui a laissé faire le protocole de Charles Michel, imbu de sa vanité, toute proportionnelle à sa manque de pouvoir réel. Le rôle de Michel comme président du Conseil se limite à la gestion de l’agende du Conseil et à sa représentation, dans le cadre de son rôle; qui est purement rituel et manque de substance. On peut donc attribuer la faute de l’impair protocolaire, et ses retombés antiféministes, à la bêtise vaniteuse de Michel et de son service de protocole. Par ailleurs, les règles de préséance établies par les Traités ont peu à voir avec les règles ou usages (infiniment élastiques, au contraire de ce que cette analyse prétend). Mais il reste vrai que Von der Leyen a mis dans les mains de Michel et ses services le fouet; manque d’imagination?, excès de confiance?, négligence des questions de rituel? A mon avis on ne la coincera pas une deuxième fois à coté de Michel. Lequel portera cette tâche dans ce qui lui reste de mandat.

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