Scorpion. Testé et approuvé

(B2) Le système de combat tactique Scorpion sera intégré à l’armée de Terre française dès 2021. Avant, il a été testé par une compagnie de 175 personnes pendant un an. Témoignage du capitaine Antoine, Commandant d’unité de la 2ème compagnie de combat du 13ème BCA

(crédit : ministère des Armées)

« Du chasseur au commandant d’unité, le programme Scorpion encourage la subsidiarité, l’utilisation de tous les potentiels, les capacités de chaque échelon, et le plus important : il permet grain de rythme et efficacité pour vaincre en combat de haute intensité », assure le Capitaine Antoine.

Pour arriver à cette conclusion, le capitaine Antoine a passé un an à former une compagnie sur le programme Scorpion, le nouveau système de combat tactique qui doit être intégré au sein de l’armée de Terre française dès 2021, avec le déploiement d’un premier groupement tactique inter-armes (GTIA). Cela signifie notamment équiper l’armée à la fois de nouveaux véhicules blindés (des Griffon, Jaguar et Serval), ainsi que du système d’information SICS.

Objectif : remporter le combat

La formation de la 2ème compagnie de combat du 13ème BCA (bataillon des chasseurs alpins) stationnée en Savoie s’est déroulée en trois étapes, étalées sur un an.

Dans un premier temps, il a fallu une « formation technique » des pilotes et utilisateurs sur le Griffon et le SICS pour être « capables d’assurer notre propre formation », explique le Capitaine. Ensuite, une « formation tactique », d’abord individuelle, puis collective. Cette fois, l’objectif était de « maîtriser l’outil sans adversaire ». Avant de passer à la dernière étape : la restitution des acquis au cours d’une nouvelle « formation tactique » de 4 jours et 4 nuits, en haute intensité, en situation réelle — comprenez « avec un adversaire réel : un autre capitaine avec des moyens similaires ou supérieurs aux miens, qui essaie des détruire ma compagnie ».

Pour les combattants : le Griffon

Pour les combattants, explique le Capitaine Antoine, « la transformation s’incarne réellement dans le véhicule qui les transporte et dans lequel ils combattent » en l’occurence le Griffon. C’est « une véritable montée en gamme », se réjouit le Capitaine, qui mentionne plusieurs points déterminants :

Sa mobilité, avec une « plus grande capacité de franchissement et de mobilité par rapport au véhicule VAM, malgré le gabarit largement supérieur ». Qu’il soit sur des petites pistes forestières ou les routes du col du Galibier, le Griffon passe le test, assure le Capitaine, allant jusqu’à comparer sa mobilité à un « gros pick-up » ;

L’habitacle ouvert à l’intérieur du Griffon « augmente les capacités échanges, entre pilote, chef de bord et le chef tactique ». En plus, il y a une meilleure « qualité des sièges et la climatisation, ce qui permet de se battre sur le terrain et s’engager dans la durée » ;

Une puissance en déplacement : une silhouette « assez agressive et réellement imposante, qui permet d’emporter la décision en prenant l’ascendant » sur l’ennemi ;

Sa discrétion, parfaite pour un « effet de surprise en infiltration ». À l’opposée du véhicule VAB que « l’on entend à plusieurs kilomètres avec bruit caractéristique, ici on peut se positionner à 500 mètres d’une position ennemie » ;

Un niveau de protection balistique et anti-mine, qui « permet d’embarquer les troupes au plus près » du terrain, qui ravit le Capitaine.

Pour les chefs tactiques : les cartes du SICS

Pour les chefs tactiques, c’est le SICS qui change la donne.

Le gros avantage, ce sont les cartes. Dans la préparation tactique, le SICS « permet de partager une même vision entre le chef et le subordonné. Le chef tactique peut créer des itinéraires qui se transmettront directement sur le GPS du pilote. Cela permet d’avoir une conduite fiable ».

Pour le capitaine Antoine, « la plus grande plus value » c’est la géolocalisation amie : avoir une « vision de la situation de tous les subordonnés et amis à proximité ». Un atout non seulement en proposant une vision générale claire, mais surtout pour trouver une opportunité tactique et « utiliser le bon effet au bon moment », tout comme « faciliter » la réorganisation des troupes entre deux phases de combat.

Par ailleurs, le SICS dispose d’une interface tellement « simple et intuitif » que le Capitaine la compare à une tablette vendue dans le commerce. Elle garantit tout à fait une prise en main « rapide » et une utilisation « fiable » en situation de stress, se félicite le Capitale Antoine.

En somme, l’outil rend les manœuvres plus efficaces et plus proches des combattants, s’est enchanté le Capitaine Antoine, à l’air plus qu’impatient de continuer à travailler avec le programme.

Une source de motivation

En plus des avantages pratiques et tactiques, le Scorpion est « un réel outil de ressources humaines au sein de la compagnie », fait remarquer le Capitaine. C’est une vraie source de motivation pour les jeunes, il note. Cela est dû à la fois par le bon technologique dont il consiste et parce que les formations « donnent une place valorisante et déterminante au sein de la compagnie », il se réjouit.

(Aurélie Pugnet)

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