Belgique. L’armée envoyée sur le front du Covid-19 (Ludivine Dedonder)

(B2 à Neder-Over-Heembeek) Pour éviter de répéter les erreurs du printemps, la nouvelle ministre de la Défense entend mobiliser ses troupes. En témoigne sa visite à l’hôpital militaire Reine Astrid mercredi (28). B2 l’a accompagnée

Ludivine Dedonder, ministre de la Défense lors de la visite de l’hôpital militaire de Bruxelles, mercredi (c) AP/B2

C’est une des leçons de la première vague du printemps. Les militaires avaient été plutôt tardivement mobilisés. L’hôpital militaire qui dispose pourtant d’un potentiel important était ainsi resté sous-utilisé dans les premiers temps. Le nouveau gouvernement de grande coalition (dit ‘Vivaldi’) entend donc faire monter au front du Covid-19, tout de suite, ses militaires. Une différence notable avec la France qui a, sur ce point, une attitude plus prudente.

Une réserve de 1500 militaires disponibles

« Dès mon arrivée » début octobre, « j’ai directement demandé une analyse détaillée des capacités pour être pro-actifs » explique Ludivine Dedonder (PS wallon) derrière son masque aux couleurs tricolores (noir jaune rouge) de la Belgique. Résultat, le pays compte aujourd’hui « 1500 militaires disponibles, dont 350 de la composante médicale. Et les autres sont en appui logistique ». C’est « quinze fois plus que lors de la première vague, où on avait une centaine de militaires », explique-t-elle, un rien fière du résultat. Et cette aide « importante le sera encore davantage dans les semaines à venir » promet-elle.

Prêts à déployer un hôpital de campagne

Ces militaires « sont disponibles immédiatement. Si nous devons venir en appui d’un hôpital de campagne, nous le [ferons] » assure-t-elle, répondant aux questions de B2. « L’armée par nature doit être prête à réagir à toute urgenceLes militaires sont habitués aux situations de crise. » Et cette assistance s’étend à tous, notamment aux maisons de repos (qui avaient été un peu laissées à l’abandon lors de la première vague).

Dans les 24 heures dans les maisons de repos si problème

Si un besoin se manifeste, il suffit « par exemple pour un directeur de maison de repos d’aller vers le bourgmestre [le maire] ou le gouverneur [de province]. Celui-ci envoie alors les informations au centre national de crise, qui les dispatche. Et nous sommes prêts à intervenir dès le lendemain ». Concrètement, l’armée peut faire beaucoup, nous détaille la ministre : « Il faut des gens pour aider les personnes handicapées à manger, désinfecter les locaux. Il faut des ambulanciers, du transport médical. On peut former le personnel dans les maisons de repos (MRS) ou apporter du soutien logistique ».

L’Allemagne

Quant à la coopération avec les partenaires européens, elle est bien présente, se réjouit L. Dedonder. Il y a une « bonne entente et un bon soutien ». La Belgique « a déjà reçu une proposition d’aide de l’Allemagne, moins impactée par le virus pour le moment, pour prendre des patients ». Cette solidarité était visible lors de la dernière réunion des ministérielle de l’OTAN, la semaine dernière.

(Aurélie Pugnet)

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