L’opération Irini bientôt opérationnelle (v4)

(B2) L’opération Irini va enfin pouvoir démarrer ses activités. Elle est chargée du contrôle de l’embargo sur les armes au large de la Libye et prend le relais de l’opération Sophia

Un avion de patrouille maritime luxembourgeois (crédit : EUNAVFOR Med Sophia / archives B2)

La dernière conférence de génération de forces de la nouvelle opération de l’UE en Méditerranée (EUNAVFOR Med Irini) qui s’est tenue hier (28 avril), aura été plus fructueuse que la première (1). « Malgré le contexte actuel difficile », la « grande majorité des États membres ont pu s’engager pour fournir des moyens personnels et matériels », a précisé le porte-parole du SEAE, Peter Stano, mercredi (29 avril).

La capacité initiale opérationnelle

Trois navires et quatre avions pour commencer

Selon nos informations, puisées à bonne source, trois pays — l’Italie, la Grèce et la France (avec une frégate) — devraient fournir les premiers navires à EUNAVFOR Med. Tandis que la Pologne, le Luxembourg, l’Allemagne et la France, fourniront les moyens aériens. Ceci pour la phase initiale qui n’a pas encore démarré concrètement. Ce pourrait être le cas dans les jours prochains : la semaine prochaine peut-être, ou du moins dans les premiers quinze jours de mai.

Une contribution à l’état-major

Plusieurs autres pays ont confirmé à B2 leur participation, mais uniquement avec du personnel déployé à l’état-major d’opération situé à Rome (ou sur zone) : Autriche, Estonie, Finlande, Hongrie, Lettonie, Suède, etc.

Des premiers vols

Des premiers survols de la zone d’opération ont eu lieu dans les derniers jours d’avril, avec un Merlin luxembourgeois, comme nous a confirmé un officiel du Grand duché. Le Luxembourg a, en effet, passé contrat avec la compagnie locale Wings & Men SA (2), comme il l’avait fait dans le passé avec l’opération EUNAVFOR Med (Sophia), qui dispose d’avions de ce type basés à Sigonella (3).

Une pleine capacité opérationnelle pas avant l’été

D’autres moyens devraient venir en appui, ou relayer les premiers, ultérieurement. L’Allemagne a ainsi finalement promis non seulement un avion P3 Orion et son équipage, pour la phase initiale, mais aussi un navire qui arrivera seulement à partir du mois d’août. La Slovénie pourrait aussi contribuer avec son patrouilleur Triglav 11, comme nous l’a confirmé un officiel à Ljubljana. Cela permettra ainsi de déclarer la pleine capacité opérationnelle pour l’opération.

Une discussion sur le commandement

Un commandement franco-italien pour l’opération

Si le commandant d’opération est connu (depuis plusieurs semaines déjà pour les lecteurs de B2 lire : Carnet 07.02.2020), en la personne du contre-amiral italien Fabio Agostini, et que le poste de numéro 2 de l’opération reste attribué (comme à Sophia) à un Français, le contre-amiral Jean-Michel Martinet, il reste encore à déterminer qui aura le commandement de la force en mer.

Un navire et un commandant grec pour la force ?

Athènes qui a offert notamment ses ports pour le débarquement d’éventuels personnes (migrants, réfugiés) recueillies en mer, revendique une part notable dans le commandement. Un point qui coince encore et a suscité déjà plusieurs discussions depuis la mi-février (lire : Un changement de commandement pour EUNAVFOR Med (ex Sophia) n’est pas à exclure). Cela pourrait, en effet, poser quelques soucis en cas de contrôle de navires turcs acheminant des armes au gouvernement de Tripoli. Tout n’est donc pas encore tout à fait calé.

(Nicolas Gros-Verheyde)

  1. Lire : L’opération EUNAVFOR Med Irini sans navires, pour l’instant. La génération de forces se poursuit
  2. Le contractant du gouvernement luxembourgeois a changé à la mi-février (il s’agissait auparavant de CAE Aviation).
  3. Le site itamilradar avait repéré dimanche (26 avril) un avion de type Fairchild Merlin IVC (immatriculé N919CK) en repérage au large de la Libye. Il était venu notamment observer un container turc, le Parpali (IMO 9134701), a signalé lundi (27 avril) un journaliste de Radio Radicale.

Lire notre dossier N°81. L’opération de contrôle d’embargo sur les armes au large de la Libye EUNAVFOR Med IRINI

Mis à jour le 30.4 avec des ajouts sur les pays participant à l’état-major, des précisions sur l’avion luxembourgeois, le commandement et les navires engagés.

Nicolas Gros-Verheyde

Rédacteur en chef du site B2. Diplômé en droit européen de l'université Paris I Pantheon Sorbonne et auditeur 65e session IHEDN (Institut des hautes études de la défense nationale. Journaliste depuis 1989, fonde B2 - Bruxelles2 en 2008. Correspondant UE/OTAN à Bruxelles pour Sud-Ouest (auparavant Ouest-France et France-Soir).

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